Newropeans : Vers une aggravation de la crise économique et financière globale? Oui si l’Europe ne bouge pas!

Publié le par sceptix

 
Written by Newropeans Magazine   
Thursday, 05 March 2009



L’UE doit se préparer dès aujourd’hui à une explosion du chômage pour les 3 ans à venir -

L’argent des sauvetages bancaires est en train de passer à coté de ses objectifs -

Il est temps pour l’Europe de réagir !


Il y a encore quelques mois les Etats membres et de la Commission européenne niaient l’existence même de la crise. Actuellement on assiste à un spectacle des politiques pris de panique, qui essaient de noyer les problèmes sous un tsunami d’argent, sans idées réelles de solutions viables et sans égard pour l’argent des contribuables et des futures générations. Le risque est grand que tout cet argent ne serve qu’à indemniser les responsables de la crise aux dépens de tous les autres, et qu’une fois la crise surmontée, ils recommenceront à faire leurs immenses profits par les mêmes moyens en sachant que les Etats leur sauveront, si besoin est, la mise.

Newropeans, le seul mouvement politique en Europe qui s’est fait l’écho depuis 2006 des anticipations sur l’arrivée de la crise actuelle, a lancé en décembre 2008, sa 1ère Alerte Socio-Politique Européenne sur l’explosion du chômage en Europe, suivie en janvier 2009, de la 2ème Alerte sur la nécessité d’une reforme profonde des structures et du fonctionnement des marchés financiers.



→ Préparer en urgence les systèmes européens d’indemnisation à faire face à l’explosion du chômage - Eviter à tout prix la transformation de la crise économique en crise sociale majeure
 (Alerte 1 – décembre 2008)

Les différents plans de relance annoncés actuellement, qui continuent à ignorer la nature systémique de la crise, n’auront aucun impact significatif sur cette tendance.

Contrairement aux estimations conservatrices des Etats membres et de la Commission européenne, Newropeans est désormais convaincu que le chômage au sein de l’UE va bondir à des niveaux historiques au cours des années 2009 et 2010. Sur cette période, il faut s’attendre à un quasi-doublement du nombre des demandeurs d’emploi, à près de 30 millions de personnes (contre 17 millions aujourd’hui), sous l’effet conjugué des faillites, des licenciements et de l’arrêt des embauches.

Dans ces conditions, avant même la complexe mise en œuvre de processus de reconstruction de l’emploi, et du fait de la durée probable de la phase la plus sévère de la crise (entre deux et trois ans), Newropeans demande à tous les Etats-membres de préparer au plus vite, une réforme urgente de leurs systèmes d’indemnisation du chômage afin de faire face à une double augmentation :

  • <!-celle du nombre de chômeurs
  • <!  celle de la durée moyenne du chômage.

Plutôt que de focaliser l’attribution de fonds publics aux établissements financiers, et dans l’attente des effets nécessairement longs de mesures de relance par de grands plans d’investissements publics, il est en effet essentiel que les Etats membres évitent de voir une implosion de leurs systèmes d’indemnisation du chômage faute de budgets suffisants. Et il est tout aussi crucial d’éviter que dans un an des millions de chômeurs arrivent en fin de droit et, faute de marché du travail dynamique, sombrent dans la pauvreté absolue.

L’existence d’un système social solidaire dans les Etats européens est un immense avantage dont bénéficie notre continent pour faire face à la crise. Ainsi, parce qu’ils ne disposent d’aucun « filet social » équivalent, les pays d’Asie s’inquiètent désormais des risques croissants d’émeutes et de turbulences socio-politiques violentes ; tandis que les Etats-Unis, impuissants, voient sombrer dans la pauvreté une part croissante de leur classe moyenne. L’Europe au contraire a la chance d’avoir tiré les leçons des crises des années 1930 et d’avoir généralisé le principe de la protection sociale. Pour les trois années à venir, cette protection sociale va constituer le meilleur garant de la stabilité de nos sociétés et de la préservation à venir de nos démocraties.

Les Etats membres de l’UE doivent donc au plus vite la renforcer. Et Newropeans invite la Commission et le Parlement européens à adopter les recommandations communes nécessaires pour stimuler cette évolution.


→ L’argent des sauvetages bancaires est en train de passer à coté de ses objectifs :  Newropeans exige un engagement financier public européen efficace pour tous  les citoyens! (Alerte 2 – janvier 2009)

Avec des sommes d’argent colossales, les Etats membres tentent de combattre la crise et la récession qui va inévitablement se produire. Mais tous ces sauvetages, tous ces plans de relance sont  entachés de 3 erreurs fondamentales :

1. Chaque état bricole ses plans de sauvetages dans son coin, sans concertation au niveau européen et surtout sans véritable volonté d’une réforme profonde des structures du système financier et des banques.

