Le dernier Haïkus d' H. Van Rompuy

Publié le par Charlotte sceptix

 

Van Rompuy présente son recueil de haïkus

Rédaction en ligne

jeudi 15 avril 2010, 18:57

Herman Van Rompuy, a présenté ce jeudi à Bruxelles son premier recueil de haïkus, « une forme de poésie légère » à la mode japonaise. Les haïkus, écrits en néerlandais, sont traduits en français, anglais, allemand et… latin.

Van Rompuy présente son recueil de haïkus

Pierre-Yves Thienpont – Le Soir

 

 

Herman Van Rompuy présente son recueil de haïkus. Les haïkus sont de brefs poèmes japonais. L’article et la photo sont ici :

http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-04-15/van-rompuy-presente-son-recueil-de-haikus-764586.php.

 

 

 

Deux ans plus tard, Herman Van Rompuy nous présente son nouveau recueil de haïkus intitulé : « Je m’enfonce dans l’océan humide de ma Destinée. »

Le bateau euro
Est en train de prendre l’eau
A cause de l’iceberg

En morceaux tombé
Le bateau s’est disloqué
C’est l’affolement

« Courez ! » crient les sages
« Les canots de sauvetage
Femmes et enfants d’abord ! »

Dans ce Titanic
Certains prient, d’autres paniquent
D’autres rient, ou pleurent

Jose Barroso
Boit des bouteilles de Porto
Noyant son chagrin

Mario Draghi
Crie : « Fini ! Tout est fini
Comme Gianfranco ! »

Catherine Ashton
Est tombée dans les pommes
Couchée, la baronne

Christine Lagarde
Rigole quand elle me regarde
On dirait une folle

Elle dit : « Faut pas s’en faire !
Les clignotants sont au vert ! »
Elle ne comprend rien

Jean-Claude Trichet
A la retraite s’en est allé
Seul sur son radeau

Le navire coule
Les rats quittent le navire
Ils ont bien raison

Moi, je ne bouge pas
Je récite à haute voix
Tous mes haïkus

Moi, je reste à bord
Je n’ai pas peur de la Mort
Je vais me noyer

J’ai de l’eau jusqu’au
Menton. Mais peu me chaut
Mon œuvre restera

J’imagine déjà
L’épave du Titanic sera
Un restaurant

Les requins viendront
En morceaux ils tailleront
Mon cadavre bleu

Les petits poissons
Mon cadavre finiront
Mais pas mes lunettes

Les derniers lambeaux
Du Titanic « ZONE EURO »
Seront mes lunettes

Mes lunettes seront
Seules, reposant tout au fond
De la mer mouillée

(Herman Van Rompuy, « Je m’enfonce dans l’océan humide de ma Destinée », Poésie Gallimard, décembre 2012, dix-neuf francs cinquante)

Vu ici dans le commentaire de BA

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