Les cinq phases de la faillite grecque

Publié le par Charlotte sceptix

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▪ La Grèce pourrait faire défaut entre fin février et fin mars, si l’on en croit ma collègue Cécile Chevré, qui rappelait il y a quelques jours les dates à surveiller pour nos amis hellènes.

Entre dates de refinancement et échéances de prêts, les semaines qui viennent seront dangereuses pour la Zone euro.

Les gens en viennent à penser ce qu’ils doivent penser, nous dit souvent Bill Bonner, pour arriver là où M. le Marché veut les mettre — en l’occurrence à la désagrégation d’un système financier basé sur l’argent facile et l’endettement à l’excès.

Mais que d’atermoiements, d’hésitations et de regimbages pour en arriver là !

Peut-être en va-t-il de même pour une catastrophe économique que pour un deuil ou une séparation ? Selon certains spécialistes de la psychologie, il faut en passer par cinq phases successives avant d’accepter pleinement le destin — phases qui se décomposent comme suit :

1) Le refus — la négation de ce qui arrive : pas question que la Grèce fasse défaut, voyons, c’est impossible, ça n’arrivera pas, jamais de la vie, nous ne laisserons pas faire ça ! C’est ce qu’on entendait il y a quelques mois de ça un peu partout, tant dans les médias que parmi les politiques.

2) La colère, mêlée d’amertume : quant à cette phase, il suffisait pour la constater d’ouvrir un journal allemand vitupérant contre les poches percées et le manque de discipline des Grecs… ou de se rendre sur la place Syntagma en pleine période d’émeute.

3) Le marchandage, qui apparaît généralement quand une lueur d’espoir s’allume : et que je t’échange 130 milliards d’euros contre 20% de salaire minimum en moins, et que je t’accorde une décote de 70% contre un déficit ramené à 120% en 2020… Je dirais que cette phase bat encore son plein actuellement, bien qu’on passe tout doucement à la phase numéro…

4) La tristesse, parfois mêlée d’un intense sentiment de solitude : regardez par exemple le groupe d’entrepreneurs grecs qui a fait passer hier dans Les Echos une pleine page de pub nous implorant de “donne[r] sa chance à la Grèce”. Ce n’est sans doute pas de gaieté de coeur qu’ils en sont arrivés à décider d’un tel geste… et honnêtement, j’ai eu la gorge un peu serrée en découvrant cet appel (transmis par ma collègue Claire Diaz, de Protection & Rendements).

Et la dernière phase, me direz-vous ? C’est celle avec laquelle vient la sérénité :

5) L’acceptation — dont il me semble qu’elle commence à se faire visible, de-ci de-là, dans certains journaux. Car la Grèce va faire défaut, c’est presque couru d’avance… et ce serait peut-être la meilleure solution, plutôt que de continuer à empiler les dettes et à étouffer le pays sous l’austérité.

Peut-être que ce sera un défaut ordonné, maîtrisé par les autorités européennes… ou une déroute brutale qui prendra tout le monde par surprise.

Quelle que soit l’issue, le système économique et financier européen n’en sortira pas indemne — et il en ira de même pour l’épargne de millions de Français. Simone Wapler et Mory Doré ont réalisé plusieurs simulations de crises possibles, notamment concernant le dénouement de la situation grecque… et leurs conclusions sont sans appel : il faut mettre en place des mesures de protection à votre niveau.

N’attendez pas qu’il soit trop tard !

Meilleures salutations,

Françoise Garteiser
La Chronique Agora

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