2. Lors des sauvetages des banques, les Etats membres (à l’exception du Royaume-Uni) ont offert de l’argent et des garanties en négligeant d’exiger des contreparties suffisantes. Comme tout créditeur, comme tout actionnaire, les gouvernements étaient en droit d’exiger, en échange de fonds, des garanties et un pouvoir d’influence de la politique commerciale des banques. Envers leurs contribuables, ils avaient l’obligation de prendre, dans les banques, une position d’influence suffisante pour garantir que les fautes commises, dont la crise est issue, ne se reproduisent plus.

3. Les plans de relance sont trop concentrés sur l’incitation à la consommation. Leur financement se fait par le biais d’un endettement supplémentaire. Or, la cause de la crise actuelle étant une bulle historique de crédit, c.a.d. un surendettement des entreprises, des états et des ménages privés, davantage de la cause (du crédit) ne peut être la solution. Ainsi, toute initiative publique en vue de doper l’activité économique doit impérativement avoir comme objectif  non la promotion de la consommation, mais l’investissement :dans l’infrastructure, notamment dans l’infrastructure transeuropéenne  et les services publics transeuropéens;

  • dans l’éducation et la recherche ; 
  • dans l’environnement et les énergies renouvelables.

Il est hors de question que ces investissements servent à financer des infrastructures qui ont vocation à être privatisées. La crise financière doit mettre un terme aux vagues de privatisation des services et réseaux publics, notamment dans les domaines où ces services ne sont ou ne pourront pas être remplacés par une offre véritablement concurrentielle entre plusieurs acteurs privés.


Newropeans se battra pour la mise en place d’une alternative européenne aux privatisations destinées à faciliter le fonctionnement du Marché unique : « nous conduirons le Parlement européen à adopter un statut des « réseaux européens de service public », permettant de conjuguer efficacement dimension européenne et service public.

L’Europe, par le biais de l’Union européenne dans le cadre de ses compétences ou par une action concerté de tous les Etats membres, doit légiférer pour donner à ses banques, institutions financières et marchés financiers un cadre de régulation qui évite qu’une telle crise ne se reproduise. Cette régulation met en œuvre les principes suivants :

1. Les banques sont les serviteurs de l’économie réelle et non les maîtres ; les banques fournissent des capitaux aux entreprises selon leurs besoins et sont rémunérés en fonction des services qu’elles rendent. Ce n’est pas aux entreprises de fournir des profits en fonction des exigences des banques et des marchés financiers.

2. Les banques ne participent pas à la création et à l’alimentation des bulles spéculatives ; Même si des profits exorbitants peuvent être réalisés sur la pente ascendante d’une bulle, ses risques lors de son éclatement, et ses effets nuisibles généraux pour la société entière, interdisent que les banques y participent. Ainsi, les banques ne fournissent pas de crédits à but spéculatif et  n’engagent pas leurs fonds propres dans la spéculation.

3. Les banques cessent toute activité avec des paradis fiscaux.

4. Les banques calculent leurs systèmes d’incitation (primes et boni) sur un rendement à long terme des activités de leurs employés et dirigeants. Les pertes présentes annulent les boni passés et peuvent même les rendre négatifs.

5. La titrisation (en vue d’une vente ultérieure) des créances et l’achat de tels titres est interdite.

6. Les banques respectent scrupuleusement le ratio de Bâle II entre fonds propres et engagements ; toute activité hors bilan (en vue de créer un effet de levier caché) est interdite. 


Newropeans refuse que les remèdes appliqués ne servent qu’à sauver ceux qui ont conduit l’Europe dans la crise en copiant le modèle américain. Il faut désormais inventer les méthodes et les instruments européens qui permettront aux 500 millions de citoyens de l’UE de traverser au mieux les difficiles années qui nous attendent.

Newropeans exige donc que l’argent public serve à préparer l’avenir de tous les Européens, et pas seulement celui des élites financières.

Newropeans exige que l’Europe mette en œuvre dès à présent une reforme profonde des structures et du fonctionnement des marchés financiers.

Gouverner c’est prévoir. Et prévoir, c’est agir maintenant!


Article mis en page par Marianne Ranke-Cormier
Paris-Arriach (France-Autriche)

 


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L
Je pense que tout pays qui reviendrait à SA monnaie pourrait échapper à cette destruction totale de son économie - Je suis pour la réintégration du FRANC pour la France - Nous avons été trahis , souveraineté dissoute par l'abandon du Franc justement - c'était bien pensé par les énarques ...la machine leur échappe et ils finiront mal leurs jours eux-aussi ...d'où affolement !
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