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2008 : Résignation



MAI 2008  "ENVOYONS NOS PAVES GRAPHIQUES
 ET
REDONNONS LA PAROLE AUX MURS
pompé sur le blog de Ciboulette
http://lemodemdefrancois.over-blog.com/

 

 

 

 

 

Mardi 6 mai 2008
http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=5098


5 mai 2008 — Le plus remarquable dans notre univers modernisé, moralisé et constamment entraîné à la satisfaction de lui-même, essentiellement à l’Ouest, c’est sans aucun doute l’aveuglement. C’est aussi le signe classique des grandes décadences et des décadences accélérées. Nous sommes vraiment dans une très grande décadence et nous nous y précipitons à une très grande allure.

Le silence religieux qui accompagne l’évolution de la situation devra être décrit, pour ceux qui ont l’oreille fine, comme aussi assourdissant que les préparatifs de l’apocalypse. Dans les réunions internes de la plupart des grands corps politiques comme dans les colonnes des journaux institués, l’auto-censure concernant la réelle gravité des conditions politiques aux USA est une règle d’or, presque un signe de la politesse nécessaire à leur bonne tenue. Certes, il y a d’autres chats à fouetter, comme ces dernières semaines nous ont montré; le débat furieux sur le Tibet et le sort de la flamme olympique en sont un exemple, et l’on comprend que des âmes, bonnes et vertueuses, et en mal de “bonnes causes”, s’émeuvent à ce propos jusqu’au bouleversement de l’émotion, bien plus qu’à propos du sort des USA. Cette réactualisation involontaire mais minutieuse dans le montage comme une horlogerie de l’antique discussion sur le sexe des anges est une marque convaincante de ce qui ne peut être défini autrement que comme la dissolution radicale, comme passée à l’équarrissage d’un acide diabolique, de la fermeté du caractère et de la responsabilité de l’esprit.

Voyez qu’il n’est même plus question de servilité (des Européns vis-à-vis des USA) ou de toute autre faribole de la sorte. Il est question d’une démission sans préavis, sans état d’âme, sans rien, du devoir de la responsabilité de nos directions politiques sur le fondement et les perspectives fondamentales de quelque sujet d’importance que ce soit, et d’abord les plus graves d’entre eux. Il semble que les caractère ont acquis la tenue et la rectitude d’un éclair au chocolat. (Référence à cette immortelle définition du président McKinley par son vice-président Theodore Roosevelt: «Il a autant de colonne vertébrale qu’un éclair au chocolat.»)

Un amiral, chef d’état-major des forces armées des USA, parle comme un général turc à la veille d’une élection présidentielle en Turquie, avertissant tout le monde, y compris son propre pouvoir politique, de l’extrême volatilité de la période et de son intention de veiller au grain, y compris sur le processus politique en cours aux USA, – et qui s’en émeut? Non que nous en ayons contre l’amiral Mullen, loin de là et même au contraire, mais parce que simplement l’amiral Mullen se permet d’ouvrir les yeux sur la situation de son pays, cette “hyperpuissance” dont, paraît-il, dépend l’équilibre du monde. Nous pourrions en profiter pour ouvrir les nôtres, mais non...

«The transition is unlikely to be smooth, predicted Mullen, who assumed his position seven months ago for a two-year term. He said he hopes to offer a stabilizing influence as a military leader who will bridge two administrations. “We will be tested. . . . I'm preparing that this country will be tested, and I have a role in that regard, certainly providing advice to whoever the new president's going to be,” he said.»

Tout cela est écrit dans le Washington Post, organe au-dessus de tout soupçon et de tout repos pour nos élites. N’est-ce pas un langage de crise? N’est-ce pas l’intervention d’un chef militaire annonçant: nous sommes dans un temps de crise («a time of vulnerability») et, s’il le faut, je prendrai mes responsabilités? Combien y a-t-il eu de commentaires en profondeur sur ces déclarations en Europe? Combien de journaux se sont empressés d’en faire leur grand titre? Combien de présentateurs TV...? Il y avait les défilés du 1er mai et les routes de vacances encombrées. On a les priorités qu’on peut.

Vont-ils s’apercevoir que le processus politique aux USA est en train d’évoluer vers un blocage en pleine campagne des élections présidentielles? L’article du Times du 2 mai que nous commentions le même jour, est un parmi vingt autres à partir duquel nous devrions tirer des analyses et des conclusions plus larges sur les dangers qui guettent la structure institutionnelle des USA. (Le Times, d’ailleurs, s’en garde bien. Même ceux qui diffusent les informations qui devraient nourrir cette sorte d’analyse se refusent absolument à y réfléchir, – ou à s’y risquer, – question de conformité intellectuelle.)

Comment se sortir d’un tel imbroglio, – surtout du côté démocrate, où l’élimination de l’un ou l’autre candidat conduira inévitablement à des remous, – sans risquer une tempête dans un sens ou l’autre? Sans risquer des remous populaires ou des prolongements inattendus pouvant conduire à un blocage institutionnel? Et, pendant ce temps, au pouvoir, une direction dont la marque est à la fois l’impuissance, l’impopularité, l’aveuglement, et une stupidité sans mesure dans l’appréciation des tensions du monde, et qui ne rêve que de précipiter un autre conflit où la puissance US pourrait se voir confrontée à l’enchaînement d’une défaite militaire indirecte majeure.

 

Le refus d’un destin tragique des USA

Comment un tel aveuglement est-il possible? Parce qu’il y a là une attitude psychologique qui représente un cas assez unique dans l’histoire, compte tenu des moyens sans nombre qui nous sont donnés de voir la chose. Qu’on ne nous parle ni de complot, ni de servilité, ni de rien de la sorte car l’heure de ces vices de la politique courante, même s’ils existent et persistent comme l’acné dont on ne se débarrasse pas, leur heure est passée. Il reste la réalité nue, qui est une attitude psychologique sans exemple.

