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Vendredi 2 mai 2008
Le 29 mai 2007 restera marqué d'une pierre blanche pour le "management", l'équipe de direction de Wendel. Ce jour-là, les actionnaires ont offert à quelques-uns de leurs cadres d'acheter près de 5 % du capital du groupe, ce qui représente une somme colossale, 324 millions d'euros en actions, à se partager à quinze. Le prix à payer était modeste : pour acquérir ces 5 %, il n'y avait à débourser que 83 millions. Le management est même parvenu à n'en sortir que moins de la moitié de sa poche.

C'est grâce à un montage juridique et fiscal infiniment complexe, pensé avec les plus grands cabinets d'affaires, que l'équipe dirigeante de Wendel, qui passe pour l'une des meilleures de la place, a réussi à obtenir ces 324 millions d'euros. Ce mécanisme, le voici.

Presque tous les éléments du dispositif sont très légalement accessibles auprès du tribunal de commerce, mais le montage, d'un formalisme parfait, est ardu, et s'y retrouver tient d'une véritable aventure, financière et fiscale. Chaque étape s'inscrit dans un cadre légal, mais l'ensemble pose pour le moins des questions éthiques.

Trois dirigeants se sont taillé la part du lion. Ernest-Antoine Seillière d'abord, le président du conseil de surveillance de Wendel, a reçu pour 79 millions d'euros de titres. Bernard Gautier ensuite, membre du directoire, en a touché pour 36 millions, et Jean-Bernard Lafonta enfin, président du directoire, s'est vu attribuer pour un peu plus de 83 millions d'euros. Douze autres cadres se partagent les 85 millions qui restent, après avoir réglé l'essentiel des 41 millions de frais et d'emprunts.

L'instruction du 12 mai 1995 de la direction générale des impôts (DGI), dite "instruction Taly", met en garde les groupes contre "les mécanismes" qui permettent aux dirigeants "d'obtenir des avantages financiers importants", notamment avec les options d'achat sur des titres, objet précisément de ce montage. "Dans la plupart des cas, il a été constaté que la ou les sociétés en cause se sont privées d'un gain important au bénéfice des intéressés", note la DGI. Les dirigeants seront alors imposés sur le revenu si "l'avantage consenti est occulte, ou résulte d'un acte de gestion anormal de la société, ou a pour effet de porter la rémunération totale du bénéficiaire à un montant exagéré".

Le groupe se défend d'avoir en quoi que ce soit outrepassé la loi. "Les opérations réalisées par l'équipe de direction, a indiqué par lettre recommandée au Monde Arnaud Desclèves, le directeur des affaires juridiques de Wendel, sont en conformité avec la législation fiscale et la doctrine administrative en vigueur." M. Desclèves, qui a perçu dans ces opérations un peu plus de 11 millions, produit une attestation du cabinet d'affaires Debevoise & Plimpton qui confirme la parfaite légalité du dispositif.

L'aventure commence le 25 octobre 2004, lorsque le management obtient une option d'achat sur des titres détenus par une obscure société, Solfur, une entreprise jadis spécialisée dans la distribution d'énergie. Elle n'est alors plus qu'une coquille vide, une miette oubliée de l'ancien empire industriel. C'est que le groupe s'est profondément métamorphosé. Il est toujours contrôlé par la famille Wendel, 950 personnes qui descendent de François de Wendel, fondateur de la dynastie, regroupées dans SLPS, la Société lorraine de participations sidérurgiques, mais n'a plus rien à voir ni avec la Lorraine ni avec la sidérurgie.

Jean-Bernard Lafonta, arrivé à 41 ans, en 2001, dans une holding familiale vieillissante, a dépoussiéré le groupe, pour en faire une société de participations fort rentable, qui investit dans les entreprises les plus diverses et engrange de copieux dividendes. Le cours de l'action a jusqu'en 2007 progressé de 50 % par an et Wendel a distribué en 2007 des dividendes de 2 euros par action. Jean-Bernard Lafonta avait en 2006 une ambition simple : doubler la valeur du groupe dans les cinq prochaines années.

Mais l'organigramme est alors encore complexe. La famille, dans SLPS, contrôle 86,5 % du capital de Wendel-Participations, qui détient à son tour 35 % de Wendel Investissement, qui possède 100 % de la fameuse Solfur... Solfur ne vaudrait rien, si elle ne détenait 13,5 % des parts de Wendel-Participations. Le groupe décide logiquement de supprimer "la boucle d'autocontrôle" qu'est Solfur, cette société qui est donc l'un des actionnaires de Wendel-Participations. On en profite pour fusionner SLPS et Wendel-Participations. Pour la famille, l'affaire a un intérêt : en supprimant "un étage" du groupe, elle peut bénéficier de la loi Dutreil, votée en 2003, qui permet un abattement sur l'ISF, l'impôt de solidarité sur la fortune. Pour les managers, ce sera l'occasion de se partager 324 millions d'euros. Chaque étape du montage s'inscrit dans un cadre légal, mais au total, les actionnaires familiaux ont versé plus de 300 millions d'euros à une poignée de cadres.

Dans Solfur dorment en effet 569 333 titres Wendel-Participations. Des actions qui ne sont pas cotées en Bourse, et qu'on ne peut acheter ou vendre qu'avec l'accord des actionnaires familiaux. Elles valent en revanche chacune 4,4 actions Wendel Investissement, qui sont elles cotées, et en pleine croissance. Tout le problème va donc consister, pour le management, à échanger les unes contre les autres. En évitant ce que les fiscalistes appellent joliment "les frottements fiscaux".

La direction explique aux actionnaires que ce dispositif "est destiné aux cadres dirigeants ayant souhaité prendre un risque capitalistique sur le Groupe et sur l'évolution de sa valeur". Il s'agit de réduire "l'ampleur du programme de stock-options" auparavant distribuées au management, et de permettre "de sortir du bilan de Wendel les titres Wendel-Participations, très difficilement cessibles, compte tenu de leur caractère illiquide".

Il faut donc pour le management acheter Solfur. Il obtient en octobre 2004 une option d'achat, "à échéance octobre 2010". Ce n'est pas gracieux, le prix de l'option est évalué, au cours de l'époque, à 4 millions d'euros. L'équipe dirigeante n'en paie qu'un acompte, 1,6 million d'euros. Trois jours auparavant, Jean-Bernard Lafonta et Ernest-Antoine Seillière ont créé une société presque homonyme, la Compagnie de Solfur, sise au 89, rue Taitbout, dans le 9e arrondissement de Paris - le siège de Wendel.

