Ils sont afghans, ils dénoncent la guerre de l’Otan

Publié le par sceptix

Ce serait une bonne chose que l'Huma et le PCF soient un peu plus conséquents avec eux-même, et ne se mettent pas à hurler avec les loups comme actuellement avec l'Iran (comme avant-hier avec la Serbie), au moment même où se préparent les guerres à venir de l'Otan. Mais bon, faisons toujours avec ce qu'on peut prendre. A noter en particulier ces Oradours discrets : Le village est bombardé 'sans discrimination' pour punir l'aide donnée, de gré ou de force, la résistance talibane : "L’histoire de Gul Khan est d’une banalité à pleurer, tant elle est triste et commune"
Les Taliban, comme le notait l'expatrié cité il y a quelques semaines, cela n'a plus grand chose à voir avec les fondamentalistes islamistes, ceux là sont au pouvoir, mais plutôt : [les taliban] ont intégré beaucoup de jeunes venus parce qu'ils n'avaient pas de travail  parce qu'ils étaient attirés par l'image de guerrier du taliban ou le moyen de gagner un respect et de l'argent qu'ils n'avaient pas à Kandahar ou dans leur campagne". Et accessoirement, parce qu'ils veulent ralier les combattants contre les occupants et collabos.


http://www.humanite.fr/Ils-sont-afghans-ils-denoncent-la-guerre-de-l-Otan
 
Ils sont afghans, ils dénoncent la guerre de l’Otan
Kaboul (Afghanistan), Envoyé spécial.
D’un geste brusque, Gul Khan ajuste son patou, l’indispensable couverture en laine, rempart contre le froid vif qui sévit à Kaboul. De la main, il désigne ce qui est maintenant sa maison, où il loge avec sa femme et ses neuf enfants : une bâtisse en pisé recouverte tant bien que mal de bâches en plastique, dérisoire rempart contre le vent. Alentour, ce n’est qu’une mare de boue. Les gamins jouent aux osselets avec de vrais os. La femme, vêtu d’un tchadri bleu, tente, tant bien que mal, de ranimer le poêle de fortune censée chauffer l’unique pièce dans laquelle ils dorment tous. Dans la marmite, il n’y a pas grand chose. Ici, tous se contentent de thé, vert ou noir, c’est selon.
 
Paysan de 40 ans, Gul Khan est arrivé il y a près de trois mois de la province du Helmand, dans le sud, où les Taliban ont repris pied. Lui et sa famille ont fui leur village du district de Sangin en toute hâte, sans rien pouvoir emporter. Ils sont maintenant, comme des centaines d’autres familles, réfugiés dans un camp, Nawabad Charahe, à l’est de la capitale, soumis aux intempéries autant qu’à la violence. La veille de notre rencontre, alors qu’on leur avait distribué des couvertures, des hommes en uniforme – « comme ceux de la police » - sont arrivés et en ont emporté une centaine.
 
L’histoire de Gul Khan est d’une banalité à pleurer, tant elle est triste et commune. « Les Taliban sont venus s’installer de force dans notre village, en nous disant qu’ils nous tueraient si on les dénonçait  », raconte-t-il. « Peu de temps après, ils ont attaqué un convoi américain. Alors, notre village a été bombardé, sans discrimination  ». De sa poche, il sort des photocopies dans un sale état. Les soldats canadiens ont pris les photos originales. On distingue néanmoins des corps d’enfants et de femmes. Les troupes de l’Otan ont frappé. « Après les bombardements, les Taliban sont partis, mais l’armée est arrivée, nous a accusé de soutenir les Taliban et a arrêté plusieurs villageois », s’emporte Gul Khan. « Pourtant, on n’aime pas les Taliban. Ils empêchent nos filles d’aller à l’école ».
 
la corruption s’est aggravée
 
S’il fallait un indicateur de l’échec de la stratégie américaine et de l’Otan en Afghanistan, il suffit de discuter avec les Afghans. Eux qui avaient rejeté la présence de troupes soviétiques n’apprécient guère plus ce défilé de troupes étrangères dans les rues de leur ville. Ils se sentent pris en tenaille entre d’un côté des Taliban qui voudraient reprendre le pouvoir et de l’autre un gouvernement éloigné d’eux mais soutenu par Washington, Paris et les autres capitales occidentales.
 
Pour le docteur Hojabr, l’un des animateurs du Conseil national unifié afghan, opposé au gouvernement d’Hamid Karzaï, « la raison pour laquelle les Taliban reprennent du poil de la bête, c’est d’abord l’incapacité du gouvernement à améliorer vraiment la vie des gens ». De fait, actifs depuis plusieurs années dans le sud du pays, les Taliban ont établi de nouvelles bases dans les provinces plus au nord, comme Kunduz et Bagla. « La présence de l’Otan et des Américains n’est pas non plus appréciée car ils ne respectent pas notre culture, tuent des gens et favorisent la corruption. De fait, le fossé s’agrandit entre la population et le gouvernement  », soutient le docteur Hojabr.
 
Ancien conseiller du président Najibullah, torturé à mort et pendu à Kaboul par ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir en Afghanistan, Khalil Roman constate que «  la situation est plus mauvaise qu’auparavant. Karzaï est incapable de régler quoi que ce soit. Il y a plus de corruption et le commerce de drogue est florissant ». Abdullah Abdullah, le grand rival du président Karzaï, qui a longtemps participé au gouvernement, soutient lui l’augmentation des troupes étrangères mais estime que « si le gouvernement perd le peuple c’est au bénéfice des insurgés. Dans ces circonstances, les Taliban ne se sentent pas obligés de se préoccuper de la réconciliation. Ils pensent pouvoir gagner. »
 
Quand on parle de corruption, il faut lire Sanjar Sohail, directeur du quotidien 8 Subh (8 heures du matin). Son journal traque les corrompus à coup de manchettes et d’enquêtes courageuses sur les biens mal acquis des dirigeants. « La corruption de l’administration en Afghanistan s’est aggravée au cours des deux dernières années », a établi un récent rapport de Transparency International. Les exemples de corruption vont des emplois publics mis en vente ou de décisions de justice mises à prix aux potsde- vin quotidiens versés en échange de services de base. Le tout couplé à une explosion du trafic d’opium qui génère des millions de dollars. À Kandahar, l’un des principaux corrompus n’est autre que Wali Karzaï, frère du président. C’est dire si, ici, personne ne croit les déclarations d’Hamid Karzaï promettant de s’attaquer à la corruption !
 
Quant à la situation des femmes, présentée en 2001 comme l’une des raisons majeures de l’intervention, elle ne fait que se dégrader. « La dépendance du président Karzaï vis à vis de la partie conservatrice, des fondamentalistes, a augmenté. Il dépend d’eux  », dénonce la députée Fawzia Koofi. « La violence contre les femmes - abus sexuels et de l’impunité dont bénéficient ceux qui les ont commis - a augmenté. Il y a également la question du manque de participation des femmes dans la politique. » La parlementaire fait remarquer : « La récente stratégie exposée par Obama n’est basée que sur le combat militaire. Il oublie la promotion de la démocratie, les droits de l’homme et ceux des femmes. »
Pierre BARBANCEY


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R
<br /> oui un Oradour sur Glane on s'en souvient encore 60 ans après, élèvera-ton des monuments en mémore de ces centaines d'Oradour sur Glane,<br /> et jugera-t-on les chefs "SS" qui s'en sont rendu coupables ??? <br /> Voyez-vous, je suis très pessimiste <br /> <br /> <br />
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