Dupont-Aignan propose un retrait de l'UE via l'article 50

Publié le par Charlotte sceptix

Nicolas Dupont-Aignan : "Je propose de quitter l'Un ion européenne dans sa forme actuelle"

LE MONDE | 10.04.2012 à 10h26 • Mis à jour le 10.04.2012 à 11h50

Par Patrick Roger

 
Nicolas Dupont-Aignan.

Quels sont vos objectifs pour cette campagne présidentielle ?

Libérer la France de sa tutelle extérieure et de ses féodalités internes, dire aux Français la vérité sur l'état d'impuissance publique qui explique les maux de notre pays : le chômage de masse, la pauvreté qui gagne, le détricotage de notre modèle social. On m'a appris à l'école qu'un problème bien posé était à moitié résolu. Les partis qui nous gouvernent depuis trente ans n'y arrivent pas parce qu'ils ne posent pas bien le problème de la France.

Pour vous, le problème principal, c'est l'Europe. Vous êtes le seul, avec Marine Le Pen, à proposer la sortie de l'euro. Comment est-ce faisable ?

Je propose plus que la sortie de l'euro. Je propose de quitter l'Union européenne, dans sa forme actuelle, en utilisant l'article 50 du traité de Lisbonne qui permet à tout Etat membre de s'en retirer volontairement. Ceci afin de créer l'électrochoc salvateur qui permettra de refonder l'Europe sur des bases saines en convoquant une conférence intergouvernementale des chefs d'Etat de neuf pays partageant le même modèle social. Je ne veux plus que la France joue dans ce système fou qui n'a rien à voir avec la belle idée européenne de départ. Ce système est celui du nivellement social et écologique par le bas, de la loi de la jungle mondialiste, du piège de la dette qui nous conduit tout droit aux scénarios espagnol et grec.

Que faire de la dette ?

La dette est nourrie par l'euro. Les règles européennes interdisent à la Banque centrale de financer à taux zéro les Etats. Sortir de l'euro et recréer un système monétaire coordonné permettrait à chaque banque centrale de financer les Etats par des avances remboursables et d'échapper au surendettement cumulatif instauré pour le plus grand profit des banques. Dans mon programme économique, je réduis de 20 milliards d'euros les charges d'intérêts de l'Etat, d'ici à 2017, sur les 50 milliards que nous payons chaque année. Je redéploie cette diminution de dépenses, d'un côté, vers les PME, en divisant par deux l'impôt sur les sociétés sur les bénéfices réinvestis sur le sol français, et vers la reconstruction d'un Etat qui pourra investir massivement dans la recherche pour gagner la bataille de la mondialisation.

Comment éviter la spéculation sur la monnaie ?

A deux conditions : ne plus dépendre des marchés financiers pour emprunter et être raisonnable dans la gestion des dépenses publiques, car je ne veux pas utiliser la facilité monétaire pour raser gratis comme Mme Le Pen ou M. Mélenchon. Mon projet est à la fois révolutionnaire et réaliste. Révolutionnaire, car il libère la France du piège des marchés et du libre-échange déloyal. Réaliste, car il mêle la défense, c'est-à-dire le protectionnisme intelligent, et l'attaque, c'est-à-dire l'investissement dans l'avenir.

Qu'est-ce que ça veut dire, le protectionnisme intelligent ?

C'est ce que font toutes les nations qui réussissent dans la mondialisation. Elles sont en offensive commerciale, elles protègent leur marché intérieur et leurs bases technologiques. C'est ce qu'a su faire la France pour son industrie du cinéma : avances sur recettes de l'Etat, quotas de diffusion, strictement interdits par Bruxelles aujourd'hui, et pourtant ouverture sur le monde, exportation et liberté d'aller voir, bien sûr, les films de tous les pays. Ce qui est fait pour les acteurs, les metteurs en scène et les producteurs, je veux le faire pour les ouvriers et les agriculteurs.

Quels moyens utiliseriez-vous pour favoriser le produire en France ?

La sortie de l'euro pour éviter la surévaluation monétaire qui pénalise nos producteurs ; des droits de douane lorsqu'il y a dumping social et environnemental avéré, à l'exemple des panneaux solaires de Chine ; la séparation des banques d'investissement et de détail pour que les dépôts bancaires servent aux PME ; la baisse des charges pour les entreprises qui investissent en France.

Quelle est votre position sur le budget européen ?

