ISRAËL – EXCLUSIF ENQUÊTE: LES PETITES LOCALITÉS DE LA PÉRIPHÉRIE SUBISSENT LE CONTRECOUP DE LA CRISE INDUSTRIELLE; Hatsor Haglilit, Rosh Pina, Arad et Dimona sont menacées par une envolée du

Publié le par sceptix

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Par Jacques Bendelac
Rubrique: Economie
Publié le 2 mars 2009 à 06:46


On les appelle les “villes d’une entreprise” ou “Company Towns”, c’est-à-dire des villes construites autour d’une usine.

Situées à la “périphérie” israélienne, ces petites localités de développement sont touchées de plein fouet par la crise mondiale qui n’épargne pas les activités traditionnelles. Et il se trouve qu’en Israël, la majorité des industries traditionnelles (textile, agroalimentaire, métallurgie) est localisée dans une “Company Town” de la périphérie.

Pendant longtemps, ces entreprises locales ont constitué pour les habitants de la région une importante source d’emplois et de revenus. Mais aujourd’hui, elles subissent le contrecoup de la crise industrielle: certaines réduisent leur personnel, d’autres taillent dans les dépenses ou coupent dans les salaires.

Un tour d’horizon de quelques “Company Towns” israéliennes va permettre de mieux saisir l’ampleur des difficultés rencontrées par les localités israéliennes qui ont axé leur développement sur une grande industrie locale.


Hatsor Haglilit, la ville de Vita Prigalil

La faillite retentissante de la firme agroalimentaire “Vita Prigalil” à Hatsor Haglilit a remis à l’ordre du jour les difficultés d’une localité qui risque l’effondrement si “son” entreprise ferme.

Fondée en 1951 dans la petite localité de Hatsor en Galilée (9.000 habitants), Prigalil est la plus grande usine israélienne de traitement industriel de fruits et légumes (conserves et surgelés). Sa capacité de production est de 70.000 tonnes par an. L’usine achète sa matière première (maïs, pommes de terre, haricots, petits pois, carottes, etc.) à une centaine de producteurs agricoles de la région. Une grande partie de sa production est exportée vers les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, le Canada, le Japon et l’Australie.

Malgré son succès, l’entreprise doit 120 millions de shekels aux banques qui viennent de fermer le robinet des crédits. Si l’entreprise ferme, ce sont 600 familles de Galilée qui vont perdre leur revenu.


Rosh Pina, la ville de Modgal Metal

La petite localité de Rosh Pina (2.500 habitants) vit au rythme de sa plus grande usine locale, “Mogdal Metal”.

Créée en 1950, l’entreprise est spécialisée dans la fonte du métal en utilisant une technologie avancée qui lui permet d’adapter ses produits à la demande. La firme de Rosh Pina revendique, parmi ses clients, les géants de l’automobile comme Fiat et Man.

Mais aujourd’hui, l’usine subit de plein fouet la crise mondiale et ses commandes à l’exportation baissent rapidement. La firme, qui fait la fierté de Rosh Pina, vient de mettre au chômage technique ses 150 salariés pour une semaine. Le temps de décider de l’avenir de l’entreprise.


Arad, la ville d’Arad Towels

Arad dans le Néguev (25.000 habitants) vient de sortir de sa somnolence. “Son” usine textile, “Magavot Arad” (ou “Arad Towels”), vient d’annoncer une vague de licenciements: 250 de ses 750 salariés sont menacés de perdre leur emploi.

Créée il y a trente ans, l’entreprise “Arad Towels” fait partie du consortium international “Standart Textile”, ce qui a permis à l’usine d’Arad de décrocher des contrats d’exclusivité pour la fourniture de serviettes de toilette, notamment avec la chaîne hôtelière américaine Marriott et la chaîne européenne Accor.

Mais depuis trois mois, la chute brutale des commandes oblige la firme d’Arad à revoir à la baisse son programme de développement. Aujourd’hui, l’usine produit 600 tonnes “seulement” de serviettes par mois, contre 1.200 tonnes il y a six mois. Un plan social vient d’être soumis aux syndicats, avec des dizaines de licenciements à la clé.


Dimona, la ville de Kitan

C’est aussi le textile qui fait vivre une partie des 35.000 habitants de Dimona. Inaugurée en 1958, l’usine de “Kitan Dimona” a déjà connu des hauts et des bas mais elle a toujours réussi à redresser la barre. Pendant longtemps, Kitan fut le fournisseur exclusif des uniformes de Tsahal.

Aujourd’hui, Kitan Dimona est présent sur les marchés américains et européens et asiatiques. Ces articles sont commercialisés sous différentes marques, comme Esprit et Royal Sateen.

Le PDG de Kitan vient de démentir les rumeurs de licenciements mais il invite fermement les Israéliens à acheter des draps “bleus blancs” pour soutenir la production locale.

Les villes qui ont bâti leur économie locale sur une seule grande entreprise ne sont pas, pour autant, condamnées à disparaître. Mais elles sont fragilisées lorsqu’une crise mondiale les frappe de plein fouet.—

Jacques Bendelac (Jérusalem)
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