Afghanistan: le matériel de l'OTAN pourrait contourner la Russie

Publié le par sceptix

 

MOSCOU, 12 décembre - RIA Novosti. Le Pentagone a officiellement reconnu jeudi la vulnérabilité de l'itinéraire pakistanais de livraison du matériel militaire vers l'Afghanistan, ce qui pourrait remettre en cause l'ensemble de l'opération des alliés occidentaux dans ce pays, lit-on vendredi dans le quotidien Kommersant.
 
L'accord avec la Russie sur le transit aérien et terrestre de l'équipement militaire ne résoudra pas tous les problèmes des Etats-Unis et de l'OTAN. De plus, le prix du consentement de Moscou pourrait s'avérer trop élevé. Selon Kommersant, l'itinéraire alternatif actuellement en cours d'élaboration par les militaires américains prévoirait de contourner la Russie.
 
"La capacité de la route de Kandahar, tout comme son niveau sécurité, n'est pas satisfaisante", estime Andreï Serenko, expert du Centre russe d'étude de l'Afghanistan contemporain. "Les Américains n'ont que deux issues: soit trouver un accord avec la Russie, soit élaborer un nouvel itinéraire. Compte tenu de la contrepartie exigée par la Russie, qui souhaite le renoncement au déploiement de l'ABM en Europe de l'Est, les Etats-Unis penchent certainement pour la deuxième solution".
 
L'existence du projet est confirmée par les négociations de responsables de l'administration américaine en Asie centrale: le parlement kazakh a ratifié la semaine dernière des mémorandums de soutien de l'opération Liberté immuable en Afghanistan, autorisant les Etats-Unis à utiliser la section militaire de l'aéroport d'Almaty en cas d'atterrissage d'urgence des avions militaires.
 
Le parlement géorgien a également reconnu l'existence de négociations sur le nouvel itinéraire. "Le port de Poti est stratégiquement important pour nos alliés occidentaux", a indiqué un député du Mouvement national, le parti au pouvoir. "Le matériel pourrait être transféré de Poti vers l'Azerbaïdjan, puis au Kazakhstan et en Ouzbékistan. Pourtant, selon mes informations, on n'a pas encore reçu le consentement définitif de l'Azerbaïdjan sur cette question".
 
Les analystes politiques azerbaïdjanais estiment que "de telles négociations pourraient en effet avoir lieu, le consentement de Bakou étant conditionné par la résolution de la question du Haut-Karabakh". "L'Azerbaïdjan possède une situation géographique avantageuse, et il l'utilisera conformément à ses intérêts nationaux", a déclaré le député azerbaïdjanais Anar Mamedkhanov. "Et cela concerne en premier lieu le problème du Haut-Karabakh".
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NWFP : 25 camions d'approvisionnements pour la coalition incendiés
 
ISLAMABAD, 13 décembre (Xinhua) -- Un total de 25 camions d'approvisionnements pour les forces de la coalition en Afghanistan ont été incendiés par des militants samedi matin dans le nord-ouest du Pakistan, a rapporté l'agence de presse NNI.
 
Selon la police, les militants ont utilisé des cocktails Molotov pour mettre le feu aux camions à Peshawar, chef-lieu de la Province frontalière du Nord-Ouest (NWFP), avant de prendre la fuite après l'attaque.
 
Il s'agit de la 5e attaque menée contre les terminaux de cargo près de Peshawar en l'espace de dix jours, portant à 325 le nombre des conteneurs et des camions-citernes détruits, a révélé la police.
 
Vu l'incapacité de la police locale d'assurer la sécurité, les autorités de la NWFP ont demandé au gouvernement fédéral de sécuriser les terminaux des camions des forces de la coalition.
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Paris et Londres confrontés au dilemme afghan
Le Figaro, 12 décembre
Isabelle Lasserre
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En visite surprise à Kandahar jeudi, Robert Gates a promis d'envoyer deux brigades supplémentaires avant l'été. En tout, 20 000 hommes pourraient venir en renfort en Afghanistan d'ici à un an et demi.
 
La Grande-Bretagne et la France vont devoir répondre aux demandes que ne va pas manquer de leur adresser la nouvelle Administration Obama, de renforts militaires en Afghanistan.
 
