Le cauchemar orwellien ne cesse de gagner du terrain

Publié le par sceptix

La chronique de Big Brother – Le cauchemar orwellien ne cesse de gagner du terrain
Écrit par Rich Sawyer   
TUESDAY, 10 MARCH 2009 15:20

Richard Sawyer

SOTT.net

Lundi 16 février 2009 

 

 

Naturellement, il n’y avait pas moyen de savoir, si, à un moment donné, on était surveillé…. On pouvait même imaginer qu’elle [la police de la pensée] surveillait tout le monde, constamment. - George Orwell, 1984.


Sous prétexte de « guerre contre le terrorisme » la régression vers un contrôle total de tous les détails de nos existences se poursuit. Aux Etats-Unis, Obama n’apporte aucun changement à l’exception du soutient accru aux prestataires privés et la poursuite des écoutes téléphoniques. La Chambre des Lords s’élève contre la violation des libertés civiques mais semble impuissante étant donné le rôle de l’Union Européenne dans la constitution des législations britanniques. Avec les nouvelles lois sur l’espionnage des déplacements à l’étranger, il est impossible d’échapper à la version britannique de Big Brother même lorsqu’on part en vacances. Google inquiète avec son dernier produit Latitude qui permet la géo localisation de ses utilisateurs. Les technologies RFID (Identification par Radio Fréquence), semblent destinées à faciliter l’imposition d’une taxe carbone alors même que les fondements scientifiques sur la théorie du réchauffement climatique sur laquelle elle se base sont erronés.

Le royaume orwellien

Au Royaume-Uni, il est encourageant de constater la désapprobation publique à l’encontre de la généralisation du suivi, de la surveillance et du fichage des personnes. Il reste à voir si le rapport accablant de la Chambre des Lords sur les dérives orwelliennes du Royaume-Uni marquera une inflexion de la politique actuelle.

Le Guardian a fait état des inquiétudes de la Chambre des Lords concernant la menace grandissante à l'égard des libertés que représentent les caméras de surveillance. Selon ce journal : « Le fort développement de la surveillance et du fichage à l’initiative de l’Etat et autres organisations risque de mettre en péril la longue tradition de respect de la vie privée et libertés individuelles, qui sont vitales à une démocratie ». « Si l’on veut que le public ait confiance dans le fait que les informations les concernant ne seront pas utilisées à mauvais escient, il devrait y avoir plus de transparence sur ceux qui recueillent ces données, sur le type d’informations collectées et sur leur usage. »

Mais ce rapport ne fait pas mention des propositions de la ministre de l’Intérieur Jacqui Smith concernant une « super base de données » qui répertorierait Emails, appels téléphoniques, textes et connections à Internet, et celles du ministre de la Justice Jack Straw concernant l’assouplissement des contraintes relatives au partage de données personnelles entre administrations.

La Chambre des Lords est formée de membres non élus et constitue la Chambre haute du Parlement. L’essentiel des législations gouvernementales les plus importantes, sont initiées par la Chambre des Communes. Les Lords disposent de peu de moyens pour bloquer un gouvernement déterminé. Il reste donc à voir si ce rapport ralentira l’expansion de plus en plus envahissante d’un cauchemar orwellien. Avec la ministre de l’Intérieur qui reconnaît elle-même que les caméras de surveillance ne sont pas soutenues par les communautés du Royaume-Uni, le rapport de la Chambre des Lords pourrait provoquer un revirement des manifestations visibles et impopulaires de Big Brother vers une collecte plus discrète de données sur les citoyens britanniques – ou peut-être simplement un moindre recours aux caméras de surveillance pour épingler les blagues d’écoliers  et une utilisation accrue pour traquer les journalistes et les dissidents.

L’impact du rapport publié par la Chambre des Lords est d’autant remis en cause en raison de l’influence incontestable qu’exerce l’Union Européenne sur les orientations politiques du Royaume Uni. La Cour européenne de justice (pdf) a émis une directive qui oblige les fournisseurs d’accès à conserver les données sur les communications (téléphonie fixe, E mails, fax, téléphonie mobile – localisation incluse, et utilisation d’Internet) pour une durée allant jusqu’à deux ans et de les mettre à disposition des forces de l’ordre. Les problèmes de confidentialité qui sont en jeu devraient inquiéter le public qui semble au contraire les ignorer allégrement. La police a d’ores et déjà fiché 100 000 enfants innocents dans la base de données ADN. Mais la manipulation des médias défendant la  « protection d’enfants vulnérables » semble être efficace à couvrir les risques engendrés par la collecte de données et la vitesse alarmante à laquelle la confidentialité des citoyens britanniques est rognée.

