Grippe porcine : 1er cas aix Pays-Bas/Roche France suspend ses livraisons de Tamiflu aux pharmaciens

Publié le par sceptix

Premier cas confirmé de grippe porcine aux Pays-Bas

AP | 30.04.2009 | 13:28

Le gouvernement néerlandais a annoncé jeudi le premier cas confirmé de nouvelle grippe porcine dans le pays, sur un enfant de trois ans récemment revenu du Mexique avec sa famille.

Selon le ministre de la Santé Ab Klink, l'enfant est soigné et se remet bien de la maladie. Son entourage a aussi été traité et mis en quarantaine par précaution. La famille est rentrée du Mexique le 27 avril et l'enfant est tombé malade une fois chez lui.

La grippe porcine a formellement été confirmée par l'Institut néerlandais de Santé publique et d'Environnement. AP

 

NOUVELOBS.COM | 30.04.2009 | 16:34

Le groupe ne distribue plus son médicament anti-grippal aux pharmaciens, le réservant prioritairement aux hôpitaux et aux autorités de santé.

Le Tamiflu

 

Le Tamiflu

(c) Reuters

 

Roche France, qui fournit en France le Tamiflu, a annoncé jeudi 30 avril la suspension de ses livraisons du traitement anti-grippal aux pharmaciens et grossistes, le réservant aux hôpitaux et autorités de santé. Le groupe a toiutefois assuré ne pas être "en rupture" de stocks.
"Nous ne sommes pas en rupture de stock. Il est de notre responsabilité de réserver prioritairement nos stocks de Tamiflu aux hôpitaux et aux autorités de santé", déclare le laboratoire dans un communiqué.
"Afin de permettre une première mise à disposition rapide du médicament auprès des hôpitaux pour les éventuels cas suspectés nécessitant un traitement, Roche a décidé ce jour, de suspendre la livraison de Tamiflu aux officines et aux grossistes", poursuit le communiqué.

Importante demande de Tamiflu

Les pharmaciens français ont fait face ces derniers jours à une importante demande de Tamiflu, alors que ces "achats de précaution n'ont aujourd'hui aucun intérêt", selon le président de l'Ordre national des pharmaciens Jean Parrot.
Face au risque de pandémie de la grippe porcine, les groupes pharmaceutiques ont pris des mesures. Le Suisse Roche est prêt à augmenter ses capacités de production du médicament anti-grippal Tamiflu, efficace contre la grippe porcine, tandis que son homologue Novartis se tient prêt à développer un vaccin contre la maladie, ont-ils indiqué jeudi 30 avril.
"Nous pouvons augmenter notre production à 400 millions de doses (de Tamiflu) par an", a précisé une porte-parole de Roche, ajoutant cependant ne pas encore avoir reçu de demande concrète dans ce sens.
L'anti-viral Tamiflu a été reconnu efficace contre le nouveau virus de grippe porcine de type A/H1N1 par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les Centres de maladie et de prévention américains (CDC).

Expédiés en 24 heures

La porte-parole a par ailleurs indiqué que plusieurs "gouvernements avaient contacté ces derniers jours (Roche) pour passer des commandes" pour le Tamiflu, sans en préciser les quantités ou les pays concernés.
Le laboratoire bâlois estime que "le monde est mieux préparé qu'il ne l'a jamais été contre une éventuelle pandémie de grippe", dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi.
Roche s'était dit "prêt" lundi à expédier dans le monde 3 millions de doses de Tamiflu, dont il avait fait don en 2006 à l'OMS. Ces traitements, pouvant soigner autant de personnes, sont stockés pour l'Organisation en Suisse et aux Etats-Unis et peuvent être expédiées en l'espace de 24 heures.
Le groupe n'a pour l'heure pas reçu de demande de l'OMS pour expédier ces stocks, a rappelé la porte-parole.

