Washington durcit le ton contre Moscou, veut la Géorgie dans l'Otan

Publié le par sceptix

 
AFP, 4 septembre 2008
 
TBILISSI (AFP) — Washington a mis en cause jeudi la crédibilité de la Russie après son "invasion" de la Géorgie, accusant Moscou de vouloir modifier de façon illégitime la carte de la région, tout en soutenant clairement cette ex-république soviétique et son entrée dans l'Otan.
 
"Les actions de la Russie ont suscité de graves doutes quant aux intentions de la Russie ainsi que sur sa crédibilité en tant que partenaire international, non seulement en Géorgie, mais dans toute la région, ainsi qu'au sein de la communauté internationale", a affirmé le vice-président américain, Dick Cheney, en visite à Tbilissi.
 
M. Cheney a ouvertement demandé aux alliés des Etats-Unis de se positionner en faveur de la Géorgie, dans la crise qui l'oppose à son puissant voisin russe.
 
"Avant qu'elles ne soient appelées pour défendre leur pays, les troupes géorgiennes étaient en Irak. Désormais, la responsabilité du monde libre est de se mettre du côté de la Géorgie", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse conjointe avec le président géorgien, Mikheïl Saakachvili.
 
Il a condamné "la tentative illégitime (de Moscou) de changer par la force les frontières" de la Géorgie.
 
M. Cheney a apporté un appui ferme au pouvoir en place à Tbilissi, alors que Moscou accuse M. Saakachvili d'avoir provoqué le conflit et ne le reconnaît plus comme interlocuteur valable, le traitant de "cadavre politique".
 
Il n'a laissé aucun doute quant au soutien américain à l'adhésion de la Géorgie à l'Otan, démarche farouchement dénoncée par la Russie.
 
"L'Amérique soutient fermement le programme d'adhésion de la Géorgie à l'Otan et son intégration à terme dans l'alliance atlantique", a-t-il assuré.
 
"Comme l'ont déclaré les membres de l'Otan au sommet de Bucarest (en avril), la Géorgie sera dans notre alliance", a-t-il fait valoir.
 
Ces déclarations font monter encore d'un cran la tension entre Moscou et Washington.
 
Un troisième navire de guerre américain, l'USS Mount Whitney, doit rallier dans les prochains jours la Géorgie, où deux autres bâtiments de la marine américaine ont déjà acheminé de l'aide humanitaire.
[Mardi soir, un autre navire américain, l'USNS Pathfinder, a franchi le détroit du Bosphore et se trouve actuellement dans la partie sud de la mer Noire. "Nous avons appris que sa présence pourrait s'expliquer par des missions de reconnaissance qu'il effectuera pour le compte des six navires de l'OTAN (trois américains, un espagnol, un allemand et un polonais) stationnés en mer Noire", a précisé le représentant de la Flotte russe.]
 
La Russie a vivement critiqué l'arrivée récente en mer Noire de plusieurs navires de l'Otan, le Premier ministre russe Vladimir Poutine s'interrogeant sur la nécessité de convoyer de l'aide humanitaire "à bord de bateaux militaires armés de systèmes de missiles ultramodernes".
 
Il a assuré que la Russie aurait "une réponse" à cette situation.
 
Mercredi, Washington a annoncé avoir débloqué une aide humanitaire d'un milliard de dollars à la Géorgie, alors qu'une aide humanitaire d'environ 30 millions de dollars a déjà été fournie.
 
M. Cheney est arrivé en provenance d'Azerbaïdjan, où, la veille, il avait tenté de rassurer les alliés américains dans l'ex-URSS et s'était prononcé en faveur d'une augmentation du nombre d'oléoducs et de gazoducs depuis le Caucase.
 
La Géorgie, voie de transit clef pour les hydrocarbures de la mer Caspienne vers l'ouest, est un allié stratégique incontournable pour les Occidentaux qui entendent diversifier leurs sources d'approvisionnement en contournant la Russie.
 