Tous les partis d’opposition ont contesté le projet du gouvernement concernant un nouveau centre d’espionnage destiné à la saisie pour une durée de 10 ans dans une base de données centralisée, de toutes les informations relatives aux déplacements de toute personne rejoignant ou quittant le territoire britannique. Cela inclut les enfants dès l’âge de six ans, comme explicité dans un article qui démontre le rôle hégémonique détenu par l’Union Européenne dans les orientations politiques britanniques :

 Il y a deux mois, l’agence des frontières britannique a commencé à relever les empreintes digitales des enfants étrangers de plus de six ans, non originaire de l’espace économique européen et résidant en Grande-Bretagne [pdf, 64.4Kb]. Au moment de cette décision, Jacqui Smith fut félicitée pour son inflexibilité concernant l’attribution de cartes d’identités aux résidents étrangers, et personne, même pas le Parlement, ne remarqua que le relevé de données biométriques s’appliquait aux enfants dès l’âge de six ans. Et le Parlement n’était pas au courant parce qu’on ne lui a jamais demandé d’approuver une telle législation.

Les États de Surveillance Unis d’Amérique

Obama a été rapide dans la reconnaissance de l’importance de la cyber-sécurité et de l’héritage des écoutes pratiquées par l’administration Bush. Le gouvernement d’Obama a ordonné un audit des secrets d’État sous l’ère Bush tout en continuant hypocritement à utiliser les mêmes procédés :

Lundi, le ministère de la Justice du président Barack Obama défendait les privilèges invoqués par l’administration Bush, pour tenter d’éviter un procès intenté par quatre prisonniers étasuniens affirmant avoir été kidnappés, transférés à l’étranger et torturés.

Ces méthodes ont été adoptées sous prétexte du simulacre de guerre contre le terrorisme qui a été utilisé pour cibler des journalistes et tout individu perçue comme menace à la sécurité intérieure.

Parallèlement, Obama a ordonné un audit de 60 jours sur la cybersécurité. Il s’agit manifestement de poursuivre une décision préexistante pour reconduire des contrats juteux avec Northrop Grumman, Lockheed Martin et Boeing, entreprises détenant les plus gros contrats avec le Pentagone :

[L’administration Obama] a promis de travailler en partenariat avec l’industrie, les chercheurs, et les citoyens afin de « mettre en place un réseau Internet digne de confiance et responsable qui soit fiable, préserve l’avantage concurrentiel des Etats-Unis, et améliore la sécurité intérieure et la sécurité de la nation. »

Est-ce là le « changement » dont parlait Obama ?

Google is watching you

Tandis que les gouvernements de la planète imposent des législations de plus en plus contraignantes afin de contrôler chaque détail de nos existences, des compagnies privées comme Google et les sites de réseaux sociaux apportent leur contribution pour nous faire avaler la pilule et s’assurer qu’une population maîtrisant l’informatique accepte de participer au démantèlement de nos vies privées et de nos libertés individuelles.

Nonobstant la surveillance du moindre détail de nos existences, Latitude, le dernier produit de Google a été qualifié par certains d’outil destiné aux espions et à Big Brother :

Il s’agit d’un service de partage de géo localisation qui vous permet de connaître en temps réel la localisation de vos amis. Cette technologie n’est pas basée sur des données que vous renseignez à votre sujet, car Google est capable de calculer votre localisation (avec un certain niveau de précision) en fonction de vos connexions actuelles à Internet.

Simon Davies, directeur de Privacy International, a déclaré :

« Nombreux sont ceux qui percevront Latitude comme un produit attractif, mais la réalité est qu’une fois encore Google a été incapable de fournir une confidentialité et une sécurité satisfaisantes. Cette entreprise aura beaucoup de chemin à parcourir avant de gagner la confiance des utilisateurs de téléphone. » 

« Dans sa configuration actuelle, Latitude pourrait être une bénédiction pour les admirateurs fanatiques, les employeurs indiscrets, les conjoints jaloux et les amis obsessionnels. Les menaces qui pèsent sur la confidentialité et la sécurité n’ont de limites que l’imagination de ceux qui abuseraient de cette technologie. »

A sa décharge, Google fait de gros efforts pour promouvoir l’importance qu’elle accorde à la confidentialité. Toutefois, qu’arriverait-il si Google changeait de propriétaire ? Etant donné la position actuelle de Google sur le marché, on peut aisément imaginer que son statut ne changera jamais. Aussi improbable que cela puisse paraître aujourd’hui, cet article soulève des questions légitimes sur le devenir des informations clients lors d’une fusion d’entreprises :

Dans le naufrage économique actuel, avec ses fusions et ses faillites, la notion de propriété des données clients devient assez complexe. Par exemple, CompUSA a fermé ses portes mais a refait surface en Floride sous une autre forme. Et on ne sait pas où les pétaoctets (exaoctets ?)  d’informations clients désormais détenus par Circuit City vont atterrir.

