Sarkozy, Pérol, Natixis : scandale d’Etat

Publié le par sceptix

Il faut absolument revenir sur ce scandale d’Etat qu’est la " nomination " de monsieur Pérol dans un premier temps comme directeur général des Banques Populaires et dirigeant des Caisses d’Epargne avant de devenir le caput capitis de la nouvelle structure fusionnée. Certes il y a eu l’article de la Taverne ici et celui d’Henri Moreigne , il n’y aura jamais assez de voix pour condamner cette forfaiture qui a des racines immondes et des implications dangereuses.

  
Vignette source Boursorama

Commençons par dézinguer quelques arguments du pouvoir, autrement dit du Kaiser Sarkoko lui-même :

-  il est normal que l’Etat prenne la direction d’une banque quand elle en est actionnaire et c’est ce que demandait à cor et à cris l’opposition. Ceci est faux à double titre :
a- à ce jour non seulement l’Etat n’est pas encore actionnaire de cette entité qui n’est pas encore sortie d’un des six cerveaux de sa Majesté, non seulement l’Etat n’est actionnaire ni des Caisses d’Epargne ni des Banques Populaires mais en plus l’Etat ne prendra que des actions sans droit de vote et remboursable dans trois ans ce qui veut dire que l’Etat n’a pas nationalisé la banque.
b- l’opposition n’a jamais demandé le pouvoir sur ces banques mais le contrôle avec des postes dans les conseils d’administration. Ce qui est une différence notable.

-  la commission de déontologie a donné son accord. Il y a là, bien évidemment un mensonge grossier et honteux. Mais cela ne s’arrête pas là. Seul le président de cette commission a envoyé un courrier, qui plus est ambigu. Il donne un avis personnel mais sans vraiment trancher un peu comme si vous disiez qu’un feu tricolore se compose du vert, de l’orange et du rouge et que celui qui reçoit votre courrier disait que vous aviez dit vert.

-  « la compétence » répété à satiété comme le fameux « le poumon vous dis-je » de Molière. Et cela je vais vous le développer.

Monsieur Pérol est au départ un haut fonctionnaire passé par le ministère des finances. De ce lieu de pouvoir il a pu se voir ouvrir les portes d’une banque d’affaires, la banque Rothschild. Ensuite proche du Prince des finances, il a été nommé comme numéro deux de l’Elysée. Quelles ont été ses compétences. Monsieur Pérol est le conseiller économique de monsieur Sarkzoy. Monsieur Pérol est impliqué jusqu’au cou dans la propagation et l’application de la doxa ultra libérale, la doxa financière qui nous a amené exactement là où nous en sommes. Et pour cette raison il a une triple responsabilité :

-  a - il est partie prenante dans la création de la Natixis comme intervenant de la banque Rothschild. Il est donc coresponsable de l’obligation de recapitalisation des deux banques qui sont co-propriétaires de cette filiale qui a perdu 2,5 milliards d’euros en 2008. Et pour vous rendre compte de l’efficacité et de l’efficience de ce conseil je vous demande de regarder la vignette des cours de bourse de cette société (source
Boursorama). C’est tout simplement effrayant.

-  b - ayant défendu et aidé à propager cette doxa, telle que la volonté d’entraîner la France dans les subprimes " à la française " il est co-responsable à son niveau de la crise. Il en est en tout cas complice de comme il a été un formidable défenseur de la finace dérégulée qu’il a mis en application avec ses conseils pour la création de la Natixis.

-  c - il a participé avec joie, comme conseiller économique, à la mise en place de la loi TEPA. On découvre, avec ce nouveau record historique de plus de 90 000 chômeurs supplémentaires en janvier, l’effet néfaste et destructeur d’emploi de la défiscalisation des heures supplémentaires. Il a activement participé à l’accélération du chômage en France et a aggravé les inégalités. C’est à dire aux inégalités engendrées par le système financier mondial actuel lui et son Mentor à Rolex ont fait une chose inouïe : créer une double inégalité supplémentaire entre les salariés modestes : a- les impôts à revenus égaux ne sont pas identiques : inégalité devant l’impôt et b- ceux qui ont du travail en période de crise en bénéficient doublement en en privant ceux qui en sont dépourvus, cassant par là pour volonté de solidarité nationale et exacerbant l’individualisme égoïste. On voit le résultat avec ce chiffre très inquiétant de janvier. On le savait déjà avec une crise dans la crise : celle des sociétés d’intérim.