Claire Gatinois et Franck Johannès
par sceptix publié dans : FINANCE ET BANQUIERS communauté : Libre expression
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Vendredi 2 mai 2008

Voici un article paru dans le monde.fr ! A quoi devons nous nous attendre après cette affirmation lancée par Washington ?
A quand une nouvelle vidéo de Ben Laden ?
Les néocons sont entrain de nous préparer à une catastrophe !
Le pire est que, si ce n'était pas de la propagande, si c'était vrai,
je ne crois plus rien des "infos" qu'ils balancent
!

Al-Qaida a en partie reconstitué ses
 
forces, selon le département d'Etat

américain









Près de sept ans après les attentats du 11-Septembre, Al-Qaida a en partie reconstitué ses moyens d'action et demeure la menace terroriste la plus importante pour les Etats-Unis et ses alliés, estime le département d'Etat dans son rapport annuel, publié mercredi 30 avril. Le terrorisme aurait fait 22 000 victimes à travers le monde en 2007, en progression de 8 % sur un an.

L'enquête menée par Washington sur les attentats et les violences perpétrés dans le monde en 2007 révèle qu'Al-Qaida a utilisé certaines régions tribales pakistanaises pour renouveler ses effectifs et reconstruire sa suprématie au sein des mouvements islamistes. Au Pakistan, les attaques terroristes auraient ainsi doublé entre 2006 et 2007, tandis que chez le voisin afghan elles auraient progressé de 16 %.

Selon le département d'Etat, la première cause du regain de forme d'Al-Qaida est le cessez-le-feu passé l'an dernier entre le gouvernement pakistanais et les chefs tribaux. Cette trêve est désormais terminée, mais le nouveau gouvernement pakistanais négocie actuellement un nouvel accord, fortement critiqué par Washington. Le Pakistan a enregistré 45 attentats-suicides en 2007, contre 22 entre 2002 et 2006.

L'IRAN, "PREMIER SOUTIEN" DU TERRORISME

Le nombre d'attaques en Irak aurait, lui, légèrement diminué, mais pas le nombre de morts (13 600 civils tués). Ce pays continue de payer le plus lourd tribut au terrorisme mondial avec 60 % des victimes. Ce chiffre pourrait être dû à la hausse spectaculaire des attentats-suicides (+ 50 %). Les attaques à la voiture piégée sont en hausse de 40 % et les attaques-suicides sans véhicule de 90 %.

Le rapport désigne à nouveau l'Iran comme le pays "le plus actif" dans son soutien au terrorisme, notamment dans les territoires palestiniens, en Afghanistan et en Irak, où les Gardiens de la Révolution sont accusés de fournir armes, formations et financements aux groupes armés. "En un sens, les forces du gouvernement iranien ont été responsables d'attaques contre les forces de la coalition", estime Dell Dailey, coordinateur de la lutte contre le terrorisme au département d'Etat. Cuba, l'Iran, la Corée du Nord, le Soudan ou encore la Syrie sont également montrés du doigt dans le rapport.

par sceptix publié dans : USA communauté : Libre expression
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Vendredi 2 mai 2008



http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/05/02/le-paradoxe-du-sarkozysme-par-christian-salmon_1040583_3232.html

Au cours de sa dernière intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a justifié l'envoi de troupes en Afghanistan par l'impossibilité de dialoguer avec "des gens qui ont amputé d'une main une femme parce qu'elle avait mis du vernis à ongles". Une référence à la cruauté des talibans si souvent répétée qu'on ne se soucie plus d'en vérifier l'authenticité, comme si la cruauté des châtiments - de la lapidation des femmes adultères à l'interdiction pour les jeunes filles d'aller à l'école - nous dispensait d'enquêter.

L'histoire circule sur Internet depuis des années dans d'innombrables versions. Parfois la victime est une petite fille de 10 ans. Parfois c'est une femme. Le plus souvent, on rapporte que les talibans se "contentaient", si l'on ose dire, d'arracher les ongles. Dans la version présidentielle, on a amputé la main.

Il est étrange qu'aucune enquête sérieuse ne soit venue questionner les modes de diffusion d'une telle rumeur. Une source semble en être un rapport d'Amnesty International datant de 1997 dont les conclusions étaient bien plus modestes que les commentaires qu'elle a inspirés. "Dans un cas au moins, écrivait l'organisation humanitaire, les châtiments infligés ont pris la forme d'une mutilation. En octobre 1996, des talibans auraient sectionné l'extrémité du pouce d'une femme dans le quartier de Khair Khana à Kaboul. Cette "punition" avait apparemment été infligée à cette femme car elle portait du vernis à ongles." Sam Gardiner, un colonel de l'armée américaine, qui a enquêté sur la communication de guerre des campagnes en Afghanistan et en Irak, a démontré récemment que "l'histoire des ongles arrachés" avait été choisie par Alastair Campbell, le conseiller de Tony Blair, pour illustrer les violences faites aux femmes par les "étudiants en théologie" et diffusée massivement pour convaincre l'opinion publique et les gouvernements européens qui hésitaient à se joindre à la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

La même story fut diffusée à Washington et à Londres, en suivant des scénographies identiques, allant parfois jusqu'à utiliser les mêmes phrases. Dès novembre 2001, a révélé Sam Gardiner, "l'orchestration de la campagne en faveur des femmes afghanes témoignait de similitudes frappantes dans le timing et les scénarios utilisés à Londres et à Washington". Le 17 novembre 2001, Laura Bush, la première dame des Etats-Unis, déclare : "Seuls les terroristes et les talibans menacent d'arracher les doigts qui ont les ongles vernis." Et Cherie Blair, son homologue britannique, d'affirmer (à Londres le lendemain) : "En Afghanistan, si vous avez du vernis à ongles, vous pouvez avoir les ongles arrachés."

