Partie IV : le New Age et la fin de la laïcité
Sarkozy contre la laïcité : l'avènement des nouveaux mouvements
spirituels
Le président appelle de ses voeux une « laïcité positive ». Ce qui revient à dire que la laïcité française actuelle est «
négative ». Il a ainsi appelé à "l'avènement d'une laïcité positive, qui tout en veillant à la liberté de pensée, à celle de croire ou de ne pas croire, ne considère pas que les religions
sont un danger, mais plutôt un atout". Dans son livre sur la République et les religions, il considère qu'il faut refuser les « amalgames » entre les sectes et les nouveaux « mouvements
spirituels ».
Nous avons déjà étudier sur ce site comment N. Sarkozy a choisi de favoriser l'implantation de l'église de scientologie en
France, et comment ce choix s'intégrait dans sa politique atlantiste ( Nicolas Sarkozy, la scientologie au service de l'atlantisme ? ).
Nous allons étudier en quoi ce revirement vers le modèle américain à de quoi inquiéter. Qui sont les nouveaux mouvements
spirituels que le président défend dans son livre, comment expliquer l'attitude ambigue de l'ancien ministre de l'intérieur envers les monotheismes, semblant parfois les défendre dans une
politique d' "intégration sociale" et parfois être violement islamophobe.
Les nouveaux mouvements spirituels
Depuis le début des années quatre-vingt, le mouvement du nouvel âge a pris une ampleur sans précédent un peu partout dans le
monde occidental, et représente aujourd'hui une forte part des ventes de livres.
"Le mouvement nouvel âge est comme une pierre qui roule mais qui, contrairement au proverbe, amasse beaucoup de mousse. Ses
tentacules s'étendent à tous les aspects de la vie personnelle et sociale - la culture, l'écologie, la santé, la science, les gestes quotidiens - et récupèrent les nouvelles idées dans un
emballage pseudo-scientifique. Le problème, c'est que les gens ne font plus la différence entre science et croyance."
Martin Geoffroy, étudiant au doctorat au Département de sociologie, s'intéresse au mouvement nouvel âge depuis plusieurs
années. Il y a d'ailleurs consacré sa maîtrise et son doctorat et il est parvenu à établir une typologie descriptive là où plusieurs auteurs ne voyaient qu'un "fourre-tout nébuleux" aux contours
insaisissables.
Dérive épistémologique
S'il est impossible de mettre un chiffre sur le nombre d'adeptes de ce mouvement à caractère religieux, l'étudiant n'hésite pas, à la lumière des ventes de
volumes nouvelâgistes, à parler de raz-de-marée.
"La littérature nouvel âge représente 20% du marché du livre au Québec, souligne-t-il, soit un chiffre d'affaires de cinq
millions de dollars par année. Les titres québécois sont tirés en moyenne à 3000 exemplaires chacun, ce qu'aucun autre genre littéraire ne réussit à égaler. Et c'est sans parler des succès
internationaux, comme La prophétie des Andes tirée à cinq millions d'exemplaires."
Les tentacules du
nouvel âge, Une pensée à la mode, marquée par une dérive épistémologique
Vous trouverez en bas de pages des liens vers les travaux de Martin Geoffroy. Celui-ci présente une situation ou les
religions traditionnelles s'éffritent, dans un contexte de changements considérables sur le plan religieux. Elles sont très rapidement remplacées par des mouvements syncrétiques, très
indivudualistes, basées sur l'accomplissement personnel et l'intégration dans l'ordre cosmique.
Pour plusieurs auteurs, comme Champion, le christianisme occidental se désinstitutionnalise pour être progressivement
remplacé par un « bricolage » de croyances et de pratiques individuelles :
La logique du bricolage, majoritaire aujourd'hui dans le champ religieux des pays occidentaux, est à l'œuvre aussi bien au sein du christianisme que dans des mouvements où la référence à une
tradition s'estompe derrière la quête du bonheur individuel par le spirituel. [1]
Selon moi, ce « bricolage » signale plutôt l'émergence d'une nouvelle forme de religiosité qui ne coïnciderait plus avec la définition classique de la religion. Cette définition, habituellement
fondée sur le critère d'appartenance à une Église, ne tient plus puisque, désormais, une majorité de gens se livrerait à un « bricolage » spirituel à l'extérieur des grandes traditions
religieuses. Le critère d'appartenance à une institution religieuse deviendrait donc inefficace pour évaluer un phénomène comme le NA. Cette nouvelle forme de religion, appelée communément le «
mouvement du nouvel âge », ou encore le « réseau de nouvel âge » [2], comporterait donc plusieurs caractéristiques organisationnelles qui auraient échappé jusqu'à maintenant aux chercheurs en
sciences sociales.
