Coucou ! c'est moué

liberté d'expression

 

 
 

Néocons

 

ceuss qui ont commenté

Recherche

Créer un Blog

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

2008 : Résignation



MAI 2008  "ENVOYONS NOS PAVES GRAPHIQUES
 ET
REDONNONS LA PAROLE AUX MURS
pompé sur le blog de Ciboulette
http://lemodemdefrancois.over-blog.com/

 

 

 

 

 

Vendredi 9 mai 2008

«C'est traqué, c'est comptabilisé, et c'est suivi». Mise sous surveillance des sources, maillage, évaluation de l’audience des cibles, infiltration des forums: Philippe Duhot, expert en «communication virale» sur Internet, travaille principalement pour des marques. Il a proposé sans succès ses services à l’UMP en 2007, et défend la liberté d’intervention de l’Elysée dans la blogosphère. «Scruter le web, c'est pas écouter en douce une conversation téléphonique, c'est juste traquer ce qui est à la disposition de tout le monde» juge-t-il. Il n’hésite pas à faire intervenir ses salariés sur les forums «qui vont en leur nom poster des choses» pour ses clients.


 

Vous travaillez dans une agence spécialisée dans la gestion de réputation, et la communication virale. En quoi consiste la communication virale?
Philippe Duhot.
La communication virale consiste à développer des programmes de communication qui puissent fonctionner de bouche à oreille. Les gens ont tous une personne, et cette personne-là va devenir un relais porteur du message et le faire partager autour d'elle. Donc à la base, ça a toujours existé la communication virale, sauf qu'aujourd'hui, avec les outils modernes comme Internet, évidemment, ça prend une ampleur tout à fait différente... Comment on fait? Alors l'idée, c'est d'utiliser des médias viraux qui permettent cette propagation, le principal aujourd'hui, c'est Internet. Ensuite c'est trouver des idées et des mécaniques qui peuvent donner envie aux gens, par la surprise, par l'affinité, par la proximité, de dire "tiens c’est vraiment sympa, j’ai envie de la faire passer, je vais en faire profiter mon réseau" et de le diffuser comme ça.

Vous pouvez nous donner des exemples?
Quand on a lancé le nouveau service Canal Plus, la vidéo à la demande, qui s'appelle Canal Play, sur Youtube, on a lancé un certain nombre de vidéos à objectif viral qui permettaient de communiquer sur les avantages et les intérêts de Canal Play. Ce n'était pas un vrai spot de pub en tant que tel, mais avec décalage et humour, ce qui fait que les gens qui ont visionné et reçu la vidéo pouvaient le télécharger, le faire passer à des amis, le transmettre. Ca a été d'abord envoyé par mailing list, ensuite en le postant sur différents sites, ensuite en travaillant des partenariats où ces films-là étaient mis en avant. Donc c’est typiquement autour d’idées un peu rigolotes.

Vous pouviez en mesurer l'impact?
Jusqu'à un certain point. Quand c'est sur un site tel que Youtube, on voit qui télécharge, combien le visionnent, ect… On voit donc effectivement les retombées. Maintenant quand les gens le téléchargent et le rediffusent, c'est plus compliqué. Il existe des outils qui permettent d'avoir un tracking assez précis et de pouvoir suivre où et quand sont repostées ces vidéos. Quand les vidéos sont téléchargées sur un ordinateur personnel, et diffusées par voie de mail, c'est un peu plus compliqué pour pouvoir traquer. Mais dès lors que c'est repris sur un blog ou sur un site, c'est traqué, c'est comptabilisé, et c'est suivi.

A partir d'une mailing liste on comprend, mais est-ce que vous déposez aussi sur des forums?
Oui, effectivement, on peut tout à fait le déposer sur un forum. Après on respecte les règles déontologiques des forums en question, on est vraiment contre le spamming. Tout ce qui est attitude agressive ou détournée se retourne très vite contre celui qui le fait. On peut le proposer et le développer, on peut aussi travailler avec des partenariats, par exemple avec des sites étudiants comme Studyrama. On va les voir, on leur dit qu'on a tel support de communication, qu’on aimerait pouvoir le valoriser autrement que dans une capsule publicitaire, comment est-ce qu'on peut faire, comment est-ce qu’on peut travailler ensemble, est-ce qu'on développe un jeu avec, ect… C'est une approche qui est plus qualitative et moins intrusive que la publicité classique sous forme de bannière habituelle.

Hors partenariats, vous faites comment pour entrer sur les forums?
Soit on entre en communication directe avec les responsables du forum et on échange avec eux pour voir s'il est possible de faire quelque chose. Soit si le contenu est complètement en adéquation, on s'inscrit, on a des gens avec qui on travaille qui sont déjà inscrits sur un certain nombre de forums, et qui vont en leur nom poster des choses.

 



C'est « viral » aussi parce que vous n'indiquez pas forcément le produit.
Il y a des communications sur lesquelles le produit est indiqué complètement et d'autres où au contraire, c'est relativement teasing. Là, le spot renvoie sur un site où il y a une révélation, c'est le principe teasing-révélation qui a toujours existé en publicité et qui fonctionne aussi souvent mieux en communication online. C'est souvent assez compliqué à faire entendre à l'annonceur qui aime bien que son message soit tout de suite porteur de sa marque et de son offre. Et on se rend compte bien souvent que ça fonctionne mieux quand c'est travaillé en deux temps.

