La Russie réclame un nouvel ordre européen

Publié le par sceptix

Moscou brocarde l’OSCE et réclame un nouvel ordre européen
Les Occidentaux jugent que la tenue d’un sommet sur la réorganisation de la sécurité n’est pas d’actualité.
Roland Marounek - alerte Otan
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=387153
 
La Russie a vivement critiqué l’OSCE hier et réclamé une enquête contre l’organisation jugeant qu’elle avait échoué à empêcher la guerre en Géorgie, tout en insistant sur la nécessité de mettre en place un nouveau système pour assurer la sécurité en Europe.
 
« Il est clair que l’OSCE ne répond pas à son objectif principal : assurer une sécurité une et indivisible pour tous », a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Le ministre a jugé que l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) n’avait pas « réagi au recours illégal de la force » le 8 août, lorsque la Géorgie a lancé une offensive contre la région séparatiste d’Ossétie du Sud. M. Lavrov a aussi réclamé une enquête pour établir pourquoi l’OSCE n’a rien fait lorsque des observateurs de l’organisation ont, selon lui, prévenu leur hiérarchie que Tbilissi préparait une attaque. « C’est absolument inacceptable, je compte sur le fait qu’une enquête soit menée et que les résultats nous soient exposés », a déclaré le ministre devant ses homologues de l’OSCE, réunie en conseil annuel à Helsinki jeudi et hier. Sur ce point, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a indiqué jeudi à l’AFP que les systèmes d’alerte préventive « ne marchent jamais ».
 
La diatribe de M. Lavrov faisait suite à des critiques visant la Russie, formulées la veille par les Européens et les Américains. Ces derniers ont condamné le recours excessif à la force par Moscou en Géorgie cet été, la reconnaissance de l’indépendance des régions séparatistes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie, ainsi que l’interdiction faite aux observateurs chargés de la surveillance du cessez-le-feu de se rendre dans ces territoires.
 
M. Lavrov a riposté en réclamant un sommet sur la proposition du président russe Dmitri Medvedev de mettre en place une nouvelle architecture de la sécurité en Europe. « Il n’y a ni double fond ni ordre du jour caché dans notre idée d’un pacte sur la sécurité européenne. Il y a un souhait de trouver un accord sur des règles du jeu claires, pour rétablir pas à pas la confiance (en Europe), dont la crise est à la racine de tous les problèmes », a déclaré M. Lavrov, selon un discours transmis à la presse hier et qui avait été prononcé la veille devant ses collègues. Ce pacte doit conduire, selon M. Lavrov, « au rejet des prétentions de certains États qui pensent disposer d’un droit exclusif au maintien de la paix et de la sécurité dans la zone euro-atlantique », une critique visant les États-Unis. Ce document « doit permettre la création d’un espace uni, collectif de sécurité pour tous les États de la zone euro-atlantique », a déclaré M. Lavrov hier, estimant que les organisations existantes devaient non pas disparaître, mais intégrer le pacte.
 
Les Occidentaux ont dans l’ensemble jugé que la tenue d’un sommet sur la réorganisation de la sécurité européenne n’était pas d’actualité. « Il faut discuter de certains problèmes de sécurité en Europe, mais il y a un sentiment fort que les institutions existantes, l’OTAN, l’UE, l’OSCE, ont bien fonctionné et qu’il ne faut pas les remplacer », a estimé, au nom des États-Unis, Daniel Fried, secrétaire d’État adjoint aux Affaires européennes et eurasiennes. Le président français Nicolas Sarkozy avait soutenu en novembre l’idée d’un sommet sur ce thème dès 2009, mais son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner est revenu jeudi sur cette position. Les chefs de la diplomatie de plusieurs pays d’ex-URSS (l’Arménie, le Belarus, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan) ont annoncé de leur côté, hier dans un communiqué, leur soutien à l’initiative russe.
 
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L'OSCE divisée sur la guerre en Géorgie et la proposition russe  sur la sécurité
 
HELSINKI, 6 décembre (Xinhua) -- Les ministres des Affaires étrangères de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont achevé vendredi à Helsinki leur réunion, tout en demeurant divisés sur la situation au Caucase après la guerre Russie-Géorgie et la proposition russe de mettre en place une nouvelle architecture sécuritaire européenne. 
 
