Professeurs ou serviteurs ?

Publié le par sceptix


  Qu'est-ce qu'"agir en fonctionnaire responsable" ? Vaste question, à laquelle devront répondre en dix minutes les participants aux prochains concours du Capes et de l'agrégation. Un conseil aux prétendants : évitez de répondre "désobéir si un ordre heurte la morale professionnelle...

LES MOTS

Un décret publié le 6 janvier 2010 fixe les modalités d'organisation des prochains concours du Capes et de l'agrégation. Surprise ! A l'oral, les participants devront disserter "à partir d'un document fourni par le jury (dix minutes) et entretien avec le jury (dix minutes)" sur la compétence "Agir en fonctionnaire de l'Etat et de façon éthique et responsable".

Le Bureau national du Syndicat National des Chercheurs Scientifiques (SNCS) se révolte : "Ce n'est hélas pas la première fois dans l'histoire contemporaine qu il est exigé des aspirants fonctionnaires de fournir des preuves de loyauté envers l'État", en référence aux pratiques qui avaient cours sous Pétain. "Cette disposition détestable est dans l'air du temps [...] le gouvernement entend instaurer le contrôle des opinions et la mise au pas des consciences" affirme le communiqué daté du 21 janvier.

Mieux vaut prévenir que guérir ?

Force est de constater que la chasse aux enseignants "désobéisseurs" est ouverte. Alain Refalo a été rétrogradé d'un échelon l'année dernière. Une sanction disciplinaire de catégorie 2, donc, soit la sanction qui a le plus de conséquences financières sur son salaire (1700 euros par an). Les exemples se suivent et se ressemblent...

Un tiers des enseignants n'ont pas envoyé leurs évaluations en 2009

Gilles Lehmann en a aussi fait la douloureuse expérience. Il avait refusé de transmettre les résultats de ses évaluations qu'il menait "à sa sauce", c'est à dire sur trois semaines au lieu de trois jours. Lundi 18 janvier, il a été sorti de sa classe. Suspendu. Sanction d'habitude réservée pour "des choses gravissimes (…) violences, pédophilie, alcoolisme" affirme le collectif des "200 maîtres". "Doit-on comprendre que le ministre a décidé de sortir bientôt de leur classe manu militari les milliers d'enseignants qui, d'une façon ou d'une autre, refusent de mettre en œuvre le protocole national (au moins 30% de la profession l'an dernier) ?" ajoute le communiqué.

Après le serment d'Hippocrate des médecins... le serment d'hypocrite des enseignants ?

Source "Les mots ont un sens")


Publié dans Enseignement

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