Fini le romantisme, place aux affaires sérieuses. Après avoir acclamé Obama, les capitales européennes vont devoir payer le prix du soutien qu'elles ont apporté au candidat démocrate américain. Parmi les efforts qui seront demandés par le nouveau président à ses enthousiastes alliés européens, le renforcement militaire en Afghanistan figure en tête de liste. Après avoir longtemps pratiqué la politique de l'autruche, les Européens sont aujourd'hui face à un dilemme.
 
La question est presque mathématique. Il y a aujourd'hui 65 000 soldats étrangers en Afghanistan, dont 31 000 Américains, contre 150 000 en Irak. Face à la dégradation de la situation, et afin d'assurer la sécurité dans le pays pour que les élections, prévues l'an prochain, se passent dans de bonnes conditions, l'Administration américaine a revu sa stratégie et décidé d'appliquer à l'Afghanistan la recette du général Petraeus en Irak. Basé sur une augmentation des troupes et un retournement des insurgés sunnites, le «surge» (sursaut) a permis d'y diminuer les violences de 80 %.
 
Les promesses de Gates
 
En visite surprise à Kandahar jeudi, le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a promis d'envoyer deux brigades supplémentaires - 7 000 à 8 000 hommes - avant l'été. En tout, 20 000 hommes pourraient venir en renfort en Afghanistan d'ici à un an et demi. Mais c'est encore insuffisant pour espérer contrôler un territoire plus grand, plus peuplé et surtout plus accidenté que l'Irak.
 
La police afghane étant faible et corrompue et la jeune armée nationale, l'ANA, pas encore au niveau, Washington compte donc sur ses alliés occidentaux pour fournir le reste et envoyer, notamment, des troupes de combat dans les provinces difficiles, au sud et au sud-est du pays. Ce ne peut être des Allemands, auxquels des règles d'engagement très restrictives interdisent quasiment d'ouvrir le feu. Ni les autres forces européennes, plutôt tentées par un repli ou insuffisamment aguerries au combat. Restent les deux principales armées du Vieux Continent, la britannique et la française. (sic)
 
Londres a confirmé mercredi son intention d'amorcer le retrait de ses forces armées d'Irak en mars. Les Britanniques qui, avec près de 8 000 hommes, sont le deuxième contributeur de troupes en Afghanistan, envisagent de transférer 1 000 à 2 000 hommes du théâtre irakien au terrain afghan. Mais les troupes qui ont servi dans le Sud irakien sont fatiguées, l'armée britannique est à flux tendu et Londres estime que sa contribution est «disproportionnée» par rapport à l'effort des autres pays de l'Otan.
 
La pression exercée sur Londres tombe par ailleurs fort mal : selon un sondage réalisé pour la BBC, les deux tiers des Britanniques sont favorables à un départ d'Afghanistan…
 
La même pression est exercée, en coulisse, sur le gouvernement français qui, depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Élysée, s'est réconcilié avec Washington. Les Américains gardent un très bon souvenir de leur coopération avec les forces spéciales françaises, qui ont combattu à leurs côtés, à Spin Boldak, de 2003 à 2007, dans l'est de l'Afghanistan. Un si bon souvenir qu'ils aimeraient bien les voir revenir…
 
Rumeurs insistantes
 
La question s'était déjà posée en avril 2008 à Bucarest au sommet de l'OTAN, lorsque Nicolas Sarkozy avait décidé d'envoyer un bataillon supplémentaire à l'est de l'Afghanistan, dans la Kapisa, une région dure. À l'époque, le chef d'état-major, Jean-Louis Georgelin, n'était pas favorable au renvoi des forces spéciales, qu'il fallait, selon lui, conserver pour des «opérations spéciales» et ne pas affecter à des «actions d'infanterie» en Afghanistan. Le président lui avait donné raison.
 