Au cours d'une conférence à l'université de Strathclyde, en Ecosse (7-9 septembre 2007), Gardiner a décrit comment les scénarios quotidiens préparés par le centre d'information de la Maison Blanche étaient en fait alimentés par Alastair Campbell, du 10 Downing Street. Jim Wilkinson, qui travaillait à l'époque au bureau de la communication stratégique à la Maison Blanche, se félicita de l'efficacité de cette campagne, "la meilleure chose que nous ayons faite pour obtenir le soutien de pays où la coalition antiterroriste se heurtait à un grand scepticisme".

En laissant autant d'influence aux "storytellers politiques", a estimé le colonel Gardiner, Bush et Blair ont terni la "crédibilité" de leurs pays : "Ce sera un traumatisme plus grand encore peut-être que pour le Vietnam lorsque nous devrons nous retirer d'Irak. (...) Les hommes politiques se heurteront à une opinion qui refusera de les croire même s'ils disent la vérité." Est-ce le début d'une prise de conscience en Grande-Bretagne des méfaits du storytelling ? Lors d'une visite en Irak en juin 2007, Gordon Brown a promis que les futures analyses de la situation militaire, présentées par les services de renseignement, seraient indépendantes du pouvoir politique.

Ignorant les leçons du blairisme, Nicolas Sarkozy, lui, continue d'imiter le couple Blair-Campbell, jusqu'à reprendre ses méthodes et son langage quand il s'agit de convaincre l'opinion de s'engager davantage en Afghanistan. Comme eux, il récolte les fruits de cette stratégie qui aboutit à faire de l'action gouvernementale une pure entreprise de communication et qui, loin de gagner la confiance des électeurs, généralise l'incrédulité.

Ce diagnostic s'impose en Grande-Bretagne alors que l'on entre dans l'après-Blair. "Bien avant que la brouille due à la guerre en Irak ne ternisse complètement la réputation du gouvernement en matière de vérité, écrit par exemple le spécialiste des médias Raymond Kuhn dans un livre bilan des années Blair (Blair's Britain sous la direction d'Anthony Seldon), l'une des caractéristiques des années pendant lesquelles Blair a dirigé le New Labour a été aux yeux de nombreux électeurs l'association avec les petites phrases et le spin." En somme : trop de communication tue la communication.

"Vers le milieu du premier mandat de Blair, ajoute Kuhn, les articles critiques envers les tentatives du gouvernement de contrôler l'agenda médiatique ont commencé à remplacer les commentaires qui, jusqu'alors, faisaient l'éloge du professionnalisme de la machine médiatique du New Labour." Une inflexion qui semble inspirer le changement d'attitude de la presse française à l'égard de M. Sarkozy. Et expliquer sa chute dans les sondages. L'inflation d'histoires ruine la crédibilité du narrateur. L'habileté, à trop s'avouer, se dément. C'est le paradoxe du sarkozysme.


par sceptix publié dans : storytellers communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Vendredi 2 mai 2008
 Partie IV : le New Age et la fin de la laïcité

Sarkozy contre la laïcité : l'avènement des nouveaux mouvements spirituels

Le président appelle de ses voeux une « laïcité positive ». Ce qui revient à dire que la laïcité française actuelle est « négative ». Il a ainsi appelé à "l'avènement d'une laïcité positive, qui tout en veillant à la liberté de pensée, à celle de croire ou de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout". Dans son livre sur la République et les religions, il considère qu'il faut refuser les « amalgames » entre les sectes et les nouveaux « mouvements spirituels ».

Nous avons déjà étudier sur ce site comment N. Sarkozy a choisi de favoriser l'implantation de l'église de scientologie en France, et comment ce choix s'intégrait dans sa politique atlantiste ( Nicolas Sarkozy, la scientologie au service de l'atlantisme ? ).

Nous allons étudier en quoi ce revirement vers le modèle américain à de quoi inquiéter. Qui sont les nouveaux mouvements spirituels que le président défend dans son livre, comment expliquer l'attitude ambigue de l'ancien ministre de l'intérieur envers les monotheismes, semblant parfois les défendre dans une politique d' "intégration sociale" et parfois être violement islamophobe.

Les nouveaux mouvements spirituels

Depuis le début des années quatre-vingt, le mouvement du nouvel âge a pris une ampleur sans précédent un peu partout dans le monde occidental, et représente aujourd'hui une forte part des ventes de livres.


"Le mouvement nouvel âge est comme une pierre qui roule mais qui, contrairement au proverbe, amasse beaucoup de mousse. Ses tentacules s'étendent à tous les aspects de la vie personnelle et sociale - la culture, l'écologie, la santé, la science, les gestes quotidiens - et récupèrent les nouvelles idées dans un emballage pseudo-scientifique. Le problème, c'est que les gens ne font plus la différence entre science et croyance."

Martin Geoffroy, étudiant au doctorat au Département de sociologie, s'intéresse au mouvement nouvel âge depuis plusieurs années. Il y a d'ailleurs consacré sa maîtrise et son doctorat et il est parvenu à établir une typologie descriptive là où plusieurs auteurs ne voyaient qu'un "fourre-tout nébuleux" aux contours insaisissables.

Dérive épistémologique
S'il est impossible de mettre un chiffre sur le nombre d'adeptes de ce mouvement à caractère religieux, l'étudiant n'hésite pas, à la lumière des ventes de volumes nouvelâgistes, à parler de raz-de-marée.

"La littérature nouvel âge représente 20% du marché du livre au Québec, souligne-t-il, soit un chiffre d'affaires de cinq millions de dollars par année. Les titres québécois sont tirés en moyenne à 3000 exemplaires chacun, ce qu'aucun autre genre littéraire ne réussit à égaler. Et c'est sans parler des succès internationaux, comme La prophétie des Andes tirée à cinq millions d'exemplaires."

Les tentacules du nouvel âge, Une pensée à la mode, marquée par une dérive épistémologique
   

Vous trouverez en bas de pages des liens vers les travaux de Martin Geoffroy. Celui-ci présente une situation ou les religions traditionnelles s'éffritent, dans un contexte de changements considérables sur le plan religieux. Elles sont très rapidement remplacées par des mouvements syncrétiques, très indivudualistes, basées sur l'accomplissement personnel et l'intégration dans l'ordre cosmique.


