AIG va être liquidé "de manière ordonnée", annonce le Trésor
Le secrétaire au Trésor a dit que le géant de l'assurance américain devrait rembourser l'intégralité des primes qui ont été versées à ses dirigeants en dépit de ses pertes colossales.
Drapeau d'AIG dans une rue de New York (Sipa)
Avec l'actuel PDG Edward Liddy, auquel Timothy Geithner a donné son soutien, "nous allons travailler sur des mesures pour liquider AIG de manière ordonnée et pour protéger le contribuable américain", a assuré le ministre.
Dans une lettre adressée à la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, Thimothy Geithner a même dit rechercher "tous les moyens responsables pour accélérer cette liquidation ordonnée".
AIG a subi l'an dernier la perte la plus élevée jamais subie par une société américaine (99,3 milliards de dollars) et a dû faire l'objet de quatre plans successifs d'aide de l'Etat qui portent l'addition potentielle pour les finances publiques à 180 milliards de dollars.
Timothy Geithner, dont la missive a été rendue publique par ses services, a précisé qu'AIG devra rembourser l'intégralité des primes controversées, d'un montant de 165 millions de dollars. Et les fonds supplémentaires que doit lui verser l'Etat seront réduits d'autant, a-t-il ajouté.
Le ministre a précisé avoir demandé à Edward Liddy de supprimer "les centaines de millions de dollars" de primes encore dues par le groupe cette année.
Le patron d'AIG, dont le capital est détenu à 79,9% par l'Etat depuis sa quasi-faillite de l'automne, s'est engagé à appliquer en la matière les lignes directrices fixées par le gouvernement pour les entreprises bénéficiant de fonds publics.
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Si GM tombe, on sera enfin fixés
La faillite de General Motors pourrait assainir la situation. On fera peut-être la lumière sur les montages financiers qui ont conduit à la crise actuelle.
Jeudi, le constructeur automobile américain General Motors (GM) a évoqué la possibilité d'une liquidation, si Washington refusait de lui verser les milliards de dollars de rallonge que le groupe réclame.
GM a de nouveau brandi la menace d'un dépôt de bilan selon la loi américaine sur les faillites, le chapitre 11, qui permet de se restructurer à l'abri des créanciers. Mais il a également admis, dans le pire des scénarios, la possibilité d'une liquidation pure et simple.
Il convient de préciser que le Trésor américain a déjà prêté 13,4 milliards de dollars (16 milliards de francs) en décembre dernier et qu'il cumule 74 milliards de dollars de pertes sur les deux derniers exercices. GM attend maintenant que Washington se prononce sur son plan de viabilité présenté le 17 février. Ce plan doit être finalisé d'ici au 31 mars et l'administration Obama doit se prononcer sur sa pertinence. Elle devra se prononcer sur d'éventuelles sommes supplémentaires réclamées par GM et qui se montent à 16,6 milliards de dollars (20 milliards de francs). C'est la deuxième fois que le groupe agite le spectre d'une faillite. En décembre, General Motors avait déjà indiqué qu'il serait au pied du mur financièrement, ce qui lui avait permis d'obtenir les 13,4 milliards d'aide publique.
Opel menacé
La crise risque de se répercuter en Europe chez Opel, filiale de GM. Opel est principalement présent en Allemagne avec quatre usines, mais aussi en Belgique à Anvers, en Espagne à Saragosse, en Pologne à Gliwice et en Grande-Bretagne à Ellesmere Port. En France, la filiale de GM produit des véhicules dans deux usines, l'une appartenant à Renault, l'autre au carrossier Heulez. GM est également propriétaire du Suédois Saab, dont elle vient d'annoncer sa vente. Mercredi passé, Opel voulait supprimer 3500 emplois, si rien n'était fait pour son sauvetage. Et selon le président de GM Europe Carl-Peter Forster, on peut s'estimer heureux de s'arrêter à ce chiffre. Car Opel emploie 26 000 personnes, seulement en Allemagne. Hier le cours du titre General Motors tournait autour de 1,4 dollar, alors qu'il était encore à 15 dollars en mars 2008 et à 30 dollars en novembre 2007. GM employait encore 266 000 personnes en 2008.