Précisons notre propos. L’aveuglement dont nous parlons n’est pas absolument celui de la méconnaissance par sottise ou du refus inconscient de la connaissance par réflexe pavlovien d’enfermement du jugement. Le cas existe évidemment car les caractères faibles et les psychologies pauvres abondent. A côté, il existe de-çi de-là, et de plus en plus, nous en avons l’écho assuré, des esprits placés dans les rouages des pouvoirs ou fort proches qui commencent à réaliser et à mesurer la monstruosité de la crise US qui se développe (et des autres crises également, parallèlement) et l’abîme où ce mouvement convulsif conduit cette puissance. Leurs constats sont crépusculaires et leur conclusion désespérée par l’absence de réponse à cette question: que faire?

A côté de ces divers cas individuels existe une consigne générale non écrite, justifiée par un réflexe de refus du réel, qui est celle de l’emprisonnement volontaire du jugement; et cette consigne, en général, passe bien, elle nous conforte, elle nous berce comme une contine fait pour un nouveau-né trop pressé, elle nous rendort si parfois nous vient la faiblesse d’ouvrir un oeil; elle passe si bien, enfin, qu’il serait manifeste qu’elle correspondît à un désir profond, on dirait presque de l’ordre du psychanalytique. Peut-être est-ce le désir presque innocent de refuser le meurtre du père que serait la mise en cause de l’Amérique? Tout se passe comme si notre fascination pour l’Amérique réglait notre pensée, notre jugement et notre réflexe vital. Depuis qu’une partie de nous-même s’est révoltée il y a quelques siècles contre nous pour créer, “fabriquer” l’Amérique là-bas, contre les us et coutumes du père ainsi abandonné, notre fascination entretemps suscitée par cet artefact historique et monstrueux mais paré des atours trompeurs de notre propre vertu moderniste, aurait transformé le fils indigne et monstrueux en père magique, dont les excès et les extrêmes que notre tradition a toujours rejetés ont fait de lui un modèle fascinateur.

Il est en effet impossible de comprendre notre attitude générale et courante vis-à-vis de l’Amérique, à nous Européens, et particulièrement dans nos élites, si n’entre pas en jeu cette dimension psychologique (psychanalytique) de fascination. Ce constat n’est pas infifférent. Il paralyse nos politiques et laisse le champ libre à l’Amérique. Jusqu’alors, cela assurait sa puissance. Aujourd’hui, ce serait plutôt l’inverse, et peut-être est-ce la revanche de l’Histoire. L’absence de frein contre son action, sa politique, ses tendances, notamment de la part des “amis” et autres serviteurs (européens), laisse désormais l’Amérique sur une course catastrophique.

D’autre part, notre refus d’apprécier le destin catastrophique de l’Amérique est aussi le refus d’une pensée eschatologique qui, seule, aujourd’hui, pourrait nous donner l’audace de penser la crise du monde qui est la crise de notre civilisation (la crise des USA, c’est déjà tout cela). La pensée eschatologique a ceci d’intéressant qu’elle ne nous oblige pas à offrir une prévision rationnelle aux suites des catastrophes que la situation générale nous conduit à envisager, à donner un “après”. En effet, ici se trouve le noeud de notre impuissance actuelle, notamment à penser la crise des USA (et aussi, dans un même mouvement, d’autres crises comme la crise climatique). Notre mode de pensée implique qu’en pensant une crise à venir, nous offrions aussitôt une prévision de son “après”. La pensée eschatologique ne nous met pas dans cette obligation.

Il est aujourd’hui impossible de penser un “après” d'une crise d’effondrement des USA, par exemple, – mais exemple central, bien entendu. (C’est un des très rares reproches que nous adresserions au groupe LEAP/E2020 et sa Lettre confidentalle “GAEB”, par ailleurs remarquable dans ses prévisions économiques et largement référencé chez nos lecteurs: la nécessité où les auteurs se croient justifiés, sinon obligés, en prévisionnistes conséquents, de décrire un “après la crise”. Annonçant une catastrophe majeure aux USA [la “Très Grande Dépression”] tout à fait concevable et justifiée, ils précisent qu’il faudra 10 ans aux USA pour assainir leur situation et revenir à une situation normale.) Si les USA s’enfoncent dans une immense crise s’apparentant à un effondrement, c’est un événement eschatologique pour le système mondial. Tout sera changé et plus rien ne sera pareil à ce qui précéda, et nous entrons dans l’inconnu. Le futur est ainsi décrit d’un mot (“inconnu”) et vouloir faire une prévision relève non pas de la gageure mais de la gratuité futile et nécessairement (même si involontairement) trompeuse. La pensée eschatologique permet d’apprécier cette probabilité sans la soumettre au crédit incertain d’une prévision postérieure à l’événement qu’elle décrit, qui relève alors du hasard divinatoire.

Il reste que nous atteignons le coeur d’une époque d’affreux déséquilibre psychologique entre une “pensée officielle” qui s’interdit le mode de pensée eschatologique et une pensée tout court qui n’ose pas encore l’aborder franchement, et une psychologie qui en est imprégnée chaque jour un peu plus. C’est le dernier acte possible de censure, ou plutôt d’auto-censure de cette civilisation.


5 mai 2008 — Le plus remarquable dans notre univers modernisé, moralisé et constamment entraîné à la satisfaction de lui-même, essentiellement à l’Ouest, c’est sans aucun doute l’aveuglement. C’est aussi le signe classique des grandes décadences et des décadences accélérées. Nous sommes vraiment dans une très grande décadence et nous nous y précipitons à une très grande allure.

Le silence religieux qui accompagne l’évolution de la situation devra être décrit, pour ceux qui ont l’oreille fine, comme aussi assourdissant que les préparatifs de l’apocalypse. Dans les réunions internes de la plupart des grands corps politiques comme dans les colonnes des journaux institués, l’auto-censure concernant la réelle gravité des conditions politiques aux USA est une règle d’or, presque un signe de la politesse nécessaire à leur bonne tenue. Certes, il y a d’autres chats à fouetter, comme ces dernières semaines nous ont montré; le débat furieux sur le Tibet et le sort de la flamme olympique en sont un exemple, et l’on comprend que des âmes, bonnes et vertueuses, et en mal de “bonnes causes”, s’émeuvent à ce propos jusqu’au bouleversement de l’émotion, bien plus qu’à propos du sort des USA. Cette réactualisation involontaire mais minutieuse dans le montage comme une horlogerie de l’antique discussion sur le sexe des anges est une marque convaincante de ce qui ne peut être défini autrement que comme la dissolution radicale, comme passée à l’équarrissage d’un acide diabolique, de la fermeté du caractère et de la responsabilité de l’esprit.

