Renforts en Afghanistan: Obama attend des contreparties de l'Otan

Publié le par sceptix


L'Otan s'engage à fournir des troupes pour la présidentielle afghane
AFP, 19/02/2009
 
CRACOVIE - Les pays de l'Otan se sont engagés jeudi à fournir assez de troupes pour garantir la sécurité de l'élection présidentielle afghane prévue en août, une "priorité stratégique", selon le secrétaire général de l'alliance militaire occidentale.
 
Jaap de Hoop Scheffer lors de la réunion des ministres de la Défense de l'Alliance atlantique à Cracovie le 19 février 2009
 
"Les pays de l'Otan et leurs partenaires en Afghanistan se sont résolument engagés à soutenir les élections d'août avec les forces nécessaires" dans ce pays, a déclaré Jaap de Hoop Scheffer à l'issue de la première journée de réunion des ministres de la Défense de l'Alliance atlantique à Cracovie (sud de la Pologne).
 
"Ces élections sont une priorité stratégique pour le peuple afghan mais aussi pour la communauté internationale, et donc également pour l'Otan", a-t-il dit.
 
M. de Hoop Scheffer a souligné qu'il ne s'agissait pas seulement d'envoyer plus de troupes et insisté sur le caractère à la fois civil et militaire de l'action internationale en Afghanistan.
 
"Nous avons besoin aussi d'un renfort côté civil" et de "plus de soutien aux tâche consistant à améliorer la gouvernance et à bâtir des institutions", a-t-il poursuivi.
 
Le secrétaire général de l'Otan a encore affirmé que "l'un des thèmes des discussions du jour était que nous ne pouvons pas nous permettre le luxe d'un échec en Afghanistan".
 
"L'instabilité dans une région déjà très instable, un refuge pour le terrorisme international et les souffrances du peuple afghan, c'est trop", a-t-il insisté.
 
Les 25 alliés des Etats-Unis, sous pression de Washington pour faire davantage en Afghanistan, n'ont cependant pas annoncé de mesures particulières à l'occasion de cette réunion ministérielle informelle qui se termine vendredi.
 
Seules l'Allemagne et l'Italie ont cette semaine annoncé l'envoi de respectivement 600 et 500 soldats supplémentaires dans les régions Nord et Ouest de l'Afghanistan que ces deux pays ont sous leur responsabilité.
 
Le porte-parole de l'Otan James Appathurai a estimé que les bonnes résolutions des autres pays de l'Otan se concrétiseraient d'ici au sommet prévu début avril à Strasbourg (France) et Kehl (Allemagne) pour le 60e anniversaire de l'alliance.
 
Alors que l'Afghanistan entre dans une période électorale à haut risque, la nouvelle administration américaine du président Barack Obama a autorisé mardi l'envoi de 17.000 soldats de plus dans le sud afghan.
 
Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates avait cependant prévenu mercredi que les Etats-Unis attendaient des contreparties de leurs alliés.
 
Occupant le même poste dans l'administration précédente de George W. Bush, M. Gates, reconduit dans ses fonctions par M. Obama, n'est pas un inconnu pour ses collègues européens, qui s'attendaient à être mis sous pression par lui sur l'Afghanistan.
 
Après ses conversations jeudi avec ses collègues, M. Gates s'est borné à relever "l'opinion partagée par tous que nous devons faire plus pour la sécurité d'ici aux élections afghanes".
 
Il s'est félicité des échanges portant "sur ce qui pourrait être fait par les différents pays pour aider à la formation de la police afghane".
 
Il a jugé encourageant qu'aucun de ses interlocuteurs "n'ait pris prétexte de la crise financière pour réduire sa contribution en Afghanistan".
 
Même s'il a reconnu qu'"un certain nombre d'intervenants ont expliqué que la crise les empêcheraient d'en faire davantage.
 
Au total, près de 70.000 soldats étrangers, dont 38.000 américains, sont en Afghanistan, les deux-tiers sous commandement de l'Otan. Malgré les 17.000 soldats supplémentaires promis par Washington, 2009 sera une "année difficile", a dit mercredi le commandant de l'Isaf, le général américain David McKiernan.
 
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Les pays de l'Otan ne s'engagent pas sur l'Afghanistan
 
Reuters, 19/02/2009
 
CRACOVIE - Les membres de l'Otan ont accueilli favorablement jeudi la décision de Barack Obama d'envoyer des renforts en Afghanistan mais se sont gardés d'y répondre par des engagements concrets en hommes.
 