[1] F. Champion, « Religieux flottant, éclectisme et syncrétisme », dans J. Delumeau et autres, Le fait religieux, Paris,
Fayard, 1993, p. 746.
[2] Dans ce texte, j'utilise à la fois l'expression « réseau » et celle de « mouvement », car il n'y a pas encore consensus chez les chercheurs dans le domaine quant à l'emploi plus précis de ces
concepts qui font partie des débats théoriques actuels.
Martin Geoffroy, “Pour une typologie du nouvel âge” (1999)
Le mouvement new-age fonctionne en réseaux, qu'il veut utiliser pour façonner le monde à sa manière. Une autre de ces
caractéristiques est de se donner une légitimité scientifique.
La pensée nouvelâgiste déborde maintenant dans des disciplines sérieuses comme la philosophie, la sociologie et le
management. Martin Geoffroy observe, chez les adeptes de ce mouvement, "une rupture épistémologique montrant que l'expérience religieuse est mise sur le même pied que la démarche
scientifique".
"Dans les religions, on sait que les croyances relèvent de la foi. Dans le nouvel âge, on nous dit que les croyances sont
fondées sur des faits scientifiques. On ne fait plus la distinction entre science et croyance; l'idéologie s'infiltre dans la science et en menace les principes de base."
Le Nouvel-Âge va reprendre de manière syncrétique nombre de philosophies, principalement d'orientation orientale, hindouiste
et bouddhiste. Ce mouvement effectue une première apporche de ses adeptes par différentes pratiques comme le yoga, l' hypnose, les médecines "holistiques".
De manière plus général le nouvel-age se reconnait à sa focalisation sur l'individu, qui doit chercher avant tout son
accomplissement personnel en vue de son intégration dans le monde qui l'entoure. D'où son l'immense succès dans les stages de management ou de remise en forme des cadres, quand il faut considérer
à la fois la soumission à la logique de l'entreprise, la formation du personnel et l'epanouissement personnel.
Qu'est ce que le "Nouvel-Age", Les origines du mouvement.
Les bases du mouvement sont jetées à la fin du XIXe siècle. On remonte couremment sa fondation à la société de théosophie,
et Helena Petrovna Blavatsky. En fait il semble qu'il y ai eu une organisation précédente dont la théosophie ne serait que l'externalisation. Cependant elle est moins reconnue, et l'on n'en
parlera pas ici.
Les grands axes de la pensée New Age s'inspirent directement des écrits de la Société de Théosophie, dont les membres
fondateurs sont aujourd'hui encore honorés comme des précurseurs méritants de ce mouvement. Qu'est-ce donc que la Théosophie ?
Cette Société fut fondée aux USA en 1875, par Helena Petrovna BlavatskyHenry Steel Olcott (1832-1907). La "Théosophie" existait déjà, doctrine ésotérique occidentale transmise par
des penseurs mystiques tels Jacob Böhme (1575-1624). Mais la doctrine propagée par la Société nouvelle n'a rien à voir avec celle des siècles passés. Dans un premier ouvrage ("Isis
dévoilée"), H.P. Blavatsky fustige la Science et le matérialisme, parce qu'ils ne reconnaissent pas le spiritisme – que l'auteur affirme avoir été pratiqué et reconnu depuis l'Antiquité – et
dans la foulée s'en prend aux religions établies, parce qu'elles auraient failli à leur mission, et qu'elles ne seraient plus qu'une représentation dépassée et nuisible au Christianisme. La
solution de rechange proposée par Blavatsky lui est transmise par des êtres mystérieux, gardiens des vérités oubliées, les "Supérieurs Inconnus" dont nous reparlerons. (1831-1891) et le colonel
Le mouvement New-Age : les
origines
Il serait interessant de raconter la suite, mais par manque de place, je vous conseille plutôt de vous référer au lien
précédent. On en lit ici l'essentiel : critique de la science, opposition au monotheisme (on verra plus loin que les maux de la modernité sont injustement associés au christianisme) et
communication avec des êtres supérieurs.