Chrysler chez Fiat
Les deux autres «Big Three» sont Chrysler et Ford. La première s'était également vu octroyer 4 milliards de dollars (5 milliards de francs) du Gouvernement américain. Le 21 janvier passé, Fiat a pris 35% du capital de Chrysler (et 20% supplémentaires en option d'ici à trois ans). 20% du capital sont toujours en main de Daimler-Ben. Les 45% restants appartiennent au Fonds d'investissement Cerberus Capital Management.
Au début 2008, Chrysler employait plus de 80 000 personnes aux Etats-Unis. De son côté, Ford n'a toujours pas demandé de prêt à l'Etat américain. En 2006, son effectif dépassait les 280 000 employés.
Reste le quatrième, Toyota, également très présent sur le marché américain où le groupe réalisait ses plus forts bénéfices. En 2006, Toyota employait près de 300 000 personnes sur la planète.
Un seul des quatre, à savoir General Motors, semble proche de la faillite. Si cela advenait, on serait bientôt fixé sur le montage exact de la crise financière actuelle (voir ci-contre).
Les pigeons passeront à la caisse
Enfin nous allons savoir, pensent certains banquiers privés. Si General Motors chute, il causera un chômage gigantesque. Car en dehors de la multinationale, il y a encore tous les sous-traitants. Et l'on craint un nouvel effet domino qui entraîne des banques et des assurances et qui implique notamment SwissRe, AIG, UBS ou Citigroup.
La dette des «subprime» est maintenant chiffrée à 1000 milliards de dollars (1200 milliards de francs), dont peut-être la moitié a déjà été évacuée dans des fonds de portages d'hypothèques «pourries».
Quant aux crédits «pourris» des cartes de crédits, autre danger prochain qui nous guette, ils devraient être du même ordre de grandeur.
Les plus inquiétants «cadavres dans les placards» sont les CDS ou «credit défault swap», assurances de défauts de crédits.
Par exemple, pour assurer 1 million de franc de baisse bénéficiaire, on contracte une assurance de 100 000 francs.Cela se passait au bon vieux temps des années 2004, 2005, 2006 et 2007, quand tout semblait aller bien. Ces assurances ont ensuite été revendues sur le marché, comme des actions. Leurs prix sont montés à dix fois leur valeur de départ. Le total de ces assurances de crédits a été estimé, à leur valeur de départ, à 6000 milliards de dollars (7000 milliards de francs). Suite à la spéculation, leur total atteindrait maintenant les 60 000 milliards de dollars (70 000 milliards de francs).
Conséquence: le dernier à avoir racheté la prime de 100 000 francs l'a payée un million. De plus il devra assurer les risques de crédits, en cas de faillite du débiteur. Cela signifie qu'il devra débourser le million de francs qu'il a assuré. Si l'on additionne le tout, on arrive à une perte de 190%.
Si General Motors fait faillite, les compteurs reviendront à zéro: actions et obligations. Mais comme les emprunts (à savoir les obligations) sont garantis en risques de crédits, les derniers à avoir racheté les CDS correspondants passeront à la caisse. Reste à savoir à combien se montent les obligations et les autres crédits de GM.
On espère que de nouvelles banques et instituts financiers ne connaissent pas la faillite de Lehman Brothers. Cette banque avait été entraînée dans la tourmente d'AIG, principal émetteur de CDS. AIG vient de lever 30 milliards de dollars de subventions fédérales. Il convient de les ajouter aux 150 milliards déjà versés par le Trésor américain. PC
http://www.lenouvelliste.ch/fr/news/economie/si-gm-tombe-on-sera-enfin-fixes_15-134293