Voyez qu’il n’est même plus question de servilité (des Européns vis-à-vis des USA) ou de toute autre faribole de la sorte. Il est question d’une démission sans préavis, sans état d’âme, sans rien, du devoir de la responsabilité de nos directions politiques sur le fondement et les perspectives fondamentales de quelque sujet d’importance que ce soit, et d’abord les plus graves d’entre eux. Il semble que les caractère ont acquis la tenue et la rectitude d’un éclair au chocolat. (Référence à cette immortelle définition du président McKinley par son vice-président Theodore Roosevelt: «Il a autant de colonne vertébrale qu’un éclair au chocolat.»)

Un amiral, chef d’état-major des forces armées des USA, parle comme un général turc à la veille d’une élection présidentielle en Turquie, avertissant tout le monde, y compris son propre pouvoir politique, de l’extrême volatilité de la période et de son intention de veiller au grain, y compris sur le processus politique en cours aux USA, – et qui s’en émeut? Non que nous en ayons contre l’amiral Mullen, loin de là et même au contraire, mais parce que simplement l’amiral Mullen se permet d’ouvrir les yeux sur la situation de son pays, cette “hyperpuissance” dont, paraît-il, dépend l’équilibre du monde. Nous pourrions en profiter pour ouvrir les nôtres, mais non...

«The transition is unlikely to be smooth, predicted Mullen, who assumed his position seven months ago for a two-year term. He said he hopes to offer a stabilizing influence as a military leader who will bridge two administrations. “We will be tested. . . . I'm preparing that this country will be tested, and I have a role in that regard, certainly providing advice to whoever the new president's going to be,” he said.»

Tout cela est écrit dans le Washington Post, organe au-dessus de tout soupçon et de tout repos pour nos élites. N’est-ce pas un langage de crise? N’est-ce pas l’intervention d’un chef militaire annonçant: nous sommes dans un temps de crise («a time of vulnerability») et, s’il le faut, je prendrai mes responsabilités? Combien y a-t-il eu de commentaires en profondeur sur ces déclarations en Europe? Combien de journaux se sont empressés d’en faire leur grand titre? Combien de présentateurs TV...? Il y avait les défilés du 1er mai et les routes de vacances encombrées. On a les priorités qu’on peut.

Vont-ils s’apercevoir que le processus politique aux USA est en train d’évoluer vers un blocage en pleine campagne des élections présidentielles? L’article du Times du 2 mai que nous commentions le même jour, est un parmi vingt autres à partir duquel nous devrions tirer des analyses et des conclusions plus larges sur les dangers qui guettent la structure institutionnelle des USA. (Le Times, d’ailleurs, s’en garde bien. Même ceux qui diffusent les informations qui devraient nourrir cette sorte d’analyse se refusent absolument à y réfléchir, – ou à s’y risquer, – question de conformité intellectuelle.)

Comment se sortir d’un tel imbroglio, – surtout du côté démocrate, où l’élimination de l’un ou l’autre candidat conduira inévitablement à des remous, – sans risquer une tempête dans un sens ou l’autre? Sans risquer des remous populaires ou des prolongements inattendus pouvant conduire à un blocage institutionnel? Et, pendant ce temps, au pouvoir, une direction dont la marque est à la fois l’impuissance, l’impopularité, l’aveuglement, et une stupidité sans mesure dans l’appréciation des tensions du monde, et qui ne rêve que de précipiter un autre conflit où la puissance US pourrait se voir confrontée à l’enchaînement d’une défaite militaire indirecte majeure.

 

Le refus d’un destin tragique des USA

Comment un tel aveuglement est-il possible? Parce qu’il y a là une attitude psychologique qui représente un cas assez unique dans l’histoire, compte tenu des moyens sans nombre qui nous sont donnés de voir la chose. Qu’on ne nous parle ni de complot, ni de servilité, ni de rien de la sorte car l’heure de ces vices de la politique courante, même s’ils existent et persistent comme l’acné dont on ne se débarrasse pas, leur heure est passée. Il reste la réalité nue, qui est une attitude psychologique sans exemple.

Précisons notre propos. L’aveuglement dont nous parlons n’est pas absolument celui de la méconnaissance par sottise ou du refus inconscient de la connaissance par réflexe pavlovien d’enfermement du jugement. Le cas existe évidemment car les caractères faibles et les psychologies pauvres abondent. A côté, il existe de-çi de-là, et de plus en plus, nous en avons l’écho assuré, des esprits placés dans les rouages des pouvoirs ou fort proches qui commencent à réaliser et à mesurer la monstruosité de la crise US qui se développe (et des autres crises également, parallèlement) et l’abîme où ce mouvement convulsif conduit cette puissance. Leurs constats sont crépusculaires et leur conclusion désespérée par l’absence de réponse à cette question: que faire?

A côté de ces divers cas individuels existe une consigne générale non écrite, justifiée par un réflexe de refus du réel, qui est celle de l’emprisonnement volontaire du jugement; et cette consigne, en général, passe bien, elle nous conforte, elle nous berce comme une contine fait pour un nouveau-né trop pressé, elle nous rendort si parfois nous vient la faiblesse d’ouvrir un oeil; elle passe si bien, enfin, qu’il serait manifeste qu’elle correspondît à un désir profond, on dirait presque de l’ordre du psychanalytique. Peut-être est-ce le désir presque innocent de refuser le meurtre du père que serait la mise en cause de l’Amérique? Tout se passe comme si notre fascination pour l’Amérique réglait notre pensée, notre jugement et notre réflexe vital. Depuis qu’une partie de nous-même s’est révoltée il y a quelques siècles contre nous pour créer, “fabriquer” l’Amérique là-bas, contre les us et coutumes du père ainsi abandonné, notre fascination entretemps suscitée par cet artefact historique et monstrueux mais paré des atours trompeurs de notre propre vertu moderniste, aurait transformé le fils indigne et monstrueux en père magique, dont les excès et les extrêmes que notre tradition a toujours rejetés ont fait de lui un modèle fascinateur.