L'hypothèse Gaïa
L'écologie peut-être plus ou moins radicale, voire mystique. L'hypothèse dite Gaïa,
selon laquelle la Terre constituerait un être vivant capable de s'auto-réguler présente l'intérêt de mettre en évidence les liens entre les différentes dynamiques à l'oeuvre sur notre globe. Elle
peut être interprétée d'une façon finaliste qui relèverait de la métaphysique (il existe une force vitale qui s'impose à tous les composants terrestres, y compris les minéraux, les océans,
l'atmosphère). Elle peut également donner lieu à des actes de foi mal venus relativement aux capacités d'auto-régénération face aux agressions que l'homme fait subir à l'environnement.
Le modèle Gaïa a été lancé par le chimiste de l'atmosphère James Lovelock et la biologiste Lynn Margulis dans les années '60 '70, puis développé sous forme d'un modèle simple "Daisyworld" dans
lequel la compétition entre des marguerites noires et blanches régulait les échanges de chaleur terrestre. Depuis lors, les tenants de l'écologie radicale "Deep ecology", ceux qui militent pour
la réduction des émissions de gaz à effets de serre, et leurs adversaires plus conservateurs, continuent à discuter autour de ce thème - d'autres diront ce mythe - de Gaïa.
L'hypothèse Gaïa forte est-elle
toujours à proscrire ?
Dans son ensemble cette théorie, et le mythe de Gaïa donne lieu a une vaste littérature New-Age. Elle participe de la
reflexion sur la place de l'homme dans la société, et de son intégration dans une comprehension totale de l'univers. C'est un bel exemple de l'utilisation du mythe pour construire le monde tel
qu'il est/sera.
Par exemple, le mythologue Joseph Campbell pensait que l'hypothèse Gaïa pourrait être un futur mythe, qui
parlerait non pas d'une localité ou d'un peuple, mais d'une planète entière, avec tous les êtres vivants qui s'y trouvent. Le nouveau mythe indiquerait comment entrer en rapport avec la nature et
le cosmos, et la société concernée par le mythe serait une société planétaire.
Le mythe de Gaïa est aussi exploité par Isaac Asimov sur une partie du cycle de Fondation. Il en fait un
élément de réflexion centrale face à la robotisation des mondes.
Gaïa dans l'oeuvre de fiction d'Isaac Asimov
Dans le Cycle de fondation, l'auteur de fiction Isaac Asimov décrit une planète Gaïa, Gaïa, qui est un superorganisme,
avec qui elle communique de manière télépathique. La mémoire de Gaïa est répartie parmi tous les fragments, et, sur ce monde idyllique, la pluie tombe quand il faut, les arbres poussent en
rangées bien droites, dans le but de l’intérêt commun.
Il a le choix entre l’Empire matérialiste de la Première Fondation, semblable a celui qui s’est effondré, entre l’Empire mentalique de la Seconde, telle que le voulait Hari Seldon, et Galaxia,
super-super-organisme à l’échelle galactique, telle que le veut Gaïa. Sans savoir pourquoi, il choisit Galaxia. Gaïa peut à présent préparer l’édification de Galaxia.
Golan Trevize est tourmenté par son choix, car il juge que l’appartenance à un superorganisme
constitue la perte de l’intimité et la disparition de l’indépendance des individus (comme Hari Seldon en son temps). Il ne voit cependant aucune meilleure solution à son choix.
Il prend conscience que sa galaxie n’est pas la seule, qu’elle est accessible par l’hyperespace, et qu’une union sans crise
interne est nécessaire pour assurer son éventuelle défense contre des envahisseurs extra-galactiques. Il termine sur une interrogation sur leur présence peut-être déjà effective ou imminente dans
la Galaxie.
Le choix de Golan Trevize représente le dilemne que pose la religion New Age. L'intégration de l'individu dans un tout,
auquel il est relié en tout point (partage de tout, jusqu'au relations sexuelles, prise en charge par la collectivité de toute les décisions) semble et est décrite comme un bien d'ordre général,
justifiant toutes les mesures contre une éventuelle opposition. En fait cette présentation d'un idéal de type socialiste est une dissimulation des buts du totalitarisme : disparition du libre
arbitre, de l'individu important en soi, qui devient sacrifiable devant l'interêt global.
