Europe: les "petits" contre les "grands"

Publié le par sceptix

Berd, BEI et BM vont apporter 24,5 mds d'euros à l'Europe de l'Est

27/02/2009-[10:22] - AFP

LONDRES, 27 fév 2009 (AFP) - La Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la Banque européenne d’investissement et la Banque mondiale se sont engagées vendredi à apporter jusqu’à 24,5 milliards d’euros d’aides et de financements aux banques et entreprises d’Europe de l’Est.
Source : France-info



Europe: les "petits" contre les "grands"

Au moment où des pans entiers du système bancaire européen s’écroulent, les économies pays d’Europe centrale et de l’est se réveillent brusquement en pleine déconfiture. Le naufrage financier de la Lettonie peut se reproduire incessamment chez plusieurs de ses voisins. La chute de leurs monnaies est de mauvaise augure et va peser lourd dans les stratégies anti-crise auxquelles les gouvernements européens vont devoir se résoudre dans les prochains jours.


L’Europe ne pourra pas se permettre d’assister les bras croisé à la faillite d’un ou de plusieurs des pays membres de l’Union. Et cela coûtera cher. La monnaie européenne risque-t-elle de s’en trouver fragilisée ? Déjà, dans la presse anglo-saxonne certains commentateurs plus ou moins bien intentionnés font mine de s’inquiéter de la stabilité future de la zone euro, bien que les pays de l’est les plus menacés ne fassent pas partie de cette zone.


l_2e18197dc8157c0e8abdb85cae4cc888.jpgLa hantise ancestrale des pays d'Europe de l'Est: l'accord trop souvent rénouvellé dans le passé à leurs dépends entre Berlin et Moscou comme celui entre le Kaiser Guillaume II et Nicolas II, Empereur de Russie il y a près de cent ans. Ils s'étaient recontrés en... Estonie, pays balte alors intégré par la force à l'Empire tsariste.



Mais curieusement la perspective de devoir compter sur l’aide de Bruxelles n’enchante pas spécialement les capitales en difficulté. La mythologie d’un conflit entre les « petits » et les « grands » refait surface. Dans la presse polonaise les articles anti-allemands fleurissent. Partout on reproche aux « poids lourds » du Conseil européen de se réunir entre eux sans tenir les « petits » au courant de leur conciliabules. Le ressentiment contre « la vieille Europe » représentée essentiellement par l’Allemagne et la France, grandit. Il est vrai que le mépris grossier exprimé à Paris à l’égard des dirigeants de la République tchèque qui président l’Union ne contribue pas à arrondir les angles. Pas plus que la brutalité avec laquelle la chancelière allemande Angela Merkel vient d’exiger des pays européens, et en particulier de ceux de l’est qui sont les plus réticents, un ralliement sans conditions au projet de gazoduc germano-russe de la Baltique, qui a la particularité de contourner la Pologne et les Pays Baltes. Mais ces derniers ne veulent pas prendre le risque de se retrouver seuls à la merci du grand fournisseur russe pour leur approvisionnement. Ils sont vivement encouragés par Washington dans leur opposition au projet. D’autant plus qu’ils soutiennent à fond la création, plus lointaine, d’un gazoduc appelé Nabucco, projeté par un consortium international à majorité américaine et qui doit fournir du gaz d’Asie Centrale à l’Europe en contournant la Russie par le sud. Ainsi, vingt ans après le fin de la guerre froide et en dépit de leur adhésion à l’Union européenne, les pays d’Europe centrale et de l’est n’ont pas cessé de faire figure de pions dans les calculs stratégiques des grandes puissances. L’intégration européenne a encore beaucoup de chemin à faire.


(par François Schlosser)
http://crisevousavezditcrises.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/02/27/europe-les-petits-contre-les-grands.html

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