Il est en effet impossible de comprendre notre attitude générale et courante vis-à-vis de l’Amérique, à nous Européens, et particulièrement dans nos élites, si n’entre pas en jeu cette dimension psychologique (psychanalytique) de fascination. Ce constat n’est pas infifférent. Il paralyse nos politiques et laisse le champ libre à l’Amérique. Jusqu’alors, cela assurait sa puissance. Aujourd’hui, ce serait plutôt l’inverse, et peut-être est-ce la revanche de l’Histoire. L’absence de frein contre son action, sa politique, ses tendances, notamment de la part des “amis” et autres serviteurs (européens), laisse désormais l’Amérique sur une course catastrophique.

D’autre part, notre refus d’apprécier le destin catastrophique de l’Amérique est aussi le refus d’une pensée eschatologique qui, seule, aujourd’hui, pourrait nous donner l’audace de penser la crise du monde qui est la crise de notre civilisation (la crise des USA, c’est déjà tout cela). La pensée eschatologique a ceci d’intéressant qu’elle ne nous oblige pas à offrir une prévision rationnelle aux suites des catastrophes que la situation générale nous conduit à envisager, à donner un “après”. En effet, ici se trouve le noeud de notre impuissance actuelle, notamment à penser la crise des USA (et aussi, dans un même mouvement, d’autres crises comme la crise climatique). Notre mode de pensée implique qu’en pensant une crise à venir, nous offrions aussitôt une prévision de son “après”. La pensée eschatologique ne nous met pas dans cette obligation.

Il est aujourd’hui impossible de penser un “après” d'une crise d’effondrement des USA, par exemple, – mais exemple central, bien entendu. (C’est un des très rares reproches que nous adresserions au groupe LEAP/E2020 et sa Lettre confidentalle “GAEB”, par ailleurs remarquable dans ses prévisions économiques et largement référencé chez nos lecteurs: la nécessité où les auteurs se croient justifiés, sinon obligés, en prévisionnistes conséquents, de décrire un “après la crise”. Annonçant une catastrophe majeure aux USA [la “Très Grande Dépression”] tout à fait concevable et justifiée, ils précisent qu’il faudra 10 ans aux USA pour assainir leur situation et revenir à une situation normale.) Si les USA s’enfoncent dans une immense crise s’apparentant à un effondrement, c’est un événement eschatologique pour le système mondial. Tout sera changé et plus rien ne sera pareil à ce qui précéda, et nous entrons dans l’inconnu. Le futur est ainsi décrit d’un mot (“inconnu”) et vouloir faire une prévision relève non pas de la gageure mais de la gratuité futile et nécessairement (même si involontairement) trompeuse. La pensée eschatologique permet d’apprécier cette probabilité sans la soumettre au crédit incertain d’une prévision postérieure à l’événement qu’elle décrit, qui relève alors du hasard divinatoire.

Il reste que nous atteignons le coeur d’une époque d’affreux déséquilibre psychologique entre une “pensée officielle” qui s’interdit le mode de pensée eschatologique et une pensée tout court qui n’ose pas encore l’aborder franchement, et une psychologie qui en est imprégnée chaque jour un peu plus. C’est le dernier acte possible de censure, ou plutôt d’auto-censure de cette civilisation.

par sceptix publié dans : USA communauté : Communauté de l'opposition
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Lundi 5 mai 2008

 

Plus de 10.000 victimes du cyclone Nargis en Birmanie, d'après un ministre

Par Hla Hla HTAY AFP - il y a 21 minutes
 

RANGOUN (AFP) - Le bilan des victimes du puissant cyclone Nargis qui a ravagé plusieurs grandes régions de Birmanie a pris des proportions dramatiques lundi, dépassant les 10.000 morts, selon le ministre birman des Affaires étrangères.


Les Nations unies ont précisé lundi que les sans-abri se comptaient par centaines de milliers et que la Birmanie avait accepté le principe d'une aide internationale. L'information a été confirmée par le ministre birman des Affaires étrangères, Nyan Win.

"Plus de 10.000 personnes ont été tuées" par le cyclone, l'un des plus meurtriers de ces dernières années, et "il pourrait y avoir davantage de victimes", a déclaré dans la soirée Nyan Win à la chaîne de télévision d'Etat MRTV.

Auparavant, MRTV avait averti qu'"il pourrait y avoir des dizaines de milliers de morts dans la localité de Bogalay et des milliers d'autres à Labutta", dans le delta de l'Irrawaddy (sud-ouest), première région à avoir été touchée par le cyclone tard vendredi soir, avec des vents oscillant entre 190 et 240 km/h.

Cinq grandes divisions administratives (Rangoun, Irrawaddy, Pegu, ainsi que les Etats Mon et Karen) ont été déclarées en état de catastrophe naturelle mais c'est le delta de l'Irrawaddy qui a été frappé de plein fouet.

Selon Nyan Win, 57 bateaux ont coulé dans cette région.

Plusieurs villages côtiers ont été anéantis, a dit un responsable de la Croix Rouge.

Des milliers d'habitations ont été détruites, des milliers d'arbres déracinés et des centaines de routes obstruées, ce qui ralentit les secours.

"De toute ma vie, je n'avais jamais vu une chose pareille", a dit à l'AFP un homme de 70 ans à Rangoun, ajoutant : "Le retour à la normale prendra au moins un mois".

D'importantes canalisations ayant été coupées dans la plus grande ville de Birmanie, de nombreuses personnes ont fait la queue avec des seaux pendant des heures pour obtenir de l'eau chez des voisins ayant la chance de disposer de puits privés.

En dépit des destructions considérables et de la gravité de la situation humanitaire, le quotidien officiel New Light of Myanmar de lundi a écrit que le régime avait maintenu pour samedi prochain un référendum sur une nouvelle Constitution, censé ouvrir la voie à des élections multipartites en 2010.

