L'Onu prolonge le mandat des forces de l'Otan en Afghanistan

Publié le par sceptix

L'Onu prolonge le mandat des forces de l'Otan en Afghanistan
Trafic de stupéfiants en Afghanistan: Moscou réïtère sa proposition de collaboration
Des renforts français en Afghanistan
Sortir du guêpier afghan ! (Député UMP)
 
 
L'Onu prolonge le mandat des forces de l'Otan en Afghanistan
 
 
NATIONS UNIES (Reuters) - Le Conseil de sécurité des Nations unies a prolongé à l'unanimité le mandat de la Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan (Isaf).
 
La reconduction pour un an, à compter du 13 octobre, de la mission de cette force sous commandement de l'Otan a été approuvée à l'unanimité des quinze membres du Conseil.
 
Sur l'insistance de la Russie, la résolution reconnaît "les efforts mis en oeuvre par l'Isaf et les autres forces internationales pour minimiser le risque de victimes civiles et les appelle à entreprendre des mesures supplémentaires à cet égard".
 
 
Trafic de stupéfiants en Afghanistan: Moscou prône une coopération OTAN-OTSC
 
NEW YORK (Nations unies), 22 septembre - RIA Novosti. Moscou espère que l'OTAN examinera de nouveau la proposition de coopération émise par l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) afin de lutter contre le trafic de stupéfiants en Afghanistan, a annoncé lundi à New York le délégué permanent russe auprès de l'ONU, Vitali Tchourkine.
 
"La Russie, ainsi que des membres de l'OTSC et certains pays asiatiques ont proposé il y a quelque temps d'établir une coopération entre l'OTAN et l'OTSC afin de lutter conjointement contre le trafic de stupéfiants en Afghanistan. Nous espérons qu'après l'adoption d'une résolution adéquate, l'Alliance examinera et approuvera cette proposition. A nos yeux, cela pourrait créer un instrument efficace en vue de la résolution du problème du trafic de stupéfiants en Afghanistan", a précisé M. Tchourkine suite à l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution prolongeant le mandat de la Force internationale d'assistance et de sécurité (ISAF) pour une année.
 
Le texte de la résolution appelle également l'ISAF, sous commandement de l'OTAN, à épauler le gouvernement afghan "dans sa coopération avec les parties internationales et régionales concernées" afin d'éliminer la menace constituée par le trafic de stupéfiants.


 
Des renforts français en Afghanistan
Majorité contre opposition, l'Assemblée française vote la prolongation du mandat des troupes françaises. Drones, hélicos, mortiers et soldats sont prêts à l'envoi.
 Vers "l'escalade sans fin" ?
 
Le chef du gouvernement a annoncé l'envoi de renforts en Afghanistan, sous la forme d'hélicoptères, de drones, de moyens d'écoute, de mortiers et d'une centaine d'hommes supplémentaires - ce qui portera à quelque 3 400 le nombre de soldats français déployés dans la région. "Ne pas agir, ce serait laisser le champ libre aux talibans et à al Qaeda. Ce serait laisser le peuple afghan aux mains de ses bourreaux. Ce serait nous exposer à la résurgence du terrorisme international" , a justifié le Premier ministre.
 
Mais l'opposition de gauche est restée sourde à l'appel à "l'union nationale" lancé par la majorité. Ainsi, le PS a voté contre "non la présence de forces françaises en Afghanistan, mais contre la conception et la stratégie qui (y) sont suivies par le Président et le gouvernement" . Stratégie que l'ex-Premier ministre Lionel Jospin - qui, en 2001, avait décidé avec le président Chirac d'envoyer les paras français en Afghanistan - a récemment jugée "peu claire" . Le PS réclame une plus grande transparence sur les engagements des militaires français. Il juge aussi que, faute d'une autre répartition des responsabilités au sein de la coalition et l'élargissement de celle-ci à d'autres pays, l'Otan se dirige tout droit vers "une escalade sans fin" et "une guerre d'occupation" .
 
"Une armée d'occupation" : samedi déjà, ce terme est apparu dans les slogans brandis lors d'une manifestation de la Ligue des droits de l'homme contre "une aventure sanglante, contre productrice pour la sauvegarde des droits humains" . Ces activistes pronostiquent "l'enlisement (de la France) dans une guerre perdue d'avance" . La veille, pareillement, un collectif de 20 ONG françaises travaillant en Afghanistan avait "tiré la sonnette d'alarme" contre "les dangers du tout-militaire" et réclamé le retrait des troupes françaises.
 
L'opinion, en tout cas, est très partagée. Selon un sondage réalisé peu après la mort des dix soldats, 55 pc des Français prônent un retrait des troupes et seule une courte majorité (48 pc contre 46 pc) dit faire confiance au président Sarkozy sur ce dossier. Les autorités doivent faire face à une opinion très clivée. A peine un sympathisant de droite sur trois (34 pc) veut le départ des soldats français d'Afghanistan, contre plus de six sympathisants de gauche sur dix (65 pc). A l'inverse, si 80 pc de l'électorat de droite fait confiance à l'hôte de l'Elysée sur ce dossier, plus de 60 pc (62 pc) de l'électorat de gauche exprime sa méfiance.
 Bernard Delattre
Libre Belgique, 23/09/2008

 
Sortir du guêpier afghan !

