Chut ! MAM est trainée en justice.

Publié le par sceptix

Comme vous l’avez peut-être raté (on ne peut pas tout voir) je souhaiterais attirer votre attention sur Le Point en vente cette semaine.

Et plus particulièrement, sur un petit article de Sophie Coignard, page 76, sur une demi-page.

C’est titré : « la fondation de MAM devant la justice ».

Déjà, ces deux signaux contradictoires devraient systématiquement alerter un lecteur normalement vigilant.

Oui, deux signaux.

Premier signal : une ministre importante est traînée en justice.

Deuxième signal : l’info est traitée sur une demi-page, p. 76.

A priori, il y a un loup. Michelle Alliot-Marie, ministre de Sarkozy traînée en justice, normalement, ça devrait faire l’ouverture du magazine (surtout que c’est un scoop. Personne d’autre n’en a parlé). Ou alors, c’est que le journal sait, après enquête, que cette poursuite est fantaisiste, ou abusive, et dans ce cas, soit il n’écrit rien, soit il écrit... que la poursuite est fantaisiste ou abusive.

Rien de tel. Sophie Coignard semble considérer cette poursuite comme tout à fait sérieuse. Mais son journal n’en a pas moins décidé de la reléguer page 76, sur une demi-page.

Je vous résume ce que j’ai compris de l’article.

Alors ministre de la Jeunesse et des sports en 1994, MAM avait créé une fondation afin de fournir un statut aux bénévoles. Cette fondation passe un contrat avec une société, EAR, dirigée par Christian Beder, qui lui fournit une base de données sur les associations employant des bénévoles. Très bien. Mais au bout de quelques années, les relations se rompent, et la fondation de MAM refuse de payer les factures envoyées par EAR.

Et voilà où commence l’affaire. Alors que les relations se tendent, EAR est victime, écrit Coignard, d’une « extraction informatique de grande ampleur, avec copie de plus de 600 000 fiches ».

Bigre !

Si vous ne savez pas ce qu’est une « extraction informatique », c’est une sorte de cybereffraction. Hop, un ordi pénètre dans votre ordi, pique 600 000 fiches, et en emporte une copie sans vous laisser de carte de visite.

Oups !

Mais le meilleur est à venir. Qui sont ces cyber-Lupin qui ont piqué les fiches de la société en bisbille avec la fondation MAM ? Il s’agit (et c’est établi) de la Direction du Renseignement Militaire, à l’époque où la ministre de la Défense s’appelait... Michelle Alliiot-Marie.

Cette direction a d’ailleurs reconnu les faits : le cybercasse avait été conduit « dans le cadre d’une expérimentation ».

Des grandes manoeuvres, en quelque sorte.

Et ce n’est pas tout. Je n’en ai pas fini avec cette demi-page du Point. En passant, Coignard égratigne la famille MAM.

À qui MAM a-t-elle transmis les rênes de sa fondation ? À son père, Bernard Marie (président) et à son beau-frère, Jean-Pierre Olive (délégué général). Qui a-t-elle fait travailler ? Un certain Florimond Olive, neveu de MAM. Et comment s’appelle aujourd’hui la chef de cabinet de MAM à l’Intérieur, qui a répondu à Coignard ? Ludivine Olive, petite-fille du président, fille du délégué général, et nièce de la ministre.

Vous, je ne sais pas. Mais moi, je serais rédacteur en chef du Point, il me semble que j’aurais commandé deux doubles pages.

Première double page : toi, le spécialiste militaire, dis-nous donc ce qu’il en est de ces cybermanoeuvres informatiques. C’est courant, ces « extractions » ? C’est légal ? C’est contrôlé ? C’est déclaré quelque part ? La nièce de MAM assure qu’elle (et donc aussi sa tante) ne connaissait pas ce délicieux usage. Ça se passe donc à l’insu du cabinet du ministre ? Bizarre.

Deuxième double page : la famille MAM. Elle a l’air sympa, cette famille. Ils ont l’air mignon, ces Florimond, ces Ludivine, tous ces Olive. Ça vaudrait peut-être une petite saga familiale, non ?

Mais tous ces détails n’ont certainement aucune importance. Et c’est sans doute pour ne pas lasser leurs lecteurs, que l’hebdomadaire a écrasé toutes ces informations sur une demi-page, page 76.

Par Daniel Schneidermann, pour Arrêt sur images
 



Cet article a été édité en Décembre 2007, je pense que beaucoup sont comme moi, c'est à dire pas au courant. Je ne sais si des suites ont été données à cette affaire. Je me renseigne et promis, "j'vous dit quoi !"







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B
ce qui est fort si on suit l'affaire comme moi c'est qu'on s'appersoit que la societe EAR n'etait pas fournisseur de la fondation de MAM mais qu'ils répondaient a un appel d'offre. leur tarif? 300 000€ par an pour un site Web!la fondation en question aurait choisi un autre fournisseur a 30 000€ pour un site equivalent mais qui ne coutait q'une fois!quand on sait que le fameux EAR a offert le site a un concurent pour le meme usage (assurer des benevoles gratuitement) on se demande quelle est ce micmac. 
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C
Chaque semaine j'achète "le Canard" mais il ne me semble pas l'avoir lu. C'est pourquoi je voulais savoir si quelques-uns de vous en avait entendu parler.Bises
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C
Ca c'est énorme quand même !!! Et les journaux dits d'opposition sont-ils au courant ? Ce serait bien de leur envoyer l'article non ?
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