de la précarité...........

Publié le par sceptix

Il y a les riches, il y a ceux qui sont à l’abri du besoin parce que leurs revenus sont réguliers et largement suffisants, et puis il y a les gens qui vivent dans la précarité. Ceux-là ne peuvent jamais vivre pleinement car, pour eux, demain signifie l’incertitude. Vous, savez-vous ce qu’est la précarité ? Avez-vous jamais senti son souffle glacial vous pourrir l’existence ?

Par Ashoka

Les précaires ne sont pas seulement ceux qui ont tout perdu et qui sont dans la rue. Il y a aussi ceux qui sont broyés insidieusement mais sûrement, mois après mois et année après année, par la réduction de leur pouvoir d’achat. Ils doivent éliminer petit à petit ce qui est le moins indispensable. Ils vivent dans la peur de la prochaine facture. Sacrifice après sacrifice, ils s’enfoncent dans une précarité de plus en plus profonde. Ce genre de situation devient chose courante.

Je me souviens, étant adolescent, de ma mère qui comptait et recomptait son budget sur des bouts de papier. C’est elle qui tenait les cordons de la bourse, plate la majeure partie du temps. Je me souviens de la tristesse de son visage, de sa déprime et, souvent aussi, de ses larmes qui rougissaient ses yeux bouffis. Papa comblait les manques en travaillant presque toujours le samedi et parfois même le dimanche matin, des petits boulots mal payés. Plaie d’argent n’est pas mortelle, certes, mais l’argent fait quand même un petit peu le bonheur. J’enviai mes copains qui partaient en vacances. On se retrouvait à la rentrée, eux bronzés, moi tout pâle. Ils s’étaient amusés, moi j’avais fait des petits boulots pour quelques francs, une misère. J’en ai poncé des portes et des fenêtres en bois, j’en ai étendu des kilomètres carrés de peinture sur tous supports, j’en ai lavé des planchers et charrié du béton, des briques et des parpaings. Levé à l’aube, de retour le soir tombé, sale et éreinté, le dos cassé et les mains calleuses et meurtries. Je comprenais le rêve de mes parents, qui voulaient que moi, mes frères et ma sœur nous nous en sortions. On était au début des années soixante et ceux qui voulaient s’en sortir avaient pas mal de chances d’y parvenir. Heureuse époque, aujourd’hui révolue.

Ceux, privilégiés, qui ont des revenus réguliers et suffisants font des projets ; ils ont tout pour être heureux et peuvent envisager l’avenir sereinement. Leur situation enviable serait-elle due au mérite que les défavorisés n’auraient pas ? Ou plutôt à la chance ? Chacun a les soucis au niveau de sa situation de privilège ou non. Les nantis se prennent la tête pour des futilités auxquelles les pauvres n’accorderaient pas la moindre attention. Les pauvres se prennent sur la gueule toutes les misères du monde, plus les soucis d’argent. Et quand il y en a un qui meurt, payer les obsèques est tout un problème. Gare si le chef de famille tombe malade, le budget ne le supportera pas.

Pas étonnant que certains humanistes, penseurs ou philosophes, aient cherché à ce qu’il y ait plus de justice sociale. On a l’impression qu’ils ne cherchent plus depuis quelque temps. L’espoir était pour beaucoup dans les partis d’opposition, socialistes ou communistes. Ceux-là ont fait long feu et, de toute façon, ils n’ont pas fait grand chose quand ils étaient au pouvoir. Oubliant le peuple pour leurs querelles intestines, privilégiant leur ego au détriment de ce qui aurait dû être leur mission première.

Alors la précarité rampe partout et en épargne de moins en moins. Tant que la majorité ne sera pas atteinte par ce genre de malheur, on se foutra des laissés pour compte. Pour rendre les choses encore moins supportables, la mondialisation, les délocalisations et la crise de l’économie se sont installées pour longtemps. Les précaires n’ont plus d’espoir, et les jeunes, précaires eux aussi, n’en ont guère plus. Seuls les nantis et les protégés ont droit à une vie normale. Il n’y a pas de justice sociale en ce troisième millénaire. Triste réalité, niée par personne. Même des mots sur la toile du Net n’y changeront rien.

oulala.net

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article9214

Publié dans CHOMAGE&PAUPERISATION

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P
mouais... cela fait bien cliché et n'aime pas à comprendre ce qu'est vivre au jour le jour. C'est joli, c'est du cinéma. La réalité est nettement plus violente. Déjà quand on parle de "pouvoir d'achat", je me braque. Qu'est-ce que le pouvoir d'achat ? Qu'est-ce donc que ce truc dont on n'a jamais autant entendu parler ? On dirait que c'est tendance, mais ça ne veut strictement rien dire ! Bise
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