Gaza : questions et réponses (3°)

Publié le par sceptix

Le 27 Décembre 2008, Israël a lancé son attaque brutale, l’opération « Cast Lead », sur la bande de Gaza. L’objectif ici est de rassembler dans un même endroit les questions le plus fréquemment posées et d’y apporter des réponses et des sources.

 

Lisez la première partie ici
Lisez la seconde partie ici

La trêve

19. Quels étaient les termes du cessez le feu avec Israël en juin 2008 ?

En Juin 2008, après presque un an d’interventions militaires et un blocus israélien paralysant Gaza, Hamas et Israël se mettent d’accord pour un cessez le feu, appelé aussi trêve ou accalmie. Les 2 parties n’avaient pas l’habitude de se parler directement, et ainsi via une médiation égyptienne il y a eu un accord dont les termes n’ont jamais été écrits formellement. Associated Press a rapporté les termes comme suit :

« La trêve prend effet à 6h du matin. Jeudi (11 p.m EDT mercredi) [19 Juin] »

« Toutes les violences entre Gaza et Israël s’arrêtent. Trois jours après, Israël desserre son blocus sur Gaza permettant l’acheminement des approvisionnements vitaux. »

« Une semaine plus tard, Israël réduit ses restrictions sur le passage des cargaisons. »

« En dernière étape, les pourparlers concernaient l’ouverture du point de passage de Rafah entre Gaza et l’Egypte et l’échange des prisonniers pour libérer Gilad Shalit, détenu par les groupes affiliés au Hamas depuis 2 ans. » [60]

Et bien qu’Israël ait essayé d’affirmer en décembre 2008 que la trêve était d’une durée indéterminée, [61] tout le monde (y compris le gouvernement israélien en Juin 2008) parlait de la trêve comme étant prévue pour durer six mois, avec l’espoir d’être reconduite.[62] Hamas voulait que la trêve s’applique sur Gaza et la Cisjordanie, mais Israël a refusé. [63]

Plusieurs groupes armés palestiniens -quoique non Hamas - avaient des réservations à propos de la trêve, mais ils l’avaient accepté. Toutefois, le Jihad Islamique, a dit, que bien qu’il va respecter la trêve, il considère la Cisjordanie et Gaza indivisibles, et de ce fait il se réserve le droit de riposter de Gaza à toute attaque visant ses membres en Cisjordanie.

20. Que disent les termes de la trêve à propos du trafic d’armes ?

Comme noté ci-dessus, les termes de la trêve n’ont jamais été écrits et sont contestés.

Selon le centre de renseignement et du terrorisme, le groupe d’experts proche du gouvernement israélien,

« Le fait que la trêve engage Hamas et les autres organisations terroristes opérant dans la bande de Gaza à mettre fin au trafic d’armes et à arrêter leurs constructions militaires, est la pure vue d’Israël » [64]

Pourtant, Hamas et les autres groupes palestiniens, n’ont jamais fait un engagement pareil [65] et les leaders israéliens semblaient ne pas voir de contradiction entre leur insistance à ce que le Hamas mette fin à ses constructions militaires et leurs propres activités : un responsable du cabinet du premier ministre israélien a déclaré que pendant la trêve « les FDI ont continué à se préparer pour une action militaire contre la bande de Gaza, au cas où la trêve s’effondrait... ». Et le chef d’Etat Major le Général Gabi Ashkenazi a dit que les FDI vont donner du crédit à la trêve mais ils vont en même temps se préparer pour une action » [66]

Hamas a certainement utilisé la trêve pour faire rentrer des armes, exactement comme Israël qui utilisait la trêve pour importer un nombre largement supérieur d’armes plus mortelles.