Pour plusieurs auteurs, comme Champion, le christianisme occidental se désinstitutionnalise pour être progressivement remplacé par un « bricolage » de croyances et de pratiques individuelles :

La logique du bricolage, majoritaire aujourd'hui dans le champ religieux des pays occidentaux, est à l'œuvre aussi bien au sein du christianisme que dans des mouvements où la référence à une tradition s'estompe derrière la quête du bonheur individuel par le spirituel. [1]

Selon moi, ce « bricolage » signale plutôt l'émergence d'une nouvelle forme de religiosité qui ne coïnciderait plus avec la définition classique de la religion. Cette définition, habituellement fondée sur le critère d'appartenance à une Église, ne tient plus puisque, désormais, une majorité de gens se livrerait à un « bricolage » spirituel à l'extérieur des grandes traditions religieuses. Le critère d'appartenance à une institution religieuse deviendrait donc inefficace pour évaluer un phénomène comme le NA. Cette nouvelle forme de religion, appelée communément le « mouvement du nouvel âge », ou encore le « réseau de nouvel âge » [2], comporterait donc plusieurs caractéristiques organisationnelles qui auraient échappé jusqu'à maintenant aux chercheurs en sciences sociales. 

[1] F. Champion, « Religieux flottant, éclectisme et syncrétisme », dans J. Delumeau et autres, Le fait religieux, Paris, Fayard, 1993, p. 746.

[2] Dans ce texte, j'utilise à la fois l'expression « réseau » et celle de « mouvement », car il n'y a pas encore consensus chez les chercheurs dans le domaine quant à l'emploi plus précis de ces concepts qui font partie des débats théoriques actuels.

Martin Geoffroy, “Pour une typologie du nouvel âge” (1999) 

Le mouvement new-age fonctionne en réseaux, qu'il veut utiliser pour façonner le monde à sa manière. Une autre de ces caractéristiques est de se donner une légitimité scientifique.

La pensée nouvelâgiste déborde maintenant dans des disciplines sérieuses comme la philosophie, la sociologie et le management. Martin Geoffroy observe, chez les adeptes de ce mouvement, "une rupture épistémologique montrant que l'expérience religieuse est mise sur le même pied que la démarche scientifique".

"Dans les religions, on sait que les croyances relèvent de la foi. Dans le nouvel âge, on nous dit que les croyances sont fondées sur des faits scientifiques. On ne fait plus la distinction entre science et croyance; l'idéologie s'infiltre dans la science et en menace les principes de base."

Le Nouvel-Âge va reprendre de manière syncrétique nombre de philosophies, principalement d'orientation orientale, hindouiste et bouddhiste. Ce mouvement effectue une première apporche de ses adeptes par différentes pratiques comme le yoga, l' hypnose, les médecines "holistiques".

De manière plus général le nouvel-age se reconnait à sa focalisation sur l'individu, qui doit chercher avant tout son accomplissement personnel en vue de son intégration dans le monde qui l'entoure. D'où son l'immense succès dans les stages de management ou de remise en forme des cadres, quand il faut considérer à la fois la soumission à la logique de l'entreprise, la formation du personnel et l'epanouissement personnel.

Qu'est ce que le "Nouvel-Age", Les origines du mouvement.

Les bases du mouvement sont jetées à la fin du XIXe siècle. On remonte couremment sa fondation à la société de théosophie, et Helena Petrovna Blavatsky. En fait il semble qu'il y ai eu une organisation précédente dont la théosophie ne serait que l'externalisation. Cependant elle est moins reconnue, et l'on n'en parlera pas ici.

Les grands axes de la pensée New Age s'inspirent directement des écrits de la Société de Théosophie, dont les membres fondateurs sont aujourd'hui encore honorés comme des précurseurs méritants de ce mouvement. Qu'est-ce donc que la Théosophie ?

Cette Société fut fondée aux USA en 1875, par Helena Petrovna BlavatskyHenry Steel Olcott (1832-1907). La "Théosophie" existait déjà, doctrine ésotérique occidentale transmise par des penseurs mystiques tels Jacob Böhme (1575-1624). Mais la doctrine propagée par la Société nouvelle n'a rien à voir avec celle des siècles passés. Dans un premier ouvrage ("Isis dévoilée"), H.P. Blavatsky fustige la Science et le matérialisme, parce qu'ils ne reconnaissent pas le spiritisme – que l'auteur affirme avoir été pratiqué et reconnu depuis l'Antiquité – et dans la foulée s'en prend aux religions établies, parce qu'elles auraient failli à leur mission, et qu'elles ne seraient plus qu'une représentation dépassée et nuisible au Christianisme. La solution de rechange proposée par Blavatsky lui est transmise par des êtres mystérieux, gardiens des vérités oubliées, les "Supérieurs Inconnus" dont nous reparlerons.
(1831-1891) et le colonel

Le mouvement New-Age : les origines

Il serait interessant de raconter la suite, mais par manque de place, je vous conseille plutôt de vous référer au lien précédent. On en lit ici l'essentiel : critique de la science, opposition au monotheisme (on verra plus loin que les maux de la modernité sont injustement associés au christianisme) et communication avec des êtres supérieurs.

L'hypothèse Gaïa

L'écologie peut-être plus ou moins radicale, voire mystique. L'hypothèse dite Gaïa, selon laquelle la Terre constituerait un être vivant capable de s'auto-réguler présente l'intérêt de mettre en évidence les liens entre les différentes dynamiques à l'oeuvre sur notre globe. Elle peut être interprétée d'une façon finaliste qui relèverait de la métaphysique (il existe une force vitale qui s'impose à tous les composants terrestres, y compris les minéraux, les océans, l'atmosphère). Elle peut également donner lieu à des actes de foi mal venus relativement aux capacités d'auto-régénération face aux agressions que l'homme fait subir à l'environnement.
Le modèle Gaïa a été lancé par le chimiste de l'atmosphère James Lovelock et la biologiste Lynn Margulis dans les années '60 '70, puis développé sous forme d'un modèle simple "Daisyworld" dans lequel la compétition entre des marguerites noires et blanches régulait les échanges de chaleur terrestre. Depuis lors, les tenants de l'écologie radicale "Deep ecology", ceux qui militent pour la réduction des émissions de gaz à effets de serre, et leurs adversaires plus conservateurs, continuent à discuter autour de ce thème - d'autres diront ce mythe - de Gaïa.

L'hypothèse Gaïa forte est-elle toujours à proscrire ?