Voici la définition du totalitarisme sur Wikipedia :
Le totalitarisme est le système politique des régimes
à parti unique, n'admettant aucune opposition organisée, dans lequel l'État tend à confisquer la totalité des activités de la société. Concept forgé au XXe siècle, durant l'entre-deux-guerres, le
totalitarisme signifie étymologiquement « système tendant à la totalité, à l'unité[1] ».
L'expression totalitaire vient du fait qu'il ne s'agit pas seulement de contrôler l'activité des hommes, comme le ferait
une dictature classique : un régime totalitaire tente de s'immiscer jusque dans la sphère intime de la pensée, en imposant à tous les citoyens l'adhésion à une idéologie obligatoire,
hors de laquelle ils sont considérés comme ennemis de la communauté.
Les caractéristiques habituellement retenues pour caractériser le totalitarisme sont : une idéologie imposée à tous, un
parti unique contrôlant l'appareil d'État, dirigé idéalement par un chef charismatique, un appareil policier recourant à la terreur, une direction centrale de l'économie, un
monopole des moyens de communication de masse et un monopole de la force armée[2].
Dans le livre, Golan Trevize fait son choix sans savoir pourquoi, mais se trouvera une justification pour ce super-organisme
totalitaire : se défendre face à d'eventuels extra-terrestre. De fait, une identité nationale se défénit souvent par une opposition à un ennemi héréditaire. Le sionisme par exemple se
construit essentiellement sur l'antisémitisme ( Partie II : Israël et le sionisme - le nationalisme contre la religion ). Pour faire accepter un
nationalisme global, il n'y a plus d'ennemi à choisir. Ceci explique sans doute la référence New Age aux extra-terrestre, et le soutiens récent de sources officielles américaines aux théories sur
les OVNI. Voici une citation de H. Kissinger qui permet de saisir la contrepartie de ce phénomène :
"Aujourd’hui, si des troupes des Nations-Unies entraient à Los Angeles pour restaurer l’ordre, les américains seraient
outragés; demain ils en seront reconnaissants. Ceci serait spécialement vrai si on leur disait qu’une attaque venant de l’au-delà menaçait leur existence. C’est alors que tous les peuples de la
terre prierait leurs leaders de les délivrer de ces méchants. La chose que tous les hommes craignent, c’est l’inconnu. Quand ce scénario leur sera présenté, ils seront prêts à abandonner leurs
droits individuels pour leur bien-être, garanti par leur gouvernement mondial… "
H. Kissinger parlant à la réunion des Bilderbergers le 21 mai 1992 à Évian, France. A son insu, son discours fut enregistré par un délégué Suisse.
Voici comment finalement vos dernières libertés s'effondreront : la peur des extra-terrestres. C'est probablement le moyen
par lequel les autorités emmeneront l'humanité se battre à Har-Meggido, à l'image du film Independance Day .
L'initiation, un jugement objectif pour hiérarchiser
l'humanité
Le mouvement dans son ensemble proclame, selon la precession des equinoxes, un phénomène astronomique lié au lever du
soleil dans les constelations zodiacales, l'arrivée de l'humanité dans l'age du verseau. En fait dans ces idéologies, l'humanité doit subir une formation, sur le même mode que l'initiation
mystique traditionelle. Selon son évolution et l'ouverture de sa conscience, chacun est plus ou moins évolué, selon une parodie de l'évolution darwinienne.
Ce qui donne, chez les penseurs à l'origine du mouvement une dérive raciste évidente.
"La Doctrine Secrète" de H.P. Blavatsky, ouvrage de base du New-Age, fondamentalement raciste, explique que les races ont
leur origine en Atlantide et que l'une des sept races atlantéennes était la race aryenne. Par rapport aux six autres races ' les Toltèques, les Rmoahals, les Tlavatlis, les Turaniens, les
Akkadiens et les Mongols ' les Aryens étaient la race-maîtresse, les surhommes des races atlantéennes.
