Retour sur le génocide des Tutsi

Publié le par Charlotte sceptix

 

L’ implication française dans le génocide tutsi

par Jean Chatain

 

En hommage à Jean-Paul Gouteux, dont le livre La Nuit rwandaise paru aux éditions l’Esprit frappeur joua un rôle pionnier pour éclairer l’implication française dans le dernier génocide du XXe siècle, un collectif s’est constitué autour de cette maison d’édition et publie une revue faisant annuellement le point des connaissances et des débats concernant les responsabilités politico-militaires de l’Élysée mitterrandien et du gouvernement de cohabitation en place en 1994, lors de ce crime massif contre l’humanité.

Exceptionnellement cette année, deux livraisons sont prévues  : la première livre le rapport de la commission rwandaise (dit rapport Mucyo) chargée de faire la lumière sur cette question  ; une seconde devrait reprendre les quatre numéros antérieurs de collecte de documents et de témoignages.

Une raison pour cela  : l’importance du rapport Mucyo, attestée par la grande fureur des milieux militaires de notre pays s’estimant lâchés en rase campagne par le gouvernement de Sarkozy (porte-parole du gouvernement Balladur en 1994), qui, lui, juge plus habile de feindre de ne pas être au courant. Neuf officiers supérieurs ont ainsi porté plainte contre la revue la Nuit rwandaise, qui s’était déjà fait l’écho du document.

En fait, depuis le génocide de 1994, les autorités françaises successives n’ont cessé de s’inquiéter des accusations de complicité active s’accumulant à leur encontre. Cela dès le début de la guerre civile  : en octobre 1990, quarante-huit heures après les premiers combats, l’Élysée donne le coup d’envoi de l’opération « Noroît »   ; à la fin du mois, les premiers massacres «  ethnistes  » sont perpétrés dans le nord du pays.

Une «  répétition générale  » de la folie de sang programmée quatre ans plus tard à travers le Rwanda.

Le rapport Mucyo a compilé des témoignages inédits et des sources multiples (rwandaises, françaises, belges, d’institutions internationales). Pour tous ceux cherchant à y voir clair, il constitue une référence incontournable et sa publication est donc une besogne de salubrité publique.

Jean Chatain

Publié le: 9 juin
A voir: Humanite.fr

Présentation du livre: La France au coeur du génocide des Tutsi

 

Ce livre est d’un genre peu habituel.

D’abord par son ampleur : plus de 1500 pages en un seul volume !

Ensuite par la quantité et la qualité des informations qu’il contient, ainsi que la variété des sources que l’auteur croise : enquêtes et reportages journalistiques ; investigations réalisées par des institutions parlementaires (Assemblé nationale en France, Sénat en Belgique) et par des organisations internationales (ONU, ex-OUA) ou de défense des droits de l’homme (Human Rights Watch de Washington, African Rights de Londres).

S’y ajoute une masse d’informations puisées dans des travaux universitaires, dans des récits de témoins ou de rescapés du génocide.

Il exhibe aussi de nombreux documents issus de ce qu’il est convenu d’appeler les « archives Mitterrand ».

Si Jacques Morel a pu mobiliser une si grande quantité de documents d’archives est-ce à dire que des universitaires ne pouvaient pas y accéder ? Pourquoi diable ne s’en servent-ils pas ? À moins que d’aucuns n’aient décidé d’en faire un usage sélectif. Ce qui n’est pas sans poser problème du point de vue de l’historien.

Oui, ou non, la France porte-t-elle des responsabilités dans l’histoire du génocide commis en 1994 au Rwanda ? Assurément le livre de Jacques Morel vient à point nommé pour que l’on se pose des questions toujours d’actualité.

Jacques Morel, titulaire d’un 3ème cycle en mathématiques appliquées a travaillé comme ingénieur statisticien et informaticien au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Strasbourg et se trouve aujourd’hui à la retraite.

Conscient d’être impliqué comme citoyen français et contribuable dans le génocide des Tutsi rwandais en 1994, il découvre dans les notes des conseillers du Président de la République que les Tutsi ont été considérés comme les ennemis de la France et que celle-ci aura ainsi été de connivence depuis 1990 avec ceux qui voulaient exterminer tous les Tutsi.

L’attentat contre l’avion présidentiel, le coup d’État qui a institué le gouvernement génocidaire, l’assassinat des politiciens artisans des accords de paix, le génocide, l’opération militaire de secours lancée par la France, sont les phases d’un même plan qui visait à l’éradication des Tutsi.

A LIRE :

Consulter l’intégralité du livre en ligne ;

Le communiqué de L’Esprit Frappeur/Izuba : sortie du livre le 2 avril 2010 ;

La préface de José Kagabo

L’attentat du 6 avril : pistes pour une enquête jamais faite

Conclusion : L’État français, État criminel

Erratum de la version 1.0 du 2 avril 2010

Où acheter La France au cœur du génocide des Tutsi

« Est-il normal que la France ne soit pas sanctionnée par les Nations Unies, alors qu’elle a manifestement violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, par exemple en refusant délibérément d’arrêter les auteurs du génocide pendant l’opération Turquoise ? »

« L’État français va-t-il tarder encore longtemps à reconnaître ses crimes, et verser des réparations aux victimes ? »

« Enfin, est-il pensable que les responsables politiques et militaires français n’ai pas à répondre de leurs actes ? »

__

Ce livre, avec une préface de José Kagabo, maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales, fait le point sur l’implication de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 à partir de documents et témoignages connus jusqu’à ce jour. Par la richesse de son information il sera un document incontournable pour apprécier le rôle de la France dans un génocide qui n’aurait sans doute pas été exécuté si la France n’était pas intervenue là-bas, pour prendre la place de l’ancienne puissance coloniale et participer à la mise en œuvre d’une machine qui a tué au minimum un million de personnes sans jamais chercher à l’arrêter.

http://www.lanuitrwandaise.net

 

Sur l'opération "Noroit" voir l'article de décembre 1998 de Voltairenet :

Motifs et modalités de mise en oeuvre de l'opération Noroît

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article