La vérité est que monsieur Pérol n’a fourni aucune preuve de sa compétence, mais en revanche beaucoup du danger de son action. On veut nous faire croire qu’il a été banquier par son passage à la banque Rothschild. Cette banque est une banque d’affaire. Elle est tout sauf une banque. Voici la première phrase du
site de la banque c’est effarant qu’avec ceci on puisse offrir au pyromane un poste de pompier : Depuis plus de 200 ans, la banque Rothschild est au cœur des marchés financiers mondiaux. Vous avez bien lu. Vous n’avez pas la berlue. Cette banque était et est au cœur des marchés financiers mondiaux. Elle a donc été la complice active de la catastrophe que nous vivons. Et que fait cette banque ? Voici : Ses métiers s’articulent autour de trois types de services destinés aux gouvernements, aux entreprises et aux particuliers : la banque d’affaires, la gestion institutionnelle et la gestion de patrimoine. C’est à dire qu’elle est impliquée du côté des possédants et que déjà il y a collusion (institutionnelle = gouvernements) avec le pouvoir. Et c’est un de ses ex-membres qui devrait prendre la tête de la fusion de deux banques dont il faut dire deux mots afin de démontrer le contraste saisissant de cette histoire innommable.

Il y a différentes sortes de banque :

-  les banques d’affaires, d’investissements, foncières, hypothécaires qui sont des banques spécialisées

-  les banques privées généralistes

-  les banque-assurances

-  les sociétés de crédit comme Sofinco

-  la Poste

-  la Caisse d’Epargne

-  les banques coopératives ou semblables comme les Banque Populaires avec ses sociétaires, les Crédits Mutuels, le Crédit Coopératif de France, le Crédit Agricole etc.

Et si dans le monde financier dérégulé actuel et fou il y avait bien deux piliers qui pouvaient résister par leur symbole et leur passé c’étaient d’un côté les Caisses d’Epargne avec une histoire vieille comme le monde symbolisant la sécurité, l’épargne pour ses vieux jours et de l’autre les Banques Populaires qui portent dans son nom le terme de populaire s’opposant à cela aux nantis et aux financiers, banques composées de sociétaires. Ainsi en a-t-il été que monsieur Pérol a participé activement au reniement absolu de la vocation de ces banques en réalisant cette chimère monstrueuse qu’a été et reste la Natixis symbole absolue du mal qui nous ronge. Cette société a tout eu : Madoff, les subprimes et la prise de risque financière en jouant à la bourse. A elle seule cette société est le symbole de la crise. Et c’est donc cet homme qui n’a jamais dirigé de banque, qui a aidé à faire progresser le chômage en France, qui a diffusé et développé la doxa de la finance folle que l’on récompense par une nomination à la tête de la future seconde banque française. C’est comme si on demandait à Belzébuth d’exorciser Regan Mc Neil.

Dans cette histoire tout est contestable : la violation de la loi par ceux censés le plus la respecter avec des conséquences morales incalculables, l’abus de pouvoir la nomination par l’Elysée dans deux sociétés de droit privé, puis dans une future société sans passer (c’est une mascarade) par le conseil d’administration de ces dites sociétés normalement souveraines et indépendantes, avec cette preuve de la lâcheté des hommes devant le pouvoir ce qui est terriblement inquiétant pour l’avenir bien que nous ayons été prévenus de multiples fois notamment par la nomination du président de France Télévision et surtout par l’aplatissement de Carolis et du conseil de cette société avant même le vote de la loi par le Sénat, sans passer par la case commission de déontologie qui à ce jour ne s’est ni réunie, ni a fortiori prononcé sur le bien fondé de cette décision, le conflit d’intérêt, le risque d’autocratie financière.

Pérol a non seulement eu à connaître du dossier, non seulement est intervenu personnellement dans cette fusion dont je propose un nom : la Casse Populaire, ce qui est contraire à la loi pour son intervention aussi sein de l’une ou l’autre et particulièrement à la direction de ces deux banques, mais on a oublié un détail supplémentaire qui s’ajoute à la liste : c’est Pérol qui avait été chargé par l’Omnipuissant de vérifier avec pouvoir d’action sur les préfets auprès des banques à qui l’Etat avait mis à disposition des fonds pour que ces dites banques fluidifient le marché des liquidités en prêtant à leur tour. Il avait donc un pouvoir direct sur les banques et donc sur ces deux-là.

Cette histoire est sans exagération un scandale d’Etat et une preuve que l’on se dirige vers le pouvoir absolu.
Source

Mon petit commentaire : Les actions Natixis ont été vendues à sa création 20 €, à ce jour l'action est à 1,13 €
hier, cloture 1,04€
aujourd'hui rebond de 8,94% cloture du jour 1,133€
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Charlotte


Une fusion au dessus des lois

jeudi 26 février 2009, par Patricia Perennes

 


Le mariage entre les caisses d’épargne et les banques populaires doit être officialisé ce jeudi lors de l’annonce des résultats des deux groupes. Les titres de la presse et la polémique autour de la nomination de François Pérol à la tête du nouveau géant bancaire ont mis en exergue la dimension politique de cette fusion. Mais quid des dimensions économique et juridique ?