Les Aryens n'étaient pas devenus des surhommes par des évolutions ou des mutations ordinaires dans l'évolution, mais plutôt
par un bond soudain destiné à leur donner les facultés nécessaires pour vivre dans un monde post-dilluvien. Tout en perdant leurs pouvoirs magiques sur les forces de la nature, et le
développement psychique, ils acquirent des facultés de développement du cerveau et une "intelligence supérieure" à celle des autres races survivantes, décrites comme inférieures quant à leurs
facultés mentales et à leur héritage génétique.
Prétendument instruits par des hommes-dieux ou même par des surhommes plus avancés, qui leur enseignèrent à protéger à tout
prix leur héritage génétique supérieur, ils étaient censés se distinguer des autres races, "inférieures", par leur intellect. Cependant, ces intellects "supérieurs" avaient été développés par le
sacrifice de la nature psychique ou prétendument "spirituelle". Pour remédier à cette "déficience" et pour faire en sorte que les pouvoirs psychiques ne soient pas perdus pour la race aryenne, le
processus de l'initiation fut développé par leurs "maîtres".
L'initiation devint donc le pré-requis (sine qua non) pour être dirigeant dans la société aryenne, car seuls les initiés ou
les adeptes pouvaient communiquer avec les prétendus surhommes ou "pouvoirs supérieurs" nécessaires pour diriger la race. Ces initiés constituent la "Hiérarchie", futur gouvernement spirituel
planétaire.
Les adeptes du Nouvel-Âge croient qu'à travers la méditation et d'autres "disciplines spirituelles", ils sont devenus une
"nouvelle espèce" ' homo noeticus en opposition à homo sapiens vu comme une espèce mourante. Ils proclament une doctrine intrinsèquement antisémite et raciste : les Juifs proviennent d'un autre
système solaire (Alice A. Bailey), les Orientaux et les Noirs viennent d'une autre race-mère ; les races occidentales doivent contrôler le monde puisqu'elles seraient la race-mère la plus
évoluée.
Le Nouvel Age, sur le site "La connexion
eugéniste"
Au XXe siècle, une première tentative de réaliser le règne de 1000
ans
Pour ceux d'entre vous qui ont lu la série "l'antisémitisme", il y a de très forts parallèles avec la mystique national-socialiste, raison première de son antisémitisme. En fait le New Age et le nazisme partagent ce même objectif religieux : faire disparaître le christianisme traditionnel pour le
remplacer par une vision nouvelle du "christianisme positif".
Hitler, lorsqu'il vivait à Vienne, a été fortement influencé par les doctrines aryosophistes (doctrine théosophique
sur la suprématie de la race aryenne), alors très à la mode. Il possédait une importante collection de la revue Ostara (déesse de la lumière), éditée par le théosophe Jörg Lanz, adepte
de la Société Théosophique qui avait pour bible La Doctrine Secrète de Blavatsky. Il admirait sa doctrine des races et la popularisait dans la revue Ostara. Hitler avait rendu
visite à Lanz en 1909 pour acheter d'anciens numéros d'Ostara afin de compléter sa collection ; il disait qu'il était intéressé par les théories raciales de Lanz. En 1932 Lanz
écrivait : "Hitler est l'un de nos élèves".
Lanz, bénédictin défroqué, avait fondé l'ONT (Ordre Nouveau du Temple) et cherchait ainsi une filiation avec les
Templiers du Moyen-Âge, tout en enseignant une doctrine gnostique mêlant la théosophie de Blavatsky, ses doctrines "théozoologiques" et le culte de Wotan et Odin. Parmi ses écrits : "Il
faudrait castrer sans merci les jeunes bons à rien ou les stériliser", "Criminels, malades mentaux et porteurs de tares héréditaires doivent être exclus de la reproduction",
"Intervenir dans la vie sexuelle permettra d'atteindre le royaume des cieux".
Hitler subit par ailleurs l'influence de Guido List (1848-1919) qui avait élaboré une doctrine gnostique, fruit d'un
mélange entre le Wotanisme (ré-écrit à la mode gnostique) et la théosophie de Blavatsky, promouvant le racisme pangermaniste eugéniste et une nouvelle Hiérarchie, les Armanes, une élite
d'initiés. En 1921, Hitler recevait pour son anniversaire un livre contenant une dédicace personnelle : "Pour Adolf Hitler, mon cher frère-armane".