Nous pouvons économiser les deux tiers des 7 milliards d'euros de contribution nette et garder un potentiel de 2 milliards pour de vraies actions de solidarité européenne. Encore une fois, si l'on ne pose pas la question de vérité à nos partenaires, l'Europe se défera dans la haine, dans les divisions et la récession économique. Je pense être beaucoup plus européen que tous ces eurocrates qui sont en train de laisser le continent s'effondrer. Les peuples d'Europe n'en peuvent plus de leurs dirigeants. Ils sont comme les vieilles cours des monarchies en 1787, totalement déconnectés des peuples qui grondent. L'Europe du XXIe siècle sera à plusieurs cercles et à la carte ou ne sera plus.

Quelles conditions posez-vous à la renégociation de la politique agricole commune ?

Le droit de veto de la France. Je veux rétablir un prix garanti du lait et maintenir les quotas. Ce qui s'est passé avec la PAC prouve que ceux qui dirigent l'Union européenne aujourd'hui détestent l'Europe puisqu'ils ont cassé le seul outil de protection, d'autosuffisance et de qualité alimentaire qui existait. Ce n'est que par l'épreuve de force que nous nous en sortirons positivement, pas seulement pour la nation française mais pour toutes les nations d'Europe.

Qu'est-ce, pour vous, qu'un Etat fort ?

C'est un Etat démocratique qui tire sa légitimité du peuple, un Etat ferme et un Etat juste. Je veux reconstruire l'Etat républicain par une politique de la sécurité et de la justice, en remplaçant les départs en retraite de policiers, de gendarmes, de douaniers, qui sont aujourd'hui impuissants face à la criminalité, en arrêtant le laxisme judiciaire qui fait qu'on sort de prison au bout de six ans après avoir tué quelqu'un.

Vous parliez des féodalités intérieures. Qu'est-ce que cela désigne ?

Je suis en faveur de l'initiative privée quand il y a concurrence mais pour un contrôle public quand il y a monopole privé. Je veux rendre aux Français le bien public qui leur a été confisqué. Cela concerne les entreprises énergétiques, EDF et GDF, qui devront être refusionnées et 100 % publiques. Et Total, qui devra être remis au service de la France. Comment préparer la transition énergétique française, investir massivement dans les énergies nouvelles si les profits de ces deux entreprises sont gaspillés dans des opérations hasardeuses, comme les 15 milliards dépensés en pure perte par EDF pour racheter en Angleterre des centrales nucléaires pourries ? Il est temps de remettre ces grandes entreprises au service des Français. De même, je propose la réquisition des autoroutes au prix auquel elles ont été bradées en 2006. Il n'est pas normal que nous soyons revenus sous l'ancien régime de l'octroi, avec des taux de profit abracadabrantesques en raison des conflits d'intérêts permanents entre Bercy et des sociétés privées. Le taux de profit de Cofiroute est de 24 %. Je réclame une commission d'enquête parlementaire sur les conditions de prolongation des concessions. C'est cela aussi défendre le pouvoir d'achat des Français. Si celui-ci a diminué, c'est parce que les dépenses contraintes, énergie, transports, logement, ont explosé.

Comment envisagez-vous les relations de la France et de l'OTAN ?

Dans cette campagne électorale, on se dispute sur le financement du permis de conduire et on ne parle pas de l'essentiel : la place de la France dans le monde. Le retour dans le commandement intégré de l'OTAN n'a pas produit le résultat escompté. Notre pays est muet, parce qu'il n'est plus libre. Je veux sortir du commandement intégré tout en restant dans l'Alliance atlantique. Nous devons éviter à tout prix la construction du bouclier antimissiles sur l'Europe, qui met en péril notre dissuasion et nous place sous la domination industrielle des Etats-Unis. Il faut bâtir une alliance forte avec la Russie et rééquilibrer notre politique au Moyen-Orient en reconnaissant l'Etat de Palestine. Il faut aussi, et c'est tout l'enjeu, lancer un "plan Marshall" vers l'Afrique, avec nos amis espagnols et italiens, pour reconstituer la belle idée de l'Union pour la Méditerranée. Le développement du Maghreb et de l'Afrique est vital pour stabiliser les révolutions arabes et permettre la croissance des deux continents.

La construction d'un deuxième porte-avions, dans ce contexte, est-elle une priorité ?