"Le référendum se déroulera dans quelques jours et l'ensemble de la population du pays attend cela impatiemment", a ajouté le journal avant l'annonce des nouveaux décès.

"Nous ne voulons pas de la démocratie, nous voulons de l'eau maintenant", s'est emporté un homme de 30 ans, rescapé du cyclone à Rangoun.

La Birmanie, gouvernée par des juntes militaires successives depuis 1962, est l'un des pays les plus pauvres d'Asie.

La brusque aggravation du bilan des victimes est intervenue au moment même où les secours commençaient à s'organiser lundi.

"Nous distribuons des fournitures aux sans-abri, des bâches en plastique pour couvrir les toits, des tablettes de purification d'eau, nous fournissons aussi 5.000 litres d'eau potable, des réchauds, des moustiquaires, des couvertures et des vêtements à ceux qui en ont le plus besoin", a précisé Michael Annear de la Fédération internationale de la Croix Rouge.

Il a toutefois admis que la mobilisation avait été lente au départ en raison de "problèmes de mobilité".

De son côté, un responsable de l'ONU à Bangkok, Richard Horsey, a déclaré que des centaines de milliers de personnes avaient "besoin d'une aide urgente", en particulier d'abris et d'eau potable, et que les autorités birmanes avaient accepté le principe d'une aide internationale.

Les Nations unies s'apprêtent à déployer leur aide d'urgence en Birmanie et à y envoyer une équipe de cinq experts en catastrophes, a indiqué lundi Elizabeth Byrs, porte-parole de l'organisation.

L'Unicef a déployé lundi cinq missions d'évaluation, alors que le Programme alimentaire mondial (PAM) a stocké 500 tonnes de nourriture à Rangoun et des générateurs au Cambodge, a ajouté ce porte-parole.

Le système d'imageries par satellite Unosat, qui fournit des cartes digitales à la communauté internationale dans des buts d'aide humanitaire, a été activé, a relevé Mme Byrs.

Les Etats-Unis ont débloqué une aide d'urgence de 250.000 dollars pour aider la Birmanie et examinent les possibilités de faire plus tout en s'assurant que le régime, l'une des bêtes noires de Washington, ne profite pas de cette assistance, a affirmé la Maison Blanche lundi.

La Commission européenne, qui estime que cette "catastrophe terrible demande une réponse humanitaire rapide et efficace", a débloqué une aide d'urgence de deux millions d'euros.

De leur côté, la Norvège a l'intention de débloquer 10 millions de couronnes (1,3 million d'euros) par le biais de l'Onu ou de la Croix-Rouge, l'Allemagne a annoncé l'octroi de 500.000 euros aux organisations humanitaires allemandes, et la Suède va fournir, via l'Onu, un soutien logistique et des équipements destinés à purifier l'eau.

L'armée thaïlandaise a annoncé qu'elle allait acheminer des médicaments et de la nourriture aux victimes du cyclone tandis que le Japon a annoncé l'octroi de 28 millions de yens (266.364 dollars) en aide d'urgence et l'Inde l'envoi d'une aide d'urgence avec deux navires de guerre chargés de vivres, tentes, couvertures, médicaments et vêtements.

De son côté le secrétaire général de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean) a appelé "tous les membres de l'Asean à fournir d'urgence de l'aide aux victimes du cyclone Nargis".

par sceptix publié dans : HUMANITAIRE communauté : Solidarités
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Lundi 5 mai 2008
 : RSF dresse une liste des points noirs en Europe


le rapport ci : dessous

http://www.rsf.org/IMG/pdf/rapport_UE_fr_bd.pdf


RSF dresse une liste des points noirs en Europe. Et qui va dresser le bilan des points noirs de RSF sous la direction de Mr. Ménard et de ses indignations à géométrie variable ?  Inutile de vous dire  contre qui  sont dirigées une grande partie de leurs attaques : les banlieues et les "islamistes".
par sceptix publié dans : médias : info & désinfo communauté : Communauté de l'opposition
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Lundi 5 mai 2008
Si vous ne connaissez pas Ciboulette, allez faire un tour sur son blog, j'adore sa prose : le fond et la forme.




Et tout le monde est à la noce ! Que l'on soit jeune ou vieux, homme ou femme, les besoins de rouler obligent les gens à voler le précieux carburant ! ARTICLE Dans cette station-service de La Martelle, le gérant garde dans une boîte des cartes bancaires, des permis de conduire et autres cartes de bus ou même des téléphones portables. Des oublis ? Pas du tout : « Ce sont des clients qui prennent de l'essence, qui ne peuvent pas payer et qui me disent : "Je n'ai pas d'argent, qu'est-ce que je vous laisse ?" Il y en a au moins pour 1 200 €, [...]





Qu'elle était belle ma liberté au temps où la chantaient mes grands-parents qui savaient que le Monde et les hommes ne sont pas parfaits et que c'est ce qui  fait l'intérêt d'être sur cette Terre ! Dans une société qu'on veut hygiénique, aseptisée, sans surprise et sans défaut, un nouvel outil de pistage du citoyen sera bientôt dans les bacs, rayon restriction des libertés. Après la puce dans le corps des animaux, celle dans le corps des enfants, voici la puce reliée par satellite portée par chacun de nous. Qu'elle était belle la vie d'antan, où nous [...]
par sceptix publié dans : mes blogs chouchous communauté : Femmes Engagées
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Lundi 5 mai 2008


Le bilan du cyclone en Birmanie atteint 3.969 morts selon la télévision d'Etat



Par Hla Hla HTAY AFP - il y a 6 minutes

RANGOUN (AFP) - Le bilan des victimes du cyclone Nargis qui a ravagé ce week-end plusieurs régions de Birmanie s'établissait lundi à 3.969 morts, a annoncé la télévision d'Etat, ajoutant que des milliers d'autres personnes pourraient avoir péri dans la catastrophe.

Des organisations internationales ont commencé à se mobiliser lundi pour venir en aide aux survivants du cyclone meurtrier qui s'est abattu ce week-end sur la Birmanie, a indiqué un porte-parole de la Croix Rouge à Bangkok.