Réunis à Cracovie, les ministres de la Défense de l'Alliance atlantique étaient pressés par la nouvelle administration américaine de fournir une présence militaire supplémentaire en vue de l'élection présidentielle afghane du mois d'août, dont l'Otan a fait son premier objectif en Afghanistan pour 2009.
 
"Les ministres se sont félicités de l'annonce des Etats-Unis d'apporter davantage de forces et (...) se sont mis d'accord sur la nécessité pour l'ensemble de la communauté internationale d'envoyer plus de forces en Afghanistan, sans attendre l'arrivée des troupes américaines", a déclaré le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, à l'issue de la première journée.
 
"Les autres partenaires doivent être à la hauteur de leurs promesses et de leurs obligations (...) Outre la montée en puissance militaire, il faut une montée en puissance civile", a-t-il ajouté, se disant confiant sur l'apport des forces nécessaires au bon déroulement du scrutin.
 
Jeudi matin, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, avait à nouveau demandé aux alliés de Washington de faire un geste, au surlendemain de la décision de Barack Obama de dépêcher sur place 17.000 hommes supplémentaires.
 
"Nous verrons, je pense, la situation évoluer en terme de contributions alliés à mesure que le sommet (ndlr, de Strasbourg et Kehl, début avril) se rapproche", a pour sa part indiqué un porte-parole de l'Alliance.
 
En ouverture de la réunion, Jaap de Hoop Scheffer, avait d'ailleurs reconnu que le bilan de l'Otan en Afghanistan était moins bon qu'attendu et que ces contributions alliées étaient indispensables pour inverser la situation.
 
"Nous ne sommes pas là où nous pensions être. Nos efforts doivent mieux porter leurs fruits", a-t-il insisté devant les vingt-six ministres, lançant également un appel aux autorités afghanes d'obtenir de meilleurs résultats en terme de lutte contre la corruption.
 
PAS DE CONTRIBUTION FRANÇAISE À CE STADE
 
Selon des diplomates de l'Otan, 10.000 soldats pourraient être nécessaires uniquement pour ce scrutin et la contribution européenne pourrait avoisiner les 3.000 hommes.
 
Pour la première fois, elle pourrait être puisée dans la Force de réaction rapide de l'Otan, la NRF (NATO Response Force), dont les missions et les moyens continuent de faire débat parmi les Etats membres.
 
"Je ne suis pas sûr que la structure de la NRF soit utilisée mais rien n'est impossible", a tempéré le porte-parole de l'Alliance atlantique.
 
Concernant l'engagement militaire de la France, des diplomates français avaient fait savoir en amont de la réunion qu'il n'y avait "rien à attendre de concret sur ce point à Cracovie. Pas à ce stade".
 
Quelque 3.400 soldats hexagonaux sont engagés en Afghanistan et le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a déclaré récemment que Paris n'envisageait pas d'augmenter ce contingent.
 
Le retour de la France dans les structures de commandement militaire, qui pourrait être officialisé en avril par Nicolas Sarkozy lors du sommet marquant le 60e anniversaire de l'Alliance, place cependant Paris en porte-à-faux.
 
D'autant que l'Allemagne a accepté jeudi le principe d'envoyer des soldats supplémentaires dans le cadre des élections afghanes et pourrait, selon des diplomates, porter sa contribution totale à 4.200 hommes. L'Italie a également annoncé mercredi qu'elle était disposée à faire passer son contingent de 2.300 à 2.800 soldats avant la fin avril.
 
INITIATIVE BRITANNIQUE
 
Par ailleurs, la Grande-Bretagne a proposé la création d'une force permanente de l'Otan de 3.000 hommes, dont la mission sera de protéger le territoire de l'Alliance atlantique.
 
Londres espère par ce biais rassurer les membres d'Europe de l'Est, dont les inquiétudes sur leur sécurité ont été ravivées par l'intervention russe en Géorgie l'été dernier.
 
Ces pays estiment qu'aucun nouveau déploiement de troupes, notamment en Afghanistan, ne devrait avoir lieu sans assurances sur leur propre situation.
 
"J'espère que cela rendra les choses plus faciles pour faire plus en Afghanistan, si une force de sécurité du territoire n'a d'autre préoccupation que la sécurité du territoire européen", a expliqué le ministre britannique de la Défense, John Hutton, dans une interview au Financial Times publiée jeudi.
 