Mais vous travaillez exclusivement pour des marques, ou dans d'autres domaines, sociétaux ou politiques?
Alors on travaille essentiellement pour des marques, on est une agence de publicité. Maintenant, on est amené à intervenir aussi pour des marques qui n'ont pas forcément les mêmes moyens, et qui développent des services pseudo caritatifs, pas 100% commerciales et qui n'ont pas de gros moyens d’investissement. Par exemple récemment on a travaillé pour Soliland qui est un système d'achat en ligne, un guide d’achat, qui permet lorsqu’on achète à travers Soliland, qu’une partie des achats soient reversés à des associations. C'est une petite boîte qui se lançait, on a décidé de travailler avec eux et de les aider à lancer leur communication et pour le coup, on a choisi un axe très « réseaux sociaux » pour les aider. Donc on pris une page sur Myspace, on a mis en place une figure emblématique qui entrait en conversation directe et interactive avec les différents internautes, des actions sur Facebook, ect… On a essayé de développer un ferment communautaire autour d'une idée, d’une vision, d'un engagement, qui avait certes un but commercial mais pas uniquement.

Vous avez en réalité des salariés qui sont inscrits dans différents forums et qui peuvent intervenir?
Oui, tout à fait. Et de plus en plus, maintenant ce qu'on encourage, parce que c'est comme ça que ça marche le mieux, et en plus c’est plus honnête et plus efficace, c'est que les annonceurs se structurent eux mêmes pour pouvoir intervenir directement, à visage découvert. En ce moment, on est en train de travailler pour Ricard, qui a un groupe de fans sur Facebook.

Vous faites aussi de la gestion de réputation, alors c'est avec les mêmes moyens? J’imagine que c'est potentiellement la même chose, on a un client qui s'estime affaibli et on va un peu le soutenir, c’est ça ?
Alors oui, ça peut-être ça, sauf que nous on essaie de… alors pour l’instant on prêche un peu dans le désert, c’est-à-dire qu’aujourd’hui, en terme de réputation sur Internet, les marques commencent à s'inquiéter dès lors qu'il y a crise, ils s'aperçoivent qu'il y a un problème, qu'une information leur échappe, des groupes de pression se forment, et commence à se répandre...

Par exemple Société générale contre Kerviel: les internautes soutiennent Kerviel...
Forcément c'est toujours le pot de terre qu'on soutient contre le pot de fer, ce qui est normal. Après, on voit que les communications se répandent un peu partout et on a pas de maîtrise. C'est à ce moment-là que les annonceurs commencent à s'inquiéter. Dans ce cas de la Société Générale, je pense qu’ils ne se sont pas tellement inquiétés de savoir ce qui se passait sur Internet. Mais sur d'autres sujets, ils s’intéressent tout de suite à ce qui se passe parce que ça va vite et ça prend une ampleur importante. Alors dans ce cas-là il y a des outils de tracking.

Alors le tracking, est-ce que vous pouvez donnez une définition ?
C'est une observation, une photo de ce qui se passe sur Internet autour d'une marque, ce qu'on dit d'elle en positif ou en négatif. Il y a soit un principe de requêtes a posteriori : on tape un certain nombre de mots, on voit ce qui remonte et on fait le tri, on déplace le projecteur sur différentes sphères de conversations. Ou alors, ce qu'on fait et qui est mieux, c'est de travailler le tracking à long terme qu’on met en place avec un travail de sourcing. On dit voilà, on est dans quel domaine, quels sont les médias officiels et officieux qui traitent de ces sujets, de manière régulière ou occasionnelle.

Vous incluez les blogs?
Bien sûr. Il y a des outils spécialisés là-dedans, qui permettent d'affiner et de traquer, de repérer les sources d'informations où ces infos sont là en premier, et de les mettre sous surveillance. Et dès qu'une nouvelle information en commentent une autre qui vient d'une autre source qui n'est pas traquée, à ce moment-là on va observé cette source-là aussi, on l'analyse et on regarde si oui ou non, elle vaut le coup d’être ajoutée au sourcing. C'est un travail qui doit se faire en amont, évidemment de manière très étroite avec l’annonceur, et qui permet un travail de fond. Alors ça, c’est la première phase : une mise sous surveillance des sources influentes, pour une marque donnée ou un domaine d’activité donné.

Ensuite la deuxième phase c'est l'analyse. Il s’agit déjà de pouvoir analyser si une information est plutôt positive ou négative. Là, on fait intervenir de l'humain. Des gens vont, en fonction des synthèses qui remontent, pouvoir donner une orientation. Ils doivent donc bien connaître le domaine pour pouvoir dire si oui ou non, ça semble être plutôt positif ou négatif et dire s'il y a un risque ou pas. Ensuite ce qui est intéressant, c’est de pouvoir évaluer l'audience de chacune des cibles. On se rend compte qu'il y a des blogs qui ont beaucoup plus d'audience qu’un site officiel de presse par exemple. On se rend compte également en analysant la chaîne de diffusion dans le temps, que dans tel ou tel domaine, il y a deux ou trois blogs experts à l'initiative de 80% des informations, et qui sont repris ensuite par d'autres médias un peu plus généralistes. Du coup, on sait quelles sont les sources clés à surveiller, dans le bon sens du terme hein, c'est pas du flicage, c'est juste pour pouvoir avoir l'information le plus tôt possible. Troisième élément qui est intéressant : une fois qu'on a ce maillage et qu'on voit à peu près quels sont les cycles de circulation des informations influentes, on peut intervenir presque directement auprès de ces sources-là pour voir si, oui ou non, on peut engager une relation et une conversation. Les marques ont intérêt à ne pas rester dans l'observation, mais de commencer à pouvoir dialoguer, à pouvoir alimenter, et finalement on arrive dans un espèce d'échange qui peut être intéressant entre des experts...

Des infos sur les forums?
Ca peut être des informations online ou même une relation offline...

