Comment les capitalistes vautours vont ils manoeuvrer durant la crise financière?

Publié le par sceptix

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Le long, douloureux processus de la liquidation forcée des avoirs de Fannie Mae et Freddie Mac, Lehman Brothers et American International Group (AIG) commence à peine, mais déjà, les observateurs des marchés financiers se demandent où les capitalistes vautours, qui s’abattent littéralement sur leurs proies, vont cette fois encore tirer profit de la détresse ambiante.

Les investisseurs spécialisés dans les actifs en perdition savent par expérience qu’il vaut mieux attendre la maturité des cycles avant de s’engager à acheter, selon Jeffrey Manning, directeur de Trenwith Securities, une entreprise de conseil en investissement qui épaule les compagnies en faillite basée à Costa Mesa (Californie).
« Les plus faibles du troupeau s’effondrent dans la première partie du cycle, et au milieu du cycle, on commence à voir quelques solides compagnies forcées de déposer le bilan » observe t-il. (De nombreuses firmes en bonne santé financière finissent par déposer le bilan juste pour s’associer avec d’autres qui sont déjà passé par là, car elles ont une meilleure ossature financière). « C’est là qu’on trouve les meilleures valeurs ».

Il est temps de laisser tomber la pression
Les capitalistes vautours sont à leur aise lorsque les valeurs des compagnies qu’ils visent se détériorent sur une période plus ou moins longue, contrairement aux brusques faillites observées dans le secteur financier, observe David Astorino, qui dirige le groupe Management Due Diligence Practice (littéralement groupe pour la pratique d’un management consciencieux) chez RHR International, une entreprise de conseil en management basée à Wood Dale, Illinois. Une détérioration lente donne à l’actionnariat privé suffisamment de temps pour mener à bien des tests leur permettant d’être sûre de leurs achats et de mobiliser les ressources financières nécessaires pour conclure, ajoute t-il.
Avec un système financier en état de choc, et des compagnies se demandant quoi faire de leurs bilans, cela pourrait prendre 30 jours ou 12 mois, voire plus jusqu’à ce que la chute de pression nécessaire soit effective, annonce Manning de chez Trenwith.
Wilbur L. Ross Jr, l’investisseur milliardaire au passé de parieur sur des entreprises en détresse a déclaré le 17septembre 2008 que (selon lui) les banques seront particulièrement affectées par la crise de Wall Street et seront de fait des proies aisées pour les investisseurs charognards. Plus tôt cette année, lorsque les garanties financières se retrouvèrent sous pression en raison de la crise des subprimes, Ross a investi 250 millions de dollars dans Assured Guaranty, pariant que les obligations de l’assureur regagneraientt une position suffisante pour racheter de plus petites structures qui pourrait disparaître à cause d’investissements risqués.

1000 banques pourraient couler
Son plus récent investissement dans le redressement d’une banque s’est fait au Japon, mais Ross met plutôt l’accent sur son expérience de restructuration de banques américaines durant la crise à la fin des années 1990, lorsqu’il dirigea un fonds d’investissement privé au sein du Groupe LCF Rothschild. « Nous sommes à l’aise avec les banques et nous avons un partenariat avec John Kanas, qui a mis sur pied la North Fork Bank avec à peine 20 millions de dollars de capital pour arriver à 60 millions pour finalement la vendre au meilleur prix » affirme t-il. « Nous avons l’équipe pour redresser les banques. »
Ross, qui est PDG de WL Ross & Co, prédit qu’environ un millier de banques feront faillite des suites de la crise actuelle. Le fait que 70% du capital de son entreprise soit en numéraires lui ouvre « de grandes possibilités pour gérer ces problèmes ».
Pour sa part, Manning trouve que l’estimation de 1000 banques est plutôt raisonnable, étant donné qu’il a entendu dire que 8000 banques n’auraient pas revu leurs états depuis que le marché s’est effondré. Cependant, parce que racheter des banques, contrairement aux entreprises commerciales, soulève d’épineux problèmes de réglementation, il estime que l’intérêt des vautours s’en trouverait limité.

Cibler les actifs sûrs  
Manning entrevoit plutôt un secteur plus porteur dans lequel il estime que 800 à 1000 fonds d’investissements privés ont été réalisés au cours des cinq dernières années dans diverses industries ; ils arrivent à maturité et ne pourront être refinancés aux anciens taux. « A mesure que ces emprunts arrivent à maturité, même les sociétés d’investissements privés devront faire un chèque pour la différence ou encore devront trouver un autre moyen de financement, voire d’aller au tribunal demander une mise en redressement » prédit-il.
Les premiers à faire faillite seront les entreprises à petit capital, tels que les fabricants de logiciels, les fournisseurs de technologies de l’information ainsi que les fabricants de matériels médicaux qui sont tous basés sur la propriété intellectuelle. Leur atout clé est constitué des employés qui rentrent chez eux tous les soirs.
Astorino de chez RHR estime qu’un bilan équilibré donne à la Barclays une meilleure position pour racheter la banque d’investissement nord américaine Lehman que n’importe quel autre fonds d’investissements privés. Barclays a proposé 1,75 milliards de dollars, acquisition incluant la majorité des employés, la franchise, le nom de la société ainsi que la clientèle, mais pas les positions risquées ni les dettes qui ont poussé la banque d’investissement à déposer le bilan le 15 septembre.
« Je ne crois pas que l’on puisse racheter ces entreprises et les mettre ensuite dans un fonds d’investissements privés » ajoute t-il. « Les fonds d’investissements privés demandent différentes exigences avant de s’engager à investir ».
Astorino ne pense pas non plus que les investisseurs privés, qui « recherchent généralement quelque chose de précis lorsqu’ils investissent », vont changer leurs critères pour tirer un quelconque avantage de la crise.
Que les vautours choisissent de racheter des entreprises entières, au lieu de prendre quelques positions, dépendra de ce qui peut leur rapporter le plus d’argent, pense Manning. Tant qu’il s’agira du secteur de la finance, il estime que les investisseurs préféreront acheter des valeurs adossées à des crédits immobiliers, mais pas l’entreprise qui les propose. « Nous n’avons pas besoin de racheter le personnel. Nous voulons juste l’instrument financier » serait plus leur opinion se dit-il.

Source: www.highprofilesnews.com

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