Selon un porte-parole du ministre britannique, cette force consisterait en 1.500 soldats prêts à être déployés et 1.500 autres en phase d'entraînement.
 
"C'est un retour aux basiques de l'Otan. Il s'agit autant d'avoir une force militaire que d'avoir une volonté politique forte et une alliance politique", a-t-il expliqué.
 
Edité par Henri-Pierre André
 
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Renforts en Afghanistan: Obama attend des contreparties de l'Otan
 
AFP  19 février 2009
 
A BORD D'UN AVION MILITAIRE AMERICAIN - La nouvelle administration du président Barack Obama, qui vient d'autoriser l'envoi de 17.000 soldats en plus en Afghanistan, attend des contreparties de la part des alliés de l'Otan, a déclaré mercredi son secrétaire à la Défense, Robert Gates. "Le message de la nouvelle administration, c'est qu'elle est prête à prendre des engagements supplémentaires, comme l'a montré la décision du président (Barack Obama) hier, mais qu'elle compte sur les alliés pour en faire plus aussi", en particulier sur le plan civil, a affirmé M. Gates à bord de l'avion l'emmenant à une réunion des ministres de la Défense de l'Otan jeudi et vendredi à Cracovie, en Pologne.
 
Washington compte notamment sur les membres de l'Alliance pour fournir des renforts temporaires à la force internationale placée sous le commandement de l'Otan, l'Isaf, dans la perspective de l'élection présidentielle qui doit s'y dérouler le 20 août.
 
"Pour l'instant, la réponse à cette requête est décevante", et "nous continuerons donc à demander aux alliés de fournir des renforts temporaires pendant cette période", a souligné M. Gates, reconduit dans ses fonctions par le président Obama.
 
"Mais surtout, je vais dire à nos alliés qu'ils pourraient fournir une contribution à long terme au niveau civil, sur le plan de la gouvernance, de la formation de la police (afghane), de la lutte contre la drogue et la corruption....", a-t-il affirmé, alors que Washington travaille sur une nouvelle stratégie mêlant efforts militaires, économiques et de développement.
 
"Cela pourrait être plus facile pour eux que d'augmenter leur troupes sur une longue durée", a-t-il estimé, alors que la plupart des membres de l'Otan sont réticents à renforcer encore leur contingent en Afghanistan.
 
Au total, près de 70.000 soldats étrangers sont déployés en Afghanistan, dont plus des deux-tiers sous commandement de l'Otan.
 
Les Etats-Unis ont annoncé mardi leur intention d'envoyer deux brigades supplémentaires d'ici l'été, en sus des 38.000 soldats américains sur place.
 
M. Gates a toutefois refusé de dire si les Etats-Unis étaient prêts à envoyer encore plus de renforts pour satisfaire pleinement les demandes du commandant sur place, le général David McKiernan.
 
"La requête pour une brigade de formateurs est en suspens jusqu'à ce que l'examen stratégique (mené par l'administration Obama) soit terminé", a-t-il fait valoir.
 
"Les calendriers et les objectifs (des Etats-Unis en Afghanistan) restent à déterminer en fonction de l'examen stratégique" en cours, a-t-il conclu.
 
Le chef du Pentagone a par ailleurs accusé la Russie de jouer un double jeu avec les Etats-Unis concernant l'Afghanistan.
 
"D'un côté, ils assurent travailler avec nous, de l'autre ils travaillent contre nous" au Kirghizstan, a-t-il déploré, en évoquant la fermeture annoncée de la base américaine de Manas (1.200 militaires) qui sert, depuis sa création fin 2001, de plate-forme de soutien logistique aux troupes de la coalition internationale engagées en Afghanistan.
 
"Il faut que nous arrivions à faire marcher cette relation de manière constructive", a ajouté M. Gates.
 
La fermeture de la base de Manas a été annoncée par le président Kourmanbek Bakiev après l'octroi au Kirghizstan d'un crédit russe de deux milliards de dollars (1,55 milliard d'euros), alors que ce pays d'Asie centrale fait face à une crise de liquidités. La décision doit encore être avalisée par un vote du parlement kirghiz.
 
La Russie, qui souhaitait depuis longtemps la fermeture des installations militaires de Manas, a nié avoir influencé le gouvernement kirghiz.

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Publié dans OTAN-défense - ONU

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