Prenons un autre exemple, dans l'actualité parmi les gestions de réputation , il y a celle de Nicolas Sarkozy. C'est un secret de polichinelle que les partis ont organisé des cellules pour intervenir sur les forums. Vous vous positionnez comment par rapport à ça?
Quand Nicolas Sarkozy est arrivé à l'UMP, il y a eu grand appel d'offre pour mettre à plat toute la communication online de l'UMP. On s'est retrouvé en finale, on a pas été pris. On n'a jamais su pour quelle raison. Il est clair en tout cas que tout ce qui est manipulation, nous on le rejette totalement. Ca existe et ça existera toujours, surtout en politique...

Vous parliez de cet appel d'offre pour dire qu'on vous avait demandé ce type de prestations...
On nous avait demandé de savoir comment intervenir sur la toile pour fédérer des groupes de sympathisants..  Et comment diffuser des infos...

Sur des forums?
Oui absolument sur des forums

Ce parti mettait donc en place à l'époque des équipes d'infiltration de forums ? Ou était à la recherche de méthodes pour le faire?
Ils étaient à la recherche de méthodes pour propager la pensée de l'UMP par différents moyens sur Internet.

Y compris les forums?
Y compris les forums. En en créant eux mêmes, en invitant les gens à venir dessus, en proposant aux nouveaux membres de créer leur blog et forum...Sur le brief, c'était quels sont les moyens légaux de le faire ? Nous, on a une déontologie qui est de dire, de toutes les manières ce qui fonctionne c'est la transparence et l'honnêteté. A partir du moment où l'on commence à manipuler les gens, ça ne marche pas. Comme sur les forums: si un sympathisant UMP  vient sur un forum, il y a une autocritique qui se fait tout de suite, soit il respecte la règle du forum, soit il outrepasse sa position et il est vite fait exclu du forum...

Mais c'est aussi organisé par les partis.
Oui. Bien sûr c'est organisé. Jusqu'à un certain point. Les gens ne sont pas dupes, quand ils sentent qu'il y a manipulation, de plus en plus ils sont avertis.. c'est comme en pub, on est éduqué..

Ca peut fonctionner de la même manière que ce que vous nous avez décrit un peu plus tôt ? C'est-à-dire que vous avez certains outils de surveillance, vous allez sur les lieux qui discutent et puis vous discutez
Oui bien sûr.

Pour aller sur un sujet un peu plus d'actualité, Nicolas Princen, vous croyez qu'il peut quelque chose pour Nicolas Sarkozy?
J'en sais rien.

A sa place vous feriez quoi?
J'en sais rien moi...

Il y a une diffusion énorme d'infos et de discussions sur le Président. La nomination d'un professionnel en gestion de réputation pour une telle personnalité, ça parait a la fois dérisoire - qu'est-ce qu'il pourra faire avec les moyens qu'il a ? - et inquiétant, parce qu'au fond il a quand même les moyens de l'Etat...
Loic Le Meur est aussi intervenu. Je comprends qu'on puisse s'inquiéter, en même temps, on ne peut pas reprocher aux gens qui ont un rôle important en matière de communication de ne pas essayer de comprendre, d'appréhender la manière dont on communique aujourd'hui. Je ne vois pas pourquoi les politiques devraient rester dans un système archaïque. A partir du moment où l'information est à un autre niveau, avec un autre dialogue, avec la dictature du temps réel, la communication directe one to one... Je ne vois pas pourquoi, sous prétexte qu'on est politique, on ne pourrait pas le faire, l'opposition le fait également.

Sauf que là ce qu'on peut objecter, c'est que ce serait avec les moyens de l'État. C'est un peu différent, parce qu'avoir des outils de surveillance, de tracking, c'est quand même particulier quand on est  à la tête de l'État...
Oui mais attention, ça devient une surveillance acceptée par celui qui s'expose. Personne n'est obligé de tenir son blog et de développer des infos. Quand on publie dans la presse, ou sur les blogs, ça part du même principe: on a envie d'avoir une audience. Donc si quelqu'un l'observe et le scrute, c'est la règle du jeu, c'est pas écouter en douce une conversation téléphonique, c'est juste traquer ce qu'on met à la disposition de tout le monde.

C'est sur le stockage des infos que ça parait un peu liberticide. Si vous stockez des infos sur 30 blogs anti Sarkozy, qu'est-ce que vous en faites après? Ce ne sont pas des journalistes, ce sont des citoyens. C'est même pas de la revue de presse...
Effectivement, le débat sociétal peut être ouvert sur ce sujet, on peut y voir un risque. Maintenant, j'ai quand même l'impression que quelque part, il y a un peu le sens de l'histoire qui fait que, oui, ça va exister, les moyens sont différents, autres que ceux qu'on a connus par le passé, finalement presque plus transparents, peut-être aussi plus industrialisés qu'avant...On ne peut pas lutter contre l'évolution, les technologies elles sont là, accessibles a tous. L'État aussi va les utiliser. Maintenant soyons vigilants...

Propos recueillis par KARL LASKE


 

Cet article et le précédent  (que j'ai omis de sourcer ; http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2008/04/bla-bla.html#comments
par sceptix publié dans : LIBERTES communauté : Résistance 2007
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Vendredi 9 mai 2008

«Un arrêt de travail pour Sarko», c'est le mot d’ordre de la pétition lancée par la revue Pratiques pour dénoncer les effets de la loi de financement de la Sécurité Sociale. «L’arrêt de travail devient une faveur que l’on doit mériter, s’insurge le docteur Marie Kayser, le système devient profondément inégalitaire». Le docteur Didier Ménard, président du Syndicat de la Médecine Générale, s’oppose à ce mouvement, forcé, de prise en charge des soins par le secteur privé. «En bout de course, le gouvernement choisit toujours le portefeuille des malades, souligne-t-il. L’accès aux soins est de plus en plus difficile.» Le site de la pétition est ici.