On en passerait presque à côté de la question essentielle :

La fusion entre l’écureuil et les banques populaires est-elle économiquement rationnelle ?

Sur le papier, ce sont les difficultés financières de la Caisse d’épargne et de l’écureuil qui justifient la fusion. La crise financière les mettant en danger, ces banques ont besoin d’une injection d’argent frais. L’Etat est d’accord pour entrer au capital des deux banques à hauteur de 20%, à la condition sine qua none qu’ils fusionnent. Pas de fusion, pas d’entrée au capital : le politique prend le pas sur l’économique.

En effet, si l’on exclut l’aide de l’Etat conditionnée à la fusion, est il exact que l’union aide les deux banques à résister à la tempête économique actuelle ? Les deux groupes possèdent en effet d’ores et déjà une filiale commune dans l’activité bancaire qui a le plus souffert de la crise actuelle, à savoir la banque d’affaire. Or cette filiale, Natixis, est un échec flagrant : preuve en est la valeur de l’action Natixis dont le cours a été divisé par plus de 19depuis son introduction en bourse !

Si leur activité commune pour la banque de détail fonctionne aussi bien que leur activité commune en banque d’affaire, on peut s’inquiéter pour les deniers investis par l’Etat.

La fusion respecte elle le droit ?

La polémique autour de la nomination de François Pérol donne le ton : le Président de la République ne s’encombrera pas de considérations juridiques préalablement à cette fusion. L’Elysée donne l’impression de ne pas même avoir songé que, peut être, avant de nommer un proche du pouvoir, il aurait fallut respecter la procédure, i.e. proposer son nom à une Commission de déontologie. Sur le site du quotidien Libération, le journaliste Grégoire Biseau écrit ainsi « On n’a jamais évoqué le cas François Pérol, assure un membre de la Commission puisque notre prochaine réunion est prévue pour le 11 mars. A l’Elysée, un porte parole tente de rattraper le coup en expliquant que la commission ne s’est pas encore réunie, mais elle a émis un avis « off », positif. (..) C’est ce qui se passe dans les cas d’urgence ».

Le pouvoir écarte donc d’un revers de main le contrôle déontologique, dont le but est, rappelons le, d’éviter la corruption, au nom d’une soit disant « urgence » de la situation… Aucun des deux groupes n’étant acculé à la faillite, on a du mal à comprendre la nécessité que cette fusion ait lieu dans la semaine.

Un autre point important, et peu encore abordé par la presse, est le respect du droit de la concurrence. Préalablement à toute fusion, ce droit prévoit un examen du secteur, pour vérifier que la dite fusion ne se fera pas aux détriments du consommateur. Or la banque de détail n’est pas un secteur très concurrentiel. Il suffit pour s’en convaincre de regarder la situation actuelle des banques françaises : malgré des pertes pharaoniennes sur les marchés boursiers, elles se maintiennent à flot grâce aux profits dégagés de la banque de détail : leurs tarifs aux particuliers sont tellement élevés qu’ils leur permettent de compenser les sommes perdues.

Depuis le 1er janvier, l’autorisation de fusion ne dépend plus du ministère de l’économie, mais de l’Autorité de la concurrence. C’est la loi de modernisation de l’économie qui a fait passer ce pouvoir des mains du ministre de l’économie à celui d’une administration, indépendante en principe du pouvoir en place. Il est peu probable que la nouvelle autorité de la concurrence interdise cette fusion. Elle peut néanmoins décider de contrôler en détail que la création du nouveau géant bancaire ne risque pas de rendre le marché de la banque de détail encore moins concurrentiel qu’il ne l’est aujourd’hui. La procédure de l’autorité peut durer plusieurs semaines, ce qui du fait de l’« urgence » de la situation, ne devrait déplaire au Président Sarkozy. La question est sans doute de savoir si celui-ci daignera même de signaler à l’autorité la fusion. Le Code de commerce prévoit en effet dans son article L430-3 que « L’opération de concentration doit être notifiée à l’Autorité de la concurrence avant sa réalisation. ». Or la fusion doit être annoncée ce jeudi, et François Pérol nommé au même moment. A l’heure actuelle, aucune dépêche sur le site de l’autorité ne signale une quelconque notification de rapprochement entre les deux banques… S’assoir sur une loi qui vient à peine d’être votée et qui devait symboliser le renouveau de l’économie française, ne semble pas gêner le Président.

La fusion entre les banques populaires et les caisses d’épargne est à l’image du Président de la République : brouillonne et trop précipitée. Elle fait passer la France pour une république bannière, dans laquelle les décisions politiques passent au dessus des réalités économiques et semblent être prises hors de tout cadre juridique.
Source

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