Des soldats de l'Union Européenne au Congo

Publié le par sceptix

 


 

Situation en République démocratique du Congo /
Entretien téléphonique du Président de la République française
avec le Président angolais M. José Eduardo Dos Santos

 

PARIS, France, 1er novembre 2008/African Press Organization (APO)/ — Le Président de la République a joint cet après-midi au téléphone le Président angolais, M. José Eduardo Dos Santos. Leur entretien, dense et amical, a porté sur la crise actuelle en République démocratique du Congo.

Le Président Sarkozy et le Président Dos Santos ont partagé la même analyse de la crise. Les deux chefs d’Etat ont apporté leur plein soutien politique et diplomatique au Président de la République démocratique du Congo, M. Joseph Kabila.

Ils ont convenu de poursuivre une concertation étroite entre la France et l’Angola.

 

 

SOURCE : Présidence de la République française


Des milliers de déplacés, affamés, s'entassaient samedi le long de la route principale partant de Goma, capitale du Nord Kivu, tentés de profiter de la trêve pour regagner leur «domicile», le camp de Kibumba, plus au nord.

Regroupés par petites grappes autour d'un poste de radio, ou allongés à même le bas-côté herbeux de la route au niveau de Kibati, à 10 km au nord de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, ils ont fui pour la plupart lundi un camp de déplacés situé à 20 km plus au nord, à Kibumba, devant les tirs de mortier des rebelles de Laurent Nkunda.Depuis, ces familles survivent, livrées à elles-mêmes, les ONG et autres agences humanitaires de l'ONU n'ayant pu jusqu'à présent leur délivrer une quelconque forme d'assistance.

«Je dors à côté de la route. Je n'ai pas de couverture, pas de bâche. Pour manger, on demande aux populations (locales) mais ce n'est pas suffisant», témoigne, les traits creusés, Simon Tuzere, un cultivateur de 50 ans.

A ses côtés, un jeune homme dépenaillé à la démarche claudicante en raison d'une blessure au pied mal soignée, crie famine.

 

«Nous n'avons que de l'eau. Cela fait une semaine, sans rien trouver à manger», explique John, 21 ans, lui aussi originaire du camp de Kibumba, désormais en zone rebelle.

A la différence d'autres villageois massés à Kibati, John n'a aucun effet personnel, juste un vieux blouson de cuir sur les épaules.

«Nous avons fui le camp lundi dans la matinée. C'est ce matin-là qu'ils ont commencé à jeter des bombes sur le camp», raconte-t-il.

Paysan, John pense à rentrer au camp de Kibumba, où selon lui, il a plus de chances de trouver de la nourriture.

«Si on sait qu'on retrouvera de la nourriture là-bas, on retournera», affirme-t-il.

L'afflux massif de ces déplacés de Kibumba en début de semaine a également fait peser un poids supplémentaire sur les populations installées à Kibati, mises à contribution pour leur fournir un peu de nourriture.

«Nous-mêmes nous n'avons pas grand-chose. Et nous ne sommes pas contents. Les déplacés viennent dans nos champs pour voler des bananes», explique Shamboko Kavura, robuste villageois de 35 ans, sur le pas de sa maisonnette en bois.

Un adolescent renchérit: «Ils nous ont volé une chèvre et le matériel de maison, les casseroles, les bassines».

Plus au nord sur la route, en direction de Kibumba, des familles reprenaient à pied le chemin de leur camp, rassurées par l'absence de combats dans la zone depuis 48 heures à la suite d'un cessez-le-feu unilatéral décrété mercredi par le général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda.

Une fois passé le poste avancé des Casques bleus de la Monuc à Kibati, installé à l'écart de la route, ces familles franchiront quelques km plus loin une ligne de front invisible avant de passer devant une dizaine de rebelles, paisiblement assis à l'ombre.

John, de son côté, a appris que l'aide humanitaire tant attendue pourrait de nouveau être distribuée dans les prochains jours.

