Sommet du G-20 : L’Afrique marginalisée dans les débats

Publié le par sceptix

Le sommet du G-20 s’ouvre ce mercredi à Londres dans un contexte de forte récession mondiale. Cette rencontre qui regroupe les pays représentant 90 % du poids de l’économie mondiale, se propose de jeter les bases d’un nouvel ordre mondial. Un projet qui marginalise davantage le continent africain qui ne compte à ce rendez-vous qu’un seul représentant, l’Afrique du Sud.

La crise économique qui frappe depuis plusieurs années la planète, requiert des méthodes urgentes. C’est dans cette dynamique que les pays les plus développés s’ouvrant à ceux dits émergents, ont décidé de se retrouver en Grange Bretagne pour peaufiner une nouvelle feuille de route économique plus sécurisante. ‘Un new deal de la planète’, selon l’expression même du Premier ministre britannique Gordon Brown. Mais dans ce nouveau cercle d’échanges commerciaux, c’est l’Afrique qui s’affiche comme le grand perdant. Du moins la partie du monde qui ne soit pas entièrement associée aux débats. D’ailleurs, ‘le risque pour le continent africain c’est de rester à l’écart des débats’, précise un expert du Fmi.

L’Afrique qui fait dix fois l’Europe est pourtant le principal creuset des matières premières qui approvisionnent les industries occidentales. Pourtant, seule l’Afrique du Sud a été conviée à la table de ces négociations cruciales qui vont désormais régir le système financier international. Elle y sera en tant que porte-parole d’un continent qui subit pleinement les contre-coups d’une crise dont elle n’est pas responsable. C’est pour parer à de telles éventualités qu’une rencontre a eu lieu, les 10 et 11 mars, à Dar-es Salam en Tanzanie, afin d’harmoniser sur les principales revendications du continent. Une rencontre à l’issue de laquelle, Dominique Strauss Kahn, le directeur général du Fmi, a été mandaté pour défendre les intérêts de l’Afrique à Londres. D’autres dirigeants africains, comme le président de la commission de l’Union africaine ainsi que le Premier ministre éthiopien, y sont également conviés.

Ainsi, maintenue dans un niveau d’immaturité et d’illégitimité, l’Afrique est obligée de confier ses intérêts à d’autres puissances. Une réclamation par procuration qui place la France parmi ses plus grands défenseurs. ‘Nous essayerons de parvenir à une remise partielle de la dette des pays africains à condition pour ces derniers de ne pas la reconstituer avec d’autres pays comme la Chine’, rappelait Alain Joyandet. Le ministre français de la Coopération révèle par ailleurs que l’aide publique française au développement consacrée aux pays africains, sera non seulement maintenue, mais également accrue de 2,8 % cette année par rapport à 2008. Mieux, poursuit-il, un budget d’aide agricole de 500 millions d’euros sera mis en place avec le fonds agricole des Nations-Unies pour financer toutes les initiatives agricoles. Une manière d’amoindrir les secousses émanant de la crise économique qui a fini de saper les fondements sociaux de bon nombre de pays africains avec les multiples émeutes de la faim de l’année dernière.

En fait, la forte offensive des pays émergents que sont le Brésil, l’Inde et la Chine dans le cercle des gros calibres économiques mondiaux ne fait pas l’affaire du continent africain. D’ailleurs, leur confortable place dans cette rencontre du G-20 n’arrange pas le continent et risque de le marginaliser davantage. Car, en définitive, ces pays veulent désormais peser sur le nouvel ordre économique mondial.

Mais le sommet du G-20, c’est surtout le bras de fer entre l’Europe et les Etats-Unis sur les méthodes à adopter pour faire face à la crise. Car, au-delà de la volonté de ces grandes puissances de parvenir à une formule efficace de régulation du marché mondial, chaque pays reste confronté à des difficultés internes de redressement de son économie. Un bras de fer de ‘gladiateurs’ qui risque, à nouveau, de noyer les intérêts du continent africain convaincu de son réel poids économique par la place que lui attribue ce sommet du G-20.

Abdoul Aziz AGN
http://www.walf.sn/economique/suite.php?rub=3&id_art=54366

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