Plus tard dans la journée, il se rendra en Ukraine, confrontée à une grave crise politique, dernière étape de sa tournée auprès des alliés de Washington dans l'ex-URSS. Il ira ensuite en Italie.
 
Début août, les troupes russes étaient entrées en Géorgie pour repousser une offensive lancée par l'armée de Tbilissi dans la nuit du 7 au 8 août en Ossétie du Sud pour reprendre le contrôle de ce territoire séparatiste.
 
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Des experts de l'OTAN en visite en Géorgie pour évaluer ses besoins militaires (Appathurai)
 
BRUXELLES, 3 septembre - RIA Novosti. Un groupe d'experts de l'OTAN s'est rendu en Géorgie pour déterminer le type et le volume d'aide dont le pays a besoin pour rétablir son potentiel militaire, a déclaré mercredi le porte-parole de l'OTAN James Appathurai.
 
"Cette équipe évalue les besoins de la partie géorgienne", a-t-il fait savoir aux journalistes à Bruxelles.
 
Selon M. Appathurai, la Géorgie peut compter sur l'octroi des fonds nécessaires au rétablissement de ses systèmes défensifs endommagés lors du conflit en Ossétie du Sud.
 
Le porte-parole de l'OTAN a ajouté que les experts présenteraient leurs estimations aux dirigeants de l'Alliance atlantique. Il a en outre rappelé que les membres du Conseil de l'OTAN se rendraient en Géorgie en septembre.
 
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Les eurodéputés en phase avec le Conseil européen sur le conflit géorgien
 Euronews, 03/09
 
 Le Parlement européen est sur la même ligne que le Conseil européen sur le conflit géorgien. Deux jours après la décision des 27 Etats-membres de geler les négociations sur un nouvel accord de partenariat stratégique entre l’Union et la Russie, les députés européens ont à une très large majorité adopté une résolution “approuvant” cette décision.
 
 Ils envisagent aussi un rapprochement avec la Géorgie, comme l’explique l’eurodéputée Verts française Marie-Anne Isler-Béguin. “Nous avons dit très clairement que l’OTAN n‘était pas une solution pour la Géorgie. Si l’OTAN n’est pas une solution, c’est l’Union européenne et c’est l’approfondissement avec l’Union européenne qui est une solution”.
 
 Le groupe socialiste a regretté que ne soit pas mentionné le comportement “agressif” de la Géorgie, qui a attaqué la première. Les socialistes ont malgré tout voté pour… à l’exception des eurodéputés grecs, qui ont rejeté le texte. “Vous ne réglez pas un problème sécessionniste (allusion à l’Ossétie du Sud) par des bombardements, se justifie Maria Eleni Koppa. Je pense que la Géorgie a agi de manière stupide et la communauté internationale – le Parlement européen en particulier – aurait dû insister sur ce point. Nous voulions un texte équilibré qui montrent que les responsabilités sont partagées entre la Russie et la Géorgie. Or nous avons un texte qui rappelle le temps de la guerre froide.”
 
 Dans sa résolution, le Parlement européen demande aussi à la Commission de mettre en place un accord sur l’attribution de visas “au moins équivalent” à celui conclu avec la Russie. Et il insiste sur l’importance de la Géorgie dans “l’amélioration de la sécurité de l’approvisionnement énergétique de l’Union européenne”...
Alerte Otan R. Manourek

"Avant qu'elles ne soient appelées pour défendre leur pays, les troupes géorgiennes étaient en Irak. Désormais, la responsabilité du monde libre est de se mettre du côté de la Géorgie"! les troupes de Saakashvili envoyées en soutien à une agression du "Monde Libre" autoproclamé, assez logique que le "Monde Libre" soutienne l'agression géorgienne somme toute. Solidarité du crime organisé.
Pas certain à nouveau que les intérêts européens aillent dans la même direction. "Le groupe socialiste (du parlement européen) a regretté que ne soit pas mentionné le comportement agressif de la Géorgie, qui a attaqué la première"
 

Publié dans OTAN-défense - ONU

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