Dans son ensemble cette théorie, et le mythe de Gaïa donne lieu a une vaste littérature New-Age. Elle participe de la reflexion sur la place de l'homme dans la société, et de son intégration dans une comprehension totale de l'univers. C'est un bel exemple de l'utilisation du mythe pour construire le monde tel qu'il est/sera. 

Par exemple, le mythologue Joseph Campbell pensait que l'hypothèse Gaïa pourrait être un futur mythe, qui parlerait non pas d'une localité ou d'un peuple, mais d'une planète entière, avec tous les êtres vivants qui s'y trouvent. Le nouveau mythe indiquerait comment entrer en rapport avec la nature et le cosmos, et la société concernée par le mythe serait une société planétaire.

Le mythe de Gaïa est aussi exploité par Isaac Asimov sur une partie du cycle de Fondation. Il en fait un élément de réflexion centrale face à la robotisation des mondes.

Gaïa dans l'oeuvre de fiction d'Isaac Asimov

Dans le Cycle de fondation, l'auteur de fiction Isaac Asimov décrit une planète Gaïa,  Gaïa, qui est un superorganisme, avec qui elle communique de manière télépathique. La mémoire de Gaïa est répartie parmi tous les fragments, et, sur ce monde idyllique, la pluie tombe quand il faut, les arbres poussent en rangées bien droites, dans le but de l’intérêt commun.

Il a le choix entre l’Empire matérialiste de la Première Fondation, semblable a celui qui s’est effondré, entre l’Empire mentalique de la Seconde, telle que le voulait Hari Seldon, et Galaxia, super-super-organisme à l’échelle galactique, telle que le veut Gaïa. Sans savoir pourquoi, il choisit Galaxia. Gaïa peut à présent préparer l’édification de Galaxia.

Golan Trevize est tourmenté par son choix, car il juge que l’appartenance à un superorganisme constitue la perte de l’intimité et la disparition de l’indépendance des individus (comme Hari Seldon en son temps). Il ne voit cependant aucune meilleure solution à son choix.

Il prend conscience que sa galaxie n’est pas la seule, qu’elle est accessible par l’hyperespace, et qu’une union sans crise interne est nécessaire pour assurer son éventuelle défense contre des envahisseurs extra-galactiques. Il termine sur une interrogation sur leur présence peut-être déjà effective ou imminente dans la Galaxie.

Le choix de Golan Trevize représente le dilemne que pose la religion New Age. L'intégration de l'individu dans un tout, auquel il est relié en tout point (partage de tout, jusqu'au relations sexuelles, prise en charge par la collectivité de toute les décisions) semble et est décrite comme un bien d'ordre général, justifiant toutes les mesures contre une éventuelle opposition. En fait cette présentation d'un idéal de type socialiste est une dissimulation des buts du totalitarisme : disparition du libre arbitre, de l'individu important en soi, qui devient sacrifiable devant l'interêt global.

Voici la définition du totalitarisme sur Wikipedia :

Le totalitarisme est le système politique des régimes à parti unique, n'admettant aucune opposition organisée, dans lequel l'État tend à confisquer la totalité des activités de la société. Concept forgé au XXe siècle, durant l'entre-deux-guerres, le totalitarisme signifie étymologiquement « système tendant à la totalité, à l'unité[1] ».

L'expression totalitaire vient du fait qu'il ne s'agit pas seulement de contrôler l'activité des hommes, comme le ferait une dictature classique : un régime totalitaire tente de s'immiscer jusque dans la sphère intime de la pensée, en imposant à tous les citoyens l'adhésion à une idéologie obligatoire, hors de laquelle ils sont considérés comme ennemis de la communauté.

Les caractéristiques habituellement retenues pour caractériser le totalitarisme sont : une idéologie imposée à tous, un parti unique contrôlant l'appareil d'État, dirigé idéalement par un chef charismatique, un appareil policier recourant à la terreur, une direction centrale de l'économie, un monopole des moyens de communication de masse et un monopole de la force armée[2].

Dans le livre, Golan Trevize fait son choix sans savoir pourquoi, mais se trouvera une justification pour ce super-organisme totalitaire : se défendre face à d'eventuels extra-terrestre.  De fait, une identité nationale se défénit souvent par une opposition à un ennemi héréditaire. Le sionisme par exemple se construit essentiellement sur l'antisémitisme (  Partie II : Israël et le sionisme - le nationalisme contre la religion ). Pour faire accepter un nationalisme global, il n'y a plus d'ennemi à choisir. Ceci explique sans doute la référence New Age aux extra-terrestre, et le soutiens récent de sources officielles américaines aux théories sur les OVNI. Voici une citation de H. Kissinger qui permet de saisir la contrepartie de ce phénomène :

"Aujourd’hui, si des troupes des Nations-Unies entraient à Los Angeles pour restaurer l’ordre, les américains seraient outragés; demain ils en seront reconnaissants. Ceci serait spécialement vrai si on leur disait qu’une attaque venant de l’au-delà menaçait leur existence. C’est alors que tous les peuples de la terre prierait leurs leaders de les délivrer de ces méchants. La chose que tous les hommes craignent, c’est l’inconnu. Quand ce scénario leur sera présenté, ils seront prêts à abandonner leurs droits individuels pour leur bien-être, garanti par leur gouvernement mondial… "
H. Kissinger parlant à la réunion des Bilderbergers le 21 mai 1992 à Évian, France. A son insu, son discours fut enregistré par un délégué Suisse.


Voici comment finalement vos dernières libertés s'effondreront : la peur des extra-terrestres. C'est probablement le moyen par lequel les autorités emmeneront  l'humanité se battre à Har-Meggido, à l'image du film Independance Day .

L'initiation, un jugement objectif pour hiérarchiser l'humanité

Le mouvement dans son ensemble proclame, selon la precession des equinoxes, un phénomène astronomique lié  au lever du soleil dans les constelations zodiacales, l'arrivée de l'humanité dans l'age du verseau. En fait dans ces idéologies, l'humanité doit subir  une formation, sur le même mode que l'initiation mystique traditionelle. Selon son évolution et l'ouverture de sa conscience, chacun est plus ou moins évolué, selon une parodie de l'évolution darwinienne.

Ce qui donne, chez les penseurs à l'origine du mouvement une dérive raciste évidente. 

