Concession de Washington à Moscou sur le bouclier antimissile

Publié le par sceptix


Concession de Washington à Moscou sur le bouclier antimissile
 
Par Reuters, publié le 13/02/2009
 
MOSCOU - Les Etats-Unis sont prêts à étudier un réaménagement de leur projet de défense antimissile afin d'y associer Moscou, a indiqué vendredi le sous-secrétaire d'Etat américain William Burns, accordant ainsi une concession à la Russie qui s'oppose au projet de bouclier américain.
 
Le Kremlin incite Washington à céder du terrain sur le projet de bouclier antimissile en échange d'une assistance russe aux opérations militaires sous commandement américain en Afghanistan - l'une des priorités du président Barack Obama.
 
Moscou et Washington ont déjà envisagé précédemment un compromis qui permettrait aux Russes de jouer un rôle dans le cadre du bouclier américain, mais ces pourparlers sont tombés à l'eau dans les derniers jours de l'administration Bush.
 
"(Washington est) ouvert aux possibilités de coopération, avec la Russie comme avec les partenaires de l'Otan, en relation avec une nouvelle configuration de la défense antimissile qui ferait appel aux moyens que possède chacun d'entre nous", a déclaré William Burns à l'agence russe Interfax.
 
L'ambassade des Etats-Unis à Moscou a confirmé le texte de l'interview. William Burns, ancien ambassadeur en Russie, se trouve cette semaine à Moscou pour des consultations.
 
Le diplomate n'a pas dit la forme que prendrait cette reconfiguration de la défense antimissile, mais les termes qu'il a employés semblent aller au-delà des précédentes offres américaines visant à dissiper les objections russes.
 
L'ambassadeur de Russie auprès de l'Otan, Dmitri Rogozine, a déclaré à Reuters que Moscou attendrait de voir la suite que donnerait Washington aux propos de William Burns.
 
Il a cependant reconnu que si les Etats-Unis révisent leur politique de défense antimissile, "ce sera un gros cadeau non seulement pour la Russie, mais aussi pour l'Europe et le peuple américain, car nous serons en mesure de trouver une solution de rechange pour la défense de nos peuples face aux Etats voyous".
 
VERS UN COMPROMIS ?
 
La semaine dernière, le vice-président Joe Biden avait exprimé la volonté de "reprogrammer" les relations diplomatiques russo-américaines, tombées depuis quelques années à leur plus bas niveau depuis la Guerre froide.
 
L'administration Bush avait décidé de déployer des missiles intercepteurs en Pologne et un radar en République tchèque pour faire échec à d'éventuels tirs de missiles par des "Etats voyous" - l'Iran au premier chef.
 
Moscou fait valoir que Téhéran n'a pas les moyens de frapper l'Europe et considère le projet de bouclier comme un instrument de neutralisation de l'arsenal nucléaire russe. La Russie a menacé de déployer des missiles à la frontière polonaise si le projet américain se concrétise.
 
L'administration Obama a exprimé l'intention de mettre en oeuvre le projet de bouclier, mais seulement si l'on en démontre l'efficacité et sa rentabilité - phraséologie dans laquelle Moscou voit le signe que Washington est prêt à un compromis.
 
Les négociations menées par le gouvernement américain précédent portaient sur l'octroi aux autorités russes d'un accès aux installations de défense antimissile prévues en Pologne et en République tchèque, le but étant de leur permettre de vérifier qu'elles n'étaient pas dirigées contre Moscou.
 
L'ex-président russe et actuel Premier ministre Vladimir Poutine avait proposé un système de défense antimissile conjoint, dans le cadre duquel le Pentagone devait avoir accès aux données d'une station radar russe dans l'ex-république soviétique d'Azerbaïdjan, limitrophe de l'Iran.
 
Aucune de ces voies de négociation n'a permis de surmonter les divergences de vue des deux parties sur la question.
 
Dans ce domaine, l'Afghanistan est un enjeu de première importance pour la Russie dans ses négociations avec Washington.
 
Le Pentagone veut obtenir la coopération de Moscou au ravitaillement des troupes américaines en Afghanistan, en particulier depuis que des convois de camions acheminant du matériel via le Pakistan sont attaqués par des activistes.
 