21. Que s’est il passé pendant la trêve ?

La trêve a pris un départ difficile. Le Jihad Islamique a tiré plusieurs roquettes de Gaza en réponse à l’assassinat de l’un de leurs militants seniors en Cisjordanie par les israéliens. [67] Mais le Hamas était généralement capable de convaincre les autres groupes palestiniens de respecter la trêve. Dans les cinq mois et demi précédant la trêve, il y a eu 1.072 roquettes tirées de Gaza et 1.199 tirs de mortier. Pendant quatre mois et demi depuis le début de la trêve jusqu’au 4 Novembre, il y a eu 20 roquettes et 18 obus de mortier. [68] Aucun israélien n’était tué - par roquette, mortier, tireur, ou engin explosif improvisé provenant de Gaza de mi-Juin jusqu’au 4 Novembre. [69]

Concernant ces tirs sporadiques durant cette période, le Centre de Renseignements et de Terrorisme avait écrit :

« ...Le Hamas était soucieux de maintenir le cessez le feu et ses opérateurs ne se sont pas impliqués dans les attaques aux roquettes. En même temps le mouvement a essayé de faire respecter les termes de l’arrangement par les autres organisations terroristes et les empêcher de l’enfreindre. Hamas a pris plusieurs mesures contre les réseaux qui enfreignaient cet arrangement, mais d’une manière limitée et se contentant de courtes détentions et des confiscations d’armes... Toutefois il était clair que... Hamas a cherché d’éviter des confrontations directes avec les organisations voyous (spécialement le JIP) dans la mesure du possible de peur d’être accusé de collaborer avec Israël et de nuire à la résistance. Le Hamas s’est donc concentré à utiliser la politique pour convaincre les organisations de maintenir la trêve et d’y chercher support parmi l’opinion publique à Gaza (y compris les déclarations faites par ses activistes concernant les succès de la trêve). » [70]

En terme de passages de frontière, Israël a réduit les fermetures, mais n’a pas permis le retour des importations au niveau de Décembre 2005 (avant que Hamas ne gagne les élections du conseil législatif) ou Mai 2007 (avant que Hamas prenne le pouvoir à Gaza). Durant Juillet 2008, le premier mois entier de trêve, selon les Nations Unis, « la population de Gaza a vu peu de bénéfices tangibles de la trêve mise en application le 19 Juin, vu que la quantité des produits permise était bien au dessous des besoins actuels. » [71] Les importations étaient moins que la moitié que ce qu’elles étaient en décembre 2005. Mais elles étaient néanmoins supérieures qu’en Août lorsque les importations ont chuté de 30%, à un niveau au dessous de celui de Mars 2008 - quand les agences d’aide humanitaire et des droits de l’homme avaient parlé d’ « implosion humanitaire ».

En septembre il y a eu 15% d’augmentation, mais en octobre il y a eu un autre déclin. (voir table) De plus durant la trêve, Israël continuait d’interdire toutes les exportations de Gaza [72] rendant essentiellement l’économie de Gaza non fonctionnelle. En Octobre 2008, la Banque Mondiale a rapporté que seulement 2% d’établissements industriels continuaient à fonctionner, les emplois dans l’industrie avaient chuté de 35.000 en 2005 jusqu’à 840, et 40.000 emplois dans l’agriculture étaient perdus. [73]



La 2ème phase de la trêve a commencé le 4 Novembre 2008. Ce jour là, Israël a violé le cessez le feu en envoyant des troupes à Gaza. Le Guardian a reporté, « Les militaires israéliens ont dit que le raid visait un tunnel que le Hamas planifiait d’utiliser pour capturer des soldats israéliens positionnés à la barrière de la frontière à 250m plus loin...Un combattant de Hamas était tué et les palestiniens avaient lancé une salve de mortiers vers l’armée israélienne. Ensuite un raid israélien aérien avait tué 5 autres combattants de Hamas. » [75]

Le Hamas a répondu par des tirs de roquettes, et la trêve a été alors sévèrement ébranlée. A partir de là, les deux côtés se sont engagés dans des actions militaires mais pas au niveau de l’avant trêve. Israël a fermé les frontières de Gaza permettant seulement à 579 camions d’y entrer pendant tout le mois de Novembre (voir table ci-dessus) - et ça pour entretenir 1.5 millions de personnes. Par ailleurs, les Nations Unis ont noté,

« L’assistance et le personnel des ONG étaient empêchés d’entrer à Gaza pendant tout le mois. En plus la clôture intensifiée a forcé l’UNRWA à suspendre la distribution alimentaire pendant 5 jours durant le mois, ainsi que son programme d’allocations (aides financières), résultat de restrictions à l’envoi de liquidités vers Gaza. » [76]