Le référendum constitutionnel prévu samedi prochain est cependant maintenu, a indiqué lundi le quotidien officiel New Light of Myanmar.

"Le référendum se déroulera dans quelques jours et l'ensemble de la population du pays attend impatiemment cela", a déclaré le journal contrôlé par la junte militaire.

Le cyclone Nargis a par ailleurs fait des dizaines de milliers de sans-abri, en particulier dans les régions de l'Irrawaddy et de Rangoun,selon un bilan officiel. Cinq régions ont été affectées, en particulier le delta de l'Irrawaddy (sud-ouest). Plusieurs villages côtiers ont été totalement détruits, a dit un porte-parole de la la Fédération internationale de la Croix Rouge, Michael Annear, en admettant que la mobilisation avait été lente au départ en raison de "problèmes de mobilité" liés aux dévastations.

Les autorités "fournissent l'assistance nécessaire" aux sinistrés, a ajouté MRTV.

La chaîne de télévision a annoncé que l'aéroport international de Rangoun, qui était resté fermé samedi et dimanche, rouvrirait lundi. La chaîne de télévision d'Etat MRTV a fait état de plus de cent tués et de près de 100.000 sans-abri uniquement sur l'île de Haing Gyi.

La tempête tropicale, qui venait du Golfe du Bengale, s'est abattue sur la côte sud-ouest de la Birmanie tard vendredi soir, avec des vents oscillant entre 190 et 240 km/h. Elle a poursuivi sa progression vers l'est samedi, causant des dégâts majeurs, notamment à Rangoun, la plus grande ville du pays.

La zone la plus touchée semble avoir été la région côtière de l'Irrawaddy où de nombreux villages ont été dévastés. Sur l'île de Haing Gyi, quelque 20.000 habitations ont été détruites et 92.706 personnes sont sans-abri, a indiqué MRTV, ajoutant que, dans la localité de Lubutya, 75% des maisons ont été détruites.

L'électricité et les télécommunications ont été totalement coupées dans la nuit de vendredi à samedi et cinq régions (Rangoun, Irrawaddy, Pegu, ainsi que les Etats Mon et Karen) ont été déclarées dimanche en état de catastrophe naturelle, a ajouté ce responsable.

Dimanche, les rues de Rangoun étaient jonchées d'arbres et de feux de signalisation renversés, de panneaux publicitaires et de toits de maison arrachés, ainsi que de véhicules défoncés.

De nombreux bâtiments ont été endommagés et des canalisations d'eau coupées, forçant les habitants à aller chercher de l'eau potable dans les rares magasins ayant ouvert. "Nous avons déployé des unités militaires pour des opérations de secours et de réhabilitation", a déclaré le responsable du ministère de l'Information. "L'armée et la police ont commencé à nettoyer la ville". Il a précisé que sept bateaux vides, ancrés dans le port de Rangoun, avaient coulé.

Selon un vendeur ambulant, visiblement en colère contre la lenteur des secours, "de nombreuses personnes dans la banlieue de Rangoun ont besoin de nourriture et d'un toit de manière urgente" et "des enfants, totalement dévêtus, ont été accueillis dans un monastère". La Birmanie, gouvernée par des juntes militaires successives depuis 1962, est l'un des pays les plus pauvres d'Asie.

Le cyclone Nargis s'est abattu sur la Birmanie une semaine avant l'organisation samedi par le régime d'un référendum sur une nouvelle Constitution. Le responsable du ministère de l'Information a refusé de commenter des rumeurs selon lesquelles le référendum pourrait être reporté : "Nous ne pouvons rien dire, tout dépend des autorités supérieures".

Dans la Thaïlande voisine, le département météorologique a rétrogradé dimanche le cyclone Nargis au statut d'une dépression, mettant toutefois en garde contre les risques de fortes pluies et de brusques inondations dans le nord et le centre du pays.

par sceptix publié dans : HUMANITAIRE communauté : Femmes Engagées
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Lundi 5 mai 2008
 
Ils travaillaient, cotisaient, mais n’avaient droit à rien : les salariés sans papiers en grève depuis le 15 avril pourraient obtenir des régularisations au cas par cas. Serait-ce une brèche dans la politique d’immigration ?

EN 1991, JACQUES CHIRAC prononçait son tristement fameux discours sur les désagréments supposément causés aux Français par les immigrés. Son texte sur « le bruit et l’odeur » recadrait la politique française d’immigration dans le sens d’une suspicion décomplexée à l’égard des étrangers. « Nous n’avons plus les moyens d’honorer le regroupement familial, et il faut enfin ouvrir le grand débat qui s’impose dans notre pays, qui est un vrai débat moral, pour savoir s’il est naturel que les étrangers puissent bénéficier, au même titre que les Français, d’une solidarité nationale à laquelle ils ne participent pas puisqu’ils ne paient pas d’impôt ! » Cela, en faisant mine d’ignorer la participation de nombre de travailleurs sans papiers à l’effort national. Dix-sept ans plus tard, les conditions d’accès au regroupement familial ont été considérablement durcies, notamment par la loi Hortefeux du 20 novembre 2007. Et des sans-papiers en arrivent à des situations extrêmes, comme Baba Traoré, Malien de 29 ans décédé le 4 avril à Joinville-le-Pont.


C’est dans ce contexte que survient le mouvement des 600 sans-papiers salariés depuis des années dans l’hôtellerie, la restauration, le bâtiment ou le gardiennage (voir Politis n° 999). Le 15 avril, avec le soutien des associations, des syndicats et de leurs patrons, ils ont entamé une grève pour faire valoir leur droit à une régularisation par le travail. Le 24 avril, Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration, annonçait qu’il y aurait des régularisations, mais au cas par cas. Le message est clair : « Le gouvernement ne souhaite pas d’appel d’air […] pas de régularisation massive. » Il n’empêche, les associations y voient une brèche dans la politique d’immigration qui s’est faite de plus en plus répressive depuis 2002. Ces régularisations par le travail ont un air de reconnaissance d’une réalité et suscitent de l’espoir : la tendance pourrait-elle s’inverser ?