Les deux jours de travaux de la réunion ministérielle annuelle de l'OSCE se sont concentrés sur les deux dossiers mentionnés,  mais les ministres n'ont pas réussi à signer une déclaration politique promise.
 
 Nous étions très proches d'obtenir une déclaration politique", a dit le ministre finlandais des Affaires étrangères Alexander Stubb, qui occupe la présidence tournante de l'OSCE, lors d'une  conférence de presse. 
 
"Nous l'avons manqué parce que nous ne pouvions pas convenir sur quelques problèmes importants", a ajouté le ministre Stubb avec un air de regret sur son visage. 
 
Helsinki est le lieu de naissance de l'OSCE. En 1975, la  signature de l'Acte final d'Helsinki par 35 pays a donné naissance à l'OSCE. 
 
Cette année, la Finlande a envisagé "de revivifier l'esprit de Helsinki" pour réaliser quelque chose lors de la réunion annuelle  de l'OSCE. 
 
Deux jours avant la réunion, M. Stubb était optimiste sur la publication d'une déclaration politique, "la première depuis six  ans". 
 
 Mais 56 pays membres venant de l'OSCE sont divisés sur deux dossiers : la situation au Caucase après la guerre Russie-Géorgie  et la proposition russe de mettre en place une nouvelle architecture sécuritaire européenne. 
 
Quant au premier problème, la Géorgie et la Russie sont encore en litige sur qui est responsable du déclenchement de la guerre en août dernier. 
 
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, dont le pays occupe actuellement la présidence tourante de l'Union européenne (UE), a mis en cause la présence actuelle de troupes russes en Ossétie du Sud et en Abkhazie. 
 
"L'Union européenne n'est pas convaincue que la présence de  plusieurs milliers de soldats et de bases militaires (russes) en  Ossétie du Sud et en Abkhazie contribue à la réalisation de cet  objectif" de stabiliser la situation en Géorgie, a-t-il indiqué. 
 
 Le ministre géorgien des Affaires étrangères Ela Tkechelachvili a affirmé que les entretiens pour ramener la paix  en Géorgie étaient suspendus, lorsque Moscou insistait sur le  maintien de ses forces dans cette région que Tbilissi considère  comme son territoire.
 
 Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a  appelé à l'ouverture d'une enquête sur les reportages selon  lesquels les observateurs de l'OSCE avaient été au courant des  intentions de la Géorgie d'attaquer l'Ossétie du Sud avant la  guerre. 
 
 "Je pense que c'est absolument inacceptable. J'espère  effectuer une enquête", a ajouté M. Lavrov.
 
 Mais M. Stubb a déclaré, lors de la conférence de presse, que  les observateurs de l'OSCE "ne le connaissent pas à l'avance. 
 
En ce qui concerne le deuxième problème, le ministre Lavrov a  résumé la proposition de son pays devant la réunion ministérielle  et les ministres ont eu "une discussion ouverte et franche" jeudi.
 
En novembre dernier, la Russie a annoncé la suspension de  l'application du Traité sur les forces armées conventionnelles. Et en juin dernier, le président russe Dmitry Medvedev a accusé  l'OTAN d'être le vestige de la Guerre froide, proposant un nouvel  ordre de la sécurité européenne, dont un nouveau traité sur la sécurité europénne. 
 
Le président français Nicolas Sarkozy a estimé que des discussions sur la proposition russe au sein de l'OSCE  constituaient un premier pas.
 
Mais les Etats-Unis ont ouvertement rejeté la proposition  russe, affirmant qu'il n'est "pas nécessaire de changer".
 
Le secrétaire d'Etat adjoint américain Daniel Fried a indiqué  lors de la conférence de presse que les institutions de sécurité  européennes, dont l'OTAN, l'UE et l'OSCE, "travaillent bien". Il a estimé que l'élargissement de l'OTAN et de l'UE aiderait à la  stabilité en Europe du Centre et de l'Est, qui est "une bonne  chose" pour la Russie. 
 