Selon l’UNICEF, le manque en fuel, électricité et pièces de rechange a coupé l’alimentation de Gaza en eau. Dans Gaza City 50% de la population avaient accès à l’eau quelques heures par semaine ; 30% y avaient accès tous les quatre jours et 20% tous les 3 jours. Les autres régions de Gaza recevaient l’eau un jour sur deux. [77]

Aucun israélien n’a été tué par des tirs provenant de Gaza pendant cette période (5 Novembre - 19 Décembre 2008). [78] 13 soldats israéliens ont été blessés (8 par des tirs de mortiers et 5 dans Gaza), et 1 ou 2 civils. Du côté palestinien, 10 - 14 militants et 3 - 4 civils ont été tués, et une douzaine à peu près a été blessée. [79]

22. N’était il pas légitime pour les troupes israéliennes d’entrer dans Gaza pour détruire un tunnel utilisé pour des enlèvements planifiés ?

Nous n’avons pas de preuve indépendante confirmant les déclarations d’Israël concernant l’usage du tunnel. (Jimmy carter y fait référence comme étant « un tunnel de défense qui a été creusé par le Hamas dans le mur qui entoure Gaza. [80]) Mais même si l’usage est celui déclaré par Israël, il était difficilement - comme l’a nommé un haut responsable militaire israélien anonyme — "a ticking tunnel,"[81] qui constitue une menace imminente qui nécessite une actions militaire. Il existe plusieurs façons non militaires pour Israël pour se défendre contre une telle menace.

23. Pourquoi la trêve n’était elle pas reconduite ?

La déclaration que Hamas ait refusé de renouveler la trêve est fausse. Ce que Hamas a refusé de renouveler c’était une trêve sous laquelle Israël continuerait de manquer à son obligation de lever le blocus. Comme Khalid Mish’al ajoute-t-il, « Quand cette trêve brisée est arrivée à sa fin, on a exprimé que nous sommes prêts pour une trêve totale en échange de la levée de blocus et de l’ouverture des points de passage, y compris Rafah. Nos appels n’étaient pas entendus. »Avant l’expiration du cessez le feu, plusieurs déclarations avaient clarifié que c’était bien la position de Hamas. [82] Jimmy Carter avait décrit ses efforts de médiation :

« Il était clair que le problème prééminent était l’ouverture des points de passage pour Gaza. Des représentants du Centre Carter ont visité Jerusalem, et rencontré des responsables israéliens pour leur demander si cela était possible en échange d’arrêt des tirs de roquettes. Le gouvernement israélien a proposé officieusement qu’il serait possible de laisser passer 15% d’approvisionnements à condition que le Hamas arrête 48 heures au préalable les tirs de roquettes. C’était inacceptable pour le Hamas, et les hostilités ont repris. » [83]

Quinze pour cent d’approvisionnement étaient au dessous du niveau déjà inadéquat du mois de juillet. [84] Donc il n’était pas surprenant du tout que le Hamas ne soit pas intéressé par un tel accord.

24. Est ce que le Hamas est fiable pour ne pas rompre les trêves et cessez le feu ?

Voilà ce que plusieurs experts disent : Sherifa Zuhur, une grande spécialiste de Hamas, avait écrit dans une étude juste publiée par « the Army war College »,

“Les déclarations de tahdiya (trêve) organisées par Alastair Crooke pour mettre fin à des attaques pareilles ont été faites en 2002 et 2003. Crooke était l’ancien conseiller de sécurité de Javier Solana, le haut représentant de l’Union Européenne. Crooks est maintenant responsable du Forum du Conflit qui préconise la négociation avec le Hamas. Une autre tahdiya a été tenue en Mars 2005, mais les 2 premières ont été rompues quand les israéliens ont assassiné des leaders de Hamas. » [85]

Un ancien haut responsable de sécurité européenne interviewé par International Crisis Group a indiqué que :

« Les assassinats et meurtres israéliens continus qui ont sapé complètement les tentatives sérieuses de désescalade. La réponse d’Israël a créé une prophétie d’auto-accomplissement. Ils s’attendaient a l’échec et l’ont garanti en fait . . . . Il y avait des provocations continues, une attitude dédaigneuse, aucune mesure construisant une confiance et des déclarations inutiles. Le ministre de la Défense israélien pourrait prétendre publiquement que Hamas est en train de se regrouper et que les FDI doivent se préparer pour une attaque massive. Hamas commence à se préparer pour cette éventualité. En Israël c’est la preuve de sa thèse originale, un casus belli. Il attaque, Hamas répond, les FDI se sentent disculpés et la hudna (trêve) n’est que de l’histoire. » [86]

25. Étant donné le barrage des roquettes lancé de la Bande de Gaza après la trêve finie le 19 décembre, Israël avait-t-il une alternative à une attaque militaire ?