Novartis attend le virus souche

Une pandémie de grippe porcine est désormais "imminente", selon l'OMS qui a relevé mercredi soir son alerte au niveau 5 sur une échelle de six.
L'OMS a confirmé 148 cas de grippe porcine dans le monde dont huit mortels.
La directrice générale de l'Organisation Margaret Chan avait affirmé mercredi soir s'être "adressée aux firmes qui fabriquent des antiviraux pour qu'elles évaluent les capacités et toutes les options en vue d'accroître leur production".
"Je me suis adressée aussi aux fabricants de vaccins qui peuvent contribuer à la production d'un vaccin contre la pandémie", a-t-elle dit.
Novartis, qui a été contacté par l'OMS pour le développement d'un vaccin contre le virus de grippe porcine, attendait toujours de recevoir le virus souche pour pouvoir débuter avec la production d'un vaccin.
"Nous attendons de voir ce que nous disent les autorités" pour débuter avec la production, a précisé un porte-parole de Novartis.

La pharmacie centrale des armées se dit prête

La pharmacie centrale des armées s'est par ailleurs dite prête à produire un antiviral, fait du principe actif du Tamiflu, si le ministère de la Santé le jugeait nécessaire pour lutter contre une pandémie de grippe porcine.
"Il est prévu que la pharmacie centrale des armées d'Orléans puisse fabriquer, à la demande du ministère de la Santé, des comprimés de d'oseltamivir PG (PG, pour pandémie grippale, NDLR), le principe actif du Tamiflu", a déclaré le médecin-chef Anne Robert, du Service de santé des armées.
Les comprimés susceptibles d'être produits par les armées seraient dosés à 30 mg de principe actif contre 75 mg pour le Tamiflu, ce dosage spécifique étant adapté aux formes pédiatriques, a-t-elle dit, sans plus de précisions sur le volume de production envisageable.
Le médecin-chef Robert a expliqué lors du point de presse hebdomadaire du ministère de la Défense qu'un premier stock de 60 millions de comprimés avait déjà été constitué dans les années 2006-2007.
"Nous sommes en mesure, si le ministère de la Santé nous le demande, de reprendre la production de ces comprimés dans de brefs délais", a-t-elle ajouté.



L'Egypte admet que l'abattage des porcs est une mesure d'"hygiène générale
"

"Nous sommes maintenant au niveau d'alerte 5, la question n'est plus animale mais humaine", a affirmé à l'AFP le porte-parole du ministère de la Santé, Abderrahmane Chahine. "Les autorités ont profité de cette occasion pour régler la question de l'élevage sauvage en Egypte".

D'après le ministère de l'Agriculture, il y a environ 250.000 porcs dans le pays, élevés par des coptes (chrétiens d'Egypte), notamment des trieurs d'ordures vivant dans des quartiers submergés par les détritus.

Le directeur du département des maladies infectieuses au ministère de l'Agriculture, Saber Abdel Aziz Galal, a déclaré à l'AFP que l'abattage de tous les porcs, décidé mercredi, était "une mesure d'hygiène générale, pour transférer ce genre d'élevage dans de vraies fermes, pas dans les décharges".

"Aujourd'hui, ils vivent avec des chiens, des chats, des rats, des volailles et des hommes, tous dans la même zone avec les détritus. Nous allons construire de nouvelles fermes dans des zones spéciales, comme en Europe. Dans deux ans les porcs seront de retour, mais nous devons d'abord construire de nouvelles fermes", a-t-il ajouté.

L'opération d'abattage en Egypte prendra de trois semaines à un mois, selon le ministre de l'Agriculture Amine Abaza.

Aucun cas animal ou humain de grippe porcine n'a pour l'instant été déclaré en Egypte, mais le pays est l'un des plus touchés au monde par la grippe aviaire et le ministre de la Santé, Hatem al-Gabali, a dit qu'il "prenait (la menace) très au sérieux".

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a pourtant indiqué n'avoir connaissance d'"aucune personne contaminée par des porcs". "Il semble qu'il s'agisse d'un virus qui se transmet d'une personne à l'autre", a expliqué son numéro deux, le Dr Keiji Fukuda.

L'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) s'est pour sa part élevée contre l'abattage des porcs, en rappelant que la consommation de viande et autres produits porcins n'était pas dangereuse.

