États-Unis contre l'Iran: Hold-up sur le marché des combustibles nucléaires.

Publié le par Charlotte sceptix

Par Rudo de Ruijter,

Chercheur indépendant,

Pays-Bas

Dans les coulisses du jeu diplomatique sur l’Iran, quelques pays veulent former un nouvel ordre mondial. Ils prennent possession du marché mondial des combustibles nucléaires. De nouvelles règles de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) doivent empêcher la venue de nouveaux concurrents. Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Russie, la Chine et le Japon deviendront les stations d’approvisionnement nucléaire du monde. Sous l’égide de l’AIEA ces fournisseurs dicteront les règles, fixeront les prix et détermineront dans quelle monnaie ils voudront être payés. L’Iran est le prétexte et le test pour leurs plans. Les problèmes de l’économie mondiale de demain sont créés aujourd’hui.

 Contenu:

 

  • Histoire

- L’Iran et le Traité de Non-Prolifération

- L’histoire nucléaire de l’Iran

- De chah Reza jusqu’à Khomeini

  • Les accusations contre l’Iran : 130 grammes d’uranium
  • L’agenda des États-Unis : le pétrole, le dollar et la dette extérieure
  • Chercher des alliés
  • E3: L’étrange délégation européenne
  • La Russie et la Chine
  • Pourquoi l’Iran veut-il de l’énergie nucléaire?
  • Est-ce que l’enrichissement dans des pays sans arme nucléaire est dangereux ?
  • La naissance d’un nouvel ordre mondial
  • Des éléments inquiétants
  • Le théâtre des Nations Unies

 

1.  L’Iran et le Traité de Non-Prolifération

Le président des États-Unis, George Bush, veut nous faire croire que l'Iran a des plans pour fabriquer des armes nucléaires. Pour prouver la mauvaise foi de l’Iran, le pays a été accusé de ne pas avoir déclaré une importation d’uranium datant de 1991. Et bien, souvenons-nous qu'en 2002  Bush a accusé l'Irak d'avoir des Armes de Destruction Massive. Ceci s'est avéré être une tromperie. Donc, avant de croire les accusations contre l’Iran de Monsieur Bush junior et ses échos dans la presse, regardons les faits de plus près.

L'Iran est un Etat membre du Traité de non-Prolifération, et ce depuis le tout début en 1968. [1] Le TNP est un traité qui vise non seulement à empêcher la prolifération d'armes nucléaires, mais aussi à ce que les membres s’entraident pour développer l’énergie nucléaire civile. [2] Dans le traité, les Etats à armes nucléaires (États-Unis, Russie, Chine, France, et Grande Bretagne) ont promis le démantèlement de ces armes. (Jusqu’ici ils n’ont pas tenu leur promesse.) Les autres membres ont dû signer des accords avec l'Agence Internationale à l'Energie Atomique (AIEA), le chien de garde du TNP, pour l'établissement de contrôles. L'accord entre l'Iran et l'AIEA a pris effet le 15 mai 1974. [3]

2.  L’histoire nucléaire de l’Iran

A cette époque le chah Réza régnait sur l’Iran. Grâce à l’opération Ajax (de l’Angleterre et des États-Unis) en 1953 il était toujours sur le trône. En 1957 le chah voulait développer de l’énergie nucléaire en Iran. [4] Les États-Unis offraient toute l’aide et tout le matériel qu’il souhaitait: un réacteur de recherche, de l’uranium enrichi et du plutonium. Le réacteur de recherche était mis en route en novembre 1967, mais tomba en panne rapidement. C’est alors que les Français interviennent en promettant de réparer le réacteur de recherche. Le chah prête 1 milliard de dollars à la France pour la construction d’une centrale d’enrichissement à Tricastin, dans la vallée du Rhône, dans le Sud de la France. A partir de 1974 de plus en plus de pays offraient leurs services. De nombreux contrats ont suivi: cinq pour des réacteurs et des combustibles venant de France, deux réacteurs et des combustibles venant des États-Unis, des achats réguliers d’uranium venant d’Australie et deux réacteurs venant d’Allemagne de l’Ouest. Le Danemark livrait 10 kilos d’uranium hautement enrichi et 25 kilos d’uranium naturel. Du personnel technique arrivait de l’Argentine et des Indes, pendant que des étudiants iraniens allaient au Royaume-Uni et en Allemagne. Des conversations étaient menées avec le Pakistan et la Turquie pour une coopération régionale. Le budget iranien pour l’énergie nucléaire allait de 30 millions de dollars en 1975 jusqu’à 1 milliard l’année d’après et un nombre croissant de réacteurs étaient commandés aux États-Unis. Vers la fin de 1978, le chah  n’avait plus d’argent, tandis qu’aucun des réacteurs n’était achevé. Entre temps la résistance de la population contre l’oppression sanglante du chah arrivait à son point culminant.

3.  De chah Réza jusqu’à Khomeini

 

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