L'économie mondiale en route vers la stagnation

Publié le par Charlotte sceptix

 

  Il est fascinant de voir les grands dirigeants de ce monde tenir des propos complètement contraires aux faits et aux chiffres du monde réel. C'est particulièrement vrai de la situation économique outre-Atlantique, mais aussi sur notre vieux continent tout décrépi. Le commerce mondial n'étant pas vraiment reparti à la hausse, et étant donné que les pays occidentaux n'ont toujours pas pris le chemin de la réindustrialisation, il serait tout à fait étonnant donc que la croissance mondiale reparte durablement et c'est bien ce que montre l'évolution macro-économique dans les pays dits émergents. Pays qui connaissent des ralentissements de plus en plus prononcés en attendant la panne finale faute de clients vers qui exporter leur fabuleuse surproduction industrielle. On peut cependant se poser la question de l'aveuglement actuel des élites en Europe et aux USA. Cet aveuglement est probablement le résultat de divers phénomènes d'intérêts de classe à court terme, croyance collective ou encore naissance de groupes sociaux internationaux sont autant de pistes nous permettant d'expliquer partiellement la folie collective actuelle de l'occident. Quoi qu'il en soit il ne faut pas espérer des nations émergentes qu’elles sauvent l'économie mondiale. En effet sauf exception leur propre croissance se fait uniquement grâce au système de la mondialisation. Elles en seront donc parmi les premières victimes lorsque celui-ci s'effondrera.



Une guerre commerciale planétaire pour absorber l'unique demande US



La mondialisation commerciale et la déconstruction de l'organisation commerciale de la planète ont produit une course à la dépression salariale qui a été cachée jusqu'à présent par le comportement de quelques états capables de soutenir momentanément d'énormes déficits commerciaux. Ce système mis en place par les USA en 1945 est aujourd'hui à bout de souffle sans qu'aucun des participants n'en ait encore conscience. L'Amérique qui s'est mise au centre de l'économie mondiale après guerre en devenant le marché au centre de tout n'a plus les capacités pour tirer l'économie mondiale par sa demande intérieure. Cependant, aucune des autres  régions n'est intellectuellement mûre pour prendre le relais. Ne serait-ce qu'en faisant une politique contracyclique locale. Tout le monde cherche à avoir des excédents commerciaux en minimisant la demande locale pour tirer la croissance en ignorant parfaitement le fait que si tout le monde fait cela il n'y a plus de demande nulle part. L'entrée de la Chine et de l'Inde dans le concert de la mondialisation ayant définitivement déséquilibré le système économique planétaire en réduisant à néant les possibilités d'amélioration des conditions salariales. C'est ce que Jean Luc Gréau avait appelé dans son libre « L'avenir du capitalisme » la dépression salariale.



Dans ce grand merdier planétaire ne subsistent que quelques poches de bon sens. On pourra donner l'exemple de l'Argentine qui continue sur sa lancée protectionniste en déconnectant petit à petit son économie du reste de la planète. Elle vient par exemple de réaliser l'expropriation partielle de la compagnie pétrolière YPF qui appartenait à l'Espagnol Repsol. Cette histoire de nationalisation est la dernière en date d'une longue série comme l'indique ce texte de l'AFP. À cela s'ajoutent les mesures protectionnistes prises par l'Argentine et dont nous avions parlé il y a quelque temps. Les résultats sont là. Il faut savoir que la croissance de l'Argentine est aujourd'hui supérieure à celle d'un pays comme la Chine. Elle est en effet à plus de 9% en moyenne annuelle. Le protectionnisme va rendre le pays de moins en moins sensible à la conjoncture mondiale. Mais l'Argentine est exception même en Amérique du Sud. La preuve, le Brésil voisin, lui, a clairement dévissé en ce début d'année la croissance passant de 7% à moins de 2,7% cette année. En Chine si la croissance reste très forte suivant nos critères celle-ci ne cesse de se détériorer. Faut-il rappeler à quel point les Chinois ont une économie fragile et très déséquilibrée ? En tirant leur croissance par l'exportation, ils se sont mis dans une situation dangereuse. Avec un taux d'épargne délirant atteignant 50%, la Chine a trop de capital inemployable. Surinvestissement et bulle dans tous les secteurs sont le résultat de ces déséquilibres qui menace le système chinois d'une rupture extrêmement brutale.