En outre, Google et d’autres compagnies se retrouveraient fort dépourvues si une nouvelle loi faisait de la détention de données par des entreprises privées une menace pour la sécurité nationale. Mais ne vous inquiétez pas, comme nos politiciens ne cessent de nous le répéter : « Si vous n’avez rien à cacher vous n’avez rien à craindre »…

 Convergence technologique et législations relatives au réchauffement climatique.

© RFID Journal

Démonstration d’un prototype de système RFID permettant de déterminer l’empreinte carbone d’un produit

 

Les incroyables dessous de l’arnaque du réchauffement climatique révèlent les soutiens financiers accordés aux chercheurs développant des technologies liées au CO2 et les manœuvres politiques autour de la nouvelle taxe carbone. Si cette taxe devait être imposée aux consommateurs, la technologie RFID y jouerait un rôle clef. Les chercheurs essayent de trouver comment la RFID pourrait permettre de calculer l'empreinte carbone d'un produit :

Le laboratoire Bits to Energy étudie comment utiliser des données collectées via RFID pour calculer l’empreinte carbone d’un produit et afficher ce résultat sur un téléphone portable compatible RFID.

La convergence des appareils nomades capables de communiquer avec les véhicule, une société sans argent liquide où les téléphones portables jouent le rôle de porte-monnaies électroniques, nous permet d’extrapoler un avenir pas si éloigné :

A la caisse du supermarché, tous vos articles équipés d’une puce RFID sont scannés instantanément, le montant de la facture est déduite de votre compte bancaire et on vous donne immédiatement le total de votre empreinte carbone calculée à partir de la valeur carbone de chacun des articles que vous avez achetés. Etant donné le solde sur votre carte de rationnement d’empreinte carbone, il se pourrait bien que vous deviez laisser ces dattes provenant d’Arabie Saoudite faute de quoi vous dépasseriez votre limite mensuelle de consommation de CO2. Vous ne disposeriez pas de suffisamment de crédits pour ramener vos courses à la maison puisque votre véhicule sera automatiquement désactivé sauf si vous achetez immédiatement assez de crédits carbone.

Sacrifier la vie privée au profit du loisir et de la « sécurité »

Rares sont ceux qui prennent le temps de réfléchir aux libertés et aux droits individuels qu’ils sacrifient lorsque, dans l’excitation générée par les nouvelles technologies, ils partagent leurs « nouvelles » avec le reste du monde. Evidemment les nouveaux réseaux sociaux sur Internet comme StumbleUpon ou Twitter peuvent aider à la mise en réseau et aux échanges. Toutefois, la quantité d’informations privées que les gens sont prêts à divulguer sans réfléchir est inquiétante. Facebook vient d’annoncer un cchangement dans ses conditions d'utilisation qui signifie en fait qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent de vos informations indéfiniment ! Les nouveaux moteurs de recherche comme Pipl et le logiciel de ressources humaines de Spokeo permettent à n’importe qui d’avoir facilement accès à ces informations.

Au sacrifice consenti de leur vie privée par un public naïf, s’ajoute le démantèlement forcé des libertés individuelles sous prétexte de « guerre contre le terrorisme ». Les législations gouvernementales ont sensiblement accrû la vidéo surveillance, le recueil de données, la centralisation des informations et les mesures de sécurité « pour votre propre sûreté »

Qui est à blâmer pour cette imminence d’un cauchemar orwellien ?

 

 

© Inconnu

Benjamin Franklin


Ceux qui sont prêts à sacrifier une liberté fondamentale en échange d’une sécurité passagère ne méritent ni l'une ni l'autre, et perdront les deux.

 

Traduction : Axel D. pour Futur Quantique 

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R
Ceux qui sont prêts à sacrifier une liberté fondamentale en échange d’une sécurité passagère ne méritent ni l'une ni l'autre, et perdront les deux.tout à fait juste !Ce n'est pas pour rien que la Gestapo et la SD c'est Staat Sicherheit (Sicherheitdienst)! Les gens ont-ils déjà oublié ? ......de même le DNA portugais du temps de Salazar, etc, etc, il serait interessant de collecter toutesles apellations historiques et actuelles des "services" de ce genre qui se sont appellé ou s'apellent "Sécurité". ça aiderait à éclairer les esprits de gens.ça a l'air anecdotique, pas du tout ! la pricipale et la première des guerres est d'abords celle des mots ! (comme l'a bien constaté Sebastian Haffner)
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R
chaque movement que vous faites sur un blog de over-blog est tracé en temps réell par google avez-vous remarqué ?Y at-il une autre plateforme de blogs aussi pratique qu'over-blog mais qui ne serait ps "orwellisée" ?Bientôt la question deviendra vitale je crois.ou peut-on leur envoyer une pétition, les menacer de bloquer leur forum d'aide etc si ils n'adoptent pas une politique plus respectueuse de leurs clients ?
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S

Bien sûr, comme sur toutes les plateformes, GOOGLE est le meilleur en la matière