Grèce : les dernières infos mordorandiennes

Publié le par Charlotte sceptix

20 juillet 2012 - 13:25
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Privatisations, arrestations de grévistes, violences policière, violences envers les migrants, suicides en cascade, suppression d’organismes publics et démissions en cascade : bienvenue dans le fabuleux monde de l’austérité mordorandienne en Grèce.

La reviendra à Athènes le 26 juillet pour discuter des derniers efforts qu’Athènes doit fournir dans le cadre des économies de 11 milliards d’euro prévues pour 2013/2014. Le gouvernement a laissé entendre qu’il attendrait les négociations avec la , en précisant qu’il serait difficile de trouver de nouvelles sources de coupes budgétaires.

Hier, nous apprenions que la suppression des conventions collectives en Grèce ont entraîné une réduction de 23,7% des salaires pour 10% de la population active au 1er semestre 2012.

Hier encore, nous apprenions que 44 122 contrats à temps plein ont été convertis en contrats flexibles les 6 premiers mois de 2012. Soit une augmentation de 45,3% par rapport à 2011. La précarité semble en passe de devenir une règle en or massif.

Hier toujours, l’annonce de l’arrivée du nouveau directeur des services des renseignements grecs est tombée. Il s’agit de Dravilas, le suppléant à la direction de la nouvelle démocratie. Pour la première fois depuis 12 ans, c’est un politicien et non un magistrat ou un diplomate qui aura la charge des services de renseignements.

Ce matin, à 5h30, la police anti-émeute est entrée dans l’aciérie Halyvourgia en grève depuis 8 mois. 6 bus de la police anti-émeute gardaient encore l’entrée de l’aciérie vers 11h. Les policiers ont chargé des députés du KKE et du SYRIZA qui ont condamné l’invasion et la violence de la police anti-émeute ainsi que les arrestations de grévistes. Jusqu’ici 6 travailleurs de l’aciérie ont été détenus. Le syndicat du secteur appelle à manifester ce soir.

Quelques photos (source @leftgr) :

Aujourd’hui, ekhatimerini nous apprend que le gouvernement souhaite supprimer ou fusionner 200 organismes publics à la fin août. Plusieurs sources indiquent également qu’un projet de loi serait prévu afin de ne plus limiter la participation des entreprises privée dans les entreprises publiques « stratégiques » (énergie). Jusqu’à aujourd’hui, l’Etat conservait un minimum de 51% des parts et assurait donc un contrôle public. Cela ne sera plus le cas si la loi est votée – pendant l’été- puisque le parlement ne prendra ses habituelles vacances du mois d’août.

Le Premier ministre Antonis Samaras a eu des entretiens avec le ministre responsable de la restructuration de l’administration publique. Les sources ont indiqué qu’il a été convenu que le gouvernement annonce la fermeture ou la fusion de 60 organismes publics dans les prochains jours, le reste venant d’ici la fin du mois d’août.

Le retour de la troïka coïncide également avec la volonté d’accélérer les privatisations. A. Samaras a d’ailleurs indiqué récemment qu’il souhaitait aller plus loin que les recommandation de la troïka. Il a annoncé également vouloir supprimer ou fusionner les hôpitaux publics d’Athènes et de sa périphérie. Aujourd’hui, Le Monde (via l’AFP) rapporte la démission (encore une !) de Costas Mitropoulos, le directeur général du fond chargé de piloter le programme de privatisations.

Hier encore, le nouvel observateur indiquait qu’en Grèce, la lutte contre les incendies [était] affectée par l’austérité. Effectivement, hier, des villages étaient évacués, le feu arrivant dans les jardins des maisons. Des résidents tentaient de repousser les flammes avec les moyens du bord (photos @MakisSinodinos):

Hier toujours, en me baladant rue Charilaou Trikoupi, dans le quartier d’Exarchia, je suis tombé sur ce graphiti en français :

La troïka avance sur plusieurs fronts. Le gouvernement grec a assuré son soutien au gouvernement chypriote pour la négociation de leur plan de sauvetage. Pas certain que cela soit le bon conseil de l’année à suivre pour Chypre.

Le va faire ses petits pendant l’été. En Grèce, en Espagne et ailleurs. Les vacances ont ceci de précieux qu’elles permettent souvent de prendre des décisions politiques en minimisant le risque de mouvement populaire de masse. Encore qu’il semble que les espagnols ont bien décidé de ne pas se laisser faire hier soir avec 800 000 manifestants rien qu’à Madrid et 2 millions à travers le pays pour crier contre les mesures d’austérité (photo reuters) :

Madrid, hier (image reuters)

La gronde arrive. Tout va bien dans le fabuleux monde de l’austérité mordorandienne…

Okeanews

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Roland 22/07/2012 15:14


800.000 manifestants peuvent-ils faire reculer des politiciens aux ordres du Libéral-fascisme ? Le même nombre à Paris n'ont pas fait reculer les fossoyeurs des retraîtes !


Le peuple ces "démocrates" s'en foutent éperduement (voyons ! ce serait du "populisme").


