Président du Congo en 2009, mais pourquoi faire ?

Publié le par sceptix

Décidément le « médiocrate » qui continue depuis des décennies à démolir, pardon, à diriger notre petit pays aux mille partis, a bien fait des émules dans les rangs de nos politiciens professionnels. « Pourquoi ne ferais-je pas autant ou mieux que lui tant  l’appui de Total et la Françafrique est assuré contre ma bienveillante servitude ? »  se disent quelques candidats épris de changements, les leurs. D’autres les plus nombreux, dispersent et embrouillent les masses de " l’homme aux actions concrètes ". Et ça rapporte.

La légion des candidats à la magistrature suprême ne se posent même pas la question selon laquelle notre pays n'a plus de Constitution, puisque, comme nous l'avons rappelé dans les précédents commentaires, celle-ci a fini aux luxueuses toilettes de Mpila, mais quand même aux toilettes.

 

Le creux des mots, le vide du  verbe


Beaucoup parmi eux ont amorcé leur retour dans le giron, après une cure virginité, pour  réapparaître en toge messianique, persuadés qu’ils n’ont aucun compte à rendre. C’est dire, dans ce pays où le ridicule et le cynisme font partie du cirque politique, les scrupules et la dignité ayant perdu leur place.

Dans cette bousculade aux portillons des échéances " présidentielles " le creux des mots, le vide du  verbe, tiennent le haut du pavé pour tout programme de changement. Et nous, l’espoir dans le cœur, à bout de souffle, finissons par les croire.

Président du Congo, mais pour quoi faire ? Comment ? Avec qui ? Avec quoi ? Pour qui ? Pour quelle destination ?

 

 

 

Comment ne pas être révolté qu’un Edouard Poungui aujourd’hui, pour ne citer que celui-là, se hisse sur le podium, et  promette aux populations congolaises ce qu’il a détruit depuis des décennies et enraciné le monstrueux système actuel qui dévorent ses enfants ?


Cette cohorte nauséabonde de candidats, à la solde de Mpila est plus dangereuse que le Cobra suprême lui-même,  car ils jouent sur l’attente due à la misère, la peur aux tripes du traumatisme collectif engendrée par nos populations ces dernières années, transformant de fallacieuses promesses  en espoir.

 

Sassou n’ira jamais de lui-même,  quelle que soit l’issue des élections


A bout de souffle, beaucoup parmi nous, et nous le comprenons, ne peuvent plus attendre, tant les difficultés au quotidien  leur brisent le moral et obstruent le temps et l’espace pour une  réflexion rationnelle, la misère noyant le peu de dignité que nous essayons de préserver tant bien que mal. Il ne nous reste alors qu’à accepter des belles paroles d’où qu’elles viennent et  dont nos marchands d’illusions ont le secret.

 Sassou n’ira jamais de lui-même,  quelle que soit l’issue des élections. Les résultats sont déjà dans les tiroirs  du " Génie des Carpates " à Oyo. Nos candidats, faiseurs de miracles le savent bien. Le Cobra Suprême n’a besoin d’aucune voix dans les urnes pour afficher ses 80% d’électeurs. La seule alternative qui lui reste : se maintenir au pouvoir ou aller au gnouf. La complicité de nos candidats dans cette mascarade n’est qu’évidente

Soyons donc clairs. Tout candidat qui prétend participer aux élections de 2009 avec la certitude ou l’espoir de les gagner est un charlatan. Soit il ment, soit il n’a rien compris. Ou les deux alors. Pour nous, le danger est le même.

 

En refusant, en  désavouant et en dénonçant les échéances prochaines, véritable nouvelle mascarade, nous obligeons ces candidats très bruyants à choisir leur camp. La participation à ces élections est une alliance automatique au  système oppresseur de Sassou. Notre refus alors, éclaircira le paysage. Le travail d’interrogation doit se manifester dans chaque parti, quant aux objectifs réels de chaque éventuel candidat.


Accepter l'échéance de 2009, c'est légitimer le pouvoir actuel, que pourtant nous contestons tous les jours. Ce paradoxe que nous entretenons consciemment ou inconsciemment risque de signer une autre saignée dans nos rangs.  Faute de moyens financiers colossaux comme les exhibe le Cobra suprême et sa famille, notre volonté, notre solidarité et l’amour du pays feront la différence, car ces facteurs n’ont pas de prix. 