"La Doctrine Secrète" de H.P. Blavatsky, ouvrage de base du New-Age, fondamentalement raciste, explique que les races ont leur origine en Atlantide et que l'une des sept races atlantéennes était la race aryenne. Par rapport aux six autres races ' les Toltèques, les Rmoahals, les Tlavatlis, les Turaniens, les Akkadiens et les Mongols ' les Aryens étaient la race-maîtresse, les surhommes des races atlantéennes.

Les Aryens n'étaient pas devenus des surhommes par des évolutions ou des mutations ordinaires dans l'évolution, mais plutôt par un bond soudain destiné à leur donner les facultés nécessaires pour vivre dans un monde post-dilluvien. Tout en perdant leurs pouvoirs magiques sur les forces de la nature, et le développement psychique, ils acquirent des facultés de développement du cerveau et une "intelligence supérieure" à celle des autres races survivantes, décrites comme inférieures quant à leurs facultés mentales et à leur héritage génétique.

Prétendument instruits par des hommes-dieux ou même par des surhommes plus avancés, qui leur enseignèrent à protéger à tout prix leur héritage génétique supérieur, ils étaient censés se distinguer des autres races, "inférieures", par leur intellect. Cependant, ces intellects "supérieurs" avaient été développés par le sacrifice de la nature psychique ou prétendument "spirituelle". Pour remédier à cette "déficience" et pour faire en sorte que les pouvoirs psychiques ne soient pas perdus pour la race aryenne, le processus de l'initiation fut développé par leurs "maîtres".

L'initiation devint donc le pré-requis (sine qua non) pour être dirigeant dans la société aryenne, car seuls les initiés ou les adeptes pouvaient communiquer avec les prétendus surhommes ou "pouvoirs supérieurs" nécessaires pour diriger la race. Ces initiés constituent la "Hiérarchie", futur gouvernement spirituel planétaire.

Les adeptes du Nouvel-Âge croient qu'à travers la méditation et d'autres "disciplines spirituelles", ils sont devenus une "nouvelle espèce" ' homo noeticus en opposition à homo sapiens vu comme une espèce mourante. Ils proclament une doctrine intrinsèquement antisémite et raciste : les Juifs proviennent d'un autre système solaire (Alice A. Bailey), les Orientaux et les Noirs viennent d'une autre race-mère ; les races occidentales doivent contrôler le monde puisqu'elles seraient la race-mère la plus évoluée.

Le Nouvel Age, sur le site "La connexion eugéniste"


Au XXe siècle, une première tentative de réaliser le règne de 1000 ans

Pour ceux d'entre vous qui ont lu la série "l'antisémitisme", il y a de très forts parallèles avec la mystique national-socialiste, raison première de son antisémitisme. En fait le New Age et le nazisme partagent ce même objectif religieux :  faire disparaître le christianisme traditionnel pour le remplacer par une vision nouvelle du "christianisme positif".

Hitler, lorsqu'il vivait à Vienne, a été fortement influencé par les doctrines aryosophistes (doctrine théosophique sur la suprématie de la race aryenne), alors très à la mode. Il possédait une importante collection de la revue Ostara (déesse de la lumière), éditée par le théosophe Jörg Lanz, adepte de la Société Théosophique qui avait pour bible La Doctrine Secrète de Blavatsky. Il admirait sa doctrine des races et la popularisait dans la revue Ostara. Hitler avait rendu visite à Lanz en 1909 pour acheter d'anciens numéros d'Ostara afin de compléter sa collection ; il disait qu'il était intéressé par les théories raciales de Lanz. En 1932 Lanz écrivait : "Hitler est l'un de nos élèves".

Lanz, bénédictin défroqué, avait fondé l'ONT (Ordre Nouveau du Temple) et cherchait ainsi une filiation avec les Templiers du Moyen-Âge, tout en enseignant une doctrine gnostique mêlant la théosophie de Blavatsky, ses doctrines "théozoologiques" et le culte de Wotan et Odin. Parmi ses écrits : "Il faudrait castrer sans merci les jeunes bons à rien ou les stériliser", "Criminels, malades mentaux et porteurs de tares héréditaires doivent être exclus de la reproduction", "Intervenir dans la vie sexuelle permettra d'atteindre le royaume des cieux".

Hitler subit par ailleurs l'influence de Guido List (1848-1919) qui avait élaboré une doctrine gnostique, fruit d'un mélange entre le Wotanisme (ré-écrit à la mode gnostique) et la théosophie de Blavatsky, promouvant le racisme pangermaniste eugéniste et une nouvelle Hiérarchie, les Armanes, une élite d'initiés. En 1921, Hitler recevait pour son anniversaire un livre contenant une dédicace personnelle : "Pour Adolf Hitler, mon cher frère-armane".

D'autres responsables nazis sont connus pour avoir été inspirés par le même courant paganiste : Himmler par Wiligut, Alfred Rosenberg, Dietrich Eckart, Rudolf Hess par la Société Thulé (une autre secte théosophique, pangermaniste et antisémite).

Tout comme les sectes du Nouvel-Âge, le nazisme a enseigné la doctrine de l'aryanisme et de la pureté aryenne, mettant en scène une nouvelle "race-maître" aryenne mutante. La haine des Juifs fondée sur une croyance occulte de corruption génétique des Juifs rendait nécessaire une "solution correcte" finale à ce "problème juif".

Ce n'est donc pas un hasard si Hitler, se prenant pour le Messie chargé d'amener le Règne de Mille Ans, a appliqué le programme de "nettoyage ethnique" de la Société Théosophique, dans une politique antisémite, raciale et eugéniste, soutenu par les eugénistes de tous les pays, notamment les Américains.

A posteriori, au moins un responsable du New-Age reconnut cette filiation : "Il y a eu une tentative de commencer par unir les peuples vivant dans la vallée du Rhin. Cette tentative fut faite par un disciple mais n'aboutit pas. Actuellement une autre tentative est en cours..."

Le Nouvel-Âge, inspirateur du nazisme


Un leader charismatique : Maitreya, le nouveau Christ

Sur wikiepdia, on peut lire :

Share International (branche française : Partage international), fondé dans les années 1970 par Benjamin Creme, influencé par les écrits de la théosophe Helena Blavatsky et d’ Alice Ann Bailey, une pionnière du New Age, prétend que Maitreya est le messie attendu par toutes les religions sous des noms différents, et qu’il aurait déjà fait de nombreuses apparitions publiques et privées.