«Qu'ils fassent vite!», a-t-il simplement souhaité.

source : http://www.cyberpresse.ca/international/afrique/200811/01/01-35142-rdc-les-deplaces-de-kibati-attendent-de-laide.php

Des soldats de l'UE au Congo
 

Au Congo, des centaines de milliers de personnes fuient la guerre civile. A présent, c'est le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui propose que 1500 soldats européens soient envoyés dans cette région en crise. La presse européenne se demande si une mission militaire de l'UE pourrait apporter une aide réelle à la population du Congo.

 

Frankfurter Allgemeine Zeitung (Allemagne)

Le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine doute qu'une nouvelle mission militaire de l'Union européenne améliorerait la situation au Congo. "Il faudra ... se demander si [une action militaire européenne] changerait quelque chose à la misère que ce peuple endure déjà depuis des années. Des soldats de l'ONU (MONUC) se trouvent au Congo et représentent tout de même un contingent de 15 000 hommes, dont près du tiers est déployé dans la région où se déroulent les combats. On peut condamner leur incapacité ; il reste sûr néanmoins qu'une action d'aide d'urgence européenne de mille hommes n'arrangera rien à la situation insupportable du pays. La tuerie dépend des Africains ? peu importe qu'il s'agisse de richesse minières ou de conflits ethniques. Seuls les Africains eux-mêmes sont en mesure de mettre un terme à ces horreurs."

 

Trouw (Pays-Bas)

L'aide d'urgence promise par l'UE au Congo ne suffit pas, écrit le quotidien Trouw : "Il faut accentuer nettement la pression diplomatique exercée sur les parties. Même si le Rwanda nie toute participation aux combats actuels, il sera impossible de trouver une solution à ce terrible conflit si ce pays n'adopte pas une attitude constructive. Dans des précédents accords, le président [Paul] Kagame avait promis de contribuer au désarmement, voire même au retour des rebelles hutu rwandais. Cela pourrait désamorcer fortement le conflit. En tant que partenaires et payeurs de l'aide au développement, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, mais aussi les Pays-Bas devraient jouer un rôle. Des négociations difficiles, de préférence avec un intermédiaire compétent issu de la région, représentent l'unique issue permettant de sortir de cet enfer."

 

De Standaard (Belgique)

En rappelant le passé colonial belge, le quotidien De Standaard considère l'annonce faite par le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, d'une éventuelle participation du pays à l'envoi de troupes de l'UE au Congo, comme un "tournant risqué" dans la politique extérieure belge : "Après la tragédie des unités de parachutistes belges [casques bleus] au Rwanda, il y a désormais une loi non écrite à l'ONU selon laquelle il serait préférable que les anciennes puissances coloniales n'envoient pas de soldats dans d'anciennes colonies car cela est trop risqué. En outre, un engagement de l'UE n'a de sens que s'il s'attaque aux causes structurelles de la violence dans l'Est du Congo. ? L'armée gouvernementale du Congo doit protéger la population au lieu de la terroriser et enfin s'atteler sérieusement au désarmement promis des rebelles hutus rwandais dans l'est du Congo. Les troupes de maintien de la paix de l'ONU, la MONUC, doivent être renforcées afin que leur mandat ? qui est suffisamment important ? puisse être effectué pleinement."

 

Irish Examiner (Irlande)

Le quotidien Irish Examiner estime que la communauté internationale devrait intervenir : "Quiconque a vu la sauvagerie du génocide rwandais, il y a 14 ans, au cours duquel un demi million de Tutsis ont été massacrés, n'oubliera pas ces scènes effroyables. Le retour de l'instabilité dans la région, l'aggravation de la situation des réfugiés, l'échec d'un cessez-le-feu établi par l'ONU et le siège de Goma, capitale de la province de l'est du Congo, par les rebelles en raison d'un contrat de cinq milliards de dollars qui donne à la Chine l'accès aux importantes richesse minérales du pays en échange d'un réseau ferroviaire et routier. Tous ces ingrédients concourent à bâtir un scénario inquiétant. Nous subissons peut-être actuellement une crise économique mondiale et sommes préoccupés par les élections présidentielles aux Etats-Unis mais la communauté internationale doit faire plus pour veiller à ce que l'effroyable boucherie de 1994 ne se reproduise pas."

 

Source : http://europe.courrierinternational.com/eurotopics/article.asp?langue=fr&publication=31/10/2008&cat=%C0+LA+UNE

 

 

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