"Les informations scientifiques actuellement disponibles à l'OIE et dans ses organisations partenaires montrent que ce nouveau virus grippal est transmis par l'homme; il n'y pas de preuve de contamination de porcs, ni de contamination de l'homme par des porcs", d'après l'OIE.

Le porte-parole du gouvernement égyptien a affirmé que les éleveurs recevraient "bien entendu" des compensations, mais les autorités n'ont toujours pas fixé de montant.

D'après M. Abaza, les autorités égyptiennes s'efforcent de convaincre les éleveurs de porcs du "danger" de l'élevage tel qu'il est pratiqué en Egypte afin qu'ils se présentent spontanément pour que leurs bêtes soient abattues.

"L'affaire n'est pas simple, tous ces porcs ne seront pas égorgés comme on appuie sur une télécommande", a-t-il affirmé, cité par le quotidien Al-Ahram, ajoutant que 300 porcs avaient été saisis alors que leur propriétaire tentait de les faire sortir clandestinement de sa ferme.

Des incidents ont d'ailleurs éclaté mercredi entre éleveurs et policiers venus tuer leurs animaux.

La pandémie de grippe porcine est désormais "imminente", a prévenu l'OMS, en appelant tous les pays à se tenir prêts face à une maladie qui a fait, selon ses chiffres, 148 malades dans le monde, dont huit sont morts.

L'OMS fait monter la fièvre planétaire

La menace de pandémie grippale n'a jamais été aussi proche.

jeudi 30 avril 2009

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«Imminente». C'est l'inquiétant qualificatif concernant la menace pandémique qu'il faudra retenir de la conférence de presse internationale organisée dans la soirée du mercredi 29 avril depuis son siège de Genève par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Une conférence de presse transmise par téléphone à l'échelon planétaire lors de laquelle Margaret Chan, directrice générale de cette institution onusienne, a annoncé qu'elle venait de relever une nouvelle fois le niveau d'alerte qui est désormais fixé au niveau 5 sur une échelle qui n'en comporte que 6. «J'ai décidé de relever le niveau d'alerte à la grippe de la phase 4 à la phase 5, a ainsi déclaré Mme Chan. Tous les pays doivent immédiatement activer leur plan de préparation à la pandémie.»

«La décision de l'OMS n'est clairement pas une bonne nouvelle » a aussitôt commenté le Pr Didier Houssin, directeur général français de la santé et délégué interministériel en charge de la lutte contre les épidémies grippales. Aux Etats-Unis où l'on recense désormais près d'une centaine de cas dans dix Etats le président Barack Obama a, le même jour qualifié la situation de «grave». Lors d'une conférence de presse organisée à la Maison Blanche pour marquer  le centième jour de sa présidence, M. Obama a promis que son administration ferait « tout ce qu'il faut » pour réduire l'impact de l'épidémie d'une grippe qu'il convient désormais de dénommer non plus « porcine » mais bien «mexicaine».

Décidé le 27 avril, le passage du niveau 3 au niveau 4 marquait une forte augmentation du risque. Passer quarante-huit heures plus tard au niveau supérieur signifie «un signal fort qu'une pandémie est imminente». En d'autres termes, selon l'OMS les autorités sanitaires nationales n'ont plus que très peu de temps pour se préparer à organiser la lutte. «C'est un changement majeur, a tenu à souligner le Dr Keiji Fukuda, numéro deux de l'OMS pour qui  non seulement «aucun signe de ralentissement» de la progression épidémique n'avait été constaté mais que bien au contraire les zones de diffusion géographique du nouveau virus grippal pathogène ne cessaient de s'étendre.

Le déclenchement de la phase 5 s'accompagne d'une série de recommandations concernant au premier chef les pays où des cas ont été disgnostiqué. Il s'agit notamment du confinement à leur domicile  des personnes atteintes de maladies respiratoires, de l'aménagement des horaires de travail, de la fermeture des écoles, du port de masques individuels de protection et d'une manière générale de tout ce qui permet de réduire au maximum les situations facilitant la transmission interhumaine du virus grippal.