Voici l'introduction de la page de Share international :

Le monde se tient aujourd'hui à la croisée des chemins et les défis à relever sont d’une ampleur inégalée. Ce qu’ignore l’humanité, c’est que la crise qu’elle traverse est de nature spirituelle. Cette crise se focalise dans les domaines politique et économique et c’est là qu’elle doit être résolue.

Le seul moyen d’avancer pour l’humanité est de prendre conscience de son unité, de sa véritable nature et de manifester la fraternité entre les hommes par le partage et la coopération.

En cette époque charnière, les Maîtres de Sagesse sont prêts à conseiller les hommes et à faciliter leur entrée dans une nouvelle ère, où l'être humain connaîtra un accomplissement sans précédent.

Le plus grand d'entre eux, connu sous le nom de Maitreya ou de l'Instructeur mondial, se fera bientôt connaître ouvertement. De nombreux signes confirment l'imminence de cet événement.

«Même si cela suscite de l'incrédulité ou semble relever de l'utopie, du point de vue de vos Frères aînés d'importants changements sont en cours qui améliorent l'état du monde. Nous voyons se renforcer le courant qui mène à l'unité et à la justice, et se développer la prise de conscience que la paix doit régner, qu'elle est une absolue nécessité si l'humanité doit poursuivre son chemin évolutif. Ainsi la menace d'autodestruction s'éloigne-t-elle considérablement.»

C'est un bon résumé de la pensée New Age. Mais aussi du principe problème-réaction-solution, qui permet petit de faire accepter à l'opinion publique tout ce qu'un esprit sain aurait refusé. En partant de situation catastrophiques (sociales, écologiques, etc ) on parvient à faire accepter que l'élite, au commande de l'état censé représenté la collectivité, prenne tout les pouvoirs.

Ici cette élite est chapautée par un leader multi-annoncé. Sans vouloir être redondant c'est déjà le rôle qu'Hitler voulait se donner. Mais ici on va jouer sur tous les mythes présents dans les religions pour justifier d'un leader mondial. J'avais déjà traiter ce sujet d'un leader autoproclamé dans l'article Le Progrès, évolution ou construction ? .

Ce grand gourou mondial sera loin d'être pacifique, mais imposera son autorité et une religion unique au monde entier. C'est le sens et l'aboutissement de la religion du "Nouvel-Age". D'après Anne Bailey, l'une des théoricienne "inspirée" du mouvement, les recalcitrants qui refuseront d'adopter la nouvelle spiritualité sont des être ratés (ou fondamentalement mauvais) devront être renvoyé "dans une autre dimension, en dehors du cycle des réincarnations".

Ce qui est intéressant c'est l'usage de la rethorique de la tolérance pour justifier ce choix.  Le New Age étant un mouvement multiforme et plutôt original pour le moment, il joue sur le concept de tolérance pour se faire accepter. Cependant dans ses écrits les auteurs sont agressivements anti-monothéistes, ce qu'ils justifient par l'intolérance de l'intolérance.

Parce que les croyants pensent que leurs écrits, la Bible et le Coran, sont la vérité, puisque parole d'Allah ou de IHWH, ils doivent être anéantis. Et c'est précisement ce que font les élites depuis le XXe siècle, lorsque les monothéistes (juifs, tziganes, arméniens, slaves orthodoxes, palestiniens, ...) forment l'immense majorité des populations génocidés.

Mais ce n'est pa la seule raison. Le leader mondial dont l'arrivée est préparée par les résaux New Age est amplement décrit dans les livres saints des trois grandes religions. Il s'agit de l'antichrist, le faux prophète, la deuxième bête de l'Apocalypse de Jean, l'abomination de Daniel.

Celui-ci se fera passer pour Dieu, installera son siège à Jerusalem, placera son idole dans le temple, persecutera les croyants et recevra son trone des 10 rois, qui lui confieront leur royauté. La marque de la bête, solution proposée aux inégalités economiques, sera imposée à tous les hommes.

C'est parce que les textes du monothéisme sont défénseurs de la liberté et des responsabilités individuelles et décrivent en mal l'avenement du leader attendu que le New Age les stigmatise fortement.

L'infiltration des religions monothéistes par le New Age

Dans le New Age, les religions orthodoxes doivent être remplacées par la Religion du Monde Nouveau qu'un leaer mondial viendra mettre en place en unifiant toutes les religions qui auront préparé sa venue.

Nous avons vu dans la deuxième partie comment le sionisme a permit de mettre en place une religion nationale en lieu et place du judaïsme.

Nous avons vu dans la troisième partie que l'Islam est en passe de se faire renverser par un courant préparant la venue du Mahdi.

Pour le chritianisme, il y a beaucoup de courants qui pourraient être identifiés avec le New Age. Cependant on peut lire dans le livre Final Warning, de David Rivera (dont les exemplaires restants sont en vente pour 500€ sur internet, étonnant pour un livre sorti en 1994) un passage à propos du National Council of Churches, membre du World Council of Churches, qui dit :

  • founded in 1908 by Walter Rauschenbusch, a baptist (socialist) and Henry Ward (communist), as federal council of church
  • identified by congress as "communist organization aimed at the establishment of a state church"
  • office and naval inteligence reported they gave "aid and confort to the communist movement and party"
  • in 1942 their platform called for a world governement
  • financially supported by Andrew Carnegie and John D Rockfeller Jr (note : qui ne sont pas, eux, des communistes notoires)
Derrière ces mouvements chrétiens, ce sont les considérations en vue d'une église universelle dont il faut se méfier. Peu importe pour le croyant que les institutions soient unifiées en vue de justifier un pouvoir global, bien au contraire !

 

Une religion globale : la fin de la laïcité

Cette religion garantira l'institution du Nouvel Ordre Mondial demandé par Georges Bush père : We have before us the opportunity to forge for ourselves and for future generations a new world order.

La religion New Age est destinée à devenir la religion d'état d'un monde unifié par un leader charismatique, elle demande l'integration des religions dans l'appareil étatique, ce que N. Sarkozy a commencé à faire lors de son passage au ministère de l'intérieur, mais aussi l'ouverture aux nouveaux mouvements spirituels, qui ne veulent plus être considérés comme des sectes. L'amérique est en guerre contre la politique anti-secte à la française. Nicolas Sarkozy s'empresse de la satisfaire. 