Je préfère consacrer 3 milliards à la construction d'un deuxième porte-avions que donner 50 milliards pour sauver les banques au Portugal, en Irlande ou en Grèce. Il faut deux porte-avions pour avoir une présence permanente dans le monde. Les présidents de la République donnent des missions à nos armées qu'elles ne peuvent pas mettre en œuvre ou qu'elles ne peuvent mettre en œuvre que six mois par an. Je demande une cohérence.

Quelles mesures envisagez-vous pour moraliser la vie publique ?

Mes propositions sont simples : redonner les moyens à la justice, notamment aux sections financières ; renforcer les douanes qui luttent contre le blanchissement d'argent et les fraudes à la TVA ; interdire à un groupe dépendant des commandes de l'Etat de détenir un média ; lutter contre les conflits d'intérêts en imposant des codes de déontologie ; renforcer l'inéligibilité des élus convaincus de corruption. La moralisation de la vie politique suppose un personnel politique qui ne serve pas les intérêts privés à longueur de journée.

Quelle est la plus-value de votre candidature ?

Je suis candidat pour fonder dans notre pays un patriotisme républicain qui manquait terriblement. Cela veut dire la liberté de la France pour tous les Français, quelles que soient leurs origines, leurs religions, l'acquisition plus ou moins récente de leur nationalité. Mon ambition est d'offrir aux Français une issue au trio infernal PS, UMP, FN. Car le Front national est le meilleur allié de l'UMP et du PS. Les Français ont compris qu'il ne fallait rien attendre de ces deux partis qui gouvernent depuis trente ans et qui sont soumis aux forces de l'argent mais le patriotisme, pour réussir, ne doit pas être celui de l'exclusion et du rejet. On ne redressera pas la France en la divisant.

En 2007, vous aviez appelé à voter pour Nicolas Sarkozy au second tour. Qu'en sera-t-il cette fois ?

Ma position est claire. Je ne suis pas propriétaire des voix qui se porteront sur moi. Je dirai aux Français qui auront voté pour moi de lire attentivement le projet de chacun des deux finalistes, de regarder leur capacité à tenir leur parole, d'observer les personnalités et de se déterminer en conscience. Je considère aujourd'hui que ni l'un ni l'autre ne veulent libérer la France de ses tutelles extérieures.

Pourriez-vous entrer dans un gouvernement de Nicolas Sarkozy s'il était élu ?

Si c'est pour mener cette politique d'abandon, jamais. Je ne suis ni rabatteur, ni à vendre, ni même à louer. Je veux sauver mon pays de la dépendance politique et de la régression sociale, les deux allant de pair. Je commence un long combat.

Vous présenterez donc des candidats aux élections législatives ?

Il y aura un candidat de Debout la République dans chaque circonscription, je l'espère. Ceux qui voteront pour moi auront l'assurance que le combat continuera.

Patrick Roger

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dot 12/04/2012 19:55


non il ne le serait pas,


RECTIFICATIF : Contrairement à ce qui a été écrit ci-dessous, Nicolas Dupont-Aignan n’est pas « membre » de la Fondation
franco-américaine, mais son nom figure dans la liste des Young Leaders.


 


http://www.revue-republicaine.fr/spip.php?article1347

tesla 12/04/2012 14:50


dupont lajoie !! est un "young manager" de la F.A.F  french american fondation comme la plupart des politiques et des élites serviles. Quel comique !!

plume de cib 12/04/2012 10:36


Roland, si je lis la bio de Dupont-Aignan, je le trouve fidèle à ses idées et de plus en plus impliqué pour les soutenir et les défendre. Son rejet de l'Europe ne date pas d'hier.

Roland 11/04/2012 23:00


on dira qu'il a peut-être changé, mais alors il faut espérer qu'il a changé à 180 degré ! ... car Dupont-Aignant, en 2010


=> En 2010, M. Dupont-Aignan a fait campagne aux élections régionales en faisant alliance avec le parti ultra-antigaulliste et ultra-droitier CNI, Il ne disait pas un mot sur l’Europe (en 2007
IL était même pour, et voulait une constitution calquée sur ... les USA) et développait un programme typiquement poujadiste : exigeant plus de caméras de surveillance dans les lieux publics (!!),
tapant contre les Verts et le « matraquage fiscal », etc.

plume de cib 10/04/2012 17:46


NDA propose la même chose que MLP. Il faut qu'ils s'allient, montre l'exemple en faisant fi des tabous qui a servi à l'UMP et au PS de se passer le bâton du pouvoir sans être inquiétés pendant
plus de trente ans...