croissance PIB Argentine

PIB brésil

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Il en va de même pour toutes les nations qui tirent leur croissance des déséquilibres mondiaux. Les énergumènes qui pensent que les BRIC vont tirer la croissance mondiale n'ont décidément rien compris au fonctionnement réel de la mondialisation qu'ils prônent. Les USA sont le seul état keynésien de la planète, c'est-à-dire la seule nation qui s'évertue à faire des relances de la demande fréquente. Avec le libre-échange et la désindustrialisation massive, les USA se sont naturellement retrouvés avec un déficit commercial constant et croissant eu égard à leur rôle dans l'économie mondiale. Comme le disait très bien Todd dans après l'empire « Les USA ce sont un peu nos pyramides ». Elles ne servaient à rien en elles-mêmes. Mais elles justifiaient l'immense travail collectif qui lui permettait de donner des emplois à tous et de faire société. Les USA sont en faite, à l'heure actuelle, le seul état réel de la planète. Les autres n'étant que des subsidiaires qui se battent pour devenir le fournisseur industriel favori de l'Oncle Sam. En fait, les gros pays excédentaires sont les meilleurs larbins de l'empire. Ils fournissent du travaille, des marchandises, et divers produits réels gratuitement aux USA contre leur papier toilette vert qu'il ne tient qu'à eux d'émettre comme disait le général. Et tout ça pour que ces derniers continuent à leur acheter leur bazar. Sinon les pauvres ils seront en surproduction et ils feront faillite. La mondialisation c'est çà. Une aberration intellectuelle maintenue parce que nos dirigeants sont incapables de revenir aux bases d'une bonne économie qui n'a nul besoin d'échanges commerciaux superflus.

 

Tant que nos pays ne décideront pas de revenir à la raison c'est-à-dire de relocaliser la production et la demande, de relier production et consommation, il n'y aura pas de fin de crise. Surtout en Europe, car nous n'avons plus aucun avantage face aux géants à bas coût qui se lèvent en Asie. Les relances successives de l'Empire américain sont désormais totalement absorbées par l'Asie et pourtant elles sont insuffisantes pour maintenir longtemps la croissance. La dernière relance Obama commence déjà à s’essouffler. Il va falloir que la FED intervienne en permanence pour maintenir à flot une économie US qui ne produit rien de ce qu’elle consomme. Bien évidemment certains objecteront que le dollar finira bien par tomber, mais c'est à mon avis ne pas comprendre que le statut du dollar est une convention bien difficile à casser. Ce petit jeu pourrait bien durer encore trois ou quatre décennies. Mais si l'Asie peut se satisfaire de cette situation, l'Europe n'en a plus les moyens. Soit les peuples d'Europe réagissent et sortent de la mondialisation, soit ils finiront par ressembler à un nouveau tiers-monde. Il faut bien comprendre que la mondialisation est d'essence américaine, elle est le socle de la domination des USA. Seul le dollar permet à cette nation de dominer encore la planète malgré ses incapacités productives.



Les USA ont trouvé des producteurs moins chers et plus efficaces en Asie. Ils ont déjà jeté l'Europe à la poubelle, elle ne leur sert plus à rien. Les Asiatiques quant à eux sont déjà pris dans l'engrenage même si quelques mouvements peuvent faire croire que ces pays veulent se passer de la tutelle US. Certains voient ainsi dans les accords sino-japonais sur l'abandon du dollar comme monnaie d'échange entre les deux pays une volonté de rupture avec la domination des USA. C'est ne pas comprendre que cela ne sert à rien de ne plus utiliser le dollar comme monnaie d'échange si vous ne substituez pas dans le même temps la demande US par une demande locale. Ce n'est pourtant pas le chemin pris par la Chine et le Japon qui continuent à ne pas avoir de politique de relance de la demande intérieure. Ces pays continuent de faire du commerce extérieur l'alpha et l'oméga de leur croissance économique nourrissant ainsi la domination perverse de la puissance US.

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Les USA n'ont de la croissance que si leur déficit commercial s'accroit, ce qui en dit long sur l'état réel de leur économie.

Les USA, l'empire protecteur des riches



On peut se poser la question de savoir pourquoi les peuples de nations aussi avancées que celles d'Europe ou d'Asie continuent ainsi à se faire piller pour maintenir l'empire américain. Après tout, il est probable qu'une politique économique plus centrée sur leur propre marché leur permettrait de croitre plus vite. La crise US de 2008 a détruit une grande quantité de capitaux provenant des riches d'Europe ou d'Asie. Quant au matelas de dollars des puissances excédentaires, il ne sert à rien puisque son usage ferait immédiatement s'effondrer le cours du dollar vaporisant d'un seul coup toute cette richesse fictive faite de promesses de remboursement sur la dette américaine.



La réponse à cette question est double. Il y a d'abord une filiation directe entre les élites des pays du monde entier et celle des USA. Marx rêvait d'une internationale socialiste, il va bien falloir se rendre à l'évidence que l'internationalisme pratique est surtout vrai chez les élites économiques. Et même si elles parlent mal le français il y a fort à parier aujourd'hui que les riches français ou britanniques se sentent plus proche des riches américains ou indiens que de leurs concitoyens socialement inférieurs. Il est possible que les nouveaux médias et les transports rapides aient réellement réussi à mettre en place une hyperclasse mondialisée qui se pense comme un corps collectivement soudé. Même si des tensions peuvent apparaître entre elles, elles restent ensemble pour défendre leurs intérêts généraux à l'échelle mondiale. Les USA sont ici le socle culturel légitimant et protégeant cette nouvelle classe mondiale qui fait peu de cas de l'effondrement de tel ou tel petit pays. Cette classe ayant une vision mondiale et se sentant partout chez elle, comme disent les soi-disant « citoyens du monde », peu importe pour elle le destin de leur pays d'origine. Une telle vision peut effectivement permettre d'expliquer en partie le comportement de certains dirigeants. On peut aussi imaginer que comme dans tous les groupes humains il y a des idées reçues, des « croyances » qui permettent au groupe de créer un langage commun permettant l'assemblage de personnes aux origines très différentes. Le libre-échange et la libre circulation des capitaux faisant partie du socle indiscutable de la« culture » de ces mondialistes.



