LES NEURONES OU LES QUENOTTES

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Maladie d’Alzheimer, plombages et autres métaux dentaires
Avec 225000 personnes touchées dont 10000 nouveaux cas chaque année, la maladie d’Alzheimer progresse de manière inquiétante, une incidence qui justifie le plan Alzheimer mis en place par la France.

La maladie qui survient vers l’âge de 55 ans en moyenne, se traduit par une dégénerescence cérébrale qui évolue irréversiblement vers une altération des capacités cognitives et de la conscience conduisant à terme à une perte totale d’autonomie. La cause cette maladie, redoutable parce qu’incurable, reste inconnue à ce jour. Parmi les nombreux facteurs de risque suspectés (prédisposition génétique, dépression, pathologies cardiaques, anémie, traumatismes crâniens, apnée du sommeil, etc.), figurent les facteurs environnementaux tels que que l’exposition aux métaux et à divers agents physiques et chimiques.

Plombages au mercure

Les métaux employés en dentisterie, mercure des plombages ou amalgames dentaires en tête, qui constituent pourtant une source d’exposition permanente et, pour beaucoup de personnes quasiment à vie, ne font pas partie des pistes explorées jusqu’ici. " L’intérêt récent pour le mercure, dont les sources sont la consommation de poisson, les amalgames dentaires et les vaccins, ne peuvent être correctement documentés avec les données actuelles " conclue sobrement un rapport du CNRS s’appuyant sur deux études de 2003 et 2004.

C’est sans doute défausser un peu vite le mercure mis en cause dans une étude de 2001 [1], menée à l’université de Calgary. Deux chercheurs ont démontré que de faibles concentrations de mercure s’avèrent capables de détruire les cellules du cerveau. D’après cette étude, les neurones endommagés par le mercure présentent des caractéristiques similaires à ceux des personnes touchées par la maladie d’Alzheimer. Une étude de septembre 2007 [2] confirme que le mercure des plombages, en tant que neurotoxine, est un facteur accélérateur de la maladie d’Alzheimer. Or la principale source d’exposition au mercure dans les pays développés est représentée par les amalgames dentaires ou plombages, pour moitié composés de mercure. Le mercure s’en échappe par vaporisation sous l’effet de la mastication et par l’ionisation due à la corrosion de l’amalgame au contact de la salive. Les vapeurs de mercure inhalées remontent directement au cerveau par le nerf olfactif. Une perte d’odorat, provoquée chez les porteurs de plombages par l’accumulation de mercure dans le bulbe olfactif, est également observée chez les personnes atteintes d’Alzheimer. Il est à noter que l’étain et le zinc, deux autres composants de l’amalgame dentaire, sont également reconnus comme des neurotoxines. Diffusant par ionisation, ils viendraient renforcer l’effet destructeur du mercure sur la cellule nerveuse. Fait troublant, l’incidence de la maladie d’Alzheimer est plus élevée dans les pays qui utilisent l’amalgame au mercure depuis longtemps. Au Japon en revanche, pays où l’on emploie peu l’amalgame dentaire, le taux de la maladie est resté beaucoup plus bas.

Autres métaux employés en dentisterie

Un autre facteur de risque est représenté par les courants galvaniques (microcourants électriques) produits par l’inter-réaction des différents métaux coexistant en bouche sous l’effet de la salive, milieu propice aux échanges électrochimiques. Ces courants électriques, dont l’intensité peut atteindre plusieurs centaines de millivolts, perturbent le fonctionnement des cellules nerveuses, basé sur des échanges de nature électrique. La multiplication de métaux de natures différentes en bouche accroît l’intensité du galvanisme, plus encore si la salive est acide. Il existe aujourd’hui plus de mille alliages différents employés pour la réalisation des prothèses dentaires. Avec la démocratisation des implants en titane, ce sont des quantités de métal toujours plus importantes (implants, superstructure de la prothèse fixée sur l’implant) qui sont placées chaque année dans la bouche des habitants des pays industrialisés. Rien qu’en France, on estime que quinze tonnes de mercure sont posées chaque années dans la bouche des français. Et combien de tonnes de nickel (composant majoritaire des alliages bon marché), de chrome, de cobalt, de titane ?

On aurait tort de croire le titane parfaitement neutre et stable. Comme tout métal, le titane s’oxyde en bouche en présence d’autres métaux, laissant échapper des ions (particules métalliques) qui diffusent dans les tissus voisins et dans le corps. En outre, le titane dit allié contient de l’aluminium (également libéré par ionisation) neurotoxine mise en cause dans l’étiologie de la maladie d’Alzheimer. Des métaux tels que le zinc, l’aluminium, le cuivre, le cadmium, le chrome sont aujourd’hui reconnus comme capables de potentialiser l’effet toxique du mercure. Quand on sait que tous ces métaux sont communément employés en dentisterie, on se doute que chaque habitant des pays industrialisés porte en bouche un cocktail détonnant et à haut risque de favoriser le développement de la maladie d’Alzheimer.

Prévention efficace

Trouver et éradiquer les véritables causes de la maladie est le minimum qu’on puisse attendre d’un plan Alzheimer. Cependant, si la piste du mercure et des métaux dentaires n’a pas été explorée jusqu’ici, il semble que ce soit essentiellement pour des raisons économiques. Obturation bon marché et facile à poser, l’amalgame dentaire, seul matériau remboursé intégralement à ce jour, permet à la Sécurité Sociale de faire de substantielles économies. Reconnaître l’implication du plombage au mercure dans la maladie d’Alzheimer ne manquerait pas de déclencher une vague de panique et inciterait un grand nombre de porteurs d’amalgames à faire déposer leurs obturations métalliques. La Sécurité Sociale n’est pas prête à financer une telle opération. Quant au titane, qui oserait remettre en question sa neutralité aujourd’hui établie comme un fait incontestable grâce à une action de communication bien ciblée, alors que l’implantologie en plein essor représente des enjeux financiers colossaux ? Mais est-il raisonnable de continuer à engloutir des sommes pas moins colossales, et néanmoins insuffisantes, dans un plan Alzheimer destiné à prendre en charge les personnes dépendantes dont le nombre ne cesse de croître parce qu’en amont on a pas supprimé les causes véritables de la maladie ?

Bannir le mercure, comme la Norvège l’a fait depuis le premier janvier 2008, limiter au maximum le recours au métal en dentisterie, en développant les solutions alternatives qui existent, et gérer l’acidité buccale sont des mesures préventives à mettre en place de toute urgence.

En savoir plus sur les alternatives au métal en dentisterie : le Pratikadent.

par Estelle Vereeck
www.holodent.com

                        

[1] La bibliographie sur l’implication des métaux dans la maladie d’Alzheimer est à consulter sur le site des éditions Luigi Castelli

[2] idem à 1



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Va falloir choisir entre les neurones et le dentier - quel dilemne !

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