 

Docteur Marie Kayser, membre de la Revue Pratiques. «Avec la dernière loi de financement de la Sécurité Sociale, votée à l’automne 2007, l’arrêt de travail n'est plus un droit pour restaurer sa santé, mais devient une faveur que l’on doit mériter. Alors que les souffrances au travail s’accroissent, cette réforme a restreint l’accès à ce repos réparateur, indispensable aux travailleurs les plus touchés, en modifiant son système de contrôle. Aujourd’hui, lorsqu’un salarié est arrêté, ses indemnités proviennent en partie de l’assurance-maladie et en partie de l’employeur, en fonction des conventions collectives en vigueur. Lorsque ce dernier conteste l’arrêt de travail et demande un contrôle, la somme versée par l’entreprise peut être suspendue, si le médecin privé estime l’arrêt non justifié. L’indemnité provenant de l’assurance-maladie n’est pas touchée par cet avis médical. Seul le « médecin conseil », appartenant à la Caisse de l’Assurance Maladie, peut décider de supprimer cette partie. Expérimentée actuellement dans neuf Caisses d’assurance-maladie, choisies en raison d’un taux de prescription d’arrêt de travail élevé, cette réforme permet, sur simple avis du médecin employé par l’entreprise, de supprimer l’intégralité de l’indemnité. Ce dernier est en même temps juge et partie, puisqu’il est rémunéré par le patron qui conteste la validité de l’arrêt de travail.

Lire la suite "«Vous aussi, signez l'arrêt de travail de Sarkozy !»" »

par sceptix publié dans : SANTE communauté : Pour la démission de Sarkozy
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Vendredi 9 mai 2008



Par Don't Miss Dontmiss - Vendredi 9 mai, 13h20

George W. Bush,le président américain, marie demain sa fille Jenna. A 26 ans, elle épouse Henry Hager, le fils d'un dirigeant du Parti Républicain de l'Etat de Virginie.

La fête aua lieu dans le ranch familial, à Crawford, au Texas. 200 invités sont atendus.

Barbara Bush, la soeur jumelle de Jenna, elle, est toujours célibataire

Article original + photos et bios


Il paraît que l'heureux élu est noir (je blague)

On s'en fout  de ce mariage mais bon.....
par sceptix publié dans : PIPOLATRERIE communauté : Libre expression
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 9 mai 2008

La démocratie attaquée: “Les média étaient notre arme secrète en Amérique Latine”

Latin America : the attack on democracy

Par John Pilger *
The New Statesman. Published 24 April 2008.
Mondialisation.ca. Canada, Le 30 avril 2008

Au-delà du bruit et de la fureur de sa conquête de l’Irak et de sa campagne contre l’Iran, la première puissance mondiale mène une guerre discrète sur un autre continent, l’Amérique latine. En ayant recours à des intermédiaires, Washington vise à restaurer et renforcer le contrôle politique d’un groupe de privilégiés qui prétendent appartenir aux classes moyennes, à détourner la responsabilité des massacres et trafics de drogue du régime psychotique colombien et ses maffieux, et d’écraser les espoirs de la majorité pauvre d’Amérique latine qui ont été soulevés par les gouvernements réformistes du Venezuela, de l’Equateur et de la Bolivie.

En Colombie, le principal champ de bataille, la véritable nature de la lutte, une lutte de classes, est brouillée par les FARC qui se livrent aux enlèvements et trafics de drogue, fournissant ainsi des arguments à ceux qui tentent de salir l’image de tous ceux qui ont marqué l’histoire épique de la rébellion en Amérique latine par leur opposition au proto-fascisme du régime de Bush. « On ne combat pas le terrorisme par le terrorisme, » a déclaré le Président Hugo Chavez lorsque les avions de guerre US écrasèrent sous leurs bombes des milliers de civils afghans, après les attentats du 11 septembre. C’est ainsi qu’il devint l’homme à abattre. Pourtant, comme tous les sondages le confirment, il ne faisait qu’exprimer l’opinion de la grande majorité des gens qui ont compris que la « guerre contre le terrorisme » était en réalité une croisade pour la domination. Pratiquement le seul chef d’Etat à oser défier Bush, Chavez fût déclaré un ennemi, et son projet d’une social-démocratie indépendante des Etats-Unis fût considéré comme une menace pour le contrôle du continent par Washington. « Pire encore, » écrivait le spécialiste de l’Amérique latine, James Petras, « la politique nationaliste de Chavez représentait une alternative en Amérique latine au moment (2002-2003) où les insurrections massives, les révoltes populaires, les chutes de régimes marionnettes des Etats-Unis (Argentine, Equateur, Bolivie) faisaient tous les jours la une des journaux. »

Il est impossible de sous-estimer la menace que cette alternative représente aux yeux des « classes-moyennes » de ces pays où foisonnent privilèges et misères. Au Venezuela, leur « grotesque fantasme à affirmer qu’ils sont gouvernés par un dictateur communiste brutal », pour citer Petras, rappelle la paranoïa de la population blanche qui soutenait le régime de l’Apartheid en Afrique du Sud. Comme en Afrique du Sud, le racisme est omniprésent au Venezuela où les pauvres sont ignorés, méprisés ou traités avec condescendance, et où un commentateur peut se permettre de qualifier Chavez, qui est métissé, de « singe ». Ce venin est dispensé par les super-riches qui vivent derrière les murs de quartiers appelés « Country Club », mais aussi par ceux des classes moyennes qui aspirent à les rejoindre, cadres, journalistes, publicitaires, artistes, éducateurs et autres professions qui s’identifient à tout ce qui vient des Etats-Unis. Les journalistes ont joué un rôle clé - rôle reconnu par un des dirigeants et financiers du coup d’état avorté contre Chavez en 2002. « Nous n’aurions pas pu le faire sans eux, » dit-il. « Les média étaient notre arme secrète ».