"Personne ne menace la Russie, nous voulons un partenariat  avec la Russie", a ajouté M. Fried. Il a également rejeté l'idée d'organiser un sommet sur la proposition russe dans un proche  avenir. 
 
 En dépit de l'élargissement de la fissure sur les deux problèmes, M. Stubb a déclaré qu'il ne veut pas "blâmer ou montrer du doigt quelqu'un". 
 
La Grèce va succéder à la Finlande pour la présidence de  l'OSCE en 2009. Le ministre grec des Affaires étrangères Dora Bakoyannis a affirmé que son pays poursuivrait les entretiens sur ces deux problèmes l'année prochaine.
 
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Le projet russe de sécurité en Europe ne séduit pas l'OSCE
LE MONDE | 05.12.08
 
Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a paru contrarié. Il venait, jeudi 4 décembre, d'exposer devant ses homologues d'une cinquantaine de pays d'Europe, d'Asie centrale et d'Amérique du Nord, les idées du Kremlin pour remanier l'architecture de sécurité de ce vaste espace. Un projet de "traité de sécurité" paneuropéen qui avait déjà lancée en juin par le nouveau président russe, Dmitri Medvedev, mais que la Russie cherche à promouvoir intensément depuis sa démonstration de force militaire dans le Caucase cet été.
 
En face, il n'y a pas eu preneur. Ce jeudi à Helsinki, lors de la réunion ministérielle annuelle de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), chacun des responsables, américain ou européens, prenant la parole après M. Lavrov a répondu en substance : s'il y a des lacunes dans les structures de sécurité existantes (OTAN, Union européenne, OSCE), le remède n'est pas dans la création d'une nouvelle entité, mais dans un meilleur respect des règles déjà édictées et acceptées en principe par tous.
 
Ils faisaient allusion, de façon plus ou moins explicite, au peu de cas que la Russie a fait, au mois d'août, du droit international, lorsqu'elle a envahi partiellement la Géorgie au prétexte de protéger des ressortissants russes, puis en reconnaissant unilatéralement les "indépendances" sud-ossète et abkhaze, en dehors de toute discussion préalable à l'ONU notamment. [toujours le biais médiatique : le "peu de cas" du droit international que représente l'agression de l'Ossetie par la Géorgie n'est même pas évoqué - RM]
 
Même les représentants ouzbek ou biélorusse se sont abstenus d'apporter le moindre soutien, lors de la séance de discussion, au projet russe. "Lavrov semblait assez seul", commente un ministre européen. "Il avait un ton courroucé lors de sa remarque de clôture." [Comparer avec "Les chefs de la diplomatie de plusieurs pays d’ex-URSS (l’Arménie, le Belarus, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan) ont annoncé de leur côté, hier dans un communiqué, leur soutien à l’initiative russe." de l'article ci-dessus, qui reconnait au passage la volte-face française suite au pression US. Et la Grèce (prochain président de l'OSCE) s'est déclarée prête à accueillir, au cours du premier semestre 2009, une conférence spéciale consacrée à la proposition de Moscou.]
 
Pour la première fois, se débattaient dans une enceinte multilatérale les propositions de M. Medvedev, basées, selon l'auteur, sur l'idée que "l'atlantisme a fait long feu". Après une année où l'indépendance du Kosovo et la guerre de Géorgie ont suscité les pires tensions entre Russes et Occidentaux depuis la guerre froide, la réunion avait une forte dimension symbolique.
 
Non loin de là, dans la salle Finlandia, avait été signé en 1975 l'Acte final d'Helsinki, qui jetait les fondements de l'actuel OSCE, apportant non seulement des normes de sécurité à l'ensemble du continent, mais permettant aussi, avec le temps, aux dissidents du bloc soviétique de grignoter des espaces de liberté.[Les "espaces de libertés" des citoyens ordinaires de l'ex URSS, la grande masse des gens ont été entretemps non pas "grignotés", mais plutôt dévorés par la chute de leur conditions sociales]
 
LES RUSSES SOUPÇONNÉS DE VOULOIR MANŒUVRER CONTRE L'OTAN
 
Trente-trois ans plus tard, le jeune ministre finlandais des affaires étrangères, Alexander Stubb, aurait bien aimé que "souffle de nouveau l'esprit d'Helsinki". Mais la question de savoir comment traiter avec Moscou est redevenue d'une grande complexité. Lors de la discussion, les ministres britannique et belge des affaires étrangères, David Miliband et Karel de Gucht, ont épinglé la Russie pour sa rhétorique de défense de ses nationaux hors frontières – une politique jugée lourde de dangers par les Européen, qui en jugent désormais par son application dans le Caucase.
 