 
La France a décidé officiellement de renforcer ses forces en Afghanistan pour défendre la démocratie, les droits de l’Homme et combattre le terrorisme.
 
La démocratie et les droits de l’Homme sont, malheureusement, pour les 4/5ème des peuples de la planète un grand projet d’avenir et il n’est pas du tout certain qu’ils puissent être propagés dans le monde les armes à la main. Les pays occidentaux feront d’ailleurs un grand progrès dans la promotion de leurs valeurs le jour où ils auront compris qu’on ne les impose pas à d’autres peuples qui vivent avec une culture différente de la leur.
 
Personne ne peut réellement contester qu'après le 11 septembre 2001, il était nécessaire d'abattre le régime des Talibans qui accueillait Al-Qaïda. Après sept ans de guerre, force est de constater, cependant, que le gouvernement Karzaï doit toujours faire face à une insurrection armée qui ne peut être réduite à un simple phénomène terroriste islamique. Tous les experts reconnaissent qu'à côté des Talibans, il y a des terroristes internationaux et surtout des seigneurs de la guerre, véritables féodaux, qui s'inscrivent dans la grande tradition du pays.
 
La question centrale est de savoir comment combattre cette insurrection, et plus particulièrement les djihadistes islamiques.
 
Le combat de ces derniers a pour caractéristique fondamentale de se nourrir littéralement de ses martyrs tombés contre les infidèles occidentaux. Dès lors, toute attaque de front menée par des Occidentaux ne fera que les renforcer. C'est ce que le président égyptien Moubarak avait dit au président Bush: « Entrer en Irak, vous fabriquerez 1000 Ben Laden », y compris, d'ailleurs, jusque dans les banlieues européennes. Le combat contre les terroristes islamistes doit être conduit de l'intérieur de l'islam par les Musulmans eux-mêmes au nom même d'Allah. En l'occurence, c'est le combat des Afghans et d'eux seuls. On nous dit qu' il faut afghaniser cette guerre mais la réalité est tout autre car l'afghanisation est rendue quasi- illusoire : la corruption, le trafic de drogue règnent en maître au sein de l'administration afghane et les relations d'osmose entre l'armée, la police et les insurgés sont une évidence au quotidien. Malgré quelques succès, l'afghanisation devient mission impossible et rappelle quelques cas historiques amers tels la vietnamisation...
 
Dans ces conditions, les forces occidentales, graduellement, sont contraintes de se substituer au combat des Afghans et montent en première ligne ; l’engrenage est en route. C'est la première victoire des insurgés, l'islam attaqué doit être défendu contre les infidèles.
 
La logique militaire anti-guerilla voudrait que les forces occidentales qui comptent 51 000 hommes soient en mesure de quadriller un pays de 600 000 km2, aride, à la géographie tumultueuse, défi que les Soviétiques naguère avec 250 000 hommes et leur brutalité avérée n'ont pu relever !
 
Mais les forces occidentales sont confrontées à un deuxième engrenage: cette guerre n'est pas une guerre purement afghane, tant s'en faut. Le Pakistan - où les Pachtouns, solidaires des insurgés, sont deux fois plus nombreux qu'en Afghanistan - , l'Iran ne sont pas des lieux où les Américains recueillent une folle sympathie ; or toutes les forces occidentales sont identifiées aux forces américaines.
 
La tentation bien connue de frapper les bases-arrière des insurgés constitue un engrenage logique et inéluctable dans lequel les forces occidentales sont conduites. N'oublions pas, au demeurant, que dans ce genre de conflit asymétrique, entre des insurgés qui sont chez eux et un corps expéditionnaire étranger, les règles de combat ne sont pas les mêmes. La seule règle des insurgés est de tuer l'ennemi par n'importe quel moyen. Nos médias ne nous ont pas rapporté que les Talibans avaient des cours martiales pour punir les leurs quand ils commettaient des bavures !
 
Il est clair, en outre, que la conduite de cette guerre sur le plan stratégique est totalement contrôlée, maîtrisée, imposée par les Américains sur lesquels nous n’exerçons aucune influence. Voilà une nouvelle preuve que la volonté de certains de voir la France réintégrer l’OTAN pour peser sur Washington est une douce illusion...
 
C'est pourquoi nous devons nous retirer des combats de première ligne tout en maintenant pendant un temps notre action de formation de l’armée afghane.
 
Certains, néanmoins, de prétendre que c’est trop tôt, que le moment n’est pas encore venu. Ce ne sera, en réalité, jamais le bon moment car l’engrenage auquel on assiste appellera toujours un pas supplémentaire dans l’engagement de nos forces. Ce conflit doit demeurer la guerre des Afghans eux-mêmes, ce n'est pas le combat de la France.
 
Je n'approuve pas l'envoi de renforts militaires en Afghanistan et je m'abstiendrai en conséquence lors du vote de ce jour à l'Assemblée nationale.
 
par Jacques MYARD,
Député UMP, Président du Cercle Nation et République
le 22 septembre 2008

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Publié dans Révolutions

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