D'autres responsables nazis sont connus pour avoir été inspirés par le même courant paganiste : Himmler par
Wiligut, Alfred Rosenberg, Dietrich Eckart, Rudolf Hess par la Société Thulé (une autre secte théosophique, pangermaniste et antisémite).
Tout comme les sectes du Nouvel-Âge, le nazisme a enseigné la doctrine de l'aryanisme et de la pureté aryenne, mettant
en scène une nouvelle "race-maître" aryenne mutante. La haine des Juifs fondée sur une croyance occulte de corruption génétique des Juifs rendait nécessaire une "solution correcte" finale à ce
"problème juif".
Ce n'est donc pas un hasard si Hitler, se prenant pour le Messie chargé d'amener le Règne de Mille Ans, a appliqué le
programme de "nettoyage ethnique" de la Société Théosophique, dans une politique antisémite, raciale et eugéniste, soutenu par les eugénistes de tous les pays, notamment les
Américains.
A posteriori, au moins un responsable du New-Age reconnut cette filiation : "Il y a eu une tentative de
commencer par unir les peuples vivant dans la vallée du Rhin. Cette tentative fut faite par un disciple mais n'aboutit pas. Actuellement une autre tentative est en cours..."
Le Nouvel-Âge, inspirateur du nazisme
Un leader charismatique : Maitreya, le nouveau
Christ
Sur wikiepdia, on peut lire :
Share International (branche française : Partage international), fondé dans les années 1970 par Benjamin Creme,
influencé par les écrits de la théosophe Helena Blavatsky et d’ Alice Ann Bailey, une pionnière du New Age, prétend que Maitreya est le messie attendu par toutes les religions sous des noms différents, et qu’il aurait déjà fait de
nombreuses apparitions publiques et privées.
Voici l'introduction de la page de Share international :
Le monde se tient aujourd'hui à la croisée des chemins et les défis à relever sont d’une ampleur inégalée. Ce qu’ignore
l’humanité, c’est que la crise qu’elle traverse est de nature spirituelle. Cette crise se focalise dans les domaines politique et économique et c’est là qu’elle doit être résolue.
Le seul moyen d’avancer pour l’humanité est de prendre conscience de son unité, de sa véritable nature et de manifester la fraternité entre les hommes par le partage et la coopération.
En cette époque charnière, les Maîtres de Sagesse sont prêts à conseiller les hommes et à faciliter leur entrée dans une nouvelle ère, où l'être humain connaîtra un accomplissement sans
précédent.
Le plus grand d'entre eux, connu sous le nom de Maitreya ou de l'Instructeur mondial, se fera bientôt connaître ouvertement.
De nombreux signes confirment l'imminence de cet événement.
«Même si cela suscite de l'incrédulité ou semble relever de l'utopie, du point de vue de vos Frères aînés d'importants changements sont en cours qui améliorent l'état du monde. Nous voyons se
renforcer le courant qui mène à l'unité et à la justice, et se développer la prise de conscience que la paix doit régner, qu'elle est une absolue nécessité si l'humanité doit poursuivre son
chemin évolutif. Ainsi la menace d'autodestruction s'éloigne-t-elle considérablement.»
C'est un bon résumé de la pensée New Age. Mais aussi du principe problème-réaction-solution, qui permet petit de faire
accepter à l'opinion publique tout ce qu'un esprit sain aurait refusé. En partant de situation catastrophiques (sociales, écologiques, etc ) on parvient à faire accepter que l'élite, au commande
de l'état censé représenté la collectivité, prenne tout les pouvoirs.
Ici cette élite est chapautée par un leader multi-annoncé. Sans vouloir être redondant c'est déjà le rôle qu'Hitler voulait
se donner. Mais ici on va jouer sur tous les mythes présents dans les religions pour justifier d'un leader mondial. J'avais déjà traiter ce sujet d'un leader autoproclamé dans l'article
Le
Progrès, évolution ou construction ? .
Ce grand gourou mondial sera loin d'être pacifique,
mais imposera son autorité et une religion unique au monde entier. C'est le sens et l'aboutissement de la religion du "Nouvel-Age". D'après Anne Bailey, l'une des théoricienne "inspirée" du
mouvement, les recalcitrants qui refuseront d'adopter la nouvelle spiritualité sont des être ratés (ou fondamentalement mauvais) devront être renvoyé "dans une autre dimension, en dehors du cycle
des réincarnations".