«Les personnes  peuvent aussi faire beaucoup, en restant à la maison si elles  sont malades, en se lavant les mains et en mettant la main devant bouche pour tousser», a expliqué la directrice générale de l'OMS. Mme Chan recommande aussi «d'éviter de se saluer en se faisant la bise ou en se serrant dans les bras chaleureusement»; une recommandation qui, selon elle, vaut aussi pour les habitants de Genève (Obama l'a à son tour répété mercredi soir). Le niveau d'alerte 5 a aussi pour effet d'inciter à la préparation à la production industrielle de vaccins prévenif. Selon l'OMS les données virologiques sont toutefois encore insuffisantes pour lancer cette production.

La décision de relever le niveau d'alerte a, comme la fois précédente, été prise sur recommandation du «Comité d'urgence du Règlement sanitaire international» réuni sous l'égide de l'OMS et composé d'une quinzaine d'experts internationaux. Cette initiative était inévitable compte tenu des dispositions du nouveau Règlement sanitaire international (RSI) dès lors qu'on a identifié des foyers infectieux en dehors de cercles familiaux ou scolaires, dans plus de deux pays d'une même « région » de l'OMS.

Or en quelques jours le nouveay virus grippal A/H1N1 (constitué de gènes d'origine porcine, aviaire et humaine) a été retrouvé dans un nombre croissant de pays. Outre  le Mexique (où il pourrait avoir fait 159 morts) et les Etats-Unis (qui viennent d'annoncer leur premier mort, un enfant de deux ans au Texas) des cas ont été diagnostiqués au Canada, en Allemagne, en Autriche, au  Costa-Rica, au Pérou, en  Grande-Bretagne, en Israël, en Nouvelle-Zélande en Espagne et en Suisse. La France n'en est pour l'heure qu'au stade des cas «suspects» ou «probables». On en compterait trente-deux.  

Dans un ballet désormais classique les responsables de l'OMS ont tenu à alerter tout en cherchant, autant que faire se peut, à rassurer. L'OMS «a le devoir d'informer complètement» sur la situation mais il ne faut pas «céder à la panique» a ainsi déclaré Mme Chan. «Nous devons maintenir un niveau de calme pour pouvoir continuer à gérer cette affaire de manière rationnelle» a-t-elle dit.

Pour l'heure, l'OMS ne recommande ni  la fermeture des frontières, ni la restriction de la circulation des personnes et des biens. Ceci n'empêche pas que la question de l'arrêt des  liaisons arériennes entre l'Europe et le Mexique soit officiellement posée. Pour sa part le gouvernement péruvien a, le 29 avril, annoncé la fermeture des aéroports du pays à tous les vols en provenance du Mexique et ce par mesure de prévention. Les Etats-Unis n'ont pas fermé leur frontière avac le  Mexique et la pays n'est pas en état d'isolement. Toutefois les annulations des liaisons aériennes se multiplient. La société  britannique Thomas Cook a ainsi « annulé tous ses vols, pour sept jours, vers la station balnéaire mexicaine de Cancun ». Les recommandations de l'OMS pourraient d'ailleurs être revues à la hausse si l'on devait passer au stade 6 avec la déclaration officielle de la situation pandémique correspondant à une accélération de la contagion inter-humaine sur plusieurs continents.

«L'évolution du virus est imprévisible: il peut disparaître, ce qui serait une excellente nouvelle, mais il peut aussi devenir plus dangereux, a encore déclaré la directrice générale de l'OMS. Quelque soit la tournure des événements, le monde est mieux préparé à faire face à une pandémie qu'il ne l'a jamais été dans l'histoire.» De ce point de vue, et quelle que soit l'évolution de la situation épidémiologique, force est bien de reconnaître que la menace d'un risque de contamination massive de l'espèce humaine par le virus A/H5N1 responsable de la grippe aviaire aura -en France notamment- grandement aidé à la prise de conscience collective et à l'organisation de la lutte préventive. De la même manière l'OMS dispose aujourd'hui d'une expérience qu'elle n'avait pas avant la crise épidémique du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) survenue en 2003.

Jean-Yves Nau

Roche France suspend ses livraisons de Tamiflu aux pharmaciens
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