Oui, bien sûr. Il aurait pu prolonger le cessez-le-feu en acceptant de lever le blocus (qu’il aurait du avoir fait pour des raisons morales en tout cas).

Et à part cela, il aurait pu prendre des mesures pour mettre fin au conflit israélo-palestinien plus généralement en acceptant l’Initiative de Paix arabe. Cela appelle Israël à se retirer jusqu’aux frontières de 1967 et l’établissement d’un état palestinien sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza avec Jérusalem Est comme capitale. Ce plan a été approuvé par tous les états arabes - qui offriront ensuite la reconnaissance d’Israël. [87] Et, comme noté ci-dessus, même Hamas a indiqué son appui pour le plan. [88] Deux-tiers de Palestiniens à peu près soutiennent le plan. [89]

C’est le problème fondamental en Palestine : Israël occupe des terres palestiniennes et semble déterminé d’en garder les parties qui ont le plus de valeur , laissant les palestiniens avec des débris sur lesquels ils seront incapables d’établir un Etat indépendant et viable. Tant qu’Israël maintienne ses colonies illégales, les palestiniens seront renfermés dans des Bantustans.

Jusqu’à ce que cette réalité de base ne soit changée, avant que l’Occupation ne finisse, il n’y aura aucune paix en Palestine.

26. Si le cessez-le-feu avait été prolongé, Hamas n’aurait il pas pu faire de la contrebande pour se procurer des roquettes de gamme de plus en plus puissante jusqu’à rendre vulnérable même Tel-Aviv ? Cela ne signifie pas que n’importe quel nouveau cessez-le-feu aurait dû inclure une disposition pour empêcher la contrebande d’armes et en conséquence aurait été inacceptable pour Hamas ?

On peut comprendre pourquoi Tel-Aviv ne voudrait pas vivre menacé des roquettes de Hamas. Mais il faut comprendre aussi pourquoi les Gazaouis ne voudraient pas vivre menacés de F-16 israéliens. La différence entre ces deux cas est que la menace à laquelle les Gazaouis doivent faire face n’est pas hypothétique, ni même pas une menace, comme les événements des quelques semaines passées l’ont souligné.

Pratiquement, il y a des limites à ce qui peut être introduit illégalement via la frontière égyptienne. Il est dur d’empêcher la contrebande quand les autorités des deux côtés de la frontière veulent le faire. Cependant dans le cas de la Bande de Gaza, le gouvernement égyptien s’oppose extrêmement à Hamas et ne permet pas sciemment aux armes d’y être livrées.

Quand Carter essayait de faire prolonger la trêve entre Israël et Hamas et ouvrir les frontières, Israël n’a pas dit qu’il ouvrirait les frontières si seulement un meilleur système est mis en place pour empêcher la contrebande d’armes. Il a simplement refusé d’ouvrir entièrement les frontières. Donc, le fait de savoir si Hamas aurait accepté une telle entente est inconnu. Aller à la guerre viole sûrement le critère "de dernier recours" pour des guerres justes.

On pourrait noter que l’ouverture des frontières réduirait en fait l’incidence de contrebande d’armes. Évidemment, les armes ne vont pas entrer par les points de passage israéliens ou par le personnel de l’UE via le point de passage de Rafah. Mais la motivation de creuser des tunnels baisserait probablement. Tant que les passages sont fermés, creuser des tunnels, peu importe combien c’est dangereux, est essentiel pour obtenir l’alimentation et autres matières nécessaires.

Notes :

[60] AP, "Details of Israel-Hamas Truce," June 17, 2008. See also the report of the Israeli-government linked think tank ITIC :

"From what can be gleaned from Palestinian, Egyptian and Israeli media reports, the lull will be implemented in three stages :

"i) Stage One : Three days after the lull goes into effect, Israel will open the Karni and Sufa crossings and allow the passage of basic commodities from Israel into the Gaza Strip.

