L’Enfer du TSCG et les pavés des bonnes intentions de François Hollande

Publié le par Charlotte sceptix

par rakosky (son site) mardi 26 juin 2012 -

Ainsi donc toute chose arrivant à son terme, le 28 ET 29 Juin le sommet européen aura à son ordre du jour la ratification du TSCG.

Ce traité dont la presse commence à peine à oser évoquer le nom a fait l'objet d'une telle occultation que l'on ose à peine se demander ce qu'il peut contenir de si épouvantable pour que les peuples d'Europe soient ainsi maintenus dans l'ignorance de son contenu.

François Hollande l'avait dit avec force moulinets et hochements de menton, Merkel allait voir ce qu'elle allait voir, pas de nouveau traité sans une clause de croissance.

Les jours et les mois ont passé et quelques tartes à la crème lancées, qui toutes avaient en commun de laisser intact le fameux traité et d'avoir été gentiment repoussées.

Le G 20, dans son immense bonté accouchait d'une déclaration sur la 'croissance ' qui au mieux n'aurait pu être qu'une vague promesse, mais dont le Président Obama a donné le contenu, poursuite des réformes structurelles, allègement des coûts du travail, réduction des déficits... toutes mesures justement incluses dans le TSCG.

Hollande criait victoire et quelques commentateurs serviles faisaient semblant d' y croire et le TSCG, comme le canard de Robert Lamoureux était toujours vivant.

 

En Allemagne,l'affaire semblait acquise, les groupes parlementaires des Verts et du SPD avaient donné leur accord pour la ratification du traité, les uns trahissant les travailleurs allemands et les autres les canards sauvages dont je ne vois pas ce qu'ils ont à gagner à cette ratification.

En échange de ce vote, nos députés socialistes et écologistes de marché avaient demandé comme plat de lentilles la taxe sur les produits financiers, mesure dérisoire qu'ils n'ont même pas obtenue, ce qui arrache ce cri de désespoir et d’inquiétude à un représentant des Verts mondialisés :

"Quiconque tente de jouer des tours risque de faire échouer le pacte budgétaire", a mis en garde Volker Beck, haut responsable des Verts.

Ce monsieur n'est inquiet ni pour les salades, ni pour la survie des gorilles de Bornéo, il tremble et transpire pour l'avenir du pacte budgétaire et surtout sur sa capacité à l'imposer aux travailleurs allemands.

Inquiétude pas tout à fait infondée puisque 2 des principaux syndicats allemands VER.DI et le syndicat des enseignants viennent de se prononcer contre la ratification du nouveau traité européen.

 

L'inquiétude de ce député Vert allemand est en fait celle des classes dirigeantes de toute l'Europe, les peuples sont si têtus et obstinés, la révolte gronde et menace dans toute l'Europe contre une politique qui étouffe tous les peuples et menace l'existence même des nations.

Le Parti socialiste se retrouve donc à la croisée des chemins, Hollande en ratifiant ce traité mettrait fin à sa courte et fulgurante carrière de Président, l'ensemble des pouvoirs qui constituent les attributs de la souveraineté seraient transférés à Bruxelles.

La plus infâme des dictatures se mettrait en place, imposant la réduction des déficits publics, des économies de 80 à 90 milliards par an sur le budget de la Nation soit 1,5 le budget de l’Éducation Nationale, la mise sous tutelle de la la Troïka... Peut-on imaginer plus funeste sort pour un pays ? Peut-on imaginer que les partis socialistes d' Europe puissent devenir les fossoyeurs de la civilisation européenne, les liquidateurs de toutes les conquêtes ouvrières, des fondements de la démocratie.

Regardons vers la Grèce et toute l’ignominie et l'abaissement que représente la composition du nouveau gouvernement.

Le banquier Vassilis Rapanos , un vieux routier de la gestion économique grecque, proche des socialistes, a été nommé jeudi au poste crucial de ministre des Finances du nouveau gouvernement grec, a indiqué le porte-parole Simos Kedikoglou.

M. Rapanos, 65 ans, sera assisté par Christos Staïkouras, 38 ans, conseiller économique du Premier ministre de droite, Antonis Samaras, nommé ministre-adjoint.

Le conservateur Dimitris Avramopoulos reçoit le portefeuille des Affaires Etrangères de ce gouvernement de coalition soutenu par la droite Nouvelle-Démocratie, les socialistes Pasok et la gauche modérée (Dimar).

La nouvelle équipe doit prêter serment à 16H00 GMT avant un premier conseil des ministres une heure plus tard, a précisé M. Kedikoglou. M. Rapanos, crédité par des médias grecs de se trouver à Luxembourg pour lé réunion de l'Eurogroupe prêtera serment ultérieurement, a-t-il ajouté.

Le portefeuille de la Réforme de l'administration, déterminant pour le grand chantier de modernisation et rationalisation de l'appareil d'Etat, est confié à une personnalité de gauche, Antonis Manitakis.

Comme le réclamaient les armateurs grecs, le cabinet, qui compte 16 ministres, une composition resserrée, inclut à nouveau un ministère de la Marine marchande, confié au conservateur Costas Mousouroulis.

Toute la pourriture du vieux monde dans un communiqué de l'AFP, un banquier proche des socialistes.... et de Goldman Sachs comme conseiller économique.

La Réforme de l'Administration, c'est à dire la liquidation de ce qui reste de services publics, la rationalisation de l'appareil d'état, c'est-à-dire le licenciement de dizaines de milliers de fonctionnaires ... toute cette vilaine besogne confiée à une personnalité de gauche.

Et pour finir, un petit cadeau aux armateurs, un ministère de la Marine marchande, confié à un conservateur, les socialistes n'étant là que pour frapper sur les pauvres.

Mais regarder vers la Grèce c'est aussi regarder vers la coalition Syriza, vers les millions de travailleurs qui ont prolongé par leur vote les grèves générales et la révolte sociale qui ont balayé tout le pays, les grandes villes ouvrières et les quartiers populaires qui ont voté massivement pour chasser le mémorandum et la Troïka.

Regarder vers la Grèce c'est aussi regarder vers ces milliers de militants et de syndicalistes du PASOK en révolte ouverte contre la politique de la direction de leurs partis, comme le sont des milliers de militants, de cadres et de dirigeants du PSOE, du SPD et des grands partis socialistes d'Europe qui disent Non à la dictature du TSCG, Non à la ratification du Traité de la honte.

 

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