800 000 salariés et chômeurs passés au détecteur de mensonge

Publié le par sceptix

Accepteriez-vous que nous vérifions les informations que vous nous avez données auprès des autorités compétentes (police, justice, banques, précédent employeur) ?

Combien de fois vous êtes-vous battu, ou avez-vous pris le volant, ivre, l’année passée ?

Votre compte en banque s’est-il trouvé dans le rouge ces trois dernières années ?

Avez-vous déjà été considéré comme suspect dans une enquête policière, mis en examen ou condamné en justice ?

Ces questions ont été posées, lors d’entretiens d’embauches, à plus de 800 000 candidats, ces 16 dernières années, par plus de 600 sociétés, dont Adecco, Toys’R US, Manpower, Avis, Pepsi, la Brinks, Visa

Quelques clients de Midot

Ces sociétés ne s’en vantent pas particulièrement. Midot System, si : cette société “leader dans l’évaluation de l’éthique et de l’integrité au travail” s’en vante même dans la vidéo de présentation de ses prestations :

Le questionnaire de Midot System

L’histoire de Midot

En hébreu, le mot Midot signifie signifie à la fois la mesure et la vertu. Je ne connais pas suffisamment la culture hébraïque pour savoir si, à l’instar de ce qui se passe aux Etats-Unis, il est tout à fait naturel de demander aux gens s’ils sont membres d’une organisation terroriste, ont un passé nazi ou ont participé à un génocide.

Formulaire visa USA

Ce que je sais, parce que Midot System l’écrit, c’est qu’en 1977, Ishayau Horowitz, titulaire d’un Master en criminologie clinique, créait le “premier institut de polygraphie” (ou “science” des détecteurs du mensonge) “au service des multinationales” (c’est lui qui précise).

En 1980, il commençait à utiliser des détecteurs de mensonge pour affiner les entretiens d’embauche. En 1989, le système était informatisé. Depuis 2005, il est exploité en ligne, sur l’internet.

Aujourd’hui, son détecteur de mensonges des salariés est disponible en 12 langues, et utilisé dans 24 pays.

Midot ne précise pas combien de gens ont été exclus lors des “tests d’évaluation d’intégrité pour les candidats à l’embauche” (Integritest), ou licenciés lors des “enquêtes périodiques ayant pour objectif de garantir la loyauté de l’employé tout au long de son parcours professionnel” (Trustee).

Ses services, nous apprend Gestion Sociale, la “lettre sociale réservée aux dirigeants”, dans un article intitulé “Un lecteur de mensonges à l’usage des RH“, sont proposés, en France, par Lapid consulting, une entreprise créée en mai dernier à Paris.

Gestion Sociale conclue son article en notant que “l’importation en France par Lapid consulting, entreprise créée en juin dernier et gérée par Nathalie Dian, n’ira pas sans attirer l’attention de la Cnil et de la Halde. Sans parler de la probable réticence des CE“.

A ce jour, Google recense 6 pages au sujet de Lapid Consulting. On attend avec impatience l’avis des CE, de la Halde et de la CNIL.

Source :
http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/02/27/800-000-salaries-et-chomeurs-passes-au-detecteur-de-mensonge/

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