Les abeilles meurent en masse aux Etats-Unis

Publié le par sceptix

En complément de l'article de Bénédicte sur le même sujet
14 mars 2007

Albert Einstein : « Quand il n’y aura plus d’abeilles, l’homme disparaîtra rapidement ».

 Le désastre qui touche les apiculteurs aux USA, qui voient leurs ruches inexorablement dépeuplées par un mal encore mystèrieux, va peut-être nous contraindre à tester en grandeur nature la prédiction d’Albert.

A travers tous les Etats-Unis les apiculteurs qui ouvrent leurs ruches pour préparer la saison de printemps les découvrent vides d’abeilles, victimes de ce que l’on appelle désormais la Maladie de l’Effondrement des Colonies d’abeilles (Colony Collapse Disorder).

Nul ne sait pourquoi jusqu’à présent.

Les abeilles sont un acteur vital pour le secteur agricole dont le chiffre d’affaire atteint 14 milliards de dollars aux USA, et leur disparition commence à inquiéter jusqu’au plus hautes sphères de Washington.

« Hilary Clinton s’y intéresse depuis la semaine dernière », déclare David Hackenberg, l’apiculteur qui a pris la tête du mouvement de sensibilisation à ce problème.

« Cela ne concerne pas uniquement les apiculteurs, mais également les cultivateurs et au bout du compte les consommateurs », poursuit-il.

En quelques semaines il a perdu plus de 2000 de ses 3000 ruches. La cour de sa petite ferme, proche de Tampa Bay est jonchée de rayonnages vides qui devraient pourtant être remplis d’abeilles en cette saison.

Durant l’interview, son portable sonne sans cesse, l’avertissant que de plus en plus d’exploitants font état de pertes pouvant atteindre 95%.

Pesticides ?

Les scientifiques de l’administration, l’Association Nationale des Apiculteurs et les chercheurs ont formé en urgence un groupe de travail pour tenter de mettre fin à cette catastrophe.

Il y a autant de théories que de membres dans le groupe, mais pour M. Hackenberg, le soupçon se porte sur un nouveau type de pesticides incorporant de la nicotine.

« Il est possible que les abeilles soient victimes d’insecticides utilisés pour d’autres espèces », suggère-t-il. « Si nous n’arrivons pas rapidement à solutionner cela rapidement, cela va réduire à néant notre production alimentaire ».

Pollinisation

A quelques kilomètres de son exploitation, de nombreux fermiers partagent ses craintes.

Dans le passé les plantes étaient pollinisées par des abeilles installées dans les bois proches des zones de culture. Mais l’extension de l’urbanisation a détruit la majeure partie de leur habitat naturel.

« Nos cultures ont des fleurs mâles et femelles qui doivent être pollinisées pour produire », explique Carl Grooms, un cultivateur de courgettes.

« Nous allons avoir de grosses difficultés pour trouver des ruches à louer pour procéder à la pollinisation, et si c’est aussi critique que cela en a l’air, je ne pourrais sans doute rien planter ce printemps ».

En Floride, deux membres du groupe de recherche inspectent les ruches dans l’exploitation de M.Hackenberg. Dennis van Engelsdorp, un apiculteur et chercheur basé en Pensylvanie, retire les rayonnages qui devraient être couverts d’abeilles.

La différence saute aux yeux. Alors que dans une ruche occupée, le cadre est bourdonnant d’insecte, dans une autre il est quasiment inhabité. « La population adulte a totalement disparu », constate-t-il.

Il passe en revue la longue liste des causes possibles, allant d’une infection dues à des mites, jusqu’à l’effet d’une nouvelle substance chimique, mais il croit qu’il est encore trop tôt pour incriminer les pesticides.

« Aucune preuve ne nous permet d’affirmer que cette théorie est plus pertinente qu’une autre. Il y a des indices plus probants pour d’autres causes », dit-il.

Le chercheur s’interroge sur ce qui pourrait expliquer le fait que la disparition des colonies d’abeilles ne soit pas systématique sur une même localisation

Faillites

D’ores et déjà de nombreux apiculteurs ont du se résoudre à abandonner leur activité devant l’ampleur des pertes.

Pour les Hackenberg, il ne s’agit plus seulement de millions d’abeilles mortes, mais bien de la survie de leur exploitation.

David, le fils de M. Hackenberg laisse s’exprimer sa colère. « Nous avons travaillé dur tous les jours et nous allons continuer à travailler dur, jusqu’au jour où la banque va arriver et nous dire “nous saisissons vos biens” ».


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