Les Etats, pantins de la finance

Publié le par sceptix

Les Etats, pantins de la finance

Il écumait visiblement de rage. Mardi, alors qu’il achevait une visite à Bruxelles, José Luis Zapatero s’est vu obligé de démentir les rumeurs de salles de marché qui prêtaient à l’Espagne l’intention de solliciter incessamment l’aide du FMI et aux agences de notation celle d’abaisser la note de sa dette souveraine

Il écumait visiblement de rage. Mardi, alors qu’il achevait une visite à Bruxelles, José Luis Zapatero s’est vu obligé de démentir les rumeurs de salles de marché qui prêtaient à l’Espagne l’intention de solliciter incessamment l’aide du FMI et aux agences de notation celle d’abaisser la note de sa dette souveraine. Dépitant hoquet de l’histoire que celui qui rabaisse le chef du gouvernement de la neuvième économie du monde à des acrobaties justificatrices devant des opérateurs de marchés grisés par la perspective d’une contagion de la crise grecque au reste de la zone euro.

Flash-back. Il y a un an et un mois, le même José Luis Zapatero avait fière allure sur la photo de famille du G20 de Londres. A l’issue de ce sommet que Barack Obama avait qualifié d’«historique par ses enjeux et par les solutions trouvées», les leaders des vingt plus grandes puissances avaient proclamé l’avènement d’un nouvel ordre mondial. Deux piliers devaient l’asseoir: des milliers de milliards pour relancer les croissances anémiées par la crise et un encadrement strict des banques et des marchés dont les errements, rançon de décennies de libéralisation débridée, avaient précipité la planète au bord du gouffre. «La part d’ombre du système bancaire, y compris les hedge funds, est dans les filets de la surveillance», se félicitait Gordon Brown, le grand ordonnateur de la réunion. Ceux qui croyaient alors qu’en reposant les règles du jeu, les Etats reprendraient la main sur la finance et que celle-ci redeviendrait ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, un lubrificateur au service de l’économie, peuvent aujourd’hui déchanter.

Le mythe d’une «coordination» des actions étatiques s’est consumé dans la calamiteuse gestion de la crise grecque par l’Europe. Celui d’une réglementation renforcée des acteurs financiers aussi a vécu. Tout au plus quelques mesurettes ont été prises pour grever les faramineux bonus des banquiers. Du G20 de Londres, il ne reste plus que de navrantes opportunités manquées. Les gouvernements n’ont pas remis la finance au pas. Plus que jamais, ils subissent sa loi.

Source : LeTemps.ch

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