Les caisses sont vides ?

Publié le par sceptix

Un trader facétieux peut en cacher d’autres

Cadeaux boursiers pas vus pas lus
Indignés par l’affaire de la Société générale, les médias se sont montrés beaucoup moins bavards sur la distribution de friandises fiscales aux spéculateurs.
Le 16 novembre 2007, les députés de la majorité profitaient de la discussion sur la loi de finances pour voter un cadeau à leurs amis : la suppression de l’impôt de Bourse. Cette taxe vieille d’un siècle, prélevée sur les transactions boursières supérieures à 7 668 euros, était fixée à un taux si misérable – entre 0,15 et 0,3 % – et rapportait si peu à l’État – environ 240 millions d’euros par an – que même le Medef négligeait d’en réclamer la « modernisation ». Mais les élus connaissent leur devoir. Un impôt, même minuscule, est toujours insupportable quand ce sont les riches qui le paient. « La suppression de cet impôt désuet, qui pénalise uniquement nos professionnels et les oblige à s’expatrier, n’aurait que des conséquences positives pour la France », plaident les députés UMP Olivier Dassault et Yves Censi, auteurs de l’amendement. Bouleversée par l’hémorragie des boursicoteurs contraints à l’exil pour sauver leurs trois francs six sous, la représentation populaire manque d’éclater en sanglots. La mort de l’impôt scélérat est votée séance tenante.
 
Défense du pouvoir d’achat
Le même jour, les cheminots sont en grève pour défendre leur retraite. Sans doute trouveraient-ils intéressant qu’au moment où « l’équité » leur commande de se serrer la ceinture la Bourse de Paris dégrafe la sienne pour avaler sa sucrerie fiscale. Mais l’information ne leur parvient pas. Hors la presse financière et des sites Internet indépendants, aucun organe de presse ne mentionne la liquidation de l’impôt de Bourse, ni le 17 novembre ni les jours suivants. Il est vrai que les limiers du Parti de la presse et de l’argent (PPA) sont alors tous mobilisés au chevet des « usagers pris en otage ».
Rassurés par la vigilance des journalistes, les élus piochent allégrement dans le paquet de bonbons. Durant la même période, ils adoptent une réforme qui allège la fiscalité des dividendes. Jusqu’à présent, les revenus perçus au titre des actions détenues dans une entreprise étaient soumis à l’impôt sur le revenu et imposés à 24 % pour les plus hauts d’entre eux. À compter de 2008, ils ne feront plus l’objet que d’un prélèvement « libératoire » de 18 %. Pour les gros portefeuilles, cette confiserie se traduit par une diminution d’impôt d’environ 25 %. Le site Internet bakchich.info a calculé que Bernard Arnault, qui n’a touché que 327 millions d’euros de dividendes en 2007, devrait, grâce à cette réforme, économiser près de 20 millions d’euros en 2008.
Curieusement, cette bonne nouvelle n’a pas retenu l’attention des Échos, propriété de Bernard Arnault. Elle n’a pas davantage intéressé les filiales presse de Bouygues, Dassault, Lagardère, Bolloré, Pinault ou Rothschild
(1). Les douceurs prodiguées aux actionnaires du PPA étant beaucoup moins cruciales que les photos de Laure Manaudou nue, il fallait, là encore, explorer les marges d’Internet pour avoir une chance de dénicher l’information.
Depuis, les ligues de vertu médiatiques ont pointé leur index boudiné sur la Société générale, coupable d’avoir sali le « capitalisme financier ». Or les 5 milliards d’euros égarés par la banque ne représentent qu’une petite fraction des sommes qu’engloutissent les subventions publiques aux entreprises et aux spéculateurs.
 
En 2007, près de 50 milliards d’euros ont ainsi été soustraits au budget public, notamment par le biais des allégements de cotisations patronales (25,4 milliards).
 
Aucun éditorialiste pourtant n’a évoqué à ce propos une « dérive du capitalisme financier ».
 
Note :
(1) Libération a évoqué l’information mais en la  sous-traitant  à un chroniqueur de ses pages « Rebonds » (22.10.07).

 
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C
Hé bé ! ceci dit, l'état ne rembourse aucun allègement de charges, d'où trou de la sécu ! Et ne paie pas non plus les RMI aux départements, d'où augmentation obligatoire des impôts locaux ! Car les conseils généraux doivent s'endetter pour honorer les RMI. 
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S
<br /> Peut pas donner à tout le monde voyons, les riches et les spéculateurs d'abord, toujours dans les naufrages ! Et celui ci est digne du titanic !<br /> <br /> <br />