Poterie Lorraine: Un Patron à l’opposé des Grands Patrons

Publié le par sceptix

Joli reportage qui redonne de l’espoir dans le monde de l’entreprise et du patronat. Rassurez-vous pas le sempiternel MEDEF. Non simplement un patronat humain, de proximité oserait-on dire, la tête sur les épaules, le coeur à l’ouvrage, travaillant avec et pour ses salariés. A l’opposé des grands patrons, devenus d’irresponsables rentiers, comme Daniel Bouton, Vincent Bolloré, Pinault père et fils, ou des charognards du genre Bernard Tapie, simplement bon à reprendre une entreprise en difficulté, à liquider tout son personnel, puis à empocher une belle plus value en laissant sur le carreau des centaines ou des milliers d’ouvriers.

Dans le cadre du magazine 13 heures 15 présenté par Laurent Delahousse, l’histoire racontée dans ce reportage de France 2 est simplement… belle.
Il y a 5 ans, la fabrique “Poterie Lorraine” était en proie à une crise sans précédent. Déjà affaiblie par un carnet de commandes en baisse, elle était frappée par un mouvement social sans précédent.
La direction et le reste des employés s’engageaient dans une véritable guerre psychologique, fatale pour la survie même de l’entreprise. Puis est arrivé un repreneur, comme tout ouvrier au monde pourrait le rêver.

Poterie Lorraine
Source: Poterie-Lorraine.com (un site web à développer encore)

Un vrai patron
Sa décision fut sans appel: sur une centaine d’emplois, il n’en reste plus qu’une cinquantaine. Choquant au prime abord, sauf que dans ce cas de figure la première nouveauté, ce sont les contremaîtres en priorité qui ont été mis à la porte. Comme le dit d’ailleurs, un rescapé du plan social: “on travaille aussi bien sans eux” [...] “on sait ce qu’on a faire”.
En parallèle, les véritables exécutants ont vu leur tâche prendre une nouvelle dimension en étant chacun responsable de la qualité et de la productivité de leur propre poste de travail.
Signe du changement de mentalité - un retour aux sources en fait - le patron fait désormais sa tournée matinale en serrant la main de chacun des employés, et en les appelant tous par leur prénom respectif.
Histoire d’avoir “des informations pures” et pas des ouïes dires de chefaillons, qui déforment la réalité et dégradent la vie en entreprise.

Finies les différentes hiérarchies, les magouilles entre responsables, le flicage des contremaîtres, simplement bon à mettre la pression et faire régner une mauvaise ambiance de travail.
Un des employés montre ainsi un bureau aux vitres neuves mais poussiéreuses, surplombant la zone de travail. Appelé le mirador, c’est de là que les chefaillons espionnaient chacun des employés pour faire respecter les cadences de travail. Un local devenu une relique en mémoire des mouvements sociaux et du passé de l’entreprise.

Outre une nouvelle relation humaine, le nouveau dirigeant a choisi la qualité plutôt que la quantité. Pour réaliser les différentes poteries, de la terre d’une qualité supérieure a été sélectionnée, ce qui permet du même coup, de ne plus faire appel à des produits chimiques.
Les employés n’utilisent plus qu’à de très rares occasions les gants et masques de protection. Un gain au niveau de l’hygiène et de la santé plus qu’appréciable.
Dans le même esprit, les postes de travail ont été chacun analysés et ont vu leur ergonomie améliorée.
Ainsi les salariés n’ont plus besoin de se baisser pour prendre des pots de fleurs, tout est à la même hauteur: moins de problème de dos, gain de temps, meilleure productivité.
Parfois même la cause est moins palpable. “on en veut plus, on est plus amoureux du métier” avoue le manutentionnaire, qui voyant à l’instar des autres employés, qu’il n’était plus pris pour un numéro et que la société allait de l’avant, parvenait avec un même équipement - son chariot élévateur - à faire plus d’opérations dans le même temps qu’avant.

Du fait de la suppression d’employés de la direction en doublon, il a évidemment fallu compenser par une plus grande polyvalence des salariés.
Ainsi, le géo-trouvetou de l’entreprise, dessinateur industriel de formation, chargé des évolutions de fabrication, n’a désormais plus besoin de demander des autorisations à tel responsable, nième sous-fifre incompétent pour mener des essais.
Quant aux secrétaires chargées de l’administratif, elles ne viennent plus voir seulement les ouvriers de l’usine pour leur annoncer des mauvaises nouvelles via un coup de fil urgent.
Elles viennent aussi les saluer et leur remettre les fiches de qualité à remplir: elles sont devenues partie intégrante du process qualité, tout comme les autres employés.

Par une nouvelle méthode de management, juste “du bon sens et de la morale”, l’entreprise et son personnel se sont transformés. Le respect des hommes et de leur travail ont permis à cette société de relever le défi de la modernité tout en gardant des techniques artisanales.
Ce succès mérité se matérialise par un chiffre d’affaire de 5 millions d’euros en augmentation, un catalogue de nouvelles colories, et par un intéressement de 1000 euros par an pour chacun des membres du salariés, quel que soit le poste occupé.

Un reportage presque béni, qui permet de montrer un autre visage d’une entreprise modèle et d’un patron, proche des salariés, bien loin des requins de la Finance, ou des patrons sans foi ni loi comme ceux de Total, Continental, Good Year, Smoby ou de Sony France.
Et qui prouve, s’il en était besoin, que les salariés ne sont pas forcément coupables de la faillite de leur entreprise, mais qu’au contraire, la cause vient souvent d’une mauvaise direction, qui n’a pas su s’adapter et anticiper les contraintes et la demande du marché, tout en faisant l’impasse sur la santé du cœur de l’entreprise: sa ressource humaine.
Nul besoin de milliards d’argent public pour sauver des emplois, ni de politiciens brasseurs d’air. Inutile de mettre des têtes sur des pics. Il suffit juste de marier la Compétence et l’Ethique.
http://www.cpolitic.com/cblog/2009/04/04/poterie-lorraine-un-patron-a-loppose-des-grands-patrons/

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