Bon nombre de ces gens se considèrent comme « progressistes » et ont leurs entrées auprès des journalistes étrangers qui aiment se dire « de gauche ». Ce n’est pas une surprise. Lorsque Chavez fût élu la première fois en 1998, le Venezuela n’était pas une dictature archétype de l’Amérique latine, mais une démocratie libérale avec certaines libertés, dirigée par et pour ses élites qui pillaient les revenus pétroliers en laissant quelques miettes aux millions d’invisibles des barrios. Un pacte entre les deux partis principaux, appelé « puntofijismo », ressemblait à la convergence entre le New Labour et les Conservateurs en Grande Bretagne, ou les Républicains et les Démocrates aux Etats-Unis. A leurs yeux, l’idée de souveraineté populaire représentait un anathème, et le représente encore.

Prenez le cas de l’éducation supérieure. A l’Université Centrale Vénézuélienne, un établissement « public » financé par l’argent des contribuables et réservé à l’élite, plus de 90 pour cent des étudiants sont issus des classes supérieures et « moyennes ». Ce milieu élitiste, avec d’autres, a été infiltré par des groupes liés à la CIA et, lorsqu’ils ont défendu leurs privilèges, ont été soutenus par des « progressistes » à l’étranger.

Dans la guerre contre la démocratie en Amérique latine, la ligne de front est la Colombie et la cible principale est Chavez. Il est facile de comprendre pourquoi. Une des premières mesures de Chavez a été de relancer l’organisation des producteurs de pétrole, l’OPEP, et forcer le prix du pétrole à des niveaux historiques. Dans le même temps, il a réduit le prix du pétrole pour les pays les plus pauvres de la région des Caraïbes et d’Amérique centrale. Il a utilisé la nouvelle richesse du Venezuela pour rembourser la dette, notamment celle de l’Argentine, et de facto a expulsé le Fonds Monétaire International d’un continent sur lequel, jadis, ce dernier régnait. Il a réduit de moitié la pauvreté tandis que le PNB grimpait. Et surtout, il a donné aux pauvres l’espoir de voir leurs vies s’améliorer.(la suite  ici

http://socio13.wordpress.com/2008/05/08/la-democratie-attaquee-les-media-etaient-notre-arme-secrete-en-amerique-latine/

par sceptix publié dans : Amérique Latine communauté : Femmes Engagées
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 9 mai 2008
Le CADTM dénonce le double jeu de la Banque mondiale à l’égard du peuple palestinien

 

Selon Le Monde du 27 avril 2008, la Banque mondiale semble dénoncer le fait que la politique israélienne entrave la croissance palestinienne et la situation dans les territoires palestiniens ne cesse de s’aggraver. Un tiers des Palestiniens dans la bande de Gaza (zone la plus touchée) et en Cisjordanie sont en situation d’ « insécurité alimentaire », selon le rapport 2007 du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

La responsabilité d’Israël est sans nul doute écrasante, mais le CADTM dénonce l’hypocrisie de la Banque mondiale puisque la logique qu’elle défend est responsable, en Palestine comme ailleurs dans le tiers-monde, d’une grave détérioration des conditions de vie.

De plus, loin de centrer son analyse sur le fait que les droits humains fondamentaux sont bafoués dans les territoires palestiniens, la Banque mondiale se contente d’expliquer cette insécurité et cette pauvreté accrues par le blocus sur la circulation des marchandises et par les restrictions à la mobilité des personnes, notamment des travailleurs palestiniens pour, officiellement, « des raisons de sécurité ».

La responsabilité d’Israël est d’autant plus écrasante que l’aide humanitaire fait également l‘objet de fortes restrictions alors que la population en dépend fortement. En effet, 80% des habitants de la bande de Gaza reçoivent l’aide de la part du PAM ou de l’UNRWA |1|. En novembre 2007, le service des affaires humanitaires et des secours d’urgence de l’ONU annonçait une grave crise humanitaire et appelait Israël à « alléger les restrictions sur l’aide humanitaire et à lever le blocus économique sur Gaza comme la meilleure façon d’y promouvoir la paix. » Effectivement, les camions d’assistance humanitaire sont passés de 3 000 en septembre 2007 à 1 508 en octobre. Les différents bouclages des territoires palestiniens ont entraîné la fermeture d’une grande partie de l’industrie. La conséquence directe est que « près de 70 000 travailleurs palestiniens ont été licenciés des secteurs de l’industrie et des services et de l’agriculture », selon John Holmes, coordonnateur humanitaire |2|. Israël a ainsi recours à une main d’œuvre étrangère originaire de Roumanie, de Thaïlande ou des Philippines.

Mais la Banque mondiale s’applique surtout à cacher sa propre responsabilité vis-à-vis du peuple palestinien. Le texte de la Déclaration commune de la Conférence internationale des donateurs pour l’Etat palestinien de décembre 2007 prévoyait plus de 7,4 milliards de dollars de promesse de dons internationaux « pour soutenir la construction institutionnelle et la reprise économique des trois années à venir ». Cependant, ce texte en profitait pour réaffirmer le cadre macro-économique dominant et la volonté des institutions financières internationales de poursuivre sur la voie catastrophique des réformes néolibérales (réduction des dépenses publiques, diminution du nombre de fonctionnaires dans des secteurs aussi importants que l’éducation et la santé, privatisations, suppression des subsides pour les services de base tels que l’électricité |3|).

