Ces lieux réels du pouvoir… et ses marionnettes

Publié le par Charlotte sceptix

Dans l’ouvrage Circus politicus (ed. Albin Michel), les journalistes Christophe Dubois et Christophe Deloire ont enquêté sur « les lieux réels du pouvoir ». Cette expression choisie par des journalistes du Système est intéressante car il y a là une preuve que certaines choses commencent à émerger du non-savoir.

Il y a quelques mois, l’ancien trotskiste (transformé en trotskiste version Nouvel Ordre Mondial) Jean-François KAHN était invité sur le plateau de Cdansl’air. L’auteur d’une question SMS demandait des éclaircissements sur le GROUPE BILDERBERG. Le journaliste Calvy interroge alors les invités de son plateau qui se regardent les uns les autres. J.-F. KAHN, qui fait profession d’informer ses semblables, affirme qu’il ne connaît pas !!! Il est vrai que ces gens-là ont toujours eu l’habitude de ne pas mordre la main qui les caresse (qui les nourrit, disons les choses comme elles sont) dans le sens du poil depuis des lustres. Pitoyable, certes, mais quel enseignement riche à en tirer quand on les entend débattre des grands sujets médiatiques et surtout… politiques. Ces journalistes parlent de ‘démocratie’ de ‘libertés’ mais ils pactisent avec les forces financières les plus abjectes et très favorables à une dictature communiste.  Elles se font complices, par leur ignorance coupable (soyons gentils et ne disons pas volontaire), des crimes commis par l’application de mesures d’austérité inhumaines dans un certain nombre de pays.

Voici maintenant quelques extraits de l’interview  des journalistes Christophe Dubois et Christophe Deloire. Elle est d’autant plus intéressante que le nouveau président Hollande est membre des YOUNG LEADERS depuis 1996, où il côtoie des vénérables employés de Wall Street ou de firmes bancaires qui font la pluie et le beau temps…  bref, que du beau monde.

Rappelons que François Hollande a répondu très favorablement à son ami Nicolas Sarkozy en ajoutant sa contribution au vote du Traité de Lisbonne, participant ainsi à un coup d’Etat, une forfaiture contre l’opinion majoritaire des Français qui s’étaient exprimés par référendum.(Voir ce lien intéressant)

Dans le prochain numéro de LIESI, nous citerons les mots mêmes des propres amis de François Hollande exprimant son incompétence notoire et même son irresponsabilité. On y verra de très nombreux socialistes présents sur les plateaux télévisés, le soir du 6 mai…  et « ministrables ». C’est affreusement ridicule… pour eux, mais il est vrai que les Aubry, Fabius, Vals, etc., sont tellement au-dessus de tout cela, de la piétaille populaire qu’ils détestent franchement et qu’ils vont ruiner définitivement.


Dans votre livre, vous décrivez le groupe Bilderberg et la Commission Trilatérale. De quoi s’agit-il exactement ?

Ce sont des cercles d’influence qui se présentent comme des cercles de réflexion mais qui ont la particularité de fonctionner à huis clos et qui rassemblent l’élite mondiale. C’est-à-dire des organisations politiques, des directeurs de banques d’affaires et des patrons de grandes multinationales. On parle souvent de Davos qui est un rassemblement du même type mais qui est beaucoup plus ouvert que ceux-là. Le groupe Bilderberg a été créé en 1954 sous influence américaine. Il s’agissait notamment de contrer le communisme en Europe. On retrouve encore aujourd’hui parmi ses membres influents David Rockefeller. La Commission Trilatérale date de 1973 et réunit, elle aussi, des membres très influents.

Que reprochez-vous à ces cercles ?

D’abord, ils ont diffusé au niveau des centres de décisions européens et internationaux une idéologie à caractère très libéral. Ensuite, il y a un risque de conflit d’intérêts à l’intérieur de ces groupes fermés où se croisent des hommes et des femmes qui sont, pour les uns, du côté du pouvoir politique et, pour les autres, du côté du pouvoir économique. Ce n’est pas anormal que ces gens dialoguent mais on a par exemple relevé, lors de la dernière conférence du Bilderberg à Saint-Moritz en Suisse, que se sont retrouvés, dans la même enceinte, le commissaire européen chargé de la concurrence et le patron de Google. Alors qu’il y a en ce moment une enquête de la commission européenne sur un éventuel abus de position dominante de Google… C’est un peu comme si un juge d’instruction croisait dans un cercle privé quelqu’un qu’il a mis en examen.
Ces groupes fermés, c’est donc la fabrique de la mondialisation. C’est un outil d’influence idéologique certain. Et cela a des incidences ensuite sur la prise de décisions politiques.