 

« Cela bouillonnait depuis trop longtemps, estime Claire Rodier, du Gisti. On ne sait pas combien sont les travailleurs sans papiers en France, mais plusieurs milliers sans aucun doute, qui cotisent et paient des impôts. Cette grève, c’est un trop-plein qui pète, et la preuve flagrante de l’échec du dispositif. Elle fait apparaître aux yeux du public la contradiction entre la réalité et la législation. » Dans le prolongement de mouvements comme celui du Réseau éducation sans frontières, cette grève fait émerger des histoires personnelles, des parcours. « Ainsi, résume Claire Rodier, les sans-papiers ne sont plus une masse anonyme mais des personnes qu’on croise tous les jours et dont les situations permettent un autre regard sur l’immigration. » Autre événement, ce mouvement a été soutenu par les syndicats, la CGT en tête, qui tardaient à se mobiliser sur ce front. « Le soutien des patrons est moins surprenant, souligne Claire Rodier. La circulaire de juillet 2007 les a contraints à vérifier les titres de séjour de leurs salariés. Mais ils suivent toujours la même logique : ils ont besoin de ces employés sur qui repose une partie de la dynamique économique. »


Méfiance néanmoins : que penser d’un système qui prend en compte les immigrés uniquement sous le prisme de l’intérêt économique ? D’autres raisons de présence sur le territoire sont-elles moins légitimes ? Cette régularisation de travail est un procédé exceptionnel et non une régularisation de droit, rappellent les associations, pour lesquelles la grève du 15 avril doit s’inscrire dans un mouvement global pour la régularisation de tous les sans-papiers. Méfiance aussi parce que l’article 40 de la loi sur l’immigration (et la circulaire du 7 janvier 2008) sur lequel s’appuient les demandes de régularisation par le travail « conditionne l’examen de la demande à la présentation d’un contrat de travail pour un emploi figurant parmi une liste de métiers très réduite, explique Damien ­Nantes, de la Cimade. Cette liste ne concerne que les emplois qualifiés et discrimine les ressortissants des pays tiers (sauf Tunisiens et Algériens, soumis à d’autres accords) par rapport aux Européens. Par ailleurs, elle repose sur le pouvoir discrétionnaire du préfet, avec tout l’arbitraire que cela implique. » Quels seront les critères d’acceptation et de refus ? Méfiance, enfin, car la brèche est aussi un piège : c’est le même texte qui ouvre une possibilité de régularisation par le travail et qui instaure des quotas d’expulsions. Certains sans-papiers risquent d’être arrêtés au moment du dépôt de leur demande. D’où la consigne : « Ne pas rester seul, prendre conseil auprès d’un syndicat ou d’une association. »


Pour l’heure, l’association Droits devant !!, à l’origine du mouvement du 15 avril, invite à maintenir les piquets de grève sur les 17 sites concernés.

par sceptix publié dans : SANS PAPIERS- immigration communauté : Communauté de l'opposition
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Lundi 5 mai 2008

Une révision pour quoi faire ?

PAR Michel Soudais : http://www.politis.fr/
mercredi 30 avril 2008
 
La réforme constitutionnelle adoptée en Conseil des ministres, en apparence séduisante, risque surtout de conforter le pouvoir personnel de Nicolas Sarkozy.

La réforme constitutionnelle adoptée le 23 avril en Conseil des ministres est présentée comme une « modernisation » de nos institutions. Le mot est à la mode et censé lever toutes les préventions. Qui refuserait de moderniser la Constitution de la Ve République, qui fête cette année son cinquantième anniversaire et accumule les critiques depuis sa naissance ? Qui plus est quand ce projet de révision constitue « la plus grande réforme de la Ve République depuis 1958 », selon Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement. Qu’il vise à instaurer une « démocratie exemplaire », conformément à l’engagement de Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle. Et, assure l’entourage de ce dernier, « répond à toutes les critiques formulées par l’opposition contre les institutions depuis des années ».

D’un strict point de vue quantitatif, l’importance de la réforme envisagée est indiscutable : le projet de loi constitutionnelle que les députés commenceront à examiner le 20 mai modifie, complète ou réécrit 31 des 97 articles de la Constitution et en ajoute 5. Pour autant, il est plus douteux que ce texte, qui puise largement dans les propositions du « comité Balladur », modifie l’équilibre général de nos institutions, malgré ses trois objectifs affichés : « Mieux contrôler le pouvoir exécutif, renforcer profondément les pouvoirs du Parlement et accorder des droits nouveaux aux citoyens. »

Les pouvoirs du chef de l’État demeurent, même si plusieurs articles du projet les ­encadrent : le nombre de mandats consécutifs du président de la République est limité à deux (article 2) ; une loi organique fixe le nombre maximum des ministres et celui des autres membres du gouvernement (art. 3) ; un « avis » du Parlement est nécessaire pour les nominations les plus importantes, dont une loi organique doit préciser la liste (art. 4) ; le droit de grâce s’exerce après l’avis d’une commission (art. 6) ; lorsque la durée d’une intervention militaire extérieure dépasse six mois, le gouvernement soumet sa prolongation à l’autorisation du Parlement (art. 13). L’exercice de l’article 16 de la Constitution, qui permet au chef de ­l’État de s’arroger les pleins pouvoirs dans des circonstances exceptionnelles, est lui aussi encadré – au bout de trente jours, les présidents des assemblées, 60 députés ou 60 sénateurs peuvent saisir le Conseil constitutionnel, qui « se prononce dans les délais les plus brefs par un avis public » –, mais il ne disparaît pas (art. 5).