En plus de l’annulation de la dette, le CADTM exige l’abandon des politiques d’ajustement structurel, l’abolition du FMI et de la Banque mondiale et leur remplacement par des institutions réellement démocratiques, soucieuses de l’intérêt des populations du Sud et centrées sur la garantie des droits humains fondamentaux. Il s’agit là de la seule manière de permettre aux Palestiniens comme aux autres peuples du Sud de décider enfin de leur propre avenir.

notes articles:

|1| T. HOCINE « Palestine : menace d’un désastre humanitaire » bulletin trimestriel n°33 de l’Association belgo-palestinienne, mai 2007, page 14.

|2| Service d’information des Nations unies, http://www.un.org/

|3| http://www.bicusa.org/en/Article.3706.aspx

infos article
URL: http://www.cadtm.org

 

par sceptix publié dans : CORRUPTION communauté : Femmes Engagées
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 9 mai 2008

VIVAS Maxime    http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6611
 

Analyse d’un communiqué de RSF du 1er mai 2008. (Extraits. Le texte complet est sur son site).

« Reporters sans frontières a exprimé son immense soulagement après la libération de Sami Al-Haj, le 1er mai 2008. Le cameraman d’Al-Jazira était détenu depuis juin 2002 sur la base américaine de Guantanamo » [...]

« Sami Al-Haj n’aurait jamais dû être détenu aussi longtemps. » [...]

« Régulièrement torturé, soumis à près de 200 interrogatoires par ses geôliers. » [...]

« Selon un mémorandum remis au gouvernement soudanais par l’administration américaine, les contreparties exigées à une remise en liberté de Sami Al-Haj seraient l’interdiction de reprendre ses activités de journaliste, et celle de sortir du territoire soudanais. »

Questions :

1 - Pourquoi écrire que Sami Al Haj n’aurait pas dû être détenu « aussi longtemps » puisqu’il était innocent ? Le communiqué de RSF dit que « les autorités américaines » (les tortionnaires) n’ont jamais rien prouvé contre Sami Al Haj et qu’aucune « inculpation n’a jamais été prononcée contre le journaliste ». RSF considère-t-elle qu’un journaliste innocent peut être torturé quelque temps si le bourreau se réclame de Bush ? Qu’est-ce qui empêche RSF d’écrire : « Le journaliste n’aurait JAMAIS dû être enlevé, encellulé, supplicié » ?

2 - Quand RSF a-t-elle brandi un drapeau, sorti des banderoles, escaladé Notre-Dame ou l’Empire State Buiding contre les tortures régulières par l’armée US d’un journaliste innocent ? Quand va-t-elle porter plainte en son nom grâce à son « réseau Damoclès » conçu à cet effet ?

3 - Quand RSF va-t-elle brandir un drapeau, suspendre des banderoles sous le Golden Gate Bridge de San Francisco, escalader la Tour Eiffel, vendre des tee-shirts où les bandes rouges de la bannière étoilée seraient remplacées par des fils de fer barbelés, ameuter l’opinion mondiale, appeler à boycotter les compétitions sportives présentes et futures avec les USA contre cette interdiction de travailler faite depuis Washington à un journaliste soudanais (et ne parlons pas de ceux que l’armée US à fait taire en les expédiant six pieds sous terre) ?

Où, dans le communiqué de RSF, lit-on l’amorce du début d’un commencement de réprobation de ce musellement d’un journaliste ?

Mais pourquoi le journaliste Sami Al Haj a-t-il été si longtemps l’otage des Etats-uniens ? Lisons The Guardian du 26 septembre 2005 :

« Sami Al-Haj aurait reçu des autorités américaines la promesse d’une libération et l’octroi d’un passeport américain s’il consentait à espionner sa propre chaîne pour le compte de Washington [...] Il se plaint d’avoir été interrogé plus de 100 fois, mais pas à propos des accusations. M.Haj dit que lors d’un interrogatoire, la nationalité américaine lui a même été proposée, s’il acceptait de devenir espion. » Ils ont dit : si tu travailles pour nous, nous t’apprendrons le journalisme, nous te donnerons un visa pour vivre où tu veux, nous te donnerons même la nationalité américaine, nous te protégerons et te donnerons de l’argent. Nous t’aiderons à écrire un livre et nous le publierons. Cela aidera à ce que les gens d’Al Qaida te contactent et travaillent avec toi. M. Haj a également déclaré que les américains ont menacé de s’en prendre à sa famille s’il refusait d’espionner une fois libéré. »

Ô, militants de RSF ! ici vous était dit pourquoi Sami Al-Haj a été si longtemps encagé. Ici vous était dit qu’un gouvernement manipule la presse, chose que vous ne tolérez pas dans les pays du tiers-monde et vous le faites assez bien savoir. Ici vous était dit que le prisonnier n’a pas failli, même pour protéger les siens. Ici vous était dit que cet homme, qui fit honneur à sa profession dans les pires des conditions, méritait mieux que votre soutien à éclipses.

Dans mon livre « La face cachée de Reporters sans frontières. De la CIA aux faucons du pentagone » (Editions Aden), je consacre tout un chapitre à démontrer l’inaction de RSF (aussi longtemps qu’elle a été possible) contre le scandale de l’incarcération de Sami Al Haj. J’en fais l’analyse au fil des années. En voici un passage qui prouve que RSF a escamoté le malheureux et, dénoncée de toute part, a dû faire un pitoyable mea culpa tardif qu’elle gomme aujourd’hui :

« Le 12 septembre 2006, dans une longue lettre ouverte publiée en droit de réponse par le réseau Voltaire, Reporters sans frontières ambitionne de prouver la mauvaise foi de ses détracteurs et cite son action pour Sami Al-Haj.