Avez-vous des exemples de cette influence sur les décisions politiques ?
Récemment, dans l’une des tables rondes de la Trilatérale, il y avait un groupe de travail sur les référendums. Et la conclusion a été de dire que les référendums sont une tyrannie, qu’ils sont destructeurs. C’est intéressant de lire cela et de le rapprocher de ce qu’on a vu en Grèce lorsque Papandréou a émis l’idée d’organiser un référendum.
Les autres dirigeants européens se sont aussitôt offusqués d’une telle consultation du peuple grec et l’idée a été abandonnée.

Vous vous intéressez aussi à l’affaire Swift. De quoi s’agit-il ?

Un haut responsable du renseignement en Europe nous a dit : c’est une des plus belles opérations réalisées par les USA depuis longtemps. Swift, c’est une société basée en Belgique qui traite des messages sur les transactions bancaires échangées dans le monde entier. Cela permet de savoir quel est l’émetteur, de quelle transaction il s’agit, qui en est le bénéficiaire… Les États-Unis ont eu accès à ces données personnelles et économiques au nom de la lutte antiterroriste pendant plusieurs années en dehors de tout cadre légal. Jusqu’à ce que le New York Times dévoile l’affaire en 2006.

Groupes d’influence, secret des Conseils européens, accès illégal à des données privées… Vous cherchez à montrer que le citoyen est de plus en plus à l’écart des décisions, c’est bien cela ?

Ce que l’on a voulu mettre en exergue, c’est qu’alors qu’on est en pleine campagne électorale et que les candidats prennent un certain nombre d’engagements, on entend assez peu dire que, de toute façon, leurs engagements, il sera difficile pour eux de les tenir. Et jamais on n’entend dire par les candidats qu’il faut tenir compte de la complexité du monde, du caractère européen de la quasi-totalité des lois votées aujourd’hui en France, des réglementations internationales en matière financière… C’est cette architecture du pouvoir que l’on a voulu décortiquer. Et qui fait que le pouvoir réel est de moins en moins là où on pense qu’il est. Par exemple, en matière de régulation financière, le Président s’est beaucoup engagé. Lors de son discours de Toulon en 2008, il avait dit qu’il allait moraliser le capitalisme. Or on sait que la régulation bancaire est aujourd’hui le fait du comité de Bâle, qui est une réunion des gouverneurs des banques centrales, et sur lequel le pouvoir politique n’a quasiment aucune prise.

Cette complexité du monde réduit la parole des hommes politiques à un « jeu de cirque » au niveau national…

On passe beaucoup de temps à commenter la dernière pique de campagne. Ce « Circus politicus » occulte les vrais enjeux. Toutes les décisions économiques de ces derniers mois ont été prises au niveau du Conseil européen qui réunit les chefs d’État et de gouvernement des 27 pays membres. Et il a une particularité ce Conseil européen : c’est une boîte noire. Personne ne sait ce qui s’y passe réellement, sauf à se procurer, ce que l’on a réussi à faire, les notes confidentielles. Et lorsqu’on les a entre les mains, on a alors quelques surprises par rapport aux conférences de presse…
Personne ne mandate le Président pour aller discuter de telle ou telle décision au nom de la France. En Allemagne, lorsque la Chancelière va défendre la position de son pays à un Conseil européen, elle rend compte au Parlement avant d’aller à Bruxelles et en en revenant.

C’est donc autant une critique de la pratique française de l’Europe que du système européen en lui-même ?

Oui, les institutions européennes sont, sous certains aspects, plus transparentes que l’on veut bien le dire. Il y a une responsabilité des hommes politiques français mais aussi des journalistes qui ne vont pas voir ce qui s’y passe réellement.

Face à un tel tableau, c’est difficile de se motiver pour aller voter, non ?

Aujourd’hui, il peut y avoir une forme de découragement et se dire : « Pourquoi aller voter alors que tout nous échappe ? ». Mais la conclusion doit justement être l’inverse. En étant mieux informé du fonctionnement réel, il peut y avoir une reprise de contrôle par le citoyen de ces choses publiques. (Source)

LIESI

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