La Grèce devrait prendre del la graine aux Tunisiens (ou aux argentins, ou aux islandais, ou aux equatoriens), regardez ce que fait la Ttunisie : (Communiqué de François Asselineau)


Les islamistes actuellement au pouvoir en Tunisie pourrait renoncer à payer une partie de la dette contractée sous l'ère Ben Ali.


1)- LE GOUVERNEUR DE LA BANQUE CENTRALE NABLI DÉFINITIVEMENT LIMOGÉ PAR L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE
2)- LA TUNISIE INVOQUE LE PRINCIPE DE « DETTE ODIEUSE » POUR REFUSER LES
DETTES HÉRITÉES DE LA DICTATURE


En l'espace de 3 jours, la Tunisie a pris des décisions, peu médiatisées
en France, mais qui n'en sont pas moins extrêmement importantes pour
l'avenir de ce pays, si proche de la France à tous égards.

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LE GOUVERNEUR DE LA BANQUE CENTRALE, MUSTAPHA NABLI, DÉFINITIVEMENT
LIMOGÉ PAR L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE
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L'assemblée constituante tunisienne (ANC) a approuvé mercredi soir le
renvoi de M. Mustapha Kamel Nabli, gouverneur de la Banque centrale de
Tunisie (BCT), une décision qui avait été prise fin juin par le
président Moncef Marzouki.

Lors de son audition à l'ANC, M. Nabli avait dénoncé son limogeage comme
étant une décision politique : « Les raisons de mon limogeage sont de
nature politique, le but est une domination partisane étroite sur les
institutions du pays. » Cette accusation vise l'actuelle coalition
gouvernementale, constituée par le parti islamiste Ennahda et ses deux
alliés de gauche : Ettakatol et le Congrès pour la République (CPR).

Certains opposants soutiennent que ce limogeage de M. Nabli ne serait
qu'une réaction épidermique à l'extradition de l'ancien Premier ministre
libyen Al-Mahmoudi vers Tripoli le 24 juin, une décision prise par le
chef du gouvernement, l'islamiste Hamadi Jebali, sans l'aval du
président Marzouki.

Mais le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des affaires
économiques, M. Ridha Saïdi, a expliqué ce limogeage de façon plus
convaincante, par un désaccord structurel sur le rôle qui doit être
celui d'une Banque centrale.

Alors que M. Nabli était un défenseur intransigeant de
« l'indépendance » de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) et un opposant
au recours à a monétarisation des déficits publics,
(la fameuse parabole de la « planche à billets »), le ministre a révélé
implicitement que c'était justement ces positions qui constituaient le
cœur du problème. Il a reproché à M. Nabli :
- le manque d'harmonisation et de coordination entre le gouvernement et
la BCT,
- l'absence de confiance entre les deux parties,
- les retards de la réforme bancaire,
- une perte de valeur du dinar tunisien,
- la baisse des réserves en devises,
- et le retard du recouvrement des biens mal acquis par les proches du
président déchu.

En bref, le nouveau gouvernement tunisien souhaite reprendre en mains la
BCT et remettre en cause le principe "d'indépendance de la Banque
centrale", imposé par la "vulgate" ultra-libérale venue des États-Unis
depuis une trentaine d'années.

Notons que c'est, grosso modo, ce qu'ont souhaité faire ou ont fait
récemment des pays comme le Venezuela ou la Hongrie.


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LA TUNISIE INVOQUE LE PRINCIPE DE « DETTE ODIEUSE »
POUR REFUSER LES DETTES HÉRITÉES DE LA DICTATURE
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Par ailleurs, une députée du parti du nouveau président tunisien, M.
Moncef Marzouki, a annoncé qu'elle allait déposer un projet de loi,
soutenu par les autres formations politiques, pour remettre en cause la
« dette odieuse » tunisienne.

Rappelons que la « dette odieuse » est une jurisprudence, avancée par
certains auteurs en matière de droit international, relative à une dette
contractée par un régime, et qui sert à financer des actions contre
l'intérêt des citoyens de l'État et dont les créanciers avaient
connaissance. On parle aussi de « dette odieuse » lorsqu'elle a été
contractée par une dictature et qu'elle doit être remboursée lors de la
transition démocratique.

Dans cette optique, ces dettes sont considérées comme des dettes du
régime qui les a contractées, et non pas de l'État en entier.
(cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_odieuse)

Cette annonce du refus de la Tunisie de payer la « dette odieuse » du
régime Ben Ali (qui pourrait être imité par d'autres pays concernés par
le "printemps arabe" comme l'Égypte, la Libye ou le Yémen), a déjà été
précédé par le refus, fin juin, du président Marzouki de signer un
accord passé avec le Fonds monétaire international (FMI).

Le nouveau pouvoir à Tunis renvoie ainsi le FMI dans ses cor

Charlotte sceptix 27/07/2012 06:52



Washington pourrait bien décider que tout compte fait ceux qui ont remplacé Benali sont des dictateurs et qu'il faut en libérer le peuple