Il lui faut d’abord expliquer son mutisme prolongé. RSF le qualifie d’erreur » et d’« oubli » tout en le justifiant : elle ne savait pas si Sami Al Haj avait bien « été arrêté en raison de sa qualité de journaliste » et « faute d’information » elle a « attendu ». Pourquoi ne s’être pas renseigné, il y a presque cinq ans, auprès de l’avocat du malheureux, avocat que RSF se vante d’avoir contacté. en 2006 ? Et depuis quand RSF mène-t-elle d’aussi longues enquêtes sur les journalistes qu’elle va défendre ? A Cuba, il suffit qu’un ignare cupide installe dans sa cuisine un télécopieur pour que RSF lui accorde symboliquement le prix Albert Londres dans l’heure qui suit. »

Aujourd’hui, RSF veut faire croire qu’elle a été efficace. Elle « remercie » ceux qui ont aidé à la libération du journaliste. Mais de quel droit, ô mouche du coche sans vergogne ?

RSF ajoute sobrement que « La base doit fermer au plus vite » (elle veut dire : le camp de concentration). Cette revendication avait été émise en janvier 2006 par Amnesty international, en février 2006 par l’ONU, en mai 2006 par l’Union Européenne. Le silence de RSF devenant alors intenable, l’organisation ménardienne a dû la reprendre au détour d’une phrase noyée dans un de ses textes émis en juin 2006.

RSF qui, dans un discret murmure, a été la dernière à demander la fermeture d’un bagne où des journalistes furent torturés, RSF nous ferait bien croire maintenant qu’elle seule soutient cette revendication, alors même qu’elle n’engage aucune action d’aucune sorte, aucune démarche, aucun rassemblement, aucune campagne de presse pour y parvenir, pas plus qu’elle ne le fit pendant qu’un journaliste innocent y était en danger de mort permanent.

La dernière question est : puisque des officines écrans de la CIA subventionnent RSF depuis 2002 à coup de dizaines de milliers de dollars annuels, puisque le contrat passé avec l’une d’elle, la NED, lui interdit d’entreprendre toute action susceptible d’influer sur la politique des USA, RSF a-t-elle des indignations sélectives que seuls le mensonge et la dissimulation peuvent cacher ?

Que ceux qui répondent par l’affirmative le fassent savoir à tous les clients potentiels des produits de l’épicerie compassionnelle RSF dont l’arrière-boutique est interdite au public et dont l’exploration par les indiscrets est déconseillée sans des pincettes sur le nez.

Maxime Vivas

par sceptix publié dans : dictatures communauté : Femmes Engagées
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 9 mai 2008

légaliser l’enfermement des sans-papiers sans recours à la justice... même pour les mineurs non accompagnés...
.
IDAO MARIA José                                                                                  http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6626
 

L’Union Européenne peut rencontrer de nouveau l’équivoque bureaucratique de croire qu’une politique commune est, par définition, une politique désirable. Sous la pression de la France de Sarkozy et de l’Italie de Berlusconi, la Commission a préparé un projet de « Directive du Retour » qui sera soumise après-demain à la considération des 27 Etats membres de l’Union Européenne. Dés son approbation, les États membres disposeront d’un instrument, il faut presque dire d’un alibi, pour établir un implacable protocole d’expulsion pour huit millions d’étrangers sans-papiers. Maintenant qu’un « presque rien » se transforme en événement historique, il s’avère surprenant qu’on ne souligne pas la dimension de ce projet !

Jamais jusqu’à présent, en aucun temps ni proche ni éloigné, les pouvoirs publics n’avaient décidé de déporter de leur territoire 8 (huit !) millions de personnes. Si quelque chose mérite la qualification d’historique, même si, ensuite, il faut ajouter celui de frilosité, c’est cette législation élaborée avec le manque de bon sens pointilleux des Commissaires qui se limitent à traduire des ordres politiques en paperasseries administratives.

La « Directive du Retour » commence par réhabiliter la figure juridique de la rétention, une monstruosité du point de vue des principes pénaux démocratiques à laquelle a recouru avec profusion les régimes dictatoriaux. Dans les États de droit, les citoyens, indépendamment de leur nationalité, peuvent seulement être, ou en liberté, ou privés de celle-ci par une décision judiciaire qui doit se conformer aux clauses et aux délais fixés par une loi préexistante. Il n’existe pas ni peut exister rien en dehors de ces conditions. Et, moins encore, une détention administrative, qui est le secret sémantique qui se dissimule sous la retenue massive d’immigrants dans des camps spécifiques pour eux. La Commission, l’embryon supposé d’un Gouvernement de l’Europe unie, de l’Europe de la raison, des valeurs, de l’esprit critique et autres mots ronflants, à ce qu’il semble, ne va pas demain suggérer de mettre un terme à cette pratique, mais de la légaliser, pour ainsi dire, d’un point de vue technique.

La route par laquelle l’Union s’efforcera de donner la prospérité à cette initiative sur l’immigration porte à une conclusion qui ne doit pas se cacher aux citoyens : Dans l’Europe des vingt-sept, il y aura des punitions privatives de liberté qui dérivent des Codes Pénaux des pays membres et d’autres punitions, par contre, que ne seront pas considérées comme punitions, bien qu’elles impliquent aussi la privation de liberté, mais qui seront fixés par une Directive, organisé comme une simples décisions de l’Administration. La situation est pas sans conséquences, puisqu’elle ouvre la route par laquelle la Commission suggère l’abolition de certaines des garanties irrévocables de la Loi, seule norme démocratique pénale qui autorise la réclusion d’un citoyen, la privation de sa liberté, après une résolution des Juges.