On peut aussi voir ces choix contraires à la raison et aux intérêts nationaux comme le résultat de simples calculs d'intérêts de classe à court terme. La croissance par l’excédent commercial n'est possible que si l'inflation est relativement basse dans un pays. En effet, l'inflation nuit à la compétitivité externe d'une nation. En faisant miroiter, que la croissance ne peut s'obtenir que par l'excédent commercial, les riches utilisent un argument qui permet de neutraliser définitivement les revendications des salariés locaux. Bien évidemment comme tous les pays du monde ne peuvent avoir d'excédents en même temps il faut bien une nation pour absorber ces excédents planétaires, cette nation ce sont les USA. Les élites de l'Ancien Monde se servent dans cette hypothèse des USA pour maintenir de fortes inégalités sur leur propre territoire. Dans cette vision les USA sont un empire mondial par défaut, une nécessité pour maintenir la croissance sans inflation et sans hausse des salaires. Seulement le problème que Keynes avait si bien vu c'est que par nature la hausse des gains de productivité entraine un besoin toujours plus croissant en terme de demande. La contradiction du système actuel c'est que le modèle fondé sur la demande US n'est plus valable, mais qu'aucune oligarchie locale européenne ou asiatique n'est prête à renoncer à ses rentes pour relancer la croissance économique mondiale. En Europe on voit bien que les rentiers sont prêts à plonger le continent dans la misère pour ne pas fermer les frontières commerciales et pour relancer une croissance nécessairement plus égalitaire et inflationniste. Si le protectionnisme est si détesté, c'est bien parce qu'il est le seul outil réellement efficace pour réduire les inégalités. Et çà les riches l'ont bien compris.

 

Les officines néolibérales choisissent la dépression



Comme il n'y a plus de portes de sortie possibles dans le système mondial actuel. Qu'il est impossible de maintenir à la fois la croissance économique et la croissance des revenues de la rente financière, en tout cas en Europe. Les riches ont décidé qu'il n'y aurait plus de croissance sur le continent. Il ne faut donc guère s'étonner de voir fleurir des politiques visant à réduire toujours plus la demande en Europe. C'est le résultat de la collusion entre les croyances des imbéciles du néolibéralisme qui continuent de croire en leurs fadaises et les intérêts de la rente et de la finance européenne. Une finance qui juge à juste titre impossible l'adéquation entre croissance et intérêt financier en Europe. Les riches d'Europe ont compris que le continent n'avait plus d'avenir en régime de libre-échange à son niveau de vie moyen actuel de salaire. Les flux de dollars allant surtout alimenter la croissance asiatique. Le seul moyen de réenclencher la croissance serait de faire une forte dévaluation et du protectionnisme ce qui serait fortement contraire aux intérêts de la finance européenne. Ils vont donc plutôt aller vers la stratégie du pire exactement en faisant des purges ultraviolentes. À l'image de ce qui s'est passé en Amérique latine dans les années 80-90. Ces politiques pour riches ont déjà commencé et c'est en Grèce que c'est le plus spectaculaire. Cependant il ne faut pas oublier nos amis britanniques qui détruisent toujours plus leur propre société pour maintenir la finance anglaise en état. La totalité des pays européens sera touchée. Il faut s'attendre même en France à des réductions de salaire extrêmement importantes. On voit déjà poindre le retour de Bolkestein pour faire baisser les salaires des emplois non-délocalisables. Après l'élection du nouveau gounerneur de la France on devrait voir poindre des politiques de suppression du SMIC, en attendant la suppression de la sécurité sociale et des allocations chômage. Ces politiques aggraveront considérablement la crise économique, mais maintiendront l'euro à son niveau actuel et les intérêts de la finance seront sauvegardés. Du moins si quelques inconvénients politiques ne mettent pas fin aux calculs financiers comme cela fut le cas dans les années 30...

 

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Chiron 29/04/2012 13:30


Bonjour chère Charlotte !


 


Voici mon dernier post :


 


 


Bonjour !


 


 


 


La Torture existe en France


 


 


 


Voilà, elle ne dit pas son nom mais elle existe,


 


 


 


Cela fait des années que je subis des intimidations morales de la part de la mairie de Oignies


 


 


 


J'accuse le maire parti socialiste Jean Pierre-Corbisez de la mairie de Oignies de partiqué des méthode NAZIES


 


 


Cela fait plusieurs fois que je me déplace dans different commissariats...


 


 


 


Une page de plus sur cette MAFIA ps


 


 


 


 


 


 


A suivre,


 


 


 


 


 


 


Corinne Bizart  


 


 Bises, Corinne