Retraités anglais résidant en France : retraite - 30%

Publié le par sceptix

Des résidents britanniques de Charente sur le départ


Bye bye la France! Ce n'est pas encore l'exode britannique mais le mouvement est amorcé. En Charente, comme en Normandie ou Périgord, on observe les premiers départs. Un déménageur, installé dans le Nord-Charente depuis cinq ans, vient de faire ses valises. «Les charges étaient trop élevées.» Plusieurs propriétaires de résidences de vacances dans le Ruffécois, le Villeboisien et le Rouillacais ont déserté le département et mis leur maison en vente. «Financièrement, ce n'était plus intéressant.»

Un couple, employé dans le Cognaçais, est rentré au pays après la faillite de sa société. Un autre, domicilié à Saint-Sulpice-de-Cognac, a pris la direction du Portugal «où la vie est moins chère».

Deux Montbronnais regagnent la Grande-Bretagne pour des raisons familiales. Ils sont venus en France avec leur fille qui ne parvient pas à trouver un emploi dans l'Hexagone. Alors iIls l'accompagnent sur le chemin du retour.

De plus en plus de retraités proposent leurs biens aux agences immobilières. La livre sterling a chuté depuis un an et leurs pensions, versées dans la monnaie de leur pays d'origine, a suivi la même courbe. «Ils ont perdu 25 à 30% de leur pouvoir d'achat. Ils y vont mollo sur le portefeuille. Certains sont déjà partis. D'autres y songent même si la qualité de vie et de soins est supérieure en France», observe Monique Babin, présidente du club franco-britannique de Cognac.

Plus de départs

et moins d'arrivées

«La livre sterling, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Certains n'ont pas fait l'effort de parler français. D'autres se sont installés sans se rendre compte du coût des cotisations sociales», analyse Trévor Leggett, un agent immobilier dont le siège social est à La Rochebeaucourt et qui rayonne dans tout le Sud-Ouest. En vingt ans de métier, il n'avait jamais assisté à de telles fluctuations. «Entre un compromis signé en milieu d'année alors que la livre était à 1,35 euro et l'acte de vente six mois plus tard à 1,05 euro, il y a trente centimes d'écart et les acquéreurs n'ont plus assez de fonds. On est obligé de réinventer l'immobilier, de faire des crédits vendeurs.»

«Aujourd'hui, la plupart des Britanniques cherchent de très bonnes affaires en dessous de 150.000 euros. Les deux précédentes années, ils étaient prêts à mettre entre 200.000 et 350.000 euros», témoigne Sarah Edwards, responsable d'une agence Leggett Immobilier à Mansle. Beaucoup de ces acheteurs potentiels se découragent. Plus de départs et moins d'arrivées: le solde devient négatif. Mais Trévor Legett veut rester positif. «La livre était à 1,02 euro, au plus bas depuis plus de soixante ans, le 29 décembre. Elle est remontée à 1,13 euro et ça va continuer dans ce sens», prévoit-il. De quoi rassurer ceux qui ne savent plus sur quel pied danser. Ils sont nombreux.

Au problème financier s'ajoute souvent la dimension affective. Les Britanniques débarqués en Charente depuis une vingtaine d'années, en fin d'activité professionnelle, ont vieilli. Ils souhaitent se rapprocher de leurs petits-enfants. C'est le cas d'un couple qui avait fait construire une belle demeure au milieu des vignes près de Matha. A la baisse de revenus s'ajoute l'absence de la famille.

C'est le cas également pour Lesley et David Brooks à Longré. Il était pasteur, elle était professeure. Ils ont acheté une grande bâtisse du siècle dernier avec un parc en 2000: 470.000 francs y compris les frais (71.000 euros). Ils ont effectué 100.000 euros de travaux. Ils y vivent en permanence depuis 2003, depuis qu'ils sont en retraite.

«Nous espérions que le Royaume-Uni entre en zone euro. Aujourd'hui, la plupart des choses sont moins chères en Angleterre. Il y a dix ans, le gazole était deux fois plus cher. Maintenant, les prix sont proches», déplore David, partagé entre son attachement à la Charente et son envie de revoir ses trois petits-enfants.

Sa maison est en vente 280.000 euros depuis août. Il n'a toujours pas trouvé preneur.

«Peut-être qu'on ne vendra pas si facilement et que vous reviendrez dans dix ans» glisse-t-il, en relativisant ses difficultés. «Il n'y a pas de danger que l'on perde notre métier, on n'en a plus.» Si la tentation est au départ, l'humour britannique est toujours là

http://blog.charentelibre.com/journal/index.php?2009/02/07/2376-des-residents-britanniques-de-charente-sur-le-depart

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Un des dommages collatéraux à craindre si vraiment la taxe professionnelle est supprimée, c'est une forte hausse de la taxe foncière ! Et donc le départ d'un grand nombre de retraités anglo-saxons qui pourtant faisaient entrer de l'argent en France par le biais de leur retraite. Ce sont des gens qui consomment pas mal et ont redonné vie à certaines régions de France. Tourisme anglo-saxon a déjà fortement diminué... Fo pas qu'il arrête, le con, la fin c'est pour bientôt !Et comme le disait Eric, sans TP, les communes n'ont plus de raison de faire venir des entreprises genre EPR. C'est au moins ça de gagner ! Bise cocotte ! Aujourd'hui j'ai fait un appel A.M.E. en avant ! 
Répondre
S
<br /> Il y a celà et bien sûr c'est positif, mais il y a aussi le RMI qui risque de se voir supprimé, de plus les communes ne feront plus de prévisions budgétaires pour les travaux communaux : écoles,<br /> crèches, entretien des routes, etc...<br /> A quoi il joue l' ot con ? D'un côté 1000 chantiers de l'autre casse de tous les chantiers à venir. communes, conseils généraux, conseils régionnaux. Fronde dans les mairies de la majorité ?<br /> Je viens chez toi Bisous<br /> <br /> <br />