"ii) Stage Two : One week later Israel will permit the passage of most commodities into the Gaza Strip with the exception of those used in the manufacture of weapons.

"iii) Stage Three : One week after that talks will be held about opening the Rafah crossing."

(ITIC, "The arrangement for a lull in the fighting" [Updated to 6 p.m., June 18, 2008], paragraph 3.)

[61] ITIC, "Intensive rocket fire attacks against western Negev population centers and the Ashqelon region after Hamas announces the end of the lull arrangement," Dec. 21, 2008, p. 2 ("At 0600 hours on the morning of December 19 the lull arrangement ended, six months after it began, according to a unilateral announcement made by Hamas and the other Palestinian terrorist organizations. Israel’s position was that the lull was unlimited in time" [emphasis in original]).

[62] E.g., Israel, Ministry of Foreign Affairs, "One Month of Calm Along the Israel-Gaza Border," July 27, 2008 ("The lull in the fighting is valid for six months and only in the Gaza Strip") ; ITIC, "The arrangement for a lull in the fighting" (Updated to 6 p.m., June 18, 2008), paragraph 2 ("The lull, which was formulated by Egypt , will be in effect in the Gaza Strip for a period of six months, at the end of which it is likely to be extended to Judea and Samaria.") ; Ethan Bronner, "Israel in the Season of Dread," New York Times, June 22, 2008 ("a six-month cease-fire") ; Ilene R. Prusher, "Hamas, Israel truce greeted with skepticism and hope," Christian Science Monitor, June 19, 2008 ("The truce, intended to last six months").

[63] ITIC, "The arrangement for a lull in the fighting" (Updated to 6 p.m., June 18, 2008), paragraphs 7-8. Palestinian public opinion overwhelmingly was in favor of a ceasefire, but wanted it to include both the West Bank and Gaza, and to guarantee the opening of the Rafah crossing to Egypt. See Palestinian Center for Policy and Survey Research, Survey Research Unit, Poll No. 28, June 5-7, 2008.

[64] ITIC, "The arrangement for a lull in the fighting" (Updated to 6 p.m., June 18, 2008), paragraph 11.

[65] According to Sa’id Siyam, the interior minister in the deposed Hamas government, "The need to stop bringing weapons to the Gaza Strip was one of the conditions placed by the occupation [i.e. Israel] for reaching the agreement on a calming period. We rejected this demand completely. Weapons were smuggled even when the Israeli occupation was in control of the border strip between the Gaza Strip and Egypt. We are in a state of war, and we have the right to defend ourselves." ("Hamas minister views truce agreement, prisoner exchange with Israel," text of report by privately-owned, pro-Fatah Palestinian daily newspaper Al-Quds on June 22, 2008, BBC Monitoring Middle East - Political, June 24, 2008 [Lexis Nexis].)

[66] ITIC, "The arrangement for a lull in the fighting" (Updated to 6 p.m., June 18, 2008), paragraphs 13-14.

[67] Avi Issacharoff and The Associated Press, "Gaza truce shaken as four Qassams slam into west Negev," Haaretz, June 24, 2006. A Hamas militant was also killed on the West Bank, but Hamas’s military wing responded on the West Bank, attacking some settlers. See BBC Monitoring Middle East - Political, "Hamas claims post-truce drive-by attack on Israeli settlers," June 24, 2008 (Lexis Nexis).

[68] ITIC, "Summary of rocket fire and mortar shelling in 2008," Jan. 1, 2009, p. 7. The source gives three contradictory sets of statistics for July-October (cf. pp. 6, 8), but these are the most consistent figures. Three of these rockets and five of the mortar shells landed within Gaza.

[69] See the listing of Israeli casualties at Israeli Ministry of Foreign Affairs, "Victims of Palestinian Violence and Terrorism since September 2000," accessed 1/9/09.

[70] ITIC, Six Months of the Lull Arrangement, Dec. 2008, p. 7.

[71] OCHA, "Humanitarian Monitor," No. 27, July 2008, p. 4.

[72] OCHA, "Humanitarian Monitor," No. 31, Nov. 2008, p. 4.

[73] Cited in Human Rights Watch, "Deprived and Endangered : Humanitarian Crisis in the Gaza Strip," Jan. 13, 2009.