Toute la politique religieuse de N. Sarkozy consiste a ouvrir la porte aux nouveaux mouvements spirituels, pour les mettre au service d'un nouvel ordre mondial, dont ils seront le fondement religieux.

Les attaques contre la laïcité ne sont pas finies ! Pas plus que celles contre les monothéistes, qui devront s'intégrer ou faire face aux conséquences.
http://deconstruire.babylone.over-blog.org/article-18774913.html

Je vous conseille vivement ce blog toutes les analyses y sont très pertinentes.
par sceptix publié dans : dictatures communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Vendredi 2 mai 2008

1. De l'intégration, ou L'Islamophobie, nouvelle forme de l'antisémitisme (partie 3)

« Notre racisme n'est agressif qu'à l'égard de la race juive. Nous parlons de race juive par commodité de langage, car il n'y a pas, à proprement parler, et du point de vue de la génétique, de race juive (...) La race juive est avant tout une race mentale (...) Une race mentale, c'est quelque chose de plus solide, de plus durable qu'une race tout court. Transplantez un Allemand aux Etats Unis, vous en faites un américain. Le Juif, où qu'il aille, demeure un juif. C'est un être par nature inassimilable. Et c'est ce caractère même qui le rend impropre à l'assimilation, qui définit sa race. Voilà une preuve de la supériorité de l'esprit sur la chair ! »
(13/2/45; Testament politique de Hitler, notes recueillies par Martin Bormann, version française de Françoise Genou Arthème Fayard, 1959)


On retrouve le reproche fait aujourd'hui aux musulmans : refuser l'intégration. De mon point de vue cette accusation porte directement sur la religion, ce n'est pas une accusation raciste, d'ailleurs l'auteur le spécifie, ce n'est pas un problème génétique.

Les juifs sont un peuple en exil, dont la culture millénaire est et reste basée principalement sur l'ecriture bibilique et son étude. Cette culture, même si la tradition a pu la faire varier sensiblement depuis l'époque, reste la base du judaïsme. Et c'est ce qui fait d'eux un peuple, jusque dans la dispersion, parce qu'ethniquement ils sont très disparates.

Or qu'est ce qui est reproché exactement ? Qu'ils refusent de se fondre dans la culture dominante, qu'ils restent à part de l'intégration sociale.

il y a des raisons. La fondation du peuple juif repose en grande partie sur l'Exode hors d'Egypte. L'Exode, c'est la liberation de l'esclavage, la fin de la servitude imposée par l'Egypte mystique et totalitaire. Pour beaucoup de croyants, y compris des chretiens et des musulmans, l'exode est l'image de la liberation que représente la foi. La religion est alors un rempart contre un ordre social totalitaire.

Aujourd'hui le monde impose une culture unique, standardisée et industrielle, pour mieux imposer sa domination marchande, culturelle et spirituelle. N'y a t-il pas une incitation à accepter plus ou moins de force, la culture capitaliste ?

Doit-on s'étooner que le reproche porté par Hitler aux juifs, soit utilisé également contre les "islamo-gauchistes" ?

Nous avons vuque l'antisémitisme s'opposait au judaïsme du peuple juif. Mais la fondation d'un état sécularo-fasciste en Israel, sur le mode occidental, a permis de récuperer l'antisémitisme au service de l'idéologie sioniste.

2. Terrorisme "islamiste" et guerre des civilisations

 

Etudions ces extraits du texte Emmanuel Todd : "Le renforcement des troupes en Afghanistan dessine les contours d’une idéologie d’extrême-droite à l’échelle mondiale"


Au Sommet de l’Otan, mercredi 2 avril, George Bush s’est dit « très heureux » du soutien de la France en Afghanistan. Mais la veille, à l’Assemblée, la première grande décision stratégique de Nicolas Sarkozy de renforcer les contingents français engagés dans le conflit afghan mettait le feu aux poudres.

Question : Le renforcement des troupes en Afghanistan vous paraît-il justifié ?

Emmanuel Todd : Je peux tout imaginer de Nicolas Sarkozy, même qu’il ne sache pas ou est l’Afghanistan. Mais je ne peux pas imaginer que les gens qui l’entourent ignorent ce que tout le monde anglo-saxon sait, à savoir que cette guerre est perdue.

Pour vous, cette guerre est sans espoir ?

E.Todd : L’organisation sociale des Pachtounes est faite pour la guerre, tout comme celle des clans somaliens : la guerre est l’état normal de ces sociétés, ce n’est donc pas un problème dans la durée. A partir du moment où les belligérants sont alimentés par des fournitures d’armes régulières venant de l’extérieur, il est évident que ces système sociaux vont venir à bout de quelques milliers d’hommes venus de loin et difficilement approvisionnés.

Du point de vue du gouvernement, il semble pourtant qu’il y ait des enjeux à ce conflit…

E.Todd : Pourquoi ceux qui nous gouvernent veulent-ils participer à une guerre perdue ? Voilà la vraie question. Et là, comme dans les débats sur la réintégration pleine et entière de la France à l’Otan, on touche au symbolique. Cette manœuvre a pour objectif de réaffirmer un lien avec l’Amérique. Je n’appellerai pas ça du néo-atlantisme. L’atlantisme était le lien de l’Europe occidentale avec les Etats-Unis à une époque où ils portaient les valeurs démocratiques face au totalitarisme soviétique. Ce n’était pas du goût des gaullistes, mais dans le contexte, cela pouvait se justifier. Aujourd’hui, l’Amérique est le pays du fric, du néo-libéralisme et des inégalités. Et ce qui se profile derrière cette nouvelle association, c’est de l’occidentalisme. C’est un lien fondé sur une nouvelle idéologie, une idéologie qui se construit dans le conflit avec l’islamisme.

La lutte contre le terrorisme légitime aussi l’engagement du gouvernement dans ce conflit.

E.Todd : Les occidentalistes se pensent en situation de légitime défense. Le terrorisme existe, il devrait être contré par le contre-espionnage et par des forces policières, mais sûrement pas par des guerres à l’étranger. La première attaque contre l’Afghanistan était légitime, il s’agissait de déloger Ben Laden ; d’ailleurs, les Russes nous y avaient aidé. Mais l’irakisation de l’Afghanistan participe d’une agression du monde musu