Afrique du Sud : Des lesbiennes violées pour "corriger" leur sexualité

Publié le par sceptix

 

Ci dessous Un article du 21 novembre 2009  signalé par Rachid qui revient de Soweto





Lindelwa a une carrure de rugbyman et de grands yeux doux qui s'embuent quand elle commence à raconter son histoire : "C'était à la tombée de la nuit. Je marchais dans la rue quand cet homme est arrivé par derrière et a commencé à m'insulter. Il hurlait que j'étais une lesbienne, que je devais coucher avec des hommes pour me guérir. Il avait une barre de fer avec laquelle il m'a cassé la jambe. Des passants se sont interposés quand il a voulu me violer." Après l'attaque, Lindelwa, traumatisée, a fui son quartier en banlieue du Cap, en Afrique du Sud, pour se réfugier dans un township voisin réputé moins dangereux.

Dans l'unique pièce de sa petite maison, les cinq jeunes femmes rassemblées autour d'elle baissent toutes la tête à son récit. Cette histoire ne leur est que trop familière. L'an dernier, le viol et le meurtre d'Eudy Simelane, joueuse de foot de l'équipe nationale, ont donné un visage aux victimes de ce drame quotidien, torturées à cause de leurs orientations sexuelles. Une expression décrit cette horrible réalité : "viol correctif". Les auteurs de ces agressions agissent par homophobie pour soi-disant "corriger" la sexualité de leurs victimes.

"Ce type de violence est en train de devenir le plus commun contre les lesbiennes noires des townships", s'alarme l'ONG internationale ActionAID dans un récent rapport. Elle illustre toute l'ambiguïté d'un pays qui, d'un côté, a l'une des constitutions les plus libérales au monde et a été le premier pays africain à autoriser le mariage homosexuel en 2006, mais où, de l'autre, une femme est violée toutes les 26 secondes et où l'homophobie est forte, en particulier dans les townships.
Source : Face à nous
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