Fitch relève de 3 crans la note de BP (!!!)

Publié le par sceptix

Le pétrolier britannique retrouve la confiance des investisseurs
09/09/10  |  00:07  |  Emmanuel Grasland

L'agence Fitch a sorti hier la dette de BP de la catégorie des placements «  spéculatifs  » et relevé de trois crans sa note d'endettement.

 

Le pétrolier britannique retrouve la confiance des investisseurs

Quelle sera la facture finale de la marée noire ? Depuis le colmatage de la fuite de pétrole mi-juillet, BP dispose d'une meilleure visibilité sur les coûts à venir. Lors de la publication de ses résultats trimestriels cet été, le pétrolier avait évalué la note à 32 milliards de dollars. Mais plusieurs éléments indiquent que cette estimation pourrait être revue à la hausse.

Les sommes dépensées jusqu'à présent par BP se sont tout d'abord envolées ces dernières semaines, passant de 6,1 milliards à 8 milliards de dollars au cours du mois d'août. Une forte hausse liée principalement à l'augmentation des dédommagements versés aux riverains. Depuis août, ces dédommagements sont gérés par Ken Feinberg, un haut fonctionnaire auparavant en charge du fonds des victimes du 11 septembre.

Selon le « Sunday Times », le groupe britannique aurait ensuite revu à la hausse son objectif de cessions d'actifs, de 30 à 40 milliards de dollars. Une réévaluation probablement liée à une meilleure estimation de la facture.

Enfin, le montant total des coûts de la marée noire dépendra largement du résultat de l'enquête judiciaire. Selon la législation américaine (US Clean Water Act), BP pourrait devoir payer une amende de 1.100 dollars par baril répandu dans le golfe. Soit un montant total de 5,4 milliards de dollars au vu de l'estimation actuelle de la marée noire (4,9 millions de barils de pétrole). En revanche, si le groupe était reconnu coupable de « faute grave », ce montant pourrait grimper à 4.300 dollars par baril. Dans ce cas, l'amende infligée à BP dépasserait les 21 milliards de dollars.

Cession de 10 milliards d'actifs

Pour autant, le pétrolier britannique a les reins suffisamment solides pour encaisser le choc. Le groupe a généré 7 milliards de cash au cours du seul deuxième trimestre. Il dispose de 17 milliards de dollars de facilités de crédits et devrait récupérer 10 milliards de dollars grâce à l'arrêt des versements de dividendes et à la réduction de son programme d'investissement.

Le spectre d'une faillite s'étant éloigné, l'action BP a regagné 40 % par rapport au plancher touché mi-juillet. Et hier, l'agence de notation financière Fitch a relevé de trois crans la note d'endettement à long terme de BP, de « BBB » à « A », en raison de l'arrêt de la marée noire dans le golfe du Mexique et des mesures prises par le pétrolier britannique pour renforcer ses liquidités. La dette de BP a été réintégrée par Fitch dans la catégorie « investissement », alors que la note BBB qui lui avait été attribuée précédemment par l'agence la rangeait dans la catégorie des placements « spéculatifs ».

Qui plus est, BP a déjà cédé cet été près de 10 milliards d'actifs au Canada, en Egypte, aux Etats-Unis et en Colombie à des pétroliers indépendants comme Apache ou Talisman Energy. D'autres cessions devraient suivre, notamment en Alaska. D'un montant élevé, cette série de transactions n'inquiète pas les observateurs. Moody's estime que ces cessions « vont principalement toucher des actifs matures, à faible croissance, ce qui ne devrait pas diminuer la taille et la diversité des ressources de BP de façon significative ».

E. G., Les Echos

 

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