Tabac : les gènes prédisent si vous pouvez arrêter de fumer

Publié le par Charlotte sceptix

 

Par Janlou Chaput, Futura-Sciences

 

Les personnes possédant des variants génétiques susceptibles de les rendre gros fumeurs sont celles qui répondent le mieux aux traitements antitabagiques. Cette étude conclut qu'en regardant l’ADN, il est possible de prédire l’efficacité des thérapies et offrir un traitement personnalisé aux accros à la nicotine qui souhaitent arrêter de fumer. Une avancée intéressante en cette Journée mondiale sans tabac.

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Le 31 mai, c’est la Journée mondiale sans tabac, à l’initiative de l’OMS. L’occasion pour ceux qui souhaitent arrêter de fumer de franchir le pas. Une épreuve toujours très difficile à surmonter car la dépendance à la nicotine est forte et beaucoup de ceux qui s’y risquent ne parviennent pas à décrocher.

Des chercheurs de la Washington University de Saint-Louis (Missouri) viennent de montrer qu’il suffisait de regarder de plus près certains gènes pour envisager la meilleure thérapie pour stopper sa consommation tabagique. Leur expérience est largement expliquée dans l’American Journal of Psychiatry.

Un cluster de gènes contre la dépendance à la cigarette

Cette étude se base sur la relation entre certains variants génétiques impliqués dans la dépendance à la nicotine et la capacité à arrêter de fumer et de répondre aux traitements aidant au sevrage tabagique. Parmi les sujets, 5.216 accros à la cigarette étaient suivis pour noter à quel âge ils arrêtaient de fumer. En parallèle, 1.073 autres personnes participaient à un essai clinique pour un médicament censé les pousser à décrocher.

« Celle-là, c'est ma dernière cigarette ! » La volonté ne suffit pas toujours pour arrêter de fumer, des traitements permettent de décrocher du tabac. Mais il faut regarder ses gènes pour savoir ceux qui fonctionneront le mieux.
« Celle-là, c'est ma dernière cigarette ! » La volonté ne suffit pas toujours pour arrêter de fumer, des traitements permettent de décrocher du tabac. Mais il faut regarder ses gènes pour savoir ceux qui fonctionneront le mieux. © catatronic, Fotopédia, cc by nc sa 2.0

Les gènes étudiés sont au nombre de trois et forment un cluster, c’est-à-dire qu’ils codent tous pour la même protéine, dans ce cas le récepteur à la nicotine. On l’appelle Chrna5-Chrna3-Chrnb4. Ces fragments d’ADN peuvent varier d’un individu à l’autre et donc induire une réponse différente à la consommation de tabac ainsi qu’aux thérapies.

C’est exactement ce qui a été découvert. Les fumeurs possédant certains variants, dits à risques élevés, stoppent la cigarette deux années plus tard que ceux dépourvus de ces allèles et connaissent plus de difficultés à arrêter de fumer sans aide médicamenteuse. En revanche, ils ont trois fois plus de chance de répondre aux traitements antitabac, comme les gommes à la nicotine, les patchs, les antidépresseurs tels le bupropion, parmi d’autres.

L’addiction au tabac ne passe pas que par les gènes

Pour les auteurs, la découverte est de taille. En définissant le génotype du patient qui manifeste son désir d’arrêter de fumer, on pourra lui proposer un traitement adapté et personnalisé, donc plus efficace.

De précédentes études précisaient que les gènes n’avaient qu’un faible impact sur l’addiction à la nicotine. Ce travail semble lui démontrer leur rôle important dans la réponse aux traitements médicamenteux proposés.

Cependant, il est nécessaire d'insister sur l’importance de l’environnement dans les processus de dépendance. La cigarette serait consommée le soir pour se détendre chez 93 % des fumeurs et se révèle indispensable après le repas pour 74 % des sondés ou après l’amour pour 10 % d’entre eux. Le sevrage tabagique passe donc aussi par un changement d’habitude et de mode de vie.

 

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