ArabSat et NileSat dans le collimateur des Américains

Publié le par sceptix



Comment qualifier des soldats américains présent en Irak ou en Afghanistan ? Si des chaines de télévision arabes en parlent comme des «occupants» ou des «envahisseurs» – ainsi que le pense la majorité des opinions dans le monde arabo-musulman -, elles sont susceptibles d’être classées comme des terroristes. La chambre des représentants américains a, en effet, adopté, mardi dernier, par 395 voix contre trois, une loi destinée à surveiller et à punir les chaines satellitaires arabes coupables «d’incitations à la violence anti-américaine au Moyen-Orient ».

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Théoriquement, ce sont des chaînes très militantes qui sont ciblées mais la formulation même de cette décision fait que tous les médias arabo-iraniens sont susceptibles d’être punis. Sauf à devenir les chantres de l’occupation américaine et affirmer que les soldats US sont en mission humanitaire ou en mission de démocratisation… Aucune chaîne arabe ne résisterait à cette «ligne». Les Américains ont eux-mêmes essayé avec la chaine Al-Hurra, sans le moindre succès. Les journalistes arabes qui ont émigré vers la chaine américaine, malgré de remarquables efforts, ne bénéficient d’aucun crédit. La chaîne saoudienne Al-Arabiya y réussit un peu mieux mais en surfant lourdement sur l’anti-chiisme. Mais, en général, sans être anti-américaines, les chaines arabes ne peuvent, sous peine de complaisance, éviter de nommer un occupant… comme un occupant. Toutes les chaînes du Proche-Orient – qui dans le discours américain, le «Proche-Orient» inclue également le Maghreb et l’Iran – n’y échapperaient pas. Les chaînes des organisations résistantes comme Al-Manar ou Al-Aqsa s’étaient faites depuis longtemps à l’idée d’être classées comme «terroristes» par l’administration américaine. Elles ne sont pas surprises de se retrouver dans le collimateur des élus américains après avoir été tour à tour bombardées par l’armée israélienne. Le directeur de la chaîne Al-Manar, Abdallah Kassir, y voit très clairement une décision «imposée par le lobby sioniste aux Etats-Unis». Selon lui, cette décision n’a aucune base juridique.

C’est en effet clairement une décision politique ou plutôt un acte de guerre. Et la chambre des représentants américains élargit considérablement le spectre en décidant que les fournisseurs d’accès satellite comme NileSat et ArabSat seraient punies s’ils diffusent des chaines qui «propagent des idées terroristes». Les propriétaires de ces satellites – ArabSat appartient à la Ligue arabe – seront considérées comme dirigeant des organisations «terroristes». Les chaînes ouvertement désignées sont Al-Aqsa (Hamas), Al-Manar (Hezbollah) et des chaînes irakiennes hostiles à la présence américaine, Azawrah, propriété d’un député en exil et Errafidine, proche de l’association des oulémas irakiens, qualifiée d’organisation anti-américaine. Le projet de loi avait été soumis en juillet dernier pour classer comme «terroristes», les chaines de télévision hostiles aux Etats-Unis et à Israël. Le projet demande des mesures contre les Etats qui autorisent ces chaînes. Le projet, présenté par le républicain Gus Bilirakis, souligne que «depuis des années des médias du Moyen-Orient ont publié de façon répétée des incitations à la violence contre les États-Unis et les Américains».

M. Gus Bilirakis a d’ailleurs tenu un discours très martial en soulignant que face aux «dangers que de telles incitations représentent pour les soldats et les civils américains dans la région et sur notre territoire, il est grand temps que les États-Unis et d’autres pays responsables fassent cesser cette menace grandissante ». Les fournisseurs d’accès satellite peuvent faire l’objet de sanctions financières, selon les termes du décret n° 13224 signé par le président George W. Bush dans la foulée des attentats du 11 Septembre, qui s’applique à tout individu ou toute entité qui serait désigné comme ayant des liens avec le terrorisme. Au terme de la loi adoptée mardi dernier, le président américain devrait faire un rapport dans six mois sur les «incitations à la violence anti-américaine au Moyen-Orient». Le prix Nobel de la Paix qui mène la guerre en Afghanistan et en Irak doit donc se faire le grand censeur des médias arabes qui, décidemment, parlent trop des «dommages collatéraux» et continuent à parler d’occupation. Dans six mois, des chaînes arabes, absolument pas militantes, risquent de se retrouver dans la même case «terroriste» qu’Al-Manar et Al-Aqsa.

M. Saâdoune

Journalstar

Publié dans USA

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R

cccc
c'est du déliré !!
On dirait l'Union Soviétique (sauf qu'ils sont en train de considérer le MONDE ENTIER comme leur Europa de l'Est !) qui exigeaient de leurs sujets qu'on considère l'ivation de la tchécoslovaquie,
ou celle de la Hongrie, comme non pas un invasion mais une "Aide fraternelle"  destinée à préserver leur "d"mocratie" menacée par les "fascistes" !
Comme quoi tous les tyrans et tous les impréialistes se ressemblent, et avec les ané"es apprenent aà devenir de plus en plus cybiques et de plus en plus tordus et totalitaires.
Je ne crois pas que même Hitler allait jusqu'à nier que leurs troupes étaeint des troupes d'occupation !


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