Mais depuis plusieurs semaines, les rumeurs d'un prochain départ de 200 hommes des forces spéciales se font de plus en plus insistantes à Paris. Une telle décision risquerait de provoquer quelques grincements de dents en France, où le traumatisme de l'embuscade d'Ouzbin, dans laquelle huit soldats français ont trouvé la mort le 18 août, n'est pas entièrement effacé. L'opposition a marqué son refus d'un renforcement du dispositif militaire français. Quant à la population française, elle comprend d'autant moins l'implication de l'armée en Afghanistan que le pouvoir ne lui a pas expliqué que la mission de maintien de la paix s'était transformée en opération de guerre. Même si le gouvernement est convaincu qu'en Afghanistan la solution n'est pas militaire mais politique, il sera difficile à la France, qui fournit 5 % du potentiel militaire, contre 16 % pour les Britanniques, de se soustraire aux demandes américaines…
 
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Afghanistan: Gordon Brown veut "un partage du fardeau" militaire

KABOUL (AFP) — Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, en visite surprise à Kaboul, a plaidé samedi après-midi pour un "partage du fardeau" entre les pays militairement présents en Afghanistan, au lendemain de la mort de quatre soldats britanniques dans deux attentats.
 
La visite de Gordon Brown en Afghanistan constitue la première étape d'une tournée régionale qui doit notamment le conduire samedi soir en Inde, où il s'entretiendra avec son homologue Manmohan Singh, avec lequel il évoquera notmamment les sanglantes attaques contre Bombay.
 
Gordon Brown s'est d'abord rendu samedi matin à Camp Bastion, dans la province de Helmand (sud), où il a rencontré les soldats britanniques et évoqué les quatre soldats tués vendredi dans deux attentats dans cette province, dont l'un a été commis par un jeune garçon.
 
"C'est une constatation terrible de voir que les talibans ont utilisé un garçon de 13 ans comme kamikaze", a-t-il déclaré, alors que ces attaques portent à 132 le nombre total des militaires du Royaume Uni tués en Afghanistan depuis 2001.
 
"Nous ressentons dégoût et horreur devant de telles tactiques employées par les talibans", a-t-il ajouté, avant d'assurer les soldats qu'ils se trouvaient en première ligne sur le "front de la terreur", qui part des montagnes de la frontière afghano-pakistanaise et s'achève dans les rues du Royaume-Uni.
 
Mais alors que le président élu américain Barack Obama veut envoyer davantage de troupes en Afghanistan et demande aux alliés de l'Otan d'en faire autant, le Premier ministre britannique a demandé un meilleur partage du travail.
 
"A l'avenir, le fardeau doit être équitablement partagé, c'est quelque chose sur lequel nous allons insister", a-t-il déclaré à Kaboul, au cours d'une conférence de presse après une rencontre avec le président Hamid Karzaï.
 
L'armée britannique, qui dispose du deuxième contingent le plus nombreux en Afghanistan, après les Etats-Unis, est soumise à des contraintes très fortes, avec quelques 8.700 soldats déployés en Afghanistan et encore plus de 4.000 en Irak.
 
La plupart des soldats britanniques en Afghanistan sont basés dans la province de Helmand (sud), un bastion des talibans, théâtre de durs combats et qui est aussi le premier centre de production d'opium du pays.
 
Au cours de la conférence de presse, Gordon Brown a également annoncé un financement de 10 millions de dollars destiné à encourager l'enregistrement des électeurs, en vue de l'élection présidentielle qui doit se tenir courant 2009.
 
Le Premier ministre a également appelé le Pakistan et l'Afghanistan à travailler de concert face aux insurgés présents dans les zones frontalières.
 
"Une action conjointe du Pakistan et de l'Afghanistan est essentielle pour obtenir la paix et la stabilité" dans la région, a-t-il souligné.
 
Le président afghan a estimé pour sa part que "les renforts des forces internationales doivent être déployées à la frontière avec le Pakistan, pour empêcher les infiltrations des terroristes".
 
Par ailleurs, 300 soldats britanniques supplémentaires ont été déplacés de Chypre en Afghanistan pour assurer la sécurité de la campagne électorale et promouvoir les cultures de substitution à l'opium, selon des sources militaire et diplomatique qui ont requis l'anonymat.
 
Les violences des insurgés afghans, parmi lesquels les talibans chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition emmenée par les Etats-Unis, ont redoublé d'intensité depuis deux ans malgré la présence de près de 70.000 soldats de deux forces multinationales, l'une de l'Otan, l'autre sous commandement américain (Operation Enduring Freedom).

Roland Marounek alerte otan

Publié dans OTAN-défense - ONU

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