Les non dits sur l'accord sécuritaire Irak-Etats-Unis

Publié le par sceptix



Les Etats Unis gardent en otage quelques 50 milliards de dollars de
l'argent irakien dans la Banque de la Réserve Fédérale de New York, pour forcer
le gouvernement irakien à signer un accord considéré par beaucoup d'Irakiens
comme le prolongement infini de l'occupation étasunienne. C'est l'information qui
été divulguée à The Independent.
Les négociateurs américains se servent de l'existence de 20 Mds de dollars dans
des jugements en souffrance aux Etats-Unis, pour forcer leurs homologues irakiens à
accepter les termes d'un accord militaire, dont les détails ont été rapportés il
y a à peine 3 mois.

Les réserves en devises de l'Irak sont actuellement protégées par un décret
présidentiel leur conférant l'immunité d'une retenue judiciaire, mais, dans ces
pourparlers, le camp américain a suggéré que si le mandat des Nations-unis, en
vertu duquel cet argent est retenu, expire et qu s'il n'est pas remplacé par ce
nouvel accord, alors les fonds irakiens perdront leur immunité. Le coût de cet
incident pour l'Irak serait la perte immédiate de 20 Mds de dollars. Les Etats-Unis
ont la capacité de menacer l'Irak de perdre de 40% de ses réserves en devise
étrangère, parce que l'indépendance de l'Irak est toujours limitée par la
légalité des sanctions et des restrictions onusiennes qui lui ont été imposées
depuis que Saddam Hussein a envahi le Koweït dans les années 90. Cela signifie que
l'Irak est toujours considéré comme une menace à la sécurité et à la
stabilité internationales en vertu du Chapitre VII de la Charte des
Nations-Unies. Les négociateurs américains disent que le prix à payer pour
l'Irak pour échapper au Chapitre VII est de signer une nouvelle "alliance
stratégique" avec les Etats-Unis.

Cette menace de la part des américains souligne l'engagement personnel du
Président George Bush à faire passer ce nouveau pacte. Bien qu'il s'agisse en
réalité d'un traité entre l'Irak et les Etats-Unis, Bush le décrit comme une
alliance et cet accord n'a donc pas besoin d'être soumis à l'approbation du
Sénat. Les Irakiens qui critiquent cet accord disent que cela signifie que leur
pays sera un Etat client dans le lequel l'Amérique détiendra plus de 50 bases
militaires. Les forces américaines auront la capacité de conduire des arrestations
de citoyens irakiens et de mener des campagnes militaires sans consultation avec le
gouvernement irakien et les soldats et les contractants américains bénéficieront
d'une immunité légale.

Les Etats-Unis ont précédemment nié vouloir des bases permanentes en Irak, mais
les négociateurs américains soutiennent que tant qu'il y aura une clôture
grillagée autour d'une installation américaine, même si elle est gardée par un
seul soldat irakien, alors l'Irak en a la responsabilité, et pas les Etats-Unis. Il
est vrai que ls Etats-Unis ont conclu des accords de sécurité avec de nombreux
pays du monde, mais aucun n'est occupé par 151.000 soldats américains comme
l'est l'Irak. L'Amérique ne souhaite même pas expliquer au gouvernement de
Bagdad quelles forces américaines entrent ou quittent l'Irak, visiblement par
crainte de voir le gouvernement irakien informer la population.

Le fait que les réserves financières de l'Irak, qui augmentent rapidement à cause
du prix élevé du pétrole, continuent d'être détenues dans la Banque de la
Réserve Fédérale de New York est un autre héritage des sanctions internationales
contre Saddam Hussein. En vertu du mandat des Nations-Unies, les revenus pétroliers
doivent être placés dans le Fonds pour le Développement de l'Irak qui se trouve
dans cette banque.Bien que le Trésor américain exerce une forte influence sur la
forme dans laquelle ces réserves sont détenues, ces fonds sont sous le contrôle
du gouvernement irakien. Les officiels irakiens disent que l'année dernière ils
voulaient diversifier leurs avoirs hors du dollar, étant donné sa dépréciation,
dans d'autres actifs, tels que l'euro, plus probablement pour maintenir leur valeur.
Le Trésor américain y a mis son veto.
Les officiels irakiens disent également que cette décision américaine a provoqué
la perte de l'équivalent de 5 Mds de dollars. Etant donnée l'intense pression
américaine exercée sur un gouvernement irakien , il est toujours probable que
l'accord sécuritaire soit passé avec quelques petites retouches. Mais il y a
toujours de bons espoir que le Grand Ayatollah Ali al-Sistani empêche ce pacte en
émettant une fatwa.

http://www.alterinfo.net/Les-non-dits-sur-l-accord-securitaire-Irak-Etats-Unis_a23595.html
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Publié dans Révolutions

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