LA PONEROLOGIE OU LA SCIENCE DU MAL

Publié le par sceptix

j'avais promis à Bénédicte de rééditer cet article de Sylvia Cattori le voici :

Pourquoi, quel que soit le niveau de bonne volonté qui se manifeste dans le monde, y a-t-il autant de guerres, de souffrances et d’injustices? Depuis des milliers d’années, pourquoi rien ne semble améliorer notre sort? Vue objectivement, l’histoire de l’humanité est une chose terrible et quasiment insupportable. Les furieux holocaustes des génocides modernes; les guerres, les famines, les terribles épidémies parcourant le globe dans leurs bottes de sept lieues; et plus terribles aujourd’hui que jamais auparavant produisent un intolérable sentiment d’impuissance.

Certain-es diront que tout cela, c’est du passé; que l’humanité est entrée dans une nouvelle phase; que les sciences et les technologies vont bientôt nous permettre de mettre fin à toutes ces souffrances. Beaucoup croient que les êtres humains sont en train d’évoluer; que la société évolue; et qu’à présent nous sommes à même de contrôler le mal arbitraire qui affecte notre environnement, ou du moins que nous le serons quand George Bush et sa bande en auront fini avec leur éternelle guerre contre le "terrorisme". Tout ce qui ne vient pas à l’appui de cette idée est réinterprété ou ignoré alors que jamais nous ne sommes trouvé en position aussi précaire, aussi proche de la destruction totale.

Laura Knight-Jadczyk et Henry See pensaient que la situation terrible à laquelle cette planète et ses habitant-es sont confrontés pouvait avoir un lien avec la question de la psychopathie. Les phénomènes abordés dans La ponérologie politique — en rapport avec les groupes et la façon dont ceux-ci sont corrompus par des déviants pathologiques qui s’y infiltrent sous l’aspect de la normalité — leur étaient très familiers. Ils savaient qu’il se passait quelque chose d’étrange, mais ils ne savaient pas encore le nommer ou le catégoriser. Ils avaient trouvé certaines dénominations et catégorisations dans des textes sur la psychopathologie, mais qui n’abordaient pas la dimension sociale, jusqu'à ce qu'ils aient accès à l’ouvrage d'Andrzej Lobaczewski. Dans La ponérologie politique – La science de la genèse du mal, appliqué à des fins politiques (Political Ponerology), Lobaczewski présente le sujet d’une manière radicalement différente des autres textes sur la psychopathie, en suggérant que l’influence des psychopathes et autres déviant-es n’est pas qu’une simple influence parmi tant d’autres affectant la société, mais que, si les circonstances sont favorables, elle détermine la manière dont nous vivons, ce que nous pensons, et la façon dont nous jugeons ce qui se passe autour de nous.

Quand on comprend la véritable nature de cette influence : qu’elle est sans conscience, sans émotion, égoïste, froide et calculatrice, dénuée de tous standards moraux ou éthiques, on est horrifié, mais en même temps, tout commence à s’éclairer soudainement. Notre société perd de plus en plus son âme parce que les personnes qui la dirigent et qui donnent l’exemple sont sans âme — ils n’ont littéralement aucune conscience. Quand vous en venez à comprendre que les rênes du pouvoir politique et économique sont entre les mains de personnes sans conscience qui ne possèdent pas de faculté d’empathie, cela permet de regarder ce que nous appelons le "Mal" d’une façon totalement nouvelle. Le "Mal" n’est plus seulement une question morale; il peut alors être analysé et compris scientifiquement.

Le mot ponérologie désigne la science du "Mal", de la compréhension scientifique de ses origines, et de la façon dont, telle une maladie, il peut "infecter" les individus et les sociétés. Lorsque les législateurs et les grands patrons du monde des affaires sont des psychopathes, leur façon de penser et de raisonner — leur "moralité" — devient la culture et la "moralité" communes des populations qu’ils gouvernent. Quand cela se produit, le mental de la population est "infecté" de la même façon qu’un agent pathogène infecte un corps physique. La seule manière de nous protéger contre cette pensée pathologique est de nous "vacciner" contre elle, et cela se fait en apprenant le plus possible sur la nature de la psychopathie et sur son influence sur nous. Fondamentalement, cette "maladie" particulière prospère dans un environnement où son existence même est niée, et où ce déni est planifié et délibéré.

