Haïti: le bilan dépasse les 200'000 morts

Publié le par sceptix


Tout le pays est en deuil suite au terrible bilan du séisme. Tout le pays est en deuil suite au terrible bilan du séisme.   [Reuters]


Le bilan du séisme qui a ravagé Haïti le 12 janvier n'en finit pas de s'alourdir. Il dépasse désormais les 200'000 morts et 300'000 blessés, a annoncé le premier ministre Jean-Max Bellerive sur fond de colère grandissante de la population contre les autorités.

"Plus de 200'000" Haïtiens ont perdu la vie, a annoncé M. Bellerive révisant à la hausse un précédent bilan de 170'000 morts. Il a également annoncé que 4000 personnes avaient été amputées à la suite de la catastrophe.

Tension croissante

En ville, la tension est montée d'un cran. Plusieurs coups de feu ont été entendus dans la nuit de mardi à mercredi à Pétion-Ville, dans la banlieue de la capitale, où quelque 300 Haïtiens manifestaient dans la matinée devant la mairie, dans une atmosphère tendue, pour réclamer nourriture, travail et la possibilité pour les enfants de retourner à l'école.

"Le gouvernement n'a rien fait pour nous, nous n'avons pas trouvé de travail. Ils ne nous ont pas donné la nourriture qu'il faut", a dénoncé l'un des manifestants, Sandrac Baptiste. Un bloc de ciment à la main, un autre protestataire s'est dit prêt à se battre. "Si la police tire sur nous, nous mettrons le feu", ont dit en choeur les manifestants.

En début d'après-midi, un autre rassemblement a réuni environ 200 manifestants à quelque 4 km de l'ambassade des Etats-Unis, criant en créole leur besoin d'aide et bloquant la progression d'une longue file de 4x4 américains et de camions de l'ONU.

Un pillard est arrêté par les forces de l'ordre, signe d'une tension croissante à Haïti.
Un pillard est arrêté par les forces de l'ordre, signe d'une tension croissante à Haïti.
Agrandir l'image Un pillard est arrêté par les forces de l'ordre, signe d'une tension croissante à Haïti.   [Reuters]
"A bas Préval !"

Un rassemblement de moindre importance avait réuni mardi une cinquantaine de manifestants devant la Direction de la police judiciaire (DCPJ) où siège temporairement le gouvernement haïtien.

"A bas Préval!", criaient les manifestants, désignant le président haïtien René Préval, qui s'est rarement adressé à son peuple depuis le séisme. Certains, se disant employés de sociétés publiques, assuraient qu'ils n'étaient plus payés, que leurs maisons s'étaient effondrées et qu'ils vivaient désormais dans la rue.

Augmentation des viols

Un groupe armé a tenté, en vain, d'attaquer samedi un convoi d'aide alimentaire escorté par la Minustah, la mission de l'ONU en Haïti, a annoncé mardi l'organisation, jugeant la situation sécuritaire "stable mais potentiellement volatile".

La ministre chargée des femmes, Marjorie Michel, a signalé que des comités de quartier avaient fait état d'une augmentation du nombre de viols dans les camps ces derniers jours, sans fournir de chiffres. Les victimes refusent de se faire connaître car elles considèrent cela comme "une atteinte à la pudeur", a-t-elle dit.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) s'est félicité d'avoir récolté près de 230 millions de dollars pour aider Haïti, estimant que le coût global de son intervention pourrait dépasser 800 millions de dollars. "Le monde a sauvé beaucoup de vies en Haïti", a déclaré sa directrice, Josette Sheeran.

Sur le plan institutionnel, l'ONU a demandé à l'ex-président américain Bill Clinton, son émissaire spécial en Haïti, de coordonner l'aide internationale, "de la phase de réponse d'urgence jusqu'à celle de la reconstruction".

ats/ak - origin-info

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