Ce qui est intéressant c'est l'usage de la rethorique de la tolérance pour justifier ce choix. Le New Age étant un
mouvement multiforme et plutôt original pour le moment, il joue sur le concept de tolérance pour se faire accepter. Cependant dans ses écrits les auteurs sont agressivements anti-monothéistes, ce
qu'ils justifient par l'intolérance de l'intolérance.
Parce que les croyants pensent que leurs écrits, la Bible et le Coran, sont la vérité, puisque parole d'Allah ou de IHWH,
ils doivent être anéantis. Et c'est précisement ce que font les élites depuis le XXe siècle, lorsque les monothéistes (juifs, tziganes, arméniens, slaves orthodoxes, palestiniens, ...) forment
l'immense majorité des populations génocidés.
Mais ce n'est pa la seule raison. Le leader mondial dont l'arrivée est préparée par les résaux New Age est amplement décrit
dans les livres saints des trois grandes religions. Il s'agit de l'antichrist, le faux prophète, la deuxième bête de l'Apocalypse de Jean, l'abomination de Daniel.
Celui-ci se fera passer pour Dieu, installera son siège à Jerusalem, placera son idole dans le temple, persecutera les
croyants et recevra son trone des 10 rois, qui lui confieront leur royauté. La marque de la bête,
solution proposée aux inégalités economiques, sera imposée à tous les
hommes.
C'est parce que les textes du monothéisme sont défénseurs de la liberté et des responsabilités individuelles et décrivent en
mal l'avenement du leader attendu que le New Age les stigmatise fortement.
L'infiltration des religions monothéistes par le New
Age
Dans le New Age, les religions orthodoxes doivent être remplacées par la Religion du Monde Nouveau qu'un leaer mondial
viendra mettre en place en unifiant toutes les religions qui auront préparé sa venue.
Nous avons vu dans la deuxième partie comment le sionisme a permit de mettre en place une religion nationale en lieu et
place du judaïsme.
Nous avons vu dans la troisième partie que l'Islam est en passe de se faire renverser par un courant préparant la venue du
Mahdi.
Pour le chritianisme, il y a beaucoup de courants qui pourraient être identifiés avec le New Age. Cependant on peut lire
dans le livre Final Warning, de David Rivera (dont les exemplaires restants sont en vente pour 500€ sur internet, étonnant pour un livre sorti en 1994) un passage
à propos du National Council of Churches, membre du World Council of Churches, qui dit :
-
founded in 1908 by Walter Rauschenbusch, a baptist (socialist) and Henry Ward (communist), as federal council of church
-
identified by congress as "communist organization aimed at the establishment of a state church"
-
office and naval inteligence reported they gave "aid and confort to the communist movement and party"
-
in 1942 their platform called for a world governement
-
financially supported by Andrew Carnegie and John D Rockfeller Jr (note : qui ne sont pas, eux, des communistes notoires)
Derrière ces mouvements chrétiens, ce sont les considérations en vue d'une église universelle dont il faut se méfier. Peu importe pour
le croyant que les institutions soient unifiées en vue de justifier un pouvoir global, bien au contraire !
Une religion globale : la
fin de la laïcité
Cette religion garantira l'institution du Nouvel Ordre Mondial demandé par Georges
Bush père : We have before us the opportunity to forge for ourselves and for future generations a new world order.
La religion New Age est destinée à devenir la religion d'état d'un monde unifié par un leader charismatique, elle demande
l'integration des religions dans l'appareil étatique, ce que N. Sarkozy a commencé à faire lors de son passage au ministère de l'intérieur, mais aussi l'ouverture aux nouveaux mouvements
spirituels, qui ne veulent plus être considérés comme des sectes. L'amérique est en guerre contre la politique anti-secte à la française. Nicolas Sarkozy s'empresse de la
satisfaire.
Toute la politique religieuse de N. Sarkozy consiste a ouvrir la porte aux nouveaux mouvements spirituels, pour les mettre
au service d'un nouvel ordre mondial, dont ils seront le fondement religieux.
ceuss qui ont commenté