Pour continuer le chapitre "Nénesse et la moralisation...."

Publié le par sceptix

GDF / Suez : ça gaze pour les intérêts privés

Mélanger intérêt public et intérêt privé. Un cocktail à haut risque dont abuse allègrement le président et le gouvernement actuels.

Remontons dans le temps.
25 février 2006,
Dominique de Villepin annonce l’étude d’une fusion entre GDF et Suez dans le but de protéger GDF des attaques de son concurrent italien Enel

Dès son accession au trône au pouvoir, Nicolas Sarkozy s’oppose à cette fusion. Quelques mois plus tard, et conformément à ses habitudes, il change d’avis du jour au lendemain.
Question légitime: Qu’est ce qui a bien pu “changer la donne”?

13 septembre 2008, Capital.fr annonce que Jean-François Copé président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, rejoint le cabinet d’avocats Gide Loyrette et Nouel. D’après son entourage, source NouvelObs, “Il a prêté serment il y a quelques mois devant le barreau et il a une activité à temps partiel chez Gide Loyrette Nouel. Il va traiter des dossiers de médiation et ne s’occupera en rien de dossiers liés à l’Etat”
Pourtant ce cabinet, le plus puissant de France, a justement été choisi pour conseiller l’État et favoriser le projet de fusion GDF-Suez.
Une ambiguïté tellement difficile à faire passer, que Jean-François Copé a précisé à l’éppque, que son rôle se bornera à un rôle de médiation. Certes mais les soupçons d’une éventuelle corruption plane déjà. Comment peut-on être juge et partie, rémunérer par une entreprise privée et recevoir un traitement de l’Etat sur un même projet? Un jeu dangereux qui ne choque pas grand monde à l’UMP et certainement pas le Président.
Mais le plus dérangeant, parallèlement à cette affaire, c’est le cumul des mandats: Maire de Meaux, Président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Président de la commission sur l’audiovisuel public (temporaire et inutile vu la réponse le jour même du Président), et maintenant membre d’un cabinet d’avocats. A croire que les jours chez les Copé ne font pas 24h. A moins que la qualité du travail n’en prennent un coup.

Après de long mois de négociations en direct entre le président de la République, tel le PDG de GDF, et le président de Suez, des accords sont trouvés sur cette fusion qui n’en est pas une. En effet d’un point de vue juridique, Suez absorbe GDF.
Histoire de faire passer la pilule aux syndicats mécontents qui ne voient qu’une opération financière, toujours médisants (sic!), l’Etat conservera 35% du capital du futur groupe, minorité de blocage.

Quand la Belgique se porte bien
Tout cela fait au moins un heureux:
Albert Frère. Ce milliardaire belge de 82 ans, était le premier actionnaire de Suez en détenant 9,3 % du capital. Non seulement il a sauvé la filiale de son “bébé” Electrabel, que lorgnait l’italien Enel (tiens le même revient deux fois) et en plus il va devenir le deuxième actionnaire du futur géant de l’énergie GDF Suez, après l’Etat Français (35,7%). Un rêve qui devient réalité.
Et comme la chance attire la chance, le Groupe Bruxelles Lambert (GBL), a annoncé qu’il allait monter au capital de
Suez Environnement, pôle eau et déchets de GDF-Suez.(Source leMonde.fr)

Et devinez quoi?
En mars 2008, Nicolas Sarkozy a décoré de la Grand’Croix de la Légion d’honneur, plus haute distinction de cet ordre,
Albert Frère et Paul Desmarais son associé. Troublant.
Paul Desmarais et Pierre-Olivier Sarkozy, demi-frère du président de la République Bananière font tous deux partie du fond d’investissement américains Carlyle, le premier ayant pu favorisé la venue du second. En échange de quoi? Mystère.
Dernier précision, Albert Frère faisait partie des membres très “select” de “La nuit du Fouquet’s” après la victoire du Président.

De là à dire que le Président de la République brade le pays aux sociétés privés amies, il n’y a qu’un pas.
Source :
http://cpolitic.wordpress.com/2008/07/18/gdf-suez-ca-gaze-pour-les-interets-prives/

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