 

 

La dispersion de nos forces, de nos idées a toujours fait l’affaire de nos dictateurs


Le développement actuel des affaires judiciaires visant nos bourreaux est un départ dont nous ne semblons mesurer l’importance. Sassou, Bongo ont raison de perdre le sommeil ces derniers temps.  Nous devons les affronter et les confondre devant les tribunaux, dont personnellement nous sommes déjà partie civile par association interposée, - ce qui n’est pas un acte d’héroïsme, mais un choix citoyen -. Certains au PCT et au gouvernement se préparent à  fuir et espèrent éviter le  TPI où les attend Taylor. Engageons cette bataille très difficile pour en faire la dernière contre nos oppresseurs.

La dispersion de nos forces, de nos idées a toujours fait l’affaire de nos dictateurs. Et la plupart des candidats du moment le savent et s’en servent bien. C’est dire…

La (re) naissance d’une véritable opposition consiste d’abord en de  grandes organisations sorties de cette myriade de partis bidons dont nous avons le record par tête d’habitants. Un seul mot d’ordre à l’unisson dans un premier temps : chasser la famille présidentielle pour libérer l’espace démocratique qui nous a été confisqué, puisque toute discussion est exclue, sauf celle des armes et du sang que Sassou nous impose. Cette dynamique nous amènera  à des actions de désobéissance, jusqu’à ce que  le Conducator et sa cour de crapules se retrouvent devant des juridictions internationales et nationales, et que des élections demain,  se fassent sans eux pour une période transitoire qui nous permettra de (re) mettre en place une base minimale des institutions qui n’existent plus. Et la bataille des idées pourra s’engager pour des vraies élections libres et démocratiques. Le Ghana et le Mali en sont des exemples vivants, pour ne pas lorgner vers cette Europe, toujours donneuse de leçons.

La dernière  intervention M. Sarkozy, président de la république française, concernant le Zimbabwe, vient nous rappeler que les roitelets d’Afrique centrale ont encore des appuis et peut-être des beaux jours devant eux. En mettant l’accent sur un pays anglophone, loin de son giron d’influence, et où il ne coule aucune goutte de pétrole,  le locataire du palais de l’Elysée met le rideau  pour mieux protéger ce véritable syndicat du crime qu’est la Françafrique. Si le départ de Mugabe est vivement souhaité, le président français est très mal placé pour en faire la leçon.

Nous insistons ici : c’est un long travail,  très difficile pou lequel nous nous engageons, mais pas impossible. Il est surtout incontournable,  parce que libérateur, au moins pour l’avenir déjà hypothéqué de nos enfants, nos jeunes sœurs et frères. Avons-nous vraiment d’autres choix ? 

A nos compatriotes sceptiques pour cette démarche périlleuse, nous rappelons seulement que nous sommes confrontés à deux façons de mourir : soit bêtement, par la maladie sans soins et quelques balles perdues, comme entre 1997 et 1999, comme des petits poulets sans défense, étrangers chez soi, à l’usure béate, sans réaction de notre part, individuellement et collectivement.  Soit en se battant avec la grande force que nous avons, mais encore dispersée et que nous devons organiser patiemment, méticuleusement, et au bout, une victoire certaine. L’histoire est là pour nous le rappeler.                    

Nous pourrons demain, si nous voulons aujourd'hui.


Yelesatunga


http://www.mwinda.org/index.php?option=com_content&task=view&id=588&Itemid=1

Dirigeants de l'opposition
Image
Au Congo,  à l’image des partis, milles armées avec pléthore d’officiers aux gros ventres,  des administrations parallèles, sans trésor public effectif, où les hiérarchies ministérielles ou administratives se mesurent par la proximité de la famille royale pour ne citer que ces quelques éléments vitaux pour un Etat, les candidats ne proposent même pas une période transitoire, avec,  inévitablement demain une aide internationale moins la France qui serait juge et partie. Nous devrons tirer les leçons du hold-up des  résolutions de la Conférence Nationale Souveraine dont le Professeur-président Lissouba, le Nkumbi de Total Kolelas, de même acabit que le conducator d’Oyo, et leurs hommes de main de l'UPADS, du MCDDI, du PCT, etc. sont les principaux responsables du drame congolais.

Quand Musi Kanda parle dans sa
dernière livraison, de mariages et divorces à un rythme industriel,  ces noces ne reposent en effet que sur  le fric dont les fluctuations dictent cette danse originale et macabre sur un tapis de cadavres. Mais le pire, c’est au nom du peuple que ces spectacles nous sont offerts, pour construire la petite Suisse ou  « La nouvelle Espérance ».
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