Assemblée générale annuelle de l'OIT - Sarkozy, partisan d'un nouvel ordre social mondial

Publié le par sceptix

Reuters
Édition du lundi 15 juin 2009

Nicolas Sarkozy plaidera aujourd'hui à Genève pour un nouvel ordre social mondial devant l'assemblée générale annuelle de l'Organisation internationale du travail (OIT), a fait savoir la présidence française.
Le chef de l'État français proposera la mise en place d'un système de régulation sociale internationale qui soit le pendant de la régulation des marchés financiers dont les pays du G20 ont décidé la mise en place le 2 avril à Londres.

«Il a été, comme président de l'Union européenne, le premier et un très ardent défenseur de la mise en place des régulations économiques et financières», rappelle son entourage. «De la même manière, il souhaite être l'instigateur et l'initiateur d'un processus équivalent en matière de régulation sociale et de règles sociales» et fera des «propositions fortes» en ce sens, ajoute-t-on de même source.

Nicolas Sarkozy veut aussi faire de ce discours un «moment important» de la séquence post-élections européennes, qui culminera le 22 juin avec son discours devant le Parlement français réuni en congrès à Versailles, souligne l'Élysée.

Il exposera sa vision du modèle social qu'il souhaite voir émerger de la crise financière et économique et insistera sur la nécessité de traiter de pair, au niveau mondial, les sujets économiques et financiers et les sujets sociaux.

Selon l'Élysée, il dira la nécessité de voir l'OIT, grande absente des deux premières réunions du G20, jouer un rôle important dans la gouvernance mondiale et participer, au même titre que le Fonds monétaire international, aux futurs sommets de cette instance qui réunit le G8 et les grands pays émergents.

«J'encourage l'OIT à faire entendre sa voix dans le débat qui s'ouvre actuellement sur la définition d'une nouvelle gouvernance mondiale et à faire des propositions concrètes pour que la promotion du travail décent soit au coeur des règles qui constitueront demain l'armature d'un nouvel ordre mondial», écrivait-il le 20 novembre dans un message à l'organisation.

Nicolas Sarkozy a obtenu que la déclaration finale du G20 de Londres demande à l'OIT d'évaluer les mesures prises en faveur de la croissance et l'emploi, rappelle l'Élysée.

Normes

Créée en 1919 et dotée d'un secrétariat permanent, le Bureau international du travail (BIT), l'OIT est une agence tripartite de l'Onu qui rassemble les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs de 183 pays.

Son objectif est de promouvoir dans le monde la notion de «travail décent» et la justice sociale, de développer la protection sociale et de renforcer le dialogue dans la gestion des problèmes liés au monde du travail.

Elle a décidé d'organiser cette année, à l'occasion de la 98e Conférence internationale du travail, qui est en quelque sorte son assemblée générale, un sommet sur la crise mondiale de l'emploi. C'est dans ce cadre que Nicolas Sarkozy s'exprimera.

Le président français, qui sera accompagné par les ministres des Affaires étrangères et du Travail, Bernard Kouchner et Brice Hortefeux, sera le seul chef d'État du G8 présent.

Il sera également un des trois seuls chefs d'État et de gouvernement du G20 à avoir répondu à l'invitation de l'OIT, avec le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, avec qui il déjeunera aujourd'hui à Genève. Pour l'Union européenne, il y aura aussi le président polonais, Lech Kaczynski.

La France est, après l'Espagne, le pays qui a le plus ratifié de normes de l'OIT (123 sur 188 à ce jour) et Nicolas Sarkozy profitera de son intervention d'aujourd'hui pour annoncer la ratification de normes supplémentaires, précise l'Élysée.

Il répondra ainsi à une demande formulée par les dirigeants syndicaux qu'il a reçus le 8 juin pour préparer son discours. Huit des conventions édictées par l'OIT sont considérées comme fondamentales au regard des droits de l'homme au travail.

Elles portent sur la liberté syndicale, la négociation collective, l'élimination de toute forme de travail forcé ou obligatoire, l'abolition du travail des enfants, l'élimination de la discrimination en matière d'emploi et de rémunération.

http://www.ledevoir.com/2009/06/15/255145.html

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P
Dis Charlotte, c'est une blague ? C'est carrément l'hôpital qui se moque de la charité !
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