Dans le projet de la « Directive de Retour » on dit que les immigrants sans-papiers pourront rester jusqu’à six mois dans les centres d’internement et que ce délai pourra s’étendre pour 12 autres mois, jusqu’à un maximum d’an et demi, dans l’hypothèses "d’un manque de coopération de la personne concernée" ou "de retards dans l’obtention des documents nécessaire de la part des pays tiers". Qu’est-ce que cela signifie ? Dans la première hypothèse, que la détention administrative peut être utilisé comme moyen de pression, ou pour le dire dans toute sa crudité, comme chantage, pour que celui "touché" collabore. Dans la deuxième, qu’un retard administratif des pays tiers peut se transformer en un prolongement de la rétention d’un étranger sans-papiers ; cela sans comparaison avec le droit intérieur, puisqu’il ne permet pas d’estimer la prolongation du temps qu’un étranger peut rester privé de liberté, mais qui autorise rien de moins qu’à le tripler en fonction de quelque chose dont il n’est pas, en outre, responsable. De plus, la « Directive de Retour » prévoit que ces mesures soient appliquées, aussi, aux mineurs qui ne sont pas accompagnés. C’est-à-dire, que des mineurs, sans avoir atteint l’âge pénal, pourront passer jusqu’à 18 mois de réclusion.

Le Gouvernement aura une occasion de présenter, après-demain, la nouvelle politique d’immigration qui était annoncée après les élections. Les "contrats" ou les "compromis d’intégration" proposés par le PP (Parti populaire, droite chrétienne espagnole) sont une plaisanterie, comparés avec ce que ce projet de Directive met en jeu. Il ne conviendra pas d’excuser cette décision au nom du réalisme dans le traitement de l’immigration. Parce que résoudre par l’abolition des garanties juridiques la situation de huit millions de travailleurs étrangers que l’UE prétend déporter ce n’est pas un honorable exemple de réalisme, mais une préférence insensée pour les raccourcis. Même s’il s’agit de raccourcis communs, de politiques communes, celles-là qui stimulent tant l’équivoque bureaucratique dont l’UE ne paraît jamais se sauver.

traduction libre de Pierre Capoue

article de JOSÉ MARÍA IDAO paru dans « EL Pais » le 05/05/2008 « La Comisión hará historia » et disponible en version originale à l’adresse :
http://www.elpais.com/articulo/espa...


EN COMPLEMENT :

Non à la directive de la honte ! Appel aux parlementaires européens

Au mois de mai 2008, un projet de directive sur la rétention et l’expulsion des personnes étrangères sera soumis au Parlement européen.

Depuis 1990, la politique européenne conduite par les gouvernements en matière d’immigration et d’asile s’est traduite par une réduction continue des garanties et des protections fondamentales des personnes. L’Europe se transforme en une forteresse cadenassée et met en oeuvre des moyens démesurés pour empêcher l’accès à son territoire et expulser les sans-papiers.

Le projet de directive, s’il était adopté, constituerait une nouvelle régression. En prévoyant une rétention pouvant atteindre 18 mois pour des personnes dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe, il porte en lui une logique inhumaine : la généralisation d’une politique d’enfermement des personnes étrangères qui pourrait ainsi devenir le mode normal de gestion des populations migrantes.

En instaurant une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées, ce projet de directive stigmatise les sans-papiers et les transforme en délinquants à exclure.

Le projet de directive qui sera présenté au Parlement est le premier dans ce domaine qui fasse l’objet d’une procédure de co-décision avec le Conseil des ministres. Le Parlement a donc enfin la possibilité de mettre un terme à cette politique régressive qui va à l’encontre des valeurs humanistes qui sont à la base du projet européen et qui lui donnent sens.

Les parlementaires européens ont aujourd’hui une responsabilité historique : réagir pour ne pas laisser retomber l’Europe dans les heures sombres de la ségrégation entre nationaux et indésirables par la systématisation des camps et de l’éloignement forcé. Nous appelons les parlementaires européens à prendre leurs responsabilités et à rejeter ce projet.

Pétition en ligne : http://www.directivedelahonte.org/i...


Pour en savoir plus :

Réseau Éducation Sans Frontières
http://www.educationsansfrontieres.org/

La CIMADE
http://www.cimade.org/

par sceptix publié dans : SANS PAPIERS- immigration communauté : Communauté de l'opposition
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 9 mai 2008

Le baril de pétrole dépasse pour la première fois

 125 dollars à New York

Par Delphine DECHAUX AFP - il y a 31 minutes

LONDRES (AFP) - Le cours du pétrole a dépassé vendredi pour la première fois le seuil de 125 dollars à New York, poursuivant une course folle amorcée par des craintes sur l'offre et nourrie par une intense spéculation.

Spectaculaire sur un an, la hausse des prix s'est encore accélérée au cours des mois : 100 dollars le 2 janvier, 105 dollars le 6 mars, 110 dolllars le 13 mars. Depuis lundi, où les prix ont dépassé 120 dollars pour la première fois, l'emballement est vertigineux et les records tombrent dru tous les jours.

Vendredi, les cours se sont envolés jusqu'à 125,48 dollars le baril à New York et 124,91 dollars à Londres.

Vers 11H00 GMT, le baril s'échangeait à 125,40 dollars à New York et 124,79 dollars à Londres.


==========================================================================================

La junte birmane ferme la porte aux équipes de

 secours de pays étrangers

AFP - il y a 1 heure 42 minutes

RANGOUN (AFP) - La junte birmane a fermé la porte vendredi aux équipes de secours et journalistes de pays étrangers, malgré le concert d'appels internationaux pour que le pays s'ouvre à une aide massive destinée à plus d'un million de sinistrés du cyclone dévastateur Nargis. Lire la suite »



==========================================================================================

Birmanie: "Entre 1 et 1,5 million de personnes

 très gravement affectées", selon l'ONU

AP - il y a 24 minutes

PARIS - Le coordinateur des aides d'urgence de l'ONU John Holmes se déclare "extrêmement frustré" par l'at