La ponérologie politique a été façonnée dans le creuset même du sujet étudié. Des hommes de science vivant sous un régime répressif l'ont étudiée cliniquement et ont étudié les fondateurs et les partisan-es d’un régime du "Mal" pour pouvoir déterminer quel est le commun dénominateur dans la naissance et la propagation de l’inhumanité des humains envers les humains.

Choquant dans la sobriété clinique de ses descriptions de la vraie nature du "Mal", poignant dans les passages plus littéraires où Lobaczewski révèle les souffrances vécues par les chercheurs qui ont été contaminés ou anéantis par la maladie qu’ils étudiaient, cet ouvrage devrait être lu par tout-e citoyen-ne qui se revendique d’une base morale ou humaniste. Car il est certain que la moralité et l’humanisme ne peuvent longtemps supporter les déprédations du "Mal". La connaissance de sa nature, de la façon dont il crée ses réseaux et s’étend, de la perfidie de son approche pernicieuse, en est l’unique antidote.

Ce livre va vous donner des réponses à de nombreuses questions sur le "Mal" dans notre monde. Il ne parle pas seulement du "Mal" macrosocial — le "Mal" qui affecte des sociétés et des nations entières depuis des temps immémoriaux — il parle aussi du "Mal" quotidien parce que les deux sont littéralement inséparables. L’accumulation à long terme du "Mal" de tous les jours conduit inévitablement au "grand Mal systémique" qui détruit plus d’innocent-es que n’importe quel autre phénomène sur cette planète.

Ce livre est aussi un manuel de survie. C’est l’ouvrage le plus important que vous lirez jamais, à moins que vous ne soyez vous-même un psychopathe. Comprendre la nature des phénomènes pathologiques macrosociaux permet de les voir dans une saine perspective qui protège le mental de l’empoisonnement par leur contenu délétère et l’influence de leur propagation. Nous ne pourrons vaincre cet énorme cancer social qui se propage que si nous comprenons ce qu’il est et quelles sont ses causes. Voilà qui éluderait le mystère de ce phénomène, mystère qui est son premier atout de survie.

La compréhension de la nature de ces phénomènes conduirait à la conclusion logique que les mesures prises actuellement pour remettre de l’ordre dans le monde devraient être entièrement différentes de celles utilisées jusqu’à présent pour résoudre des conflits internationaux. Elles devraient fonctionner comme des antibiotiques modernes, ou mieux encore, comme une bonne psychothérapie, et non plus comme des armes obsolètes comme des tanks ou des missiles nucléaires.

En ce qui concerne les phénomènes de nature ponérogénique, une connaissance adéquate pourrait déjà commencer à guérir les individus et à restaurer leur harmonie mentale. Ce livre explique aussi comment mettre à profit ce savoir afin d’arriver à des décisions politiques correctes, et comment l’appliquer au monde comme une thérapie générale.

> La ponérologie politique : Préfaces, introduction et bibliographie/Table of Contents, Index, Bibliography, Text
> Sommes-nous gouvernés par des psychopathes dangereux?, Silvia Cattori, 04.11.2007
> Forums : Ponérologie politique : le mal macro-social

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B
MERCI ! ... Je n'avais pas eu le temps de rechercher ... du coup j'ai trouvé où le commander les éditions pilule rouge qui font un peu dans les sensationnel vu les autre titres http://www.pilulerouge.com/livres/ponerologie.htmlJe vais le commander et le lire, parce que dès l'interview, je suis une chieuse, il y avait des choses avec lesquelles je divergeais. Ce type de personnalités n'accède pas forcément aux sphères du pouvoir, même si le pourcentage dans ces sphères y est bien plus élevé que dans la population. Je doute qu'on ait fait le tour de la question, parce que la compréhension de la perversité ne peut avancer qu'avec la compréhension de le psyché humaine globalement ... et nous sommes loin, même très loin d'avoir une bonne approche de celle-ci, l'exploration commencée par Jung a été délaissé au profit des théories de Freud, qui avait une personnalité perverse ou psychopathique au choix. Bises et encore merci :)
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C
Merci pour le tuyau TP je vais voir sur ebay. Nous ne sommes pas sortis de l'auberge n'est-ce-pas ?Bisescharlotte:sceptix
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T
Il a l'air très interessant ce bouquin.Sur le sujet du "mal", j'en ai lu un qui m'a marquée mais qui est difficile à trouver, moi je l'avais acheté d'occcasion: "Les gens du mensonges" de Scott Peck
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