[74]Source : OCHA, "Humanitarian Monitor," no. 24, Apr. 2008 (for March and April) ; no. 26, June 2008 (for May and June 2008) ; no. 28, Aug. 2008 (for July and August) ; no. 30, Oct. 2008 (for September and October) ; and no. 31, Nov. 2008 (for December 2005, May 2007, and November 2008).

[75] Rory McCarthy, "Gaza truce broken as Israeli raid kills six Hamas gunmen," Guardian, Nov. 5, 2008.

[76] OCHA, "Humanitarian Monitor," no. 31, Nov. 2008, p. 4.

[77] OCHA, "Humanitarian Monitor," no. 31, Nov. 2008, p. 8.

[78] Israeli Ministry of Foreign Affairs, "Victims of Palestinian Violence and Terrorism since September 2000," accessed 1/11/09. In fact the last Israeli deaths from Gaza before December 27, 2008, occurred before the lull began on June 5, 2008.

[79] Data from OCHA, Protection of Civilian Weekly Report, no. 285, Nov. 5-Nov. 11 ; no. 286, Nov. 12-18 ; no. 287, Nov. 19-25 ; no. 288, Nov. 26-Dec. 2 ; no. 289, Dec. 3-16 ; no. 290, Dec. 17-23. The uncertainties are because the sources don’t always distinguish whether injured are combatants or civilians, and because the last item doesn’t make clear whether the casualties were before or after the expiration of the ceasefire. This tally excludes the casualties from the Nov. 4 operation and its aftermath (that continued into Nov. 5) : 6 Palestinian militants killed, 5 injured, 2 Palestinian civilians injured, and 4 Israeli soldiers injured (in Gaza). I have excluded the Palestinian civilian injured by a Palestinian-fired rocket and Palestinian deaths that occurred due to tunnel collapses (most of what was smuggled in through the tunnels to Egypt was food and other necessities ; these tunnels were extremely precarious and often collapsing, causing deaths), denial of medical service, and the health consequences of the blockade. (According to the UN, up to 30 percent of Gazans have micro-nutrient deficiencies, and 61 percent of Palestinian children and 26 percent of pregnant Palestinian women suffer from anemia. See Human Rights Watch, "Deprived and Endangered : Humanitarian Crisis in the Gaza Strip," Jan. 13, 2009, footnote 2.)

[80] Jimmy Carter, "The Unnecessary War," Washington Post, Jan. 8, 2009, p. A15.

[81] ITIC, "Escalation in the Gaza Strip," Nov. 5, 2008, p. 2n1.

[82] See the quotes collected by ITIC :

"In the early afternoon of December 17, Izz al-Din al-Qassam Brigades spokesman Abu Ubeida said that ’...we cannot extend the lull while the Palestinian people are under siege.’...

"Ziyad al-Nahleh, deputy PIJ secretary in Damascus, said there was no real justification for continuing the lull arrangement, and that as long as the Gaza Strip crossings remained closed and Israel did not meet its commitments, the Palestinian organizations would reserve the right to find other ways of breaking the siege as part of the ’resistance’...

"Palestinian organizations in Gaza agreed that ’the lull will not be renewed unless the terms are improved. Renewing it with the current terms is unacceptable.’ One source added that the most important condition would be the opening of the Gaza Strip crossings into Israel and the Rafah crossing, and the receipt of assurances that Israel would not close the crossings as it had during the current lull...."

ITIC, Escalation in attacks from the Gaza Strip as Hamas announces the end of the lull arrangement, Dec. 18, 2008, pp. 4-5.

[83] Jimmy Carter, "The Unnecessary War," Washington Post, Jan. 8, 2009, p. A15.

[84] Converting monthly to daily figures is not so simple because sometimes daily figures are the monthly figures divided by the number of days the crossings were potentially open — that is, excluding the Sabbath and holidays. But in any event, Carter refers to the first period of the lull reaching only 20 percent of the normal level, so 15 percent would be lower than even the highest month of the lull.

[85] Zuhur, Hamas and Israel : Conflicting Strategies of Group-Based Politics, p. 56.

[86] ICG, Dealing With Hamas, p. 56.

16 janvier 2009 - ZNET - Vous pouvez consulter cet article ici :
http://www.zcommunications.org/znet...
Traduction de l’anglais : Cha’am
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6212

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