Le projet de loi accroît les prérogatives du Parlement. Chaque assemblée retrouve la maîtrise de la moitié de son ordre du jour, et « un jour de séance par mois » est réservé à l’ordre du jour fixé par l’opposition (art. 22). Symbole de l’abaissement des droits du Parlement depuis 1958, le recours à l’article 49-3, qui permet l’adoption d’un projet de loi sans vote, est limité au budget de l’État, au budget de la Sécu et à « un autre texte par session » (art. 23). Sauf en procédure d’urgence, l’examen d’un texte en première lecture ne peut intervenir qu’après un « délai d’un mois après son dépôt », et « dans la seconde assemblée, quinze jours après sa transmission » (art. 16). La demande d’urgence du gouvernement peut être mise en échec par un veto conjoint des conférences des présidents des deux assemblées (art. 19). Autre innovation importante de l’article 16 : les projets de loi sont examinés en séance dans leur version adoptée en commission, sauf pour les projets de révision constitutionnelle, le budget et le financement de la Sécu, qui sont examinés dans leur version déposée par le gouvernement. Enfin, les assemblées peuvent désormais adopter, en tout domaine, des « résolutions » marquant un souhait ou une préoccupation (art. 12). Dans chacune d’entre elles, le nombre maximum de commissions permanentes passe de 6 à 8 (art. 17).

Afin d’assurer leur mission de contrôle, désormais expressément reconnue (art. 9), chacune des deux assemblées peut s’adjoindre le concours de la Cour des comptes (art. 21). Et « une séance au moins » de questions au gouvernement par semaine, « y compris durant les sessions extraordinaires », est instituée (art. 22).

Parmi les autres changements, les Français de l’étranger éliront désormais des députés, et le Sénat devra assurer la représentation des collectivités territoriales « en tenant compte de leur population » (art. 9). Les ministres récupèrent leur siège à l’issue de leur fonction gouvernementale, et toute modification de la carte électorale devra être soumise à « l’avis public » d’une commission indépendante (art. 10).

Trois nouveaux droits accordés aux citoyens complètent cette réforme : la faculté ouverte aux justiciables de contester, par voie d’exception, la constitutionnalité de dispositions législatives (art. 26 et 27) ; la possibilité de saisir par voie de pétition citoyenne (art. 29) le Conseil économique et social, qui a désormais vocation à intervenir sur les questions relatives à l’environnement (art. 30) ; l’institution d’un Défenseur des droits des citoyens (art. 31).

Quels que soient les bonnes intentions affichées et l’intérêt de certaines de ces mesures, cette révision constitutionnelle risque fort de consolider la pratique personnelle du pouvoir de Nicolas Sarkozy. La suppression de l’obligation d’un référendum pour ­ratifier l’adhésion d’un nouveau membre de ­l’Union européenne (art. 33) va dans ce sens. On se souvient que Jacques Chirac avait introduit cette disposition en 2004 pour rassurer les adversaires de la Turquie. Mais il était vite apparu que ce référendum obligatoire pouvait devenir un moyen de contestation des orientations politiques et économiques de l’UE. Trop risqué. C’est désormais le chef de l’État qui décidera, seul, de l’opportunité de recourir à une consultation populaire.

Il en est encore ainsi avec la disposition qui prévoit que le chef de l’État « peut prendre la parole devant le Parlement réuni à cet effet en Congrès ou devant l’une ou l’autre de ses assemblées » (art. 7). Car, précise le texte, si « son allocution peut donner lieu à un débat », c’est « hors sa présence » et ce débat « n’est suivi d’aucun vote ». Le président de la République, qui conserve le droit de dissolution de l’Assemblée nationale, conforte ainsi sa prééminence institutionnelle tandis que son irresponsabilité, devant la représentation nationale, est symboliquement affirmée.

Pour l’ancien ministre socialiste Paul Quilès, auteur en 2001 d’un essai sur le rôle des députés [1], certaines mesures destinées à renforcer les pouvoirs de ces derniers « représenteraient un réel progrès, si le travail parlementaire ne se limitait pas désormais à la transposition législative et réglementaire des choix préalables du Président ». Or, en privilégiant le travail législatif en commission plutôt qu’en assemblée plénière, la révision constitutionnelle poursuit un double objectif que ne cachent pas ses concepteurs : permettre « l’institution de procédures réellement simplifiées pour l’examen de textes à caractères techniques », comme les transpositions de directives européennes, où l’assemblée plénière n’aurait qu’à ratifier le travail en commission ; ouvrir la voie à une durée programmée de l’examen des textes et contrecarrer ainsi « les phénomènes d’obstruction parlementaire ». Difficile de prétendre, dans les deux cas, que le Parlement en sera renforcé.

Notes

[1] Les 577. Des députés pour quoi faire ?, Stock.

par sceptix publié dans : Institutions communauté : Communauté de l'opposition
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Lundi 5 mai 2008
.........après 6 mois de chomage

 

AFP - il y a 11 minutes
 

PARIS (AFP) - Un chômeur ne pourrait pas refuser au bout de six mois de recherche d'emploi plus de deux offres rémunérées 80% du salaire précédent et comportant moins de deux heures de trajet quotidien, indique un document gouvernemental dont l'AFP a eu copie lundi.


Au bout d'un an, il serait obligé d'accepter un emploi "rémunéré à un salaire supérieur à l'allocation" dont il bénéficie et qui représente le plus souvent 57,4% du salaire antérieur.

"Le demandeur d'emploi s'engagerait à ne pas refuser plus de deux offres répondant (à des) conditions évolutives dans le temps", selon ce projet de "définition de l'offre raisonnable d'emploi" transmis aux partenaires sociaux et visant à instaurer "une logique de droits et devoirs renforcés".

Lors des trois premiers mois de recherche, l'emploi proposé doit "s'inscrire dans son projet professionnel, être au moins rémunéré au niveau de salaire antérieur et situé dans la zone géographique définie pour sa recherche", précise le texte également révélé lundi sur le site internet des Echos.

Après trois mois de chômage, le chômeur devra accepter un emploi "compatible avec ses qualifications", "rémunéré à 95% du salaire antérieur (sous réserve des lois et règlements applicables), tout en restant dans la zone géographique définie".

Au-delà de six mois, le chômeur devrait accepter un emploi "rémunéré à 80% du salaire antérieur" et "à une distance telle qu'elle n'entraîne pas un trajet d'une distance de plus de 30 km ou un temps de transport en commun supérieur à 1 heure entre le domicile et le lieu de travail", selon ce document.

"Le refus de deux offres raisonnables d'emploi, telles que définies ci-dessus, aurait pour conséquence une radiation de deux mois (...) entraînant, le cas échéant la suspension provisoire de l'allocation", indique ce projet de réforme qui