Mercredi, des responsables russes se sont dits prêts à mobiliser des avions militaires pour participer au transport de ravitaillement en Afghanistan. Ils ont toutefois laissé entendre qu'ils attendaient une concession de Washington en retour.
 
Version française Nicole Dupont
 
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L’implantation du radar américain en Tchéquie dépend de la position de l’Iran
 
Radio-Prague, 11/02/09 Par Alain Slivinský
 
La question de l’implantation du radar américain sur le territoire de la République tchèque n’était pas au centre de l’attention lors du voyage, ce mardi, du chef de la diplomatie tchèque, Karel Schwarzenberg, à Washington. On remarquera, pourtant, une certaine correction de la position des Etats-Unis à ce sujet.
 
Le ministre tchèque des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, s’est rendu à Washington en tant que représentant de l’Union européenne dont la présidence est assurée depuis le 1er janvier par la République tchèque. Ce qu’on retient pourtant de cette première rencontre avec Hillary Clinton, le nouveau chef de la diplomatie américaine dans l’administration du président Barack Obama, c’est un sensible changement de la position américaine en ce qui concerne le bouclier antimissile qui devrait être implanté en Europe centrale, un radar en Tchéquie et une base antimissile en Pologne.
 
D’après Hillary Clinton, les Etats-Unis pourraient revoir ce projet en fonction d’un changement éventuel de la position de l’Iran sur le développement de son présumé armement nucléaire. La secrétaire d’Etat américaine a toutefois tenu à préciser que, pour l’instant, on était bien loin de disposer de preuves que l’Iran aurait changé de position à ce sujet. Le plus important, d’après elle, est que les Etats-Unis et leurs alliés soient prêts à faire face à un éventuel danger iranien, danger considéré comme réel par Washington car, la semaine dernière encore, l’Iran a testé un nouveau missile balistique. D’après le chef de la diplomatie tchèque, Karel Schwarzenberg, la Tchéquie est pour l’implantation rapide du radar américain sur son territoire et la position de la nouvelle administration américaine est semblable. Il l’a confirmé, mardi soir, sur la première chaîne de télévision du service public :
 
« Le radar a été une des questions évoquées, mais peut-être pas la plus importante. L’intérêt des Etats-Unis pour le radar a été confirmé, et ils vont continuer dans la réalisation de ce projet. La Tchéquie est aussi intéressée par la réalisation du projet, nous comprenons qu’il peut être retardé par des questions d’ordre technique, mais nous désirons que cela se fasse rapidement. Le plus important est que les deux parties désirent que le projet soit réalisé, cela m’a été confirmé aussi bien par la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères que par le ministre de la Défense. Je constaterais aussi que l’atmosphère était plus détendue qu’au temps de l’administration du président Bush. »
 
Rappelons que les accords sur l’implantation du radar américain en Tchéquie ont été ratifiés par le Sénat en novembre 2008, alors que le vote à la Chambre des députés n’a pas encore eu lieu et que les députés remettent toujours leur décision à plus tard. La semaine dernière, le Premier ministre, Mirek Topolánek, a déclaré qu’il fallait attendre la prise de position de l’administration américaine et du Congrès. Il semble que du côté de l’administration cela soit chose faite.

 
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Visite du ministre iranien de la Défense à Moscou: coopération militaire technique au menu
TEHERAN, 14 février -
RIA Novosti. Le ministre iranien de la Défense Mostafa Mohammad Najjar se rend lundi 16 février en visite à Moscou, rapporte samedi le service de presse du ministère de la Défense de la République islamique.
"Dans le cadre de ce voyage le ministre mènera des négociations avec des responsables russes et visitera certaines entreprises militaires de Russie", lit-on dans le communiqué.
La visite de M.Najjar a pour objectif essentiel "d'élargir les relations bilatérales et donner suite aux ententes enregistrées auparavant entre les deux pays en matière de coopération militaire technique", note le service de presse.
Le ministre iranien de la Défense Mostafa Mohammad Najjar se rend en Russie à l'invitation de son homologue russe Anatoli Serdioukov.

 http://fr.groups.yahoo.com/group/alerte_otan/messages

Publié dans OTAN-défense - ONU

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