Le secrétaire d'Etat adjoint américain pour les affaires européennes, Dan Fried, a appelé la Russie à revenir sur le moratoire qu'elle a unilatéralement annoncé, voici un an, sur le Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE). Ce texte datant de 1990 est perçu comme l'un des plus importants pour la sécurité et la stabilité sur le continent, car il fixe des limitations au stationnement de troupes dans certaines zones dites "des flancs", par exemple dans le Caucase du Nord, ou face aux Etats baltes. [Le Monde passe bien sur sous silence l'extension aux frontières de la Russie de l'Otan, l'installation de missiles anti-missiles et de bases US en Pologne et Tchéquie notamment... ]
 
La France a pour sa part semblé recadrer sa position [jolie expression pour une volte-face, après pressions US] . Le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, a expliqué lors des débats, selon des témoins, que Nicolas Sarkozy n'avait pas vraiment proposé que se tienne en juin ou juillet 2009 un sommet de l'OSCE destiné à remettre à plat l'architecture de sécurité. Cela lui a valu un commentaire étonné de M. Lavrov : "Que dites-vous là, Bernard…". Le 8 octobre, puis le 14 novembre, le président français avait été le premier dirigeant occidental à soutenir l'idée d'un sommet courant 2009.
 
Cette suggestion française saluée par Moscou avait heurté les Américains et des pays européens, qui la trouvaient trop complaisante envers le Kremlin. Les Russes sont soupçonnés de vouloir manœuvrer contre l'OTAN, et de chercher à affaiblir l'OSCE même, en lui retirant sa dimension de défense des "droits de l'homme". Ce qui n'exclut pas le dialogue, ni même qu'un jour, un sommet soit envisagé, indiquaient, jeudi, des diplomates. Mais pas en 2009. "Un jour… de préférence lointain", glissait-on de source américaine.

 
Natalie Nougayrède
__._,_.___

Publié dans OTAN-défense - ONU

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H
C'est vraiment des "POURRIS" les journaleux français... Jusque dans le choix des mots ils manipulent et demontrent le mépris dans lequel ils tiennent la RUSSIE...Pauvre cloche!!! Va quand tu CESSERAS de  cirer les bottes des néoconservateurs Franco/USA toi le journaleurx, au lieu et place de faire CONVENABLEMENT  ton boulot d'informer- à l'instar des véritables JOURNALISTES qui, travaillent a Al Djeezera ou ailleurs par le monde -alors peut-être les acheteurs viendront de donner leur argent...Mais, en attendant tu contenteras d'assister à la mort programmés de ton (abo)MINABLE CANARD , tu verras le nombres des ventes allant en s'amenuisant et le chômage te guetter...Peut-être qu'alors quand tu pointeras à l'ANPE tu auras le temps de REFLECHIR et de regarder en toute lucidite ton chemin  "de soi-disant professionnel de l'information"; chemin parsemé de cadavres...Ils- ces journaleux/manipulateurs débiles donnent envie de VOMIR !!!Et, dire que certaines personnes lisent ces abominations subjectives soumises a l'idéologie et la pensee UNIQUE !!POUR CE QUI CONCERNE LA MANIPULATUTION MENTALES DES ABURTIS,... La, nous pouvons affirmer que, se laisse prendre celui qui, le veut bien!!!Les ficelles sont tellement grosses : DISCREDITER quand ce n'est pas la RUSSIE, c'est l'IRAN ou alors CHAVEZ, MORALES ou encore  le PAKISTAN, ou alors l'INDE mais JAMAIS au grand JAMAIS les VERITABLES NECROPHILES, les VERITABLES AGRESSEURS !!!Et, j'évite de parler des pseudo intellectueleux français, cerise sur le